Rendre à César...

Dans le sillon de la vague d’émotion soulevée par la cérémonie des César 2026 quant à la mal nommée intelligence artificielle et son impact sur le domaine du doublage, il convient de remettre le beffroi au milieu de la commune.

Crédit photo : © 2007 Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Pierre Philibert ; Jules César, Nicolas Coustou, Musée du Louvre

Comme l’a rappelé à juste titre Camille Cottin, présidente de la cérémonie, la France est dotée d’un système unique au monde sous la forme du Centre National du Cinéma et de l’Image Animée (CNC) grâce auquel “quand vous allez au cinéma, vous financez de futurs films français. Vous devenez acteur de la création. Quand vous allez voir Dune, vous financez L'Histoire de Souleymane. »

Et comme l’a également rappelé à juste titre Emmanuel Curtil, voix française de Jim Carrey depuis plus de trente ans, « 85 % du public français ne regarde que la version française ». Les 15 % restants, quant à eux, regardent les versions originales sous-titrées en français.

Sans les « TAV » (traducteurices de l’audiovisuel, ndlr), Dune aurait-il pu générer plus de 30 M€ en France ? The Mask aurait-il pu générer près de 20 M€ en France ? En 2025, les œuvres étrangères projetées dans les salles obscures françaises ont représenté 62,3 % de part de marché. Grâce à qui ?

Sans les “TAV”, les plateformes telles que Netflix, Disney, Apple TV ou encore Prime avec leurs succès respectifs auraient-elles été en mesure de verser 397 M€ pour la création française en 2024 ?