And last but not least, notre membre franco-anglaise, Vanessa Azoulay !
- Quel a été le déclic qui t’a donné envie de te lancer dans la traduction ou l’adaptation audiovisuelle ?
J’ai appris à parler et à lire en anglais, mais à écrire et compter en français. Toute mon enfance, j’ai eu un pied dans chaque culture et la tête entre les deux. Pour les uns, j’étais la Froggy de service, ailleurs, on me disait que je « faisais » mon Anglaise. Pendant les vacances, je regardais « Fawlty Towers » et « Blue Peter ». Pendant l’année, c’était « Récré A2 » et « la Petite Maison dans la prairie »… en français. Un jour, Laura Ingalls s’est mise à parler d’une voix très haut perchée et ça a été comme une révélation. J’ai compris que Sybil et Basil pourraient un jour parler français grâce à des humains et que moi, je pourrais être un de ces humains.
- Quel projet a constitué pour toi le plus grand défi technique, artistique ou humain ?
Je n’ai jamais participé à, ni même vu de version doublée de « Fawlty Towers », mais j’aimerais bien savoir comment ils auraient/ont fait. Parce que pour moi, cette série est le plus grand défi technique, artistique et humain qui soit, en matière d’adaptation audiovisuelle !
- Y a-t-il une scène, une réplique ou un dialogue que tu as traduit/adapté et dont tu te souviendras toujours ?
Pas spécialement, ou plutôt j’en ai plein. Mon travail me procure régulièrement des moments de plaisir et de satisfaction intenses. Comme ces traductions de chansons, écoutées ensuite en boucle pendant des mois, des années (voire que j’écoute encore). Ou ces jeux de mots qui tourne en tâche de fond dans ma tête, où que je sois, quoi que je fasse, pendant des semaines avant l’éclair libérateur, que je dois le noter toutes affaires cessantes (sous peine de l’oublier). Ce que je préfère par-dessus tout, c’est quand ce que j’écris fait rire en simu ou en vérif (autre intérêt de la vérif et de la simu : les réactions sur le vif).
- Comment as-tu su que c’était le bon moment pour rejoindre le CA ?
Ça faisait un moment que je voulais apporter ma petite pierre à l’édifice. J’ai d’abord participé au jury du doublage de séries (2016), puis au jury du sous-titrage de séries (2018). J’ai aussi fait partie d’un des groupes qui ont obtenu la revalorisation de nos tarifs doublage studio par studio en 2022. Et puis, quand mes enfants ont eu moins besoin de moi et que ma charge de travail s’est allégée, je me suis dit que c’était le moment de sauter dans le grand bain.
- Quelle expérience ou expertise personnelle aimerais-tu mettre davantage au service de l’ATAA dans les mois à venir ?
C’est une question difficile. J’ai passé ma première année au CA en mode observation. J’ai participé à la plupart des réunions mensuelles, essayé de répondre à toutes les sollicitations simples et je me suis manifestée quand j’ai senti que j’avais quelque chose à dire ou à faire. Au CA de l’ATAA, on fait ce qu’on peut, quand on le peut, et tout le monde est reconnaissant et encourageant. C’est très motivant. J’espère m’investir davantage en 2026, mais dans quoi… on verra bien !
- Qu’as-tu découvert sur l’association ou sur le métier en intégrant le CA, que tu ne soupçonnais pas avant ?
J’ai découvert que l’ATAA était une machine complexe et sans limites, toujours prête à se lancer de nouveaux défis, à donner un coup de main à droite à gauche, à s’unir avec des traducteurs dans toute l’Europe. Elle œuvre pour le bien-être de la communauté dans sa grande globalité, et reçoit l’aide de de gens extérieurs ex-CA ou autres, qui viennent prêter main forte pour des actions ciblées. Tout compte fait, c’est un genre de méta-auteurice !
- Quel changement récent dans le secteur te semble le plus déterminant pour notre avenir ?
Je ne sais pas. Il y a toujours des sujets comme bien sûr l’IA, le rachat de plusieurs studios par une seule et même grosse société tentaculaire et pas très « human-centric », la baisse du volume de production audiovisuelle aux États-Unis pour toutes les raisons qu’on connaît. Quel impact auront-ils sur notre avenir ? J’ai tendance à être pessimiste au quotidien et optimiste sur le long terme. Des crises, il y en a déjà eu. Chacun d’entre nous va sans doute avoir des choix importants à faire dans les années qui viennent. Mais j’ai foi en notre capacité d’adaptation, en notre instinct de préservation et en l’union qui fait la force.
- Quelle est la meilleure leçon que tu aies apprise depuis tes débuts, et que tu aimerais transmettre aux nouvelles et nouveaux arrivant·es ?
Qu’on n’arrête jamais d’apprendre. Savoir être curieux et à l’écoute, ce sont les qualités principales que j’encouragerais de nouveaux arrivants à approfondir. C’est ce qui permet d’aborder sereinement des programmes auxquels on est a priori hermétiques, de travailler avec des personnes différentes de nous qu’on n’a pas la possibilité de rencontrer en chair et en os, et de chercher toujours plus loin l’adaptation la plus juste.
