Canal + a diffusé début décembre un documentaire réalisé par Olivier Joyard, Series Addict, qui a suscité de vives réactions de la part des traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel. Il nous semblait donc nécessaire de revenir sur la question.
Canal + a diffusé début décembre un documentaire réalisé par Olivier Joyard, Series Addict, qui a suscité de vives réactions de la part des traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel. Il nous semblait donc nécessaire de revenir sur la question.
Les grèves de salariés sont rares dans le secteur de la postproduction audiovisuelle ; raison de plus pour signaler ici celle qui a touché le studio de doublage Dubbing Brothers le mois dernier.
Les salariés (techniciens, pour la plupart) ont entamé un mouvement social mi-mars dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de travail et de rémunération. Parmi leurs revendications (source : site du SNTR/SGTIF la CGT) : une augmentation générale des salaires de 5% (non revalorisés depuis deux ans), le paiement des tickets restaurants, conformément à la convention collective, la reconnaissance de l’ancienneté, la majoration des heures de nuit, la mise en place d’une navette vers le R.E.R., la réduction du délai de carence en cas d’arrêt maladie, le paiement des jours enfants malades, la mise en place d’un 13ème mois, et la mise en place d’un compte épargne temps.
L’objectif du pôle Sourds et Malentendants, pour l’année 2010, était d’aborder les hautes instances de l’État afin qu’elles connaissent les difficultés que rencontre notre profession.
L’objectif du pôle Sourds et Malentendants, pour l’année 2010, était d’aborder les hautes instances de l’État afin qu’elles connaissent les difficultés que rencontre notre profession.
a) En janvier – La question parlementaire
Une première tentative avait été lancée auprès de M. Franck Marlin, député de l’Essonne. Vu le calendrier parlementaire, la question sur les difficultés de notre profession n’est pas rentrée dans les priorités du moment.
b) En février – Remise du Rapport sur les métiers à Mme Morano
En 2009, l’Unisda (Union Nationale pour l’Insertion Sociale du Déficient Auditif) avait réuni l’ensemble des métiers liés à l’accessibilité aux personnes sourdes et malentendantes. Ce COPIL auquel nous avions participé s’est achevé sur un rapport retraçant les besoins en professionnels. Ce rapport fut remis à Mme Nadine Morano, le 12 février 2010.
c) En juin – La lettre aux hauts dirigeants
De nombreux adaptateurs avaient accepté de signer la pétition à remettre aux hauts dirigeants.
Ce courrier avait été adressé à Mme Valérie Létard, Secrétaire d’État au développement durable et à M. Laurent Wauquiez, Secrétaire d’État à l’Emploi. Aucune suite n’a été donnée par l’un ou l’autre des secrétariats.
d) En novembre – La question au gouvernement
Grâce à l’action de Nathalie Diu, la précarisation de notre profession est clairement posée au gouvernement.
Toujours dans l’objectif de reconnaissance de notre statut professionnel, nous allons prendre contact avec les responsables des organismes suivants :
- Le CIH (Comité Interministériel du Handicap)
- Le CSA (Comité Supérieur de l’Audiovisuel)
En 2011, l’action du gouvernement sera sans doute portée sur les métiers à précarité latente. Cela bouge déjà dans d’autres domaines, notamment le journalisme.
Nous devrons être présents dans ces actions afin de protéger nos métiers.
L’article suivant est paru dans le Bulletin des Auteurs, revue trimestrielle du SNAC (Syndicat National des Auteurs et Compositeurs), au sein duquel se trouve un groupement doublage/sous-titrage. Nous remercions vivement Vanessa Bertran de nous avoir autorisés à reprendre ce texte ici.
Qu’importe le flacon… Le plaisir d’écrire reste le même, qu’on utilise le crayon à papier ou la bande rythmo virtuelle, c’est l’auteur qui doit s’imposer à la technique et non l’inverse. Mais force est de constater que l’apparition du numérique dans les filières doublage et sous-titrage a considérablement modifié notre manière de travailler, tant d’un point de vue pratique que juridique et économique. Libre à chacun de juger s’il s’agit d’un progrès, et si ça n’en est pas encore un, pourquoi ne pas essayer, par notre action, de faire en sorte qu’il le devienne ?
Un petit film formidable réalisé par Ivan Verbizh pour la semaine du sous-titrage.
Avec les interventions de Sophie Benaben, coordinatrice du pôle sous-titrage sourds & malentendants de l’ATAA, et de Thierry Jullien, du CAASEM.
Communiqué officiel
L’ATAA se mobilise pour le maintien d’adaptateurs professionnels garants d’un sous-titrage de qualité destinés aux personnes sourdes et malentendantes.
L’ATAA (Association des Traducteurs et Adaptateurs de l’Audiovisuel) interviendra à la table ronde, qui se déroulera mardi 24 novembre 2009, de 10h30 à 12h30, à l’Espace Fondation EDF, 6 rue Récamier, 75017 Paris (métro Sèvres-Babylone). Cette journée, organisée dans le cadre de la semaine du sous-titrage (www.semainedusoustitrage.org) par l’UNISDA (Union Nationale pour l’Insertion Social du Déficient Auditif) et l’AFIDEO (Association Française pour l’Information et la Défense des sourds s’exprimant Oralement), sera ouverte par M. Patrick Gohet, président du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées. Pour une meilleure accessibilité à la culture audiovisuelle aux personnes déficientes auditives, le Pôle sous-titrage pour les sourds et malentendants de l’ATAA se félicite des avancées technologiques qui, depuis quelques années, révolutionnent le sous-titrage, comme la reconnaissance vocale. Néanmoins, si elles améliorent l’accessibilité aux programmes pour le public sourd ou malentendant, ces avancées technologiques se développent sans encadrement qualitatif ni concertation avec le public concerné ! De plus, les nouveaux domaines d’application (cinéma numérique HD, Internet, VoD, téléphonie mobile) ne semblent pas s’investir dans cette forme de sous-titrage et s’ouvrir ainsi aux 6 millions de personnes déficientes auditives. Pour tenter de remédier à ces manquements, de nombreuses questions seront débattues lors de cette journée.
A noter que ces questions font déjà l’objet de concertations et de débats réguliers entre les professionnels de l’audiovisuel et les associations de personnes déficientes auditives, auxquels participe activement l’ATAA.
La coordination du pôle S&M de l’ATAA
Pour plus de renseignements, vous pouvez nous écrire à pole-sourd-malentendant@ataa.fr ou contacter Sophie Bénaben (06 11 18 22 73).
L’ATAA (Association des Traducteurs et Adaptateurs de l’Audiovisuel) a été créée en 2006 et fédère près de 200 adaptateurs prestataires de l’ensemble des laboratoires de post-production.
L’assemblée générale de la SACEM aura lieu le 16 juin à 14h30. On y élira le Conseil d’administration et les commissions statutaires. Cette année, pour la première fois, un auteur de doublage, Pierre Calamel, se présente au CA de la SACEM. Soutenir sa candidature servirait notre profession et augmenterait notre visibilité au sein de la Sacem.
Attention : il est probable que vous n’ayez pas reçu de matériel de vote, mais tous les membres de la SACEM ont le droit de voter s’ils se déplacent.
Voici un petit portrait de notre candidat, tiré de l’Écran Total spécial Cannes de 2005.
Après un passage par la musique, comme studio manager au mythique château d’Hérouville de Michel Magne (1973 – 1978), Pierre Calamel fait ses débuts au cinéma comme attaché de presse. Il est chargé pour Cinema International Corporation (MGM, United Artists, Paramount, Universal) de traduire et adapter les brochures de presse. « Je voyais les films en même temps qu’Anne et Georges Dutter et je rêvais. » A force de « tanner » le directeur technique, il obtient de faire un essai, puis adapte son premier film en 1986, Week-end de terreur. Depuis, il a signé la version française d’une quarantaine de longs métrages (le plus souvent doublage et sous-titrage), dont A la recherche de Bobby Fischer, In & Out, Fast and Furious, Flesh and Bone, Mo’Better Blues, American Me, Star Trek, Le grand bleu, d’une dizaine de téléfilms HBO ainsi que plusieurs épisodes de séries (Olive et Tom, Fallen Angels, Profiler, Boomtown).
Pierre Calamel est très engagé dans la défense de son métier. Il est membre de la commission de l’Audiovisuel de la Sacem depuis 2003 et membre du conseil syndical et du comité directeur du groupement Doublage et Sous-titrage du Syndicat National des Auteurs et Compositeurs (SNAC).
L’Association des Traducteurs-Adaptateurs de l’Audiovisuel se joint aux auteurs des traductions de documentaires destinés aux chaînes Discovery Channel et Discovery Real Time, diffusées en France par le biais du bouquet CanalSat, pour tirer la sonnette d’alarme suite à la dégradation de leurs conditions de travail. La rémunération des traducteurs a en effet baissé de 10% suite à la renégociation du contrat de Discovery avec son sous-traitant, la société Woods TV.
Malgré les sollicitations répétées des traducteurs, Discovery et Woods TV n’ont pas souhaité organiser une réunion tripartite qui aurait permis de renouer le dialogue et d’aborder le fond du problème. Cette baisse imposée sans concertation rend impossible l’obtention d’un travail de qualité, qui est pourtant le credo d’un groupe qui affiche sa volonté de présenter au public des documentaires de prestige. À cette occasion, les auteurs tiennent à rappeler l’importance capitale d’une adaptation de qualité (recherche de vocabulaire technique, niveaux et registres de langue, qualité du français, ton, fluidité) afin de rendre les programmes accessibles aux publics francophones.
Pour en savoir plus, suivez les discussions sur le forum (réservé aux adhérents de l’ATAA)
Pour la première fois de son histoire, un traducteur de l’audiovisuel se présente au conseil d’administration de la SCAM. Son nom : Christophe Ramage. Comme tous les super-héros, il s’entoure d’une aura de mystère et rechigne à parler de lui, mais les enquêteurs de l’ATAA ont tout de même réussi à glaner quelques informations sur le personnage…
Né sous un pied de vigne bourguignon, le jeune homme débarque à Paris dans les années 90, sa cape et son collant dans sa valise. Il intègre l’Institut Supérieur d’Interprétation de Traduction (ISIT) et adopte dès lors la combinaison, linguistique cette fois, qui ne le quittera plus : anglais et allemand -> français. Il se lance ensuite dans la traduction audiovisuelle en apprenant le métier sur le tas, au contact des professionnels. Dès 1996, le destin lui sourit et il s’installe à son compte. Depuis, il vole de toits en toits la nuit pour aérer son costume et adapte des documentaires le jour pour divers laboratoires de doublage/sous-titrage et sociétés de production.
Membre de la première heure de l’ATAA, il est aussi sociétaire de la SCAM. A l’arrivée du printemps, mû par son sens du devoir, il a chaussé ses célèbres bottines rouges, bouclé son ceinturon et le voici candidat au conseil d’administration de la SCAM, pour la plus grande fierté des traducteurs de l’audiovisuel.
VOTEZ POUR CHRISTOPHE ! Membres de la SCAM, vous le trouverez sur la liste A « auteurs d’œuvres audiovisuelles ». Si ce n’est déjà fait, vous pouvez voter dès maintenant en ligne, ou encore le 3 juin 2009, lors de l’assemblée générale de la SCAM.
Le mois dernier, nous avons rencontré Laurent Mantel et Gérard Chevalier Appert, membres de l’équipe d’Audiodescription. Ce rendez-vous informel nous a permis de découvrir un métier passionnant, difficile, exigeant et capital… bref, un vrai métier d’auteur.
Vous allumez la télé. Un film est en cours. Une voix off commente tout ce qui se passe à l’image, décor, lumière, ambiance, mouvements des personnages… Étrange parti pris du réalisateur ? Non, audiodescription. Grâce à elle, les aveugles et malvoyants peuvent suivre un film (ou une autre forme de spectacle) à l’aide d’un descriptif complétant les dialogues et les sons.
Dans son numéro de mars dernier, l’excellent magazine Générique(s) a consacré un article au sous-titrage. Sa rédaction nous a aimablement autorisés à le diffuser en intégralité. Le voici donc.
Le sous-titre est l’ami du sériphile friand de VO. Mais qui sait vraiment comment il est fabriqué ? Éléments de réponse.
Sylvain Gourgeon et Guillaume Regourd
Les sous-titres, on a fini par ne plus les remarquer. Ce qui est exactement le but. Cet outil formidable pour apprécier une œuvre en langue étrangère à sa juste valeur sans être forcément bilingue, est de plus en plus populaire, notamment auprès des sériphiles. Pourtant la méconnaissance autour de sa fabrication reste immense, alors même que l’essor du sous-titrage amateur est venu souligner l’importance de sa qualité. Voici une panoplie de questions parfois pointues, parfois élémentaires, que nous avons posées à des acteurs privilégiés de la scène sous-titrage, qu’ils soient pros (Estelle Renard, adaptatrice entre autres sur les séries Reno 911 et Battlestar Galactica, et présidente de l’ATAA, l’Association des Traducteurs/Adaptateurs de l’Audiovisuel) ou amateurs (Guillaume, François et Marie du site Sub-way.fr) pour tenter d’y voir un peu plus clair.
Avertissement
L’article qui suit est un témoignage d’un auteur de doublage sur son travail tel qu’il se pratiquait à la fin des années 1930. Cependant, il constitue aussi un témoignage sur l’atmosphère qui régnait dans l’industrie du cinéma français depuis le début de cette décennie. Avant de parler concrètement de son travail, Paul Reboux se livre, en effet, à une caricature xénophobe, et implicitement antisémite, des conditions dans lesquelles se serait pratiqué le doublage à ses origines. Historiquement et techniquement, ces propos sont dépourvus de réalité. La presse spécialisée de l’époque en témoigne, y compris l’hebdomadaire Pour Vous dont est issu ce texte.
Opposant ceux qu’il appelle les « polyglottes d’Europe centrale » aux « gens de goût et de bon sens », il était loin d’être le seul à tenir de tels propos. Au début des années 1930 déjà, Marcel Vandal, alors président de la Chambre syndicale de l’industrie du cinéma français, défendait la réalisation du doublage des films étrangers sur le territoire français afin d’éviter, selon lui, qu’il fût effectué par « les chômeurs d’Hollywood ou les déserteurs de Berlin ». (« Lettre de réponse de M. Marcel Vandal », La Cinématographie française, n° 818, 7 juillet 1934, p. 6. Il s’agit d’une réponse à Harry-James, président de l’Association des acteurs de synchronisation, qui avait préalablement dénoncé le manque de respect de M. Vandal pour les comédiens de doublage.)
Le doublage n’était pas la seule activité cinématographique à être mise en cause de manière aussi odieuse. Tous les secteurs du cinéma français étaient concernés. L’un de ceux qui eurent le plus à en souffrir fut le producteur Bernard Natan, dirigeant de Pathé de 1929 à 1936. Il ne survécut pas aux calomnies, à un procès qui le condamna, à sa déportation à Auschwitz.
Il nous a semblé utile de reproduire cet article dans son intégralité, sans en tronquer le premier paragraphe malgré son contenu détestable.