Le Prix de la traduction de jeux vidéo, c'est parti !

Le jeu vidéo, pour beaucoup, c’est un refuge. Un instant privilégié. Un safe space. Un retour en enfance l’espace de quelques heures, un moyen d’oublier ses soucis, de garder le contact avec des ami·es qui vivent trop loin, de tisser du lien avec ses proches (je pense tendrement à mon arrière-grand-mère qui, jusqu’à la fin, n’a jamais quitté sa Nintendo DS…)

Cette passion est souvent née au même moment pour beaucoup de joueurs et joueuses : une console offerte à Noël ou à un anniversaire, l’odeur du vieux carton d’une NES, le jingle de démarrage d’une PlayStation, le plastique de la manette qui craque dans les mains, le bruit satisfaisant d’une cartouche qu’on insère, la musique 8 bits…

Tous les jeux qui nous ont marqués, si on les a aimés et qu’on les aime toujours autant, c’est aussi parce qu’on les a découverts en français. Et que pour ça, il a d’abord fallu qu’ils soient traduits.

Eh oui. La traduction de jeu vidéo est une discipline à part entière de l’adaptation audiovisuelle, mais elle a évolué à part de ses camarades, et souvent à son détriment : absence de crédits, tarifs bas et dégressifs, délais serrés, travail sans contexte ou image, post-édition de plus en plus présente, pas de droits de diffusion… De plus, beaucoup de traducteurices n’optent pas pour le statut d’artiste-auteur et ignorent tout de leurs droits quant à la propriété de leur texte, ce qui entraîne régulièrement des contrats abusifs avec les agences qui leur imposent par exemple l’anonymat, même une fois le jeu sorti.

Il fallait donc trouver un moyen de rendre ses lettres de noblesse à la traduction de ce média cher à mon cœur, et à celui de milliers de joueurs et joueuses.

C’est pour ça que depuis maintenant plus de deux ans, avec le soutien sans faille d’un comité d’organisation bénévole, du CA et d’un jury surmotivé, je travaille à la création d’une nouvelle catégorie de Prix de l’ATAA. Car oui, les Prix fiction, c’est super. On y découvre plein de sous-titrages et de doublages de qualité pour le cinéma ou pour des séries… Alors pourquoi pas pour le jeu vidéo ? Car en plus de la traduction des didacticiels ou des menus, on trouve aussi des dialogues sous-titrés et de la VF dans les cinématiques ou ailleurs…

Vraiment, on se le demande. Pourquoi avoir tant attendu pour récompenser les traducteurices assis sur cette branche de notre métier ?

Cette nouvelle récompense est donc là pour mettre en lumière celles et ceux qui travaillent dans l’ombre, ainsi que pour mettre en avant les bonnes pratiques et les encourager, comme c’est déjà le cas pour les catégories cinéma, séries et documentaire.

Les critères d’éligibilité sont simples : tarifs corrects, pas d’IA ou de post-édition, de bonnes conditions de travail, une relecture rémunérée et, surtout, le crédit systématique de TOUTE l’équipe de traduction. Si cela vous intéresse, vous pourrez retrouver le règlement complet du Prix ici.

Nous espérons que ce nouvel événement pourra faire évoluer l’industrie dans le bon sens, et maintenant, place à la première édition du Prix de la traduction de jeux vidéo !

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