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2016 28
nov

Suite de notre série de portraits de traducteurs, membres de l’Ataa.
La parole est à Maï Boiron !

Nom : Boiron
Prénom : Maï
En exercice depuis : 1994 chez Titra – 2001 en adaptation freelance

Ton parcours :
1988-1992 : licence de LEA à Nanterre
1992-1993 : une année à l’Université de San Francisco, département cinéma.
1994 : engagée en CDI chez Titra Film grâce à George Dutter.
2001 : temps partiel chez Titra – début de mon activité d’adaptatrice de sous-titres
Fin 2013 : démission de Titra
2014 : début de mon activité d’adaptatrice de doublage

Ton premier bébé traductologique : 418SXJRGKAL._SY445_
« Mon voyage à travers le cinéma italien » de Martin Scorsese
3000 sous-titres à écrire en 10 jours. Grosse émotion, grosse apnée, gros plaisir.

Une prise de tête mémorable :
17 heures de vérif pour « Dark Places », premier doublage véritablement en solo, que j’avais eu 8 jour pour écrire (!), et réécrit quasi intégralement par le réalisateur le jour de la vérif, SUR MOSAÏC !!!
J’ai cru que j’allais y rester. C’est le pire souvenir de ma vie. Pas pour mon ego, mais parce que j’étais épuisée.
Personne ne m’en a tenu rigueur, heureusement ;)
Remarque, j’ai plus appris en 17 heures de vérif qu’en 5 ans de doublage ! Je me suis bien débridée de la synchro, notamment !! ;) (comme dit Raphaël)

Un regret :
Aucun… je crois…

Une fierté : gonegirl-120x160
Avoir assuré la moitié du doublage (= 1300 sous-titres sur 2300) de « Gone Girl » toute seule, en 9 jours, pour un résultat qui a plu au client et au directeur artistique.

Une envie traductologique :
Scorsese, encore et toujours.

Une rencontre :
Ce métier, en 1991.
Le doublage – les plateaux – les acteurs.
Jean-Marc Pannetier et Raphaël Anciaux.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?
Pas eu le choix, c’est lui qui m’a choisie.
Une évidence.

Ton regard sur la profession et son évolution :
Difficile – Dégringolade pour la grande majorité du métier – tendance générale de l’économie à se « libéraliser », et à se mondialiser, d’où les tarifs et la qualité en baisse.

Ton regard sur la « consommation » d’œuvres audiovisuelles :
La VM a, je crois, élargi un peu le public du sous-titrage. Le public est peut-être un peu plus sensibilisé aux problématiques de l’adaptation audiovisuelle… Mais si peu…

C’est quoi un bon sous-titrage / doublage / voice over ?
Pour tout ça : du naturel, du style, du rythme, de la rigueur.
Sous-titres : tirer le jus du texte, aller à l’essentiel, respecter le niveau de langue, dégraisser, fluidifier, que le sens soit immédiat.
Doublage : le naturel avant tout, le style, la « jouabilité » du texte, le rythme, la synchro SI elle ne sacrifie pas le naturel.
Et les voix, la direction, le jeu, le montage, le mixage… évidemment.

Pourquoi l’ATAA ?
Pour soutenir ceux qui nous défendent.
Pour regrouper nos forces.
Pour que ces métiers existent et soient visibles.

Un dernier mot :
Merci l’Ataa :-)

Si vous aussi vous souhaitez publier votre portrait, vous exprimer pour une fois avec vos mots à vous, dans votre style à vous, pour partager votre expérience, rien de plus facile : prenez votre plus belle plume pour répondre à ce questionnaire, joignez-y si vous le pouvez illustrations et visuels et envoyez le tout à blog |at| ataa.fr !

2016 07
oct

loupdans labergerieUber est le symbole d’une nouvelle façon de travailler, si controversée qu’elle a donné naissance à un mot, la fameuse uberisation. Maintenant, imaginez qu’Uber se dise : « Quel dommage, il y a tant de gens là-bas, en région, qui ne peuvent pas bénéficier de la merveilleuse facilité de transport qu’offre Uber…» Alors, il décide de lancer une expérience : « Tu habites en rase campagne ; conduire, tu en rêves depuis toujours. Alors, tiens-toi bien, je vais te prêter une voiture. Comme ça, tu pourras être au volant toute la journée. Et même la nuit. Tu emmèneras des clients d’un point A à un point B. Mais comme tu adores ça, tu vas le faire gratuitement, parce que bon, c’est une passion, on ne va pas en plus te payer. Nous, par contre, on récupérera des sous sur tes courses. Enfin, ça nous fera de la pub et puis on aura des subventions. C’est normal, on est là pour faire le Bien, aider les gens à se déplacer, tout ça, mais on ne peut pas se permettre de le faire gratuitement, on a des frais. Alors, tu signes ? Tu ne sais pas conduire ? T’inquiète, tu as la passion. Le reste, ça viendra tout seul. Ah, j’oubliais, si jamais tu as un accident, ce sera de ta poche. C’est quand même toi qui es au volant. »

Inconcevable ? C’est pourtant ce que vient de faire Arte Europe, avec la bénédiction, et les subsides, de la Commission européenne. Dans un autre registre, évidemment. La voiture, ce sont des programmes télévisés que la chaîne a coproduits. Les clients, les habitants de petits pays d’Europe, et donc de « langues mineures », soit toutes les langues sauf l’anglais, l’allemand, l’espagnol, le français et le polonais. Et les conducteurs ? Ma foi. C’est peut-être vous, lecteur. Des sous-titreurs amateurs, prêts à donner de leur temps, de leur compétence, de leur enthousiasme pour faire rayonner Arte dans toute l’Europe. Non, pardon, pour « rendre ses programmes accessibles à des gens qui ne pouvaient jusque-là en bénéficier. » Des gens dont, finalement, Arte ne doit pas avoir grand-chose à faire, puisqu’ils ne méritent pas de voir ses programmes sous-titrés par des professionnels, comme c’est le cas pour les chanceux que nous sommes, nous, les « grands » pays européens.

Cette initiative d’Arte soulève tant de questions qu’elle en donne le tournis : aspect légal, respect du droit d’auteur, du droit du travail, des processus nécessaires pour obtenir une traduction fidèle à l’œuvre d’origine, fragilisation d’une profession essentielle à la compréhension entre les peuples, et qui n’a pas besoin d’un coup de couteau dans le dos. Mais un point peut-être choque plus que d’autres. Cette hiérarchie implicite, sourde, faite entre les langues. L’Europe est riche de sa diversité linguistique, clament en chœur Arte et la Commission européenne. Mais au moment de leur donner un prix, le masque tombe : ta langue, ami roumain, danois, slovène, croate, norvégien, portugais, grec ? Elle vaut exactement zéro.

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2016 28
sept

La Journée mondiale de la traduction (JMT) est célébrée chaque 30 septembre, date retenue par la Fédération internationale des traducteurs (FIT) lors de sa fondation en 1953 pour promouvoir les métiers de la traduction à l’échelle mondiale.

Journée mondiale DGT

La Direction générale de la traduction de la Commission européenne et la SFT ont imaginé cet événement, dans le cœur de Paris. Un parcours de découverte à travers les passages couverts du 2e arrondissement de Paris, à la rencontre de traducteurs et interprètes qui présenteront la diversité de leur métier au public qui viendra à leur rencontre. Plusieurs associations professionnelles seront présentes dans les boutiques et les commerces participant à l’évènement.

L’ATAA sera installée dans la galerie Vivienne et nous serions heureux de vous y voir nombreux. Ce sera l’occasion :

-> de nous poser toutes vos questions

-> de découvrir les autres métiers de la traduction

-> de rencontrer des collègues et d’échanger sur nos pratiques

-> de passer un moment convivial, clôturé par un cocktail à la mairie du II e arrondissement à 19h (inscription obligatoire via ce lien).

Un quiz, à faire seul ou à plusieurs le long du parcours, est également au programme.

Rendez-vous donc ce vendredi à partir de 16h, à la librairie-boutique de la Comédie française, 2 rue Richelieu, 75001, pour le départ du parcours.

Plus de détails et d’informations sur le site de la Commission européenne.

2016 23
sept

Suite de notre série de portraits de traducteurs, membres de l’Ataa.
La parole est à Amandine Joyaux !

Nom : Joyaux
Prénom : Amandine
En exercice depuis : 2009

Ton parcours :
Après avoir fait la formation de Lille 3, je me suis retrouvée sur le marché du travail en 2008 avec le désir de travailler dans le doublage et j’ai commencé par faire un stage en production chez Dubbing Brothers. Cette expérience n’ayant pas été concluante, je me suis tournée vers la voice over en janvier 2009. En septembre 2009, j’ai été contactée par la société Audiophase pour laquelle j’ai doublé deux séries et quelques téléfilms, puis, en mars 2010, j’ai commencé à travailler chez Mediadub. Depuis, j’écris trois séries pour eux et je continue parallèlement à travailler chez Nice Fellow, de temps en temps pour Audiophase (mais leurs tarifs n’encouragent pas vraiment une collaboration régulière…) ainsi que Deluxe Productions depuis peu.

Ton premier bébé traductologique : th
La série « Party Down », très très bavarde et parfois un vrai défi, comme beaucoup de séries à la fois comiques et rythmées.

Une prise de tête mémorable :
Un téléfilm sur un procès qui combinait à lui tout seul tous les cauchemars propres à l’adaptation : hyper chargé, lexique juridique (des termes de médecine légale à s’arracher les cheveux), des ambiances partout…

Un regret :
Ne pas avoir pu adapter la série de comics « Avengers », dont le projet nous a été retiré sans ménagement par « Marvel » pour des questions de budget.

Une fierté :
Entendre une amie me dire qu’elle a aimé une série que j’ai adaptée, et l’entendre me préciser qu’elle l’a vue en VF. D’habitude, les gens ajoutent toujours « bon, je l’ai vu en VO, parce que je ne supporte pas les VF… »

Une envie traductologique :
Adapter un film d’époque, dans le style d’« Orgueil et Préjugés ».

Une rencontre :
Récemment, j’ai eu la chance de travailler avec Blanche Ravalec (qui double Marcia Cross et dirige également des plateaux). Un vrai plaisir de collaborer avec cette femme-là, qui est à la fois très pro, très respectueuse du travail des auteurs, simple, drôle et très abordable.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?
Etudiante en fac d’anglais, je n’avais pas envie de me tourner vers le métier d’enseignante. Après réflexion, je me suis dit que j’aimais l’idée d’un métier interdisciplinaire : d’un côté la traduction, qui compare deux langues et deux cultures, et de l’autre, le cinéma. J’en suis vite venue à la conclusion qu’il fallait que je me dirige vers un métier qui permette de travailler dans ces deux sphères à la fois.

Ton regard sur la profession et son évolution :
Concernant le doublage, et selon mon expérience personnelle, je constate qu’il est possible de travailler de manière très agréable, avec des gens bienveillants, dans des conditions respectueuses. Concernant les tarifs plus précisément, ils restent corrects en doublage, nous avons même obtenu l’an dernier de nous faire augmenter chez Médiadub. Parmi nos revendications pour justifier cela, le fait qu’on demande de plus en plus aux auteurs de gérer des à-côtés, qui prennent parfois beaucoup de temps : NBC qui demande maintenant deux résumés, un court et un long, et qui exige de rajouter une page sur les frappes avec leur logo… Non pas que ces manœuvres soient très chronophages, mais quand s’ajoutent à ça le fait de devoir envoyer lignages, croisillés (à compléter quasi systématiquement), et les détections souvent lacunaires, je trouve que ça fait parfois beaucoup.

Ton regard sur la « consommation » d’œuvres audiovisuelles :
Très personnellement, j’avoue regretter que la plupart des gens de mon entourage aillent peu au cinéma et préfèrent souvent regarder la télévision chez eux. J’entends aussi beaucoup parler de Netflix, et de mon point de vue personnel, j’ai l’impression que ça encourage plus le « binge-viewing » qu’un visionnage responsable et de qualité. Un exemple : il paraît que sur leur site, on peut lancer une sorte d’application qui « zappe » le générique des séries et vous permet d’enchaîner les épisodes non-stop… ce qui m’a fait bondir ! Je trouve qu’il y a un vrai plaisir dans le rituel du générique, même en enchaînant 3 épisodes à la suite. Ça permet de se « mettre progressivement » dans l’épisode, et le fait de les enchaîner en continu brouille les repères, ne respecte pas la narration et tient d’avantage à la surconsommation.

Un coup de gueule :
Je crois que je l’ai fait juste au-dessus !

C’est quoi un bon sous-titrage / doublage / voice over ?
Alors là, difficile à dire sans juger ! Et difficile de se placer du point de vue de spectateur quand la déformation professionnelle s’en mêle. De mon point de vue d’adaptatrice, je dirais qu’un bon doublage dépend de beaucoup de critères, au-delà du travail d’écriture. Le texte peut être excellent, mais le travail en plateau est déterminant. Pour que le résultat final soit bon, il faut que la sauce prenne des deux côtés. De manière générale, je trouve dommage que certaines chaînes, de par leurs exigences, rendent parfois les dialogues un peu « polis » et les répliques entendues. J’avoue être nostalgique des doublages des années 80-90, où tout était permis. Je pense notamment à « Sos Fantômes » quand Bill Murray nous sortait « On est venus, on a vu, il l’a eu dans le cul », ou encore aux « Goonies » avec la bande à Mickey, Choco, Bagou et Data qui jurent comme des charretiers… pour moi, ce film est un bel exemple de doublage réussi : pas forcément toujours synchrone, mais débordant de naturel, des voix charismatiques et un texte riche et imagé.
https://www.youtube.com/watch?v=pXPYuVlKFRo
https://www.youtube.com/watch?v=1jQTgSW59gY

Pourquoi l’ATAA ?
Parce qu’il me semble important de se fédérer dans un métier où on se sent souvent isolé. Et parce qu’il est plus facile de faire valoir ses droits quand on se sent faire partie d’une équipe. Et puis parce que je trouve que c’est une association active, qui a certes des idéaux mais qui les concrétise, et qui vit en accord avec ses principes.

Un dernier mot :
Plutôt un petit « best of » des meilleures phrases que j’ai entendues en plateau.
- Un DA à un des comédiens : « Vide ta bouche, y a du monde dedans ».
- Commentaire d’un comédien quand le personnage qu’il double en gifle un autre : « Et ça, c’est du miel des Vosges ? »
- « Celui-là, il est aimable comme une feuille d’impôts ».

J’ajoute aussi la bande annonce d’un film très sympa, « In a world », qui parle du métier de comédien en voice over, et du monde sans pitié des bandes-annonces de blockbusters. Je ne sais pas s’il existe une VF et qui l’a adapté, d’ailleurs.
https://www.youtube.com/watch?v=bZHBjLFu5is

in a world

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2016 08
sept

Festival America
Tempête de cerveaux de traducteurs lors du festival America, dédié aux littératures et cultures d’Amérique du Nord ! Samedi 10 et dimanche 11 septembre, le festival organise en partenariat avec nos amis de l’ATLF un événement ludique et passionnant : des joutes de traduction.

Le principe est simple : le tournoi oppose deux traducteurs. Chacun a reçu, peu avant le festival, un court texte inédit d’un auteur invité. Les traductions préparées, les concurrents peuvent entrer dans l’arène. Commence alors un véritable duel de traduction ­arbitré par un animateur. Cette lutte est l’occasion pour les spectateurs de savourer la complexité du passage d’une langue à l’autre et de comprendre les choix des traducteurs parmi la multitude des possibilités qui s’offrent à eux afin de rendre le texte traduit le plus fidèle possible à l’original.

Samedi 10 septembre, 13h-14h30
Pierre Demarty et Nicolas Richard, sur un texte de Molly Prentiss
Joute animée par Sophie Aslanidès

Dimanche 11 septembre, 14h30-16h
Nathalie Bru et Valérie Le Plouhinec,  sur un texte de Tom Cooper
Joute animée par Valérie Julia

Et pour plus d’informations sur cet événement, consultez le site de l’ATLF.

2016 26
août

Nous relayons un appel à signature diffusé par la Sacem. N’hésitez pas à consulter les liens très instructifs mis à notre disposition dans le texte de la pétition.

Commission-Européenne-photo

Ce message pour vous alerter sur le calendrier et l’actualité autour du combat vital pour la rémunération sur Internet des créateurs, des éditeurs et de tous les acteurs de la Culture en France.

Le projet de réforme du droit d’auteur que la Commission européenne va publier fin septembre est le seul texte dans lequel les conditions de rémunération des ayants droit par les plateformes peuvent être améliorées. Notre action collective a permis d’inscrire le sujet du transfert de valeur dans les orientations de la Commission mais nos derniers échanges montrent une forte réticence de celle-ci à adopter des solutions concrètes.

Notre initiative est collective. En effet, la stratégie est mondiale et concerne tous les secteurs de la culture. Il est important de ne pas laisser passer cette occasion unique de se battre pour l’intérêt général.

Un courrier a été envoyé à la Commission européenne. Il est signé par une première liste d’artistes européens, tous secteurs culturels confondus. Son but est de lancer un vaste mouvement de mobilisation des artistes pour réunir le plus de signatures possible.

Ce n’est que le début du combat, le texte sera débattu durant l’hiver 2016/2017 par le Parlement européen et les Etats membres.

D’ici là, nous comptons sur votre engagement pour vous mobiliser d’urgence, ensemble, maintenant, en signant la pétition.

L’appel sera susceptible d’être publié dans la presse avec les noms des signataires.

Bien cordialement,

Jean-Claude Petit
Président du Conseil d’administration de la Sacem

Jean-Noël Tronc
Directeur général de la Sacem

2016 27
juin

Le 11 juin dernier, nous avons fêté les 10 ans de l’ATAA à la Fondation Biermans-Lapôtre. Une très belle soirée, précédée par la toute première remise des Prix Séries en sous-titrage et en doublage. Merci à tous les adhérents pour leur présence ou leur soutien à distance ! Et un énorme merci à Jean Bertrand pour cette rétrospective parue dans le No49 de la revue TransLittérature de l’ATLF !

L’Association des traducteurs-adaptateurs de l’audiovisuel (ATAA) fête cette année son dixième anniversaire. Une excellente occasion de faire un bilan sur son action.

L’association a vu le jour en juin 2006 autour d’un petit noyau de jeunes traducteurs qui pensaient que, pour aller de l’avant, il valait mieux miser sur l’action collective. Ils venaient de démissionner tous en chœur d’un laboratoire de sous-titrage – une filiale d’un groupe américain – qui pratiquait les tarifs les plus bas du moment. Forts de cette première action – qui entraînera quand même la fermeture du laboratoire –, ils décident de rassembler et de fédérer les traducteurs de l’audiovisuel. Au départ, dans la profession, beaucoup affichent un certain scepticisme : les traducteurs sont des électrons libres, ils sont beaucoup trop individualistes, ça ne marchera jamais !

Il faut dire que la profession est alors en pleine mutation. Jusqu’à la fin des années 1980, le doublage et le sous-titrage étaient réservés à un très petit nombre d’auteurs. Ce milieu fonctionnait un peu comme une corporation, les praticiens initiaient eux-mêmes leurs poulains à des techniques très spécifiques. Les dialogues de doublage s’écrivaient encore à la main au crayon sur une « bande rythmo », une bande en papier glacé de 35 mm de largeur qui était ensuite projetée en même temps que le film pour que les comédiens puissent dire leur texte au bon moment. Quant aux sous-titres, il fallait souvent les rédiger après un seul et unique visionnage du film.

Ouverture de la soirée avec le conseil d'administration de l'Ataa

Ouverture de la soirée avec le conseil d'administration de l'Ataa

Le début des années 1980 marque alors un tournant. C’est à cette époque que l’université de Lille ouvre la première formation aux métiers de la traduction audiovisuelle. Consciente des débouchés très limités dans ce domaine, elle ne sélectionne parfois que deux étudiants par an. Des étudiants forcément motivés, ne serait-ce que pour arriver à découvrir l’existence de cette formation ! Par la suite, dans les années 1990, les universités chercheront à professionnaliser leurs cursus. Mais elles miseront plus sur l’attractivité du cinéma que sur ses débouchés réels lorsqu’elles proposeront cette spécialisation à leurs étudiants. Paradoxalement, si l’on assiste à une professionnalisation du métier, celle-ci fragilise le secteur en le submergeant de jeunes diplômés qui ne pourront pas tous exercer dans ce domaine.

Certes, la création de nouvelles chaînes de télévision entraîne une augmentation du nombre des programmes à traduire. Mais, si Arte s’impose comme un modèle en matière de bonnes pratiques avec un tarif de 2,74 € le sous-titre, la plupart des chaînes du câble n’entendent pas consacrer de gros budgets à la traduction des émissions de flux bas de gamme qu’elles s’apprêtent à diffuser. Les tarifs commencent alors à baisser, et la dégringolade continue encore de nos jours…

Dans ce contexte professionnel très contrasté, l’ATAA parvient très vite à faire entendre sa voix. Elle maîtrise les moyens de communication modernes et touche rapidement son public. À peine créée, elle lance un site Internet qui permet de diffuser l’information tous azimuts. Il comporte aussi un forum réservé aux seuls membres. Ce dernier ouvre un espace de discussion qui répond à une attente. Chacun peut intervenir sur des questions pratiques ou interroger les collègues sur la pertinence ou non d’accepter telle ou telle proposition. En faisant sortir les adhérents de leur isolement, le forum contribue ainsi à souder la profession.

Très rapidement, l’ATAA définit une liste de grands chantiers. Ainsi, il est urgent de représenter les traducteurs au sein de différentes institutions. C’est le cas, par exemple, des sociétés d’auteurs qui gèrent les droits de diffusion des œuvres sous-titrées ou en version française. Cette entreprise suscite de nombreuses démarches, qui n’aboutiront pas toujours au résultat escompté. Ainsi, à la SACEM – qui gère les droits des films de cinéma –, les auteurs de sous-titrages ont toujours beaucoup de mal à faire entendre leur voix. À l’inverse, la SCAM – qui répartit les droits de diffusion des documentaires – réagit très favorablement à cette initiative et intègre aussitôt un traducteur (puis un suppléant) à sa commission audiovisuelle. Ils siègent également à la commission chargée de présélectionner les films qui seront ensuite proposés au jury des Étoiles, qui prime chaque année quinze documentaires. Enfin, depuis juin 2013, un traducteur siège au conseil d’administration de la SCAM.

Un autre grand chantier vise à renforcer les liens entre les traducteurs et leurs commanditaires. Dans ce secteur, les conditions sont très différentes selon qu’on travaille pour le cinéma ou les chaînes de télévision. Au cinéma, la plupart des diffuseurs confient le doublage ou le sous-titrage de leurs films à des traducteurs qu’ils connaissent et choisissent. À l’inverse, les chaînes de télévision n’entretiennent aucun contact avec les traducteurs et s’adressent à des sociétés de postproduction (laboratoires de sous-titrage et studios de doublage) qui leur livrent les programmes prêts à diffuser. Il est évident que les traducteurs auraient tout intérêt à nouer des contacts directs avec les chaînes. Un échange constructif contribuerait sans doute à améliorer la qualité des textes et permettrait surtout d’aborder la question des tarifs. Le passage obligé par les sociétés de post-production interdit toute négociation car ces dernières prétendent appliquer des conditions imposées par les chaînes.

En 2008, avec le Syndicat national des auteurs et des compositeurs (SNAC), l’ATAA parvient à convaincre le CNC d’organiser des réunions tripartites rassemblant la FICAM (qui regroupe les sociétés de postproduction), les commanditaires (les chaînes, les éditeurs de DVD…) et les auteurs. Plusieurs années de négociations ont permis d’aboutir, en janvier 2011, à une Charte des bons usages qui pré-voit, en particulier, qu’« une rencontre annuelle au minimum se tiendra entre les représentants des auteurs et des entreprises sur la question des tarifs ». Hélas, ces engagements n’ont pas été tenus. Mais l’ATAA s’efforce aujourd’hui de relancer les signataires de cette charte pour faire un bilan de son application.

En 2009, après avoir longtemps peaufiné son site Internet – sa forme actuelle est la troisième mouture –, l’ATAA s’est dotée d’un blog. Il s’agissait alors de trouver un outil susceptible de toucher un plus large public en lui offrant des informations professionnelles, mais aussi des portraits et des contributions plus théoriques sur l’adaptation audiovisuelle, telle la série d’articles parue sur le blog de l’ATAA, intitulée « Retour sur Inglorious Basterds » de Tarantino1, un film où les personnages parlent anglais, allemand et français, ce qui le rend difficilement transposable dans une autre langue.

Depuis plusieurs années, un petit groupe de traducteurs suivait également les conférences et colloques sur la traduction audiovisuelle organisés en France et à l’étranger et y contribuaient. Passionnés par la recherche, ils ont souhaité lancer une revue disponible en ligne, l’Écran traduit, qui leur permette de publier des articles sur toutes les formes de traduction audiovisuelle (sous-titrage, doublage, voice-over). Leur projet s’est concrétisé au printemps 2013. La revue, qui mêle des articles de fond, des documents à valeur historique, des entretiens ou des critiques, a déjà publié quatre numéros, mais aussi trois hors-séries qui reproduisent des ouvrages de référence importants et pratiquement introuvables, tels Le sous-titrage de films. Sa technique – Son esthétique de Simon Laks (1957) ou C’est toi qui as traduit ça ? Petite approche insolite du cinéma italien de Marie-Claire Solleville.

Désireuse de faire sortir la profession de l’anonymat, l’ATAA a également souhaité organiser un événement festif et médiatique qui réaffirme la traduction audiovisuelle comme un maillon essentiel de la diffusion d’un film. Initié en 2012, le Prix du sous-titrage vise à renforcer le dialogue avec les professionnels du cinéma et à attirer leur attention sur la qualité des adaptations audiovisuelles. Son succès a conduit à créer,dès 2013, un Prix du doublage. Décernés depuis deux ans dans la grande salle de la SACEM, ces prix rassemblent désormais auteurs, gens du cinéma et journalistes pour célébrer les meilleures réussites dans ce domaine. L’ATAA planche également sur la création de nouveaux prix concernant les séries et les documentaires. Affaire à suivre !

En dix ans, l’ATAA a réalisé un travail remarquable dont on n’a pu aborder ici que quelques grands chantiers. Forte de 250 membres, l’association fédère aujourd’hui les différentes catégories d’auteurs de la profession et s’impose en interlocuteur légitime auprès de toutes les institutions. Bravo donc pour cette belle réussite collective et humaine !

1  « Retour sur Inglorious Basterds » : 1. « Langues et traduction chez Tarantino » de Carol O’Sullivan, 22 avril 2012 ;

2. « Le doublage de la première scène d’In-glorious Basterds » de Nolwenn Mingant, 3 juin 2012 ;

3. « À la recherche de la cohérence perdue » d’Anne-Lise Weidmann, 10 octobre 2012, blog de l’ATAA.

Texte signé Jean Bertrand dans la revue TransLittérature No 49.

logo

Sur la traduction audiovisuelle, à consulter aussi dans TransLittérature :

Valérie Julia et Josie Mély, «  Traduire pour l’audiovisuel » (Profession), n° 25 ;

Valérie Julia, «  Lost in adaptation » (Journal de bord), n° 27 ;

Valérie Julia et Michel Volkovitch, «  Sophie Désir » (Traducteurs au travail), n° 28 ;

Valérie Julia et Samuel Bréan, «  Les traducteurs tissent leur toile » (Profession), n° 44.

2016 23
mai

Suite de notre série de portraits de traducteurs, membres de l’Ataa.
La parole est à Myriam Mounard-Tonarelli !

Nom : Mounard-Tonarelli
Prénom : Myriam
En exercice depuis : 2001

Ton parcours :
Suite à une maîtrise de lettres modernes j’ai appris le métier sur le tas

Ton premier bébé traductologique :
Un Feux de l’amour, je crois.

Une prise de tête mémorable :
Mes propositions de blagues ne faisaient pas rire la cliente et inversement.

Un regret :
Aucun. Tout m’a servi, même mes erreurs.

Une fierté :
Avoir pu transmettre des messages importants pour nous toutes et tous.

Une envie traductologique :
Star Wars.

Une rencontre :
Mon mari.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?
Je n’ai pas choisi ce métier. J’avais fait des études de lettres et de langues et on m’a proposé de le faire. Venue du monde des livres, je n’avais aucune idée de son existence. D’ailleurs, je ne l’ai jamais vraiment quitté, puisque je viens de publier mon premier roman, Requiem, que vous pouvez découvrir ici.

Ton regard sur la profession et son évolution :
Préoccupé mais confiant. Beaucoup de personnes ne font rien pour la profession et laissent les autres agir à leur place. Mais peu d’entre nous résistent à la lucidité qu’offrent les années. La nécessité de s’engager finira par s’imposer.

Ton regard sur la « consommation » d’œuvres audiovisuelles :
Se nourrir d’art est une bonne chose. Je dis bien d’art, et non de produits de l’industrie.
Un jour, je suis entrée chez une collègue de trente ans. Sur ses étagères, pas un livre, pas même un dictionnaire. A la place : des DVDs.
Nous devons être capables de conceptualiser notre pensée autrement que par des images et autrement que par des supports extérieurs. Les mots, qui ne dépendent d’aucun outil, sont le premier véhicule de la pensée, et donc de la raison, et donc du libre arbitre.

Un coup de gueule :
Non. J’aborde les choses avec philosophie (dans mes bons jours).

C’est quoi un bon sous-titrage / doublage / voice over ?
Un bon sous-titrage / doublage / voice over c’est ce qui permet de réaliser le rêve de la Tour de Babel : édifier l’œuvre commune qui se joue de la barrière des langues et sert à nous réunir.

Pourquoi l’ATAA ?
Par défaut.

Un dernier mot :
Je vous aime.

Si vous aussi vous souhaitez publier votre portrait, vous exprimer pour une fois avec vos mots à vous, dans votre style à vous, pour partager votre expérience, rien de plus facile : prenez votre plus belle plume pour répondre à ce questionnaire, joignez-y si vous le pouvez illustrations et visuels et envoyez le tout à blog |at| ataa.fr !

2016 09
mai

oeil or

Communiqué officiel de la Scam

Gianfranco Rosi, président du jury de L’Oeil d’or – Le Prix du documentaire à Cannes

De plus en plus présent sur le grand écran, de plus en plus reconnu par la critique, de plus en plus aimé du public, de plus en plus visible dans les festivals, le regard singulier du documentaire sur le monde mérite une reconnaissance au sein même du Festival de Cannes.

L’Œil d’or, Le Prix du Documentaire, a été créé en 2015 à l’initiative de la Scam et de Julie Bertuccelli, avec la complicité active du Festival de Cannes et de son délégué général Thierry Frémaux, et en partenariat avec l’Ina; il récompense un documentaire présenté dans les sélections cannoises (Sélection officielle, Un Certain Regard, Cannes Classics, Séances spéciales et hors compétition, Quinzaine des Réalisateurs, Semaine de la Critique).

Le jury international de cette deuxième édition est présidé par Gianfranco Rosi, auteur réalisateur italien, Ours d’or à la Berlinale 2016. Il est entouré d’Anne Aghion, auteure réalisatrice franco‐américaine, Natacha Régnier, comédienne belge, Thierry Garrel, conseiller artistique français, et Amir Labaki, critique et directeur de festival brésilien.

Le jury remettra L’Œil d’or à l’auteur du film primé, le samedi 21 mai à 12 heures au Palais des festivals. Ce prix est doté de 5.000 €.

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Gianfranco Rosi est nommé et récompensé dans de nombreux festivals internationaux, dont le Sundance Film Festival, le Festival du Film de Locarno, le Festival international du film de Toronto, le Festival du Cinéma du réel, DocLisboa … En 2013, son film Sacro Gra remporte le Lion d’or au Festival International du film de Venise. Son dernier documentaire, Fuocoammare est sacré Ours d’or à la Berlinale 2016.

Anne Aghion est lauréate de la Fondation Guggenheim en 2005 et d’autres prix prestigieux (Emmy Award, Prix Fellini de l’Unesco, Prix Nestor Almendros du Festival international de Human Rights Watch). Elle acquiert une reconnaissance internationale avec sa série de films consacrés au Rwanda de l’après‐génocide, en particulier Mon Voisin mon tueur (Sélection officielle Cannes 2009). Elle développe actuellement deux projets de films.

Natacha Régnier est révélée au grand public avec La vie rêvée des anges d’Eric Zonca (prix d’interprétation au Festival de Cannes 1998, meilleure comédienne aux European Awards 1998 et César du meilleur espoir féminin en 1999). Elle enchaîne depuis les tournages alternant premiers films et œuvres de réalisateurs confirmés (Luc Bondy, Chantal Akerman, Lucas Belvaux, Emmanuel Bourdieu, Michel Gondry, Costa Gavras, François Ozon, Anne Fontaine…). Elle est actuellement à l’affiche du prochain film d’Eugène Green, Le fils de Joseph, sélectionné à la Berlinale 2016 et qui sort en salle le 20 avril.

Thierry Garrel a été directeur des documentaires d’Arte de 1987 à 2008, il y a développé une politique de production ambitieuse, s’attachant à découvrir et accompagner la carrière de nouveaux auteurs, tout en travaillant avec les grands noms du cinéma documentaire mondial (de Chris Marker à Agnès Varda, Johan van der Keuken, Frederick Wiseman et Alain Cavalier, en passant par Chantal Akerman, Rithy Panh, Amos Gitaï ou Nicolas Philibert). Depuis 2015, il est commissaire invité d’une saison française French French, dans le cadre du Festival International du Documentaire de Vancouver, Doxa.

Amir Labaki est critique cinéma brésilien, il écrit dans « Folha de S. Paulo » et « Valor Econômico ». Fondateur et directeur du plus grand festival international du film documentaire d’Amérique latine, It’s All True, il a été membre du conseil d’administration de l’IDFA, le Festival international du film documentaire d’Amsterdam, de 2003 à 2012. 27 Scènes sur Jorgen Leth (2009), son premier film documentaire, a été sélectionné dans de nombreux festivals (CPH‐DOX, DocLisboa, Habana Film Festival, le Festival do Rio et le Festival international du film de São Paulo).

En 2015, le premier jury de L’Œil d’or, présidé par Rithy Panh et composé de Nicolas Philibert, Irène Jacob, Diana El Jeiroudi et Scott Foundas avait récompensé Marcia Tambutti Allende pour Allende, mi abuelo Allende sorti en salle le 9 décembre 2015.

scam en partenariat avec ina

2016 21
avr

Pour mettre en lumière nos métiers de l’ombre, nous inaugurons aujourd’hui un nouveau rendez-vous sur le blog : les portraits de traducteurs, membres de l’Ataa. La première à s’être prêtée à l’exercice est Virginie Bagot-Day, qu’elle en soit remerciée !

Nom : Bagot-Day
Prénom : Virginie
En exercice depuis : 1994

Ton parcours :
J’ai débuté dans le sous-titrage en passant par la case repérage-simulation dans un gros labo. J’y suis restée 3 ans pour ensuite me lancer.

Ton premier bébé traductologique :
Je crois que ma première adaptation était un mini documentaire sur Sharon Stone, j’étais fière, c’était pour Canal +. Ensuite, ma première série en solo, c’est Nip/Tuck. Lui, c’est vraiment mon bébé.

Une prise de tête mémorable :
J’étais encore salariée, simulatrice. Un gros distributeur avait confié le sous-titrage d’un film, « une petite comédie » à une jeune traductrice. Nous avions fait la simu, tout le monde semblait satisfait. Et puis la « petite comédie » a fait un carton aux USA. Panique du distributeur : il demande à des traducteurs « chevronnés » de revoir les sous-titres de la traductrice et nous nous retrouvons tous dans mon bureau pour une deuxième simulation. Un cauchemar. J’ai fini en larmes, les traducteurs « chevronnés » cassaient sans cesse la jeune et moi au milieu, c’était terrible.

Un regret :
J’ai commencé jeune, 22 ans, et je n’ai jamais su me vendre.

Une fierté :
Les sous-titres d’un film à Cannes l’année où j’ai décidé de me lancer.

Une envie traductologique :
Plus de films, je fais plutôt dans les séries. J’adore l’univers des ados, j’en ai deux à la maison ! Avec Journal d’une ado hors norme, je me régale, en collaboration avec Marie Legal-Manaï.

Une rencontre :
Des rencontres, je dirais. Des instants magiques où l’on partage avec d’autres la joie de jouer avec les mots. Une journée de travail avec Ian Burley et Jean-Hughes Anglade.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?
A 15 ans, j’allais voir tous les films que le cinéma de ma petite ville de province passait. Et j’adorais les langues. J’ai très vite eu envie de concilier le cinéma avec les langues. Et puis j’adore écrire, lire… je suis un rat de bibliothèque !

Ton regard sur la profession et son évolution :
L’âge d’or est passé. Il y a 20 ans, il y avait un respect de notre travail. Aujourd’hui, on nous considère plus comme des robots, je pense.

Ton regard sur la « consommation » d’œuvres audiovisuelles :
On consomme beaucoup d’images mais peu de gens font réellement attention à ceux qui travaillent dans l’ombre.

Un coup de gueule :
La baisse des tarifs, la suppression des simulations dans les labos, les droits d’auteur qu’on ne touche pas toujours.

C’est quoi un bon sous-titrage / doublage / voice over ?
On a tous une vision différente des choses ; d’où l’importance des simulations ou du travail en équipe sur une série. Ce qu’il faut, c’est s’imprégner le plus possible de l’univers que l’on doit adapter, lâcher prise, être sérieux mais ne pas se prendre au sérieux. Ne pas hésiter à demander conseil à des pros pour le jargon. La clé, je pense, c’est de jubiler en travaillant. J’aime ce moment magique où l’on se dit : « Oui, c’est ça, bingo ! ». Et comme c’est toujours mieux de partager la joie que de la garder rien que pour soi, je le répète : la simu est très importante.

Pourquoi l’ATAA ?
Pour faire connaître notre métier, pour nous rassembler, même s’il y a beaucoup de jalousie entre nous.

Un dernier mot :
Keep calm and translate.

Si vous aussi vous souhaitez publier votre portrait, vous exprimer pour une fois avec vos mots à vous, dans votre style à vous, pour partager votre expérience, rien de plus facile : prenez votre plus belle plume pour répondre à ce questionnaire, joignez-y si vous le pouvez illustrations et visuels et envoyez le tout à blog |at| ataa.fr !