L’impact de la numérisation sur la traduction audiovisuelle

L’article suivant est paru dans le Bulletin des Auteurs, revue trimestrielle du SNAC (Syndicat National des Auteurs et Compositeurs), au sein duquel se trouve un groupement doublage/sous-titrage. Nous remercions vivement Vanessa Bertran de nous avoir autorisés à reprendre ce texte ici.

La numérisation dans la filière : les entreprises ont quelques perfos d’avance…

Qu’importe le flacon… Le plaisir d’écrire reste le même, qu’on utilise le crayon à papier ou la bande rythmo virtuelle, c’est l’auteur qui doit s’imposer à la technique et non l’inverse. Mais force est de constater que l’apparition du numérique dans les filières doublage et sous-titrage a considérablement modifié notre manière de travailler, tant d’un point de vue pratique que juridique et économique. Libre à chacun de juger s’il s’agit d’un progrès, et si ça n’en est pas encore un, pourquoi ne pas essayer, par notre action, de faire en sorte qu’il le devienne ?

Sous-titrage pour les sourds et malentendants

Communiqué officiel

L’ATAA se mobilise pour le maintien d’adaptateurs professionnels garants d’un sous-titrage de qualité destinés aux personnes sourdes et malentendantes.

L’ATAA (Association des Traducteurs et Adaptateurs de l’Audiovisuel) interviendra à la table ronde, qui se déroulera mardi 24 novembre 2009, de 10h30 à 12h30, à l’Espace Fondation EDF, 6 rue Récamier, 75017 Paris (métro Sèvres-Babylone). Cette journée, organisée dans le cadre de la semaine du sous-titrage (www.semainedusoustitrage.org) par l’UNISDA (Union Nationale pour l’Insertion Social du Déficient Auditif) et l’AFIDEO (Association Française pour l’Information et la Défense des sourds s’exprimant Oralement), sera ouverte par M. Patrick Gohet, président du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées. Pour une meilleure accessibilité à la culture audiovisuelle aux personnes déficientes auditives, le Pôle sous-titrage pour les sourds et malentendants de l’ATAA se félicite des avancées technologiques qui, depuis quelques années, révolutionnent le sous-titrage, comme la reconnaissance vocale. Néanmoins, si elles améliorent l’accessibilité aux programmes pour le public sourd ou malentendant, ces avancées technologiques se développent sans encadrement qualitatif ni concertation avec le public concerné ! De plus, les nouveaux domaines d’application (cinéma numérique HD, Internet, VoD, téléphonie mobile) ne semblent pas s’investir dans cette forme de sous-titrage et s’ouvrir ainsi aux 6 millions de personnes déficientes auditives. Pour tenter de remédier à ces manquements, de nombreuses questions seront débattues lors de cette journée.

  • Comment améliorer la qualité et ouvrir les nouvelles technologies au sous-titrage pour les personnes déficientes auditives ?
  • Peut-on obtenir une homogénéité du sous-titrage quel que soit le support audiovisuel ?
  • Quel avenir pour les adaptateurs actuels ? Quel statut leur permettra d’être protégés des aléas du marché et de se former à l’évolution de la profession ?
  • Qui seront les adaptateurs de l’avenir ? Par qui et comment seront-ils formés ?

A noter que ces questions font déjà l’objet de concertations et de débats réguliers entre les professionnels de l’audiovisuel et les associations de personnes déficientes auditives, auxquels participe activement l’ATAA.

La coordination du pôle S&M de l’ATAA

Pour plus de renseignements, vous pouvez nous écrire à pole-sourd-malentendant@ataa.fr ou contacter Sophie Bénaben (06 11 18 22 73).

L’ATAA (Association des Traducteurs et Adaptateurs de l’Audiovisuel) a été créée en 2006 et fédère près de 200 adaptateurs prestataires de l’ensemble des laboratoires de post-production.

16 juin : AG de la SACEM

L’assemblée générale de la SACEM aura lieu le 16 juin à 14h30. On y élira le Conseil d’administration et les commissions statutaires. Cette année, pour la première fois, un auteur de doublage, Pierre Calamel, se présente au CA de la SACEM. Soutenir sa candidature servirait notre profession et augmenterait notre visibilité au sein de la Sacem.

Attention : il est probable que vous n’ayez pas reçu de matériel de vote, mais tous les membres de la SACEM ont le droit de voter s’ils se déplacent.

Voici un petit portrait de notre candidat, tiré de l’Écran Total spécial Cannes de 2005.

Après un passage par la musique, comme studio manager au mythique château d’Hérouville de Michel Magne (1973 – 1978), Pierre Calamel fait ses débuts au cinéma comme attaché de presse. Il est chargé pour Cinema International Corporation (MGM, United Artists, Paramount, Universal) de traduire et adapter les brochures de presse. « Je voyais les films en même temps qu’Anne et Georges Dutter et je rêvais. » A force de « tanner » le directeur technique, il obtient de faire un essai, puis adapte son premier film en 1986, Week-end de terreur. Depuis, il a signé la version française d’une quarantaine de longs métrages (le plus souvent doublage et sous-titrage), dont A la recherche de Bobby Fischer, In & Out, Fast and Furious, Flesh and Bone, Mo’Better Blues, American Me, Star Trek, Le grand bleu, d’une dizaine de téléfilms HBO ainsi que plusieurs épisodes de séries (Olive et Tom, Fallen Angels, Profiler, Boomtown).

Pierre Calamel est très engagé dans la défense de son métier. Il est membre de la commission de l’Audiovisuel de la Sacem depuis 2003 et membre du conseil syndical et du comité directeur du groupement Doublage et Sous-titrage du Syndicat National des Auteurs et Compositeurs (SNAC).

Objectif SCAM pour Christophe Ramage

Pour la première fois de son histoire, un traducteur de l’audiovisuel se présente au conseil d’administration de la SCAM. Son nom : Christophe Ramage. Comme tous les super-héros, il s’entoure d’une aura de mystère et rechigne à parler de lui, mais les enquêteurs de l’ATAA ont tout de même réussi à glaner quelques informations sur le personnage…

Le héros du jour dans ses habits de lumière

Né sous un pied de vigne bourguignon, le jeune homme débarque à Paris dans les années 90, sa cape et son collant dans sa valise. Il intègre l’Institut Supérieur d’Interprétation de Traduction (ISIT) et adopte dès lors la combinaison, linguistique cette fois, qui ne le quittera plus : anglais et allemand -> français. Il se lance ensuite dans la traduction audiovisuelle en apprenant le métier sur le tas, au contact des professionnels. Dès 1996, le destin lui sourit et il s’installe à son compte. Depuis, il vole de toits en toits la nuit pour aérer son costume et adapte des documentaires le jour pour divers laboratoires de doublage/sous-titrage et sociétés de production.

Membre de la première heure de l’ATAA, il est aussi sociétaire de la SCAM. A l’arrivée du printemps, mû par son sens du devoir, il a chaussé ses célèbres bottines rouges, bouclé son ceinturon et le voici candidat au conseil d’administration de la SCAM, pour la plus grande fierté des traducteurs de l’audiovisuel.

VOTEZ POUR CHRISTOPHE ! Membres de la SCAM, vous le trouverez sur la liste A « auteurs d’œuvres audiovisuelles ». Si ce n’est déjà fait, vous pouvez voter dès maintenant en ligne, ou encore le 3 juin 2009, lors de l’assemblée générale de la SCAM.

Polémique autour du doublage de Dr House

L’excellent doublage de la série Dr House est enfin sous les projecteurs ! Mais peut-être pas sous son meilleur jour… Un article de Télérama.fr titré « Le Dr House antisémite ? » a très vite suscité une vive polémique. L’article a provoqué des réactions en cascade, d’abord des internautes, puis les excuses de TF1 et celles de la traductrice, interviewée dans Libération. Dans la foulée, d’autres médias se sont emparés de l’affaire, qui a fait le tour de la toile et de la blogosphère.

Au-delà de la polémique et à tête reposée, ce qui ressort de cette affaire, c’est que nos métiers sont méconnus. L’Ataa a donc saisi l’occasion pour écrire un petit mot aux journalistes de Télérama et de Libération, que voici :

Quand les chaînes bradent le handicap

Communiqué sous-titrage VSM

A l’approche de l’application de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, de graves menaces pèsent sur la qualité du sous-titrage télétexte à destination du public sourd et malentendant et le métier même d’adaptateur. Avec le soutien de l’Unisda, l’ATAA a lancé un communiqué de presse pour alerter les médias. Le voici :

La VM sur le hertzien

Problème VM

Rappel : Depuis que les chaînes DU RÉSEAU HERTZIEN ont commencé à diffuser des programmes en VM (Version Multilingue où le spectateur a accès a plusieurs versions : sous-titrée français, doublée français et parfois sous-titrée en langues étrangères), les auteurs de sous-titrage ne perçoivent plus de droits d’auteur pour ces programmes qui sont déclarés à la Sacem comme de la VF. Le Snac et l’ATAA essaient de débloquer la situation depuis deux ans et une clé de répartition a été trouvée pour ce qui concerne les diffusions sur le câble et le satellite. Il faut maintenant trouver une clé de répartition entre les auteurs de sous-titrage et de doublage pour le réseau hertzien. Le problème n’est pas simple car TF1 et Arte, par exemple, n’ont pas le même public VO/VF, et ce n’est qu’un des nombreux problèmes qu’il convient de résoudre pour ne léser aucune catégorie d’auteur.

Avant toute chose, la Sacem a demandé aux auteurs de sous-titrage de lui fournir une liste des programmes diffusés sur le hertzien (TF1, Canal+, Arte pour le moment). Durant deux mois, de février à mars, nous avons donc relevé les titres des diffusions en VM. Ces titres étaient mis sous forme de tableau sur une feuille excel Google accessible en ligne, chaque auteur de sous-titrage ou doublage a donc pu la compléter et l’amender au besoin. Nous avons également eu l’idée de fournir le nom des auteurs pour chaque programme afin de faire un envoi groupé à la Sacem.

Le tableau a été transmis au délégué général du Snac qui va à son tour le transmettre à la Sacem. La clé de répartition pourra ainsi être étudiée sur des bases concrètes.

Goodbye quality (?)

Languages & the Media 2008 – 7th International Conference on Language Transfer in Audiovisual Media

The translator’s point of view: goodbye quality, hello Quality!

Last year, the sensation at the French box office was not a Hollywood blockbuster, but a small comedy about language differences and the prejudices and bonds they produce. Bienvenue chez les Chtis was a huge success and over half the French population went to see it. This film, relying as it does on language and linguistic jokes, should have been lost in translation. It was not. Thanks to the competence of the English translator and the director’s attention to it, the subtitles were so good that a Guardian journalist suggested that this tour de force deserved the creation of a whole new Oscar’s category for subtitlers. It is because it was so well translated that this film has had the chance of an international career. So kudos to Michael Katims for his great translation.