Statut des sous-titreurs S&M

La commission des auteurs d’œuvres audiovisuelles de l’AGESSA s’est prononcée sur le statut des sous-titreurs S&M. Voici la teneur de la lettre qu’elle leur adresse :

« Saisie par des sous-titreurs pour sourds et malentendants et soucieuse de leur inquiétude concernant leur statut social, la commission professionnelle des auteurs d’œuvres audiovisuelles de l’Agessa s’est réunie les 16 et 20 décembre 2013 afin d’arrêter une position claire sur la nature de cette activité susceptible d’entraîner ou non leur affiliation au régime de sécurité social des auteurs tel qu’il a été défini et adopté en 1975.

Après examen attentif des éléments contradictoires, adressés par les professionnels du secteur et leurs représentants, la commission a considéré que le travail de sous-titrage pour les sourds et malentendants, quels que soient le type de programme et la langue originale, ne relève pas de la branche des auteurs d’œuvres audiovisuelles (article R382-2 du code de la sécurité sociale).

La commission composée de représentants d’organisations syndicales et professionnelles, d’artistes auteurs et de diffuseurs* a en effet estimé que le travail de sous-titrage pour sourds et malentendants est un travail de contraction, de réduction et de codifications techniques de la bande son de la version française (dialogues ou commentaires), lequel ne présente pas un apport créatif systématique et suffisant permettant de rattacher cette activité à la branche des auteurs d’œuvres audiovisuelles et justifiant l’affiliation, à ce titre, des personnes concernées au régime de sécurité sociale des artistes auteurs.

La commission est soucieuse de ne pas créer d’effet rétroactif et d’assurer aux personnes concernées une égalité de traitement. Les demandes d’affiliation et de maintien sont en effet examinées après l’exécution et le paiement des travaux. La commission souhaite par ailleurs laisser le temps aux sous-titreurs et aux entreprises qui ont recours à leur travail pour revoir leurs relations contractuelles.

En conséquence, la commission rend l’avis suivant :

- Accepter l’affiliation (première affiliation, maintien, voire à leur demande leur réaffiliation suite à radiation) pour les sous-titreurs pour sourds et malentendants concernant les travaux effectués et rémunérés jusqu’au 30 juin 2014,

- Refuser tout travail de sous-titrage pour sourds et malentendants déclaré en droits d’auteur pour les travaux effectués et rémunérés à partir du 1er juillet 2014.

La commission demande que cet avis soit communiqué le plus largement possible à toutes personnes, organisations, entreprises et administrations concernées.

*La commission est composée de représentants des organisations professionnelles suivantes : SACD, SACEM, SCAM, SNAC, SRF, SPI, USPA et France Télévisions. »

Le CSA (et l’ATAA !) au Collège de France

L’excellent blog des correcteurs du Monde.fr, Langue sauce piquante, relate le déroulement du colloque organisé par le CSA, intitulée « Quel avenir pour la langue française dans les médias audiovisuels ? », qui s’est tenu le lundi 9 décembre au Collège de France.

Les auteurs de doublage et de sous-titrage n’avaient pas été conviés officiellement, malgré le rôle évident qu’ils jouent dans la promotion d’un français de qualité dans les médias audiovisuels. Mais dans le public, trois représentants de l’ATAA ont fait entendre leur voix en parlant des blogueurs du Monde.fr créés par l’association. Une intervention que n’ont pas manqué de relever les blogueurs du Monde.fr, et nous les en remercions !

Entretien avec Claire Impens

Lauréate du Prix du doublage 2012-2013

À moins de 2 mois de la prochaine remise des Prix du sous-titrage et du doublage, retour sur une première édition du Prix du doublage pleine d’émotion. En mars 2013, pour la toute première fois en France, des auteurs de doublage ont vu leur travail reconnu et récompensé, par un jury composé de confrères, de directeurs artistiques, de distributeurs…

La lauréate du Prix du doublage, catégorie « Film en prises de vue réelles », Claire Impens, qui nous avait émus avec un discours tant modeste que touchant, nous parle de son adaptation de Sur la route, pour laquelle elle a été récompensée.

Entretien avec Philippe Sarrazin

Auteur de doublage, membre du jury de la première édition du Prix Cinéma (doublage), 2013

À moins de 2 mois de la prochaine remise des Prix du sous-titrage et du doublage, retour sur une première édition du Prix du doublage pleine d’émotion. Le 29 mars 2013, pour la toute première fois en France, des auteurs de doublage ont vu leur travail reconnu et récompensé, par un jury composé de confrères, de directeurs artistiques, de distributeurs…

Parmi ces jurés, un adaptateur de renom, Philippe Sarrazin, qui travaille régulièrement pour le cinéma (The Place Beyond the Pines, Dos au mur…) et a adapté des séries bien connues du grand public (The Shield, Lost…), a accepté de revenir sur cette expérience nouvelle et particulière et nous livre ses impressions.

Blocage de sites de streaming

L’ATAA se félicite du fait que les tribunaux français reconnaissent la légitimité des plaintes déposées par les représentants des ayants droit, et que la justice contraigne enfin les fournisseurs d’accès à commencer à respecter le droit d’auteur.

Plus de détails dans cet article du site lemonde.fr

Listes types de repérage : rêve ou cauchemar ?

Claus Stenhøj, traducteur danois, est auteur de sous-titres indépendant depuis dix-sept ans et membre du syndicat danois des sous-titreurs. Lors de l’édition 2012 du colloque Languages and the Media, fin novembre 2012, il a présenté une contribution en anglais intitulée « English Master Templates – Help or Hell? ». Il nous a semblé intéressant d’en publier ici une version abrégée avec l’accord de l’auteur, car elle pointe du doigt une pratique problématique pour de nombreux auteurs de sous-titres dans le monde.

Claus Stenhøj

Depuis l’avènement du DVD il y a maintenant plus de dix ans, les auteurs de sous-titrage sont souvent amenés à travailler avec des listes types de repérage (English Master Templates, EMT), c’est-à-dire un prédécoupage de la totalité des dialogues en anglais. Les EMT apportent-ils un progrès ? Les sous-titreurs rêvaient-ils vraiment de ce nouvel outil ? Mon expérience du sous-titrage au Danemark et en Scandinavie, ainsi que les témoignages de collègues travaillant par exemple en Inde, au Portugal, en Slovénie et en Finlande, m’ont inspiré les réflexions suivantes.

Retour sur Series Addict

Canal + a diffusé début décembre un documentaire réalisé par Olivier Joyard, Series Addict, qui a suscité de vives réactions de la part des traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel. Il nous semblait donc nécessaire de revenir sur la question.

Series Addict, l'addiction aux séries vue par Olivier Joyard

Mouvement social chez Dubbing Brothers

Les grèves de salariés sont rares dans le secteur de la postproduction audiovisuelle ; raison de plus pour signaler ici celle qui a touché le studio de doublage Dubbing Brothers le mois dernier.

Les salariés (techniciens, pour la plupart) ont entamé un mouvement social mi-mars dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de travail et de rémunération. Parmi leurs revendications (source : site du SNTR/SGTIF la CGT) : une augmentation générale des salaires de 5% (non revalorisés depuis deux ans), le paiement des tickets restaurants, conformément à la convention collective, la reconnaissance de l’ancienneté, la majoration des heures de nuit, la mise en place d’une navette vers le R.E.R., la réduction du délai de carence en cas d’arrêt maladie, le paiement des jours enfants malades, la mise en place d’un 13ème mois, et la mise en place d’un compte épargne temps.

Pôle Sourds et Malentendants : bilan 2010

L’objectif du pôle Sourds et Malentendants, pour l’année 2010, était d’aborder les hautes instances de l’État afin qu’elles connaissent les difficultés que rencontre notre profession.

L’objectif du pôle Sourds et Malentendants, pour l’année 2010, était d’aborder les hautes instances de l’État afin qu’elles connaissent les difficultés que rencontre notre profession.

a) En janvier – La question parlementaire

Une première tentative avait été lancée auprès de M. Franck Marlin, député de l’Essonne. Vu le calendrier parlementaire, la question sur les difficultés de notre profession n’est pas rentrée dans les priorités du moment.

b) En février – Remise du Rapport sur les métiers à Mme Morano

En 2009, l’Unisda (Union Nationale pour l’Insertion Sociale du Déficient Auditif) avait réuni l’ensemble des métiers liés à l’accessibilité aux personnes sourdes et malentendantes. Ce COPIL auquel nous avions participé s’est achevé sur un rapport retraçant les besoins en professionnels. Ce rapport fut remis à Mme Nadine Morano, le 12 février 2010.

c) En juin – La lettre aux hauts dirigeants

De nombreux adaptateurs avaient accepté de signer la pétition à remettre aux hauts dirigeants.

Ce courrier avait été adressé à Mme Valérie Létard, Secrétaire d’État au développement durable et à M. Laurent Wauquiez, Secrétaire d’État à l’Emploi. Aucune suite n’a été donnée par l’un ou l’autre des secrétariats.

d) En novembre – La question au gouvernement

Grâce à l’action de Nathalie Diu, la précarisation de notre profession est clairement posée au gouvernement.

Toujours dans l’objectif de reconnaissance de notre statut professionnel, nous allons prendre contact avec les responsables des organismes suivants :

- Le CIH (Comité Interministériel du Handicap)

- Le CSA (Comité Supérieur de l’Audiovisuel)

En 2011, l’action du gouvernement sera sans doute portée sur les métiers à précarité latente. Cela bouge déjà dans d’autres domaines, notamment le journalisme.

Nous devrons être présents dans ces actions afin de protéger nos métiers.

L’impact de la numérisation sur la traduction audiovisuelle

L’article suivant est paru dans le Bulletin des Auteurs, revue trimestrielle du SNAC (Syndicat National des Auteurs et Compositeurs), au sein duquel se trouve un groupement doublage/sous-titrage. Nous remercions vivement Vanessa Bertran de nous avoir autorisés à reprendre ce texte ici.

La numérisation dans la filière : les entreprises ont quelques perfos d’avance…

Qu’importe le flacon… Le plaisir d’écrire reste le même, qu’on utilise le crayon à papier ou la bande rythmo virtuelle, c’est l’auteur qui doit s’imposer à la technique et non l’inverse. Mais force est de constater que l’apparition du numérique dans les filières doublage et sous-titrage a considérablement modifié notre manière de travailler, tant d’un point de vue pratique que juridique et économique. Libre à chacun de juger s’il s’agit d’un progrès, et si ça n’en est pas encore un, pourquoi ne pas essayer, par notre action, de faire en sorte qu’il le devienne ?

Sous-titreur = un métier ?

Un petit film formidable réalisé par Ivan Verbizh pour la semaine du sous-titrage.

Avec les interventions de Sophie Benaben, coordinatrice du pôle sous-titrage sourds & malentendants de l’ATAA, et de Thierry Jullien, du CAASEM.

Sous-titrage pour les sourds et malentendants

Communiqué officiel

L’ATAA se mobilise pour le maintien d’adaptateurs professionnels garants d’un sous-titrage de qualité destinés aux personnes sourdes et malentendantes.

L’ATAA (Association des Traducteurs et Adaptateurs de l’Audiovisuel) interviendra à la table ronde, qui se déroulera mardi 24 novembre 2009, de 10h30 à 12h30, à l’Espace Fondation EDF, 6 rue Récamier, 75017 Paris (métro Sèvres-Babylone). Cette journée, organisée dans le cadre de la semaine du sous-titrage (www.semainedusoustitrage.org) par l’UNISDA (Union Nationale pour l’Insertion Social du Déficient Auditif) et l’AFIDEO (Association Française pour l’Information et la Défense des sourds s’exprimant Oralement), sera ouverte par M. Patrick Gohet, président du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées. Pour une meilleure accessibilité à la culture audiovisuelle aux personnes déficientes auditives, le Pôle sous-titrage pour les sourds et malentendants de l’ATAA se félicite des avancées technologiques qui, depuis quelques années, révolutionnent le sous-titrage, comme la reconnaissance vocale. Néanmoins, si elles améliorent l’accessibilité aux programmes pour le public sourd ou malentendant, ces avancées technologiques se développent sans encadrement qualitatif ni concertation avec le public concerné ! De plus, les nouveaux domaines d’application (cinéma numérique HD, Internet, VoD, téléphonie mobile) ne semblent pas s’investir dans cette forme de sous-titrage et s’ouvrir ainsi aux 6 millions de personnes déficientes auditives. Pour tenter de remédier à ces manquements, de nombreuses questions seront débattues lors de cette journée.

  • Comment améliorer la qualité et ouvrir les nouvelles technologies au sous-titrage pour les personnes déficientes auditives ?
  • Peut-on obtenir une homogénéité du sous-titrage quel que soit le support audiovisuel ?
  • Quel avenir pour les adaptateurs actuels ? Quel statut leur permettra d’être protégés des aléas du marché et de se former à l’évolution de la profession ?
  • Qui seront les adaptateurs de l’avenir ? Par qui et comment seront-ils formés ?

A noter que ces questions font déjà l’objet de concertations et de débats réguliers entre les professionnels de l’audiovisuel et les associations de personnes déficientes auditives, auxquels participe activement l’ATAA.

La coordination du pôle S&M de l’ATAA

Pour plus de renseignements, vous pouvez nous écrire à pole-sourd-malentendant@ataa.fr ou contacter Sophie Bénaben (06 11 18 22 73).

L’ATAA (Association des Traducteurs et Adaptateurs de l’Audiovisuel) a été créée en 2006 et fédère près de 200 adaptateurs prestataires de l’ensemble des laboratoires de post-production.