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2016 27
juin

Le 11 juin dernier, nous avons fêté les 10 ans de l’ATAA à la Fondation Biermans-Lapôtre. Une très belle soirée, précédée par la toute première remise des Prix Séries en sous-titrage et en doublage. Merci à tous les adhérents pour leur présence ou leur soutien à distance ! Et un énorme merci à Jean Bertrand pour cette rétrospective parue dans le No49 de la revue TransLittérature de l’ATLF !

L’Association des traducteurs-adaptateurs de l’audiovisuel (ATAA) fête cette année son dixième anniversaire. Une excellente occasion de faire un bilan sur son action.

L’association a vu le jour en juin 2006 autour d’un petit noyau de jeunes traducteurs qui pensaient que, pour aller de l’avant, il valait mieux miser sur l’action collective. Ils venaient de démissionner tous en chœur d’un laboratoire de sous-titrage – une filiale d’un groupe américain – qui pratiquait les tarifs les plus bas du moment. Forts de cette première action – qui entraînera quand même la fermeture du laboratoire –, ils décident de rassembler et de fédérer les traducteurs de l’audiovisuel. Au départ, dans la profession, beaucoup affichent un certain scepticisme : les traducteurs sont des électrons libres, ils sont beaucoup trop individualistes, ça ne marchera jamais !

Il faut dire que la profession est alors en pleine mutation. Jusqu’à la fin des années 1980, le doublage et le sous-titrage étaient réservés à un très petit nombre d’auteurs. Ce milieu fonctionnait un peu comme une corporation, les praticiens initiaient eux-mêmes leurs poulains à des techniques très spécifiques. Les dialogues de doublage s’écrivaient encore à la main au crayon sur une « bande rythmo », une bande en papier glacé de 35 mm de largeur qui était ensuite projetée en même temps que le film pour que les comédiens puissent dire leur texte au bon moment. Quant aux sous-titres, il fallait souvent les rédiger après un seul et unique visionnage du film.

Ouverture de la soirée avec le conseil d'administration de l'Ataa

Ouverture de la soirée avec le conseil d'administration de l'Ataa

Le début des années 1980 marque alors un tournant. C’est à cette époque que l’université de Lille ouvre la première formation aux métiers de la traduction audiovisuelle. Consciente des débouchés très limités dans ce domaine, elle ne sélectionne parfois que deux étudiants par an. Des étudiants forcément motivés, ne serait-ce que pour arriver à découvrir l’existence de cette formation ! Par la suite, dans les années 1990, les universités chercheront à professionnaliser leurs cursus. Mais elles miseront plus sur l’attractivité du cinéma que sur ses débouchés réels lorsqu’elles proposeront cette spécialisation à leurs étudiants. Paradoxalement, si l’on assiste à une professionnalisation du métier, celle-ci fragilise le secteur en le submergeant de jeunes diplômés qui ne pourront pas tous exercer dans ce domaine.

Certes, la création de nouvelles chaînes de télévision entraîne une augmentation du nombre des programmes à traduire. Mais, si Arte s’impose comme un modèle en matière de bonnes pratiques avec un tarif de 2,74 € le sous-titre, la plupart des chaînes du câble n’entendent pas consacrer de gros budgets à la traduction des émissions de flux bas de gamme qu’elles s’apprêtent à diffuser. Les tarifs commencent alors à baisser, et la dégringolade continue encore de nos jours…

Dans ce contexte professionnel très contrasté, l’ATAA parvient très vite à faire entendre sa voix. Elle maîtrise les moyens de communication modernes et touche rapidement son public. À peine créée, elle lance un site Internet qui permet de diffuser l’information tous azimuts. Il comporte aussi un forum réservé aux seuls membres. Ce dernier ouvre un espace de discussion qui répond à une attente. Chacun peut intervenir sur des questions pratiques ou interroger les collègues sur la pertinence ou non d’accepter telle ou telle proposition. En faisant sortir les adhérents de leur isolement, le forum contribue ainsi à souder la profession.

Très rapidement, l’ATAA définit une liste de grands chantiers. Ainsi, il est urgent de représenter les traducteurs au sein de différentes institutions. C’est le cas, par exemple, des sociétés d’auteurs qui gèrent les droits de diffusion des œuvres sous-titrées ou en version française. Cette entreprise suscite de nombreuses démarches, qui n’aboutiront pas toujours au résultat escompté. Ainsi, à la SACEM – qui gère les droits des films de cinéma –, les auteurs de sous-titrages ont toujours beaucoup de mal à faire entendre leur voix. À l’inverse, la SCAM – qui répartit les droits de diffusion des documentaires – réagit très favorablement à cette initiative et intègre aussitôt un traducteur (puis un suppléant) à sa commission audiovisuelle. Ils siègent également à la commission chargée de présélectionner les films qui seront ensuite proposés au jury des Étoiles, qui prime chaque année quinze documentaires. Enfin, depuis juin 2013, un traducteur siège au conseil d’administration de la SCAM.

Un autre grand chantier vise à renforcer les liens entre les traducteurs et leurs commanditaires. Dans ce secteur, les conditions sont très différentes selon qu’on travaille pour le cinéma ou les chaînes de télévision. Au cinéma, la plupart des diffuseurs confient le doublage ou le sous-titrage de leurs films à des traducteurs qu’ils connaissent et choisissent. À l’inverse, les chaînes de télévision n’entretiennent aucun contact avec les traducteurs et s’adressent à des sociétés de postproduction (laboratoires de sous-titrage et studios de doublage) qui leur livrent les programmes prêts à diffuser. Il est évident que les traducteurs auraient tout intérêt à nouer des contacts directs avec les chaînes. Un échange constructif contribuerait sans doute à améliorer la qualité des textes et permettrait surtout d’aborder la question des tarifs. Le passage obligé par les sociétés de post-production interdit toute négociation car ces dernières prétendent appliquer des conditions imposées par les chaînes.

En 2008, avec le Syndicat national des auteurs et des compositeurs (SNAC), l’ATAA parvient à convaincre le CNC d’organiser des réunions tripartites rassemblant la FICAM (qui regroupe les sociétés de postproduction), les commanditaires (les chaînes, les éditeurs de DVD…) et les auteurs. Plusieurs années de négociations ont permis d’aboutir, en janvier 2011, à une Charte des bons usages qui pré-voit, en particulier, qu’« une rencontre annuelle au minimum se tiendra entre les représentants des auteurs et des entreprises sur la question des tarifs ». Hélas, ces engagements n’ont pas été tenus. Mais l’ATAA s’efforce aujourd’hui de relancer les signataires de cette charte pour faire un bilan de son application.

En 2009, après avoir longtemps peaufiné son site Internet – sa forme actuelle est la troisième mouture –, l’ATAA s’est dotée d’un blog. Il s’agissait alors de trouver un outil susceptible de toucher un plus large public en lui offrant des informations professionnelles, mais aussi des portraits et des contributions plus théoriques sur l’adaptation audiovisuelle, telle la série d’articles parue sur le blog de l’ATAA, intitulée « Retour sur Inglorious Basterds » de Tarantino1, un film où les personnages parlent anglais, allemand et français, ce qui le rend difficilement transposable dans une autre langue.

Depuis plusieurs années, un petit groupe de traducteurs suivait également les conférences et colloques sur la traduction audiovisuelle organisés en France et à l’étranger et y contribuaient. Passionnés par la recherche, ils ont souhaité lancer une revue disponible en ligne, l’Écran traduit, qui leur permette de publier des articles sur toutes les formes de traduction audiovisuelle (sous-titrage, doublage, voice-over). Leur projet s’est concrétisé au printemps 2013. La revue, qui mêle des articles de fond, des documents à valeur historique, des entretiens ou des critiques, a déjà publié quatre numéros, mais aussi trois hors-séries qui reproduisent des ouvrages de référence importants et pratiquement introuvables, tels Le sous-titrage de films. Sa technique – Son esthétique de Simon Laks (1957) ou C’est toi qui as traduit ça ? Petite approche insolite du cinéma italien de Marie-Claire Solleville.

Désireuse de faire sortir la profession de l’anonymat, l’ATAA a également souhaité organiser un événement festif et médiatique qui réaffirme la traduction audiovisuelle comme un maillon essentiel de la diffusion d’un film. Initié en 2012, le Prix du sous-titrage vise à renforcer le dialogue avec les professionnels du cinéma et à attirer leur attention sur la qualité des adaptations audiovisuelles. Son succès a conduit à créer,dès 2013, un Prix du doublage. Décernés depuis deux ans dans la grande salle de la SACEM, ces prix rassemblent désormais auteurs, gens du cinéma et journalistes pour célébrer les meilleures réussites dans ce domaine. L’ATAA planche également sur la création de nouveaux prix concernant les séries et les documentaires. Affaire à suivre !

En dix ans, l’ATAA a réalisé un travail remarquable dont on n’a pu aborder ici que quelques grands chantiers. Forte de 250 membres, l’association fédère aujourd’hui les différentes catégories d’auteurs de la profession et s’impose en interlocuteur légitime auprès de toutes les institutions. Bravo donc pour cette belle réussite collective et humaine !

1  « Retour sur Inglorious Basterds » : 1. « Langues et traduction chez Tarantino » de Carol O’Sullivan, 22 avril 2012 ;

2. « Le doublage de la première scène d’In-glorious Basterds » de Nolwenn Mingant, 3 juin 2012 ;

3. « À la recherche de la cohérence perdue » d’Anne-Lise Weidmann, 10 octobre 2012, blog de l’ATAA.

Texte signé Jean Bertrand dans la revue TransLittérature No 49.

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Sur la traduction audiovisuelle, à consulter aussi dans TransLittérature :

Valérie Julia et Josie Mély, «  Traduire pour l’audiovisuel » (Profession), n° 25 ;

Valérie Julia, «  Lost in adaptation » (Journal de bord), n° 27 ;

Valérie Julia et Michel Volkovitch, «  Sophie Désir » (Traducteurs au travail), n° 28 ;

Valérie Julia et Samuel Bréan, «  Les traducteurs tissent leur toile » (Profession), n° 44.

2016 23
mai

Suite de notre série de portraits de traducteurs, membres de l’Ataa.
La parole est à Myriam Mounard-Tonarelli !

Nom : Mounard-Tonarelli
Prénom : Myriam
En exercice depuis : 2001

Ton parcours :
Suite à une maîtrise de lettres modernes j’ai appris le métier sur le tas

Ton premier bébé traductologique :
Un Feux de l’amour, je crois.

Une prise de tête mémorable :
Mes propositions de blagues ne faisaient pas rire la cliente et inversement.

Un regret :
Aucun. Tout m’a servi, même mes erreurs.

Une fierté :
Avoir pu transmettre des messages importants pour nous toutes et tous.

Une envie traductologique :
Star Wars.

Une rencontre :
Mon mari.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?
Je n’ai pas choisi ce métier. J’avais fait des études de lettres et de langues et on m’a proposé de le faire. Venue du monde des livres, je n’avais aucune idée de son existence. D’ailleurs, je ne l’ai jamais vraiment quitté, puisque je viens de publier mon premier roman, Requiem, que vous pouvez découvrir ici.

Ton regard sur la profession et son évolution :
Préoccupé mais confiant. Beaucoup de personnes ne font rien pour la profession et laissent les autres agir à leur place. Mais peu d’entre nous résistent à la lucidité qu’offrent les années. La nécessité de s’engager finira par s’imposer.

Ton regard sur la « consommation » d’œuvres audiovisuelles :
Se nourrir d’art est une bonne chose. Je dis bien d’art, et non de produits de l’industrie.
Un jour, je suis entrée chez une collègue de trente ans. Sur ses étagères, pas un livre, pas même un dictionnaire. A la place : des DVDs.
Nous devons être capables de conceptualiser notre pensée autrement que par des images et autrement que par des supports extérieurs. Les mots, qui ne dépendent d’aucun outil, sont le premier véhicule de la pensée, et donc de la raison, et donc du libre arbitre.

Un coup de gueule :
Non. J’aborde les choses avec philosophie (dans mes bons jours).

C’est quoi un bon sous-titrage / doublage / voice over ?
Un bon sous-titrage / doublage / voice over c’est ce qui permet de réaliser le rêve de la Tour de Babel : édifier l’œuvre commune qui se joue de la barrière des langues et sert à nous réunir.

Pourquoi l’ATAA ?
Par défaut.

Un dernier mot :
Je vous aime.

Si vous aussi vous souhaitez publier votre portrait, vous exprimer pour une fois avec vos mots à vous, dans votre style à vous, pour partager votre expérience, rien de plus facile : prenez votre plus belle plume pour répondre à ce questionnaire, joignez-y si vous le pouvez illustrations et visuels et envoyez le tout à blog |at| ataa.fr !

2016 09
mai

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Communiqué officiel de la Scam

Gianfranco Rosi, président du jury de L’Oeil d’or – Le Prix du documentaire à Cannes

De plus en plus présent sur le grand écran, de plus en plus reconnu par la critique, de plus en plus aimé du public, de plus en plus visible dans les festivals, le regard singulier du documentaire sur le monde mérite une reconnaissance au sein même du Festival de Cannes.

L’Œil d’or, Le Prix du Documentaire, a été créé en 2015 à l’initiative de la Scam et de Julie Bertuccelli, avec la complicité active du Festival de Cannes et de son délégué général Thierry Frémaux, et en partenariat avec l’Ina; il récompense un documentaire présenté dans les sélections cannoises (Sélection officielle, Un Certain Regard, Cannes Classics, Séances spéciales et hors compétition, Quinzaine des Réalisateurs, Semaine de la Critique).

Le jury international de cette deuxième édition est présidé par Gianfranco Rosi, auteur réalisateur italien, Ours d’or à la Berlinale 2016. Il est entouré d’Anne Aghion, auteure réalisatrice franco‐américaine, Natacha Régnier, comédienne belge, Thierry Garrel, conseiller artistique français, et Amir Labaki, critique et directeur de festival brésilien.

Le jury remettra L’Œil d’or à l’auteur du film primé, le samedi 21 mai à 12 heures au Palais des festivals. Ce prix est doté de 5.000 €.

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Gianfranco Rosi est nommé et récompensé dans de nombreux festivals internationaux, dont le Sundance Film Festival, le Festival du Film de Locarno, le Festival international du film de Toronto, le Festival du Cinéma du réel, DocLisboa … En 2013, son film Sacro Gra remporte le Lion d’or au Festival International du film de Venise. Son dernier documentaire, Fuocoammare est sacré Ours d’or à la Berlinale 2016.

Anne Aghion est lauréate de la Fondation Guggenheim en 2005 et d’autres prix prestigieux (Emmy Award, Prix Fellini de l’Unesco, Prix Nestor Almendros du Festival international de Human Rights Watch). Elle acquiert une reconnaissance internationale avec sa série de films consacrés au Rwanda de l’après‐génocide, en particulier Mon Voisin mon tueur (Sélection officielle Cannes 2009). Elle développe actuellement deux projets de films.

Natacha Régnier est révélée au grand public avec La vie rêvée des anges d’Eric Zonca (prix d’interprétation au Festival de Cannes 1998, meilleure comédienne aux European Awards 1998 et César du meilleur espoir féminin en 1999). Elle enchaîne depuis les tournages alternant premiers films et œuvres de réalisateurs confirmés (Luc Bondy, Chantal Akerman, Lucas Belvaux, Emmanuel Bourdieu, Michel Gondry, Costa Gavras, François Ozon, Anne Fontaine…). Elle est actuellement à l’affiche du prochain film d’Eugène Green, Le fils de Joseph, sélectionné à la Berlinale 2016 et qui sort en salle le 20 avril.

Thierry Garrel a été directeur des documentaires d’Arte de 1987 à 2008, il y a développé une politique de production ambitieuse, s’attachant à découvrir et accompagner la carrière de nouveaux auteurs, tout en travaillant avec les grands noms du cinéma documentaire mondial (de Chris Marker à Agnès Varda, Johan van der Keuken, Frederick Wiseman et Alain Cavalier, en passant par Chantal Akerman, Rithy Panh, Amos Gitaï ou Nicolas Philibert). Depuis 2015, il est commissaire invité d’une saison française French French, dans le cadre du Festival International du Documentaire de Vancouver, Doxa.

Amir Labaki est critique cinéma brésilien, il écrit dans « Folha de S. Paulo » et « Valor Econômico ». Fondateur et directeur du plus grand festival international du film documentaire d’Amérique latine, It’s All True, il a été membre du conseil d’administration de l’IDFA, le Festival international du film documentaire d’Amsterdam, de 2003 à 2012. 27 Scènes sur Jorgen Leth (2009), son premier film documentaire, a été sélectionné dans de nombreux festivals (CPH‐DOX, DocLisboa, Habana Film Festival, le Festival do Rio et le Festival international du film de São Paulo).

En 2015, le premier jury de L’Œil d’or, présidé par Rithy Panh et composé de Nicolas Philibert, Irène Jacob, Diana El Jeiroudi et Scott Foundas avait récompensé Marcia Tambutti Allende pour Allende, mi abuelo Allende sorti en salle le 9 décembre 2015.

scam en partenariat avec ina

2016 21
avr

Pour mettre en lumière nos métiers de l’ombre, nous inaugurons aujourd’hui un nouveau rendez-vous sur le blog : les portraits de traducteurs, membres de l’Ataa. La première à s’être prêtée à l’exercice est Virginie Bagot-Day, qu’elle en soit remerciée !

Nom : Bagot-Day
Prénom : Virginie
En exercice depuis : 1994

Ton parcours :
J’ai débuté dans le sous-titrage en passant par la case repérage-simulation dans un gros labo. J’y suis restée 3 ans pour ensuite me lancer.

Ton premier bébé traductologique :
Je crois que ma première adaptation était un mini documentaire sur Sharon Stone, j’étais fière, c’était pour Canal +. Ensuite, ma première série en solo, c’est Nip/Tuck. Lui, c’est vraiment mon bébé.

Une prise de tête mémorable :
J’étais encore salariée, simulatrice. Un gros distributeur avait confié le sous-titrage d’un film, « une petite comédie » à une jeune traductrice. Nous avions fait la simu, tout le monde semblait satisfait. Et puis la « petite comédie » a fait un carton aux USA. Panique du distributeur : il demande à des traducteurs « chevronnés » de revoir les sous-titres de la traductrice et nous nous retrouvons tous dans mon bureau pour une deuxième simulation. Un cauchemar. J’ai fini en larmes, les traducteurs « chevronnés » cassaient sans cesse la jeune et moi au milieu, c’était terrible.

Un regret :
J’ai commencé jeune, 22 ans, et je n’ai jamais su me vendre.

Une fierté :
Les sous-titres d’un film à Cannes l’année où j’ai décidé de me lancer.

Une envie traductologique :
Plus de films, je fais plutôt dans les séries. J’adore l’univers des ados, j’en ai deux à la maison ! Avec Journal d’une ado hors norme, je me régale, en collaboration avec Marie Legal-Manaï.

Une rencontre :
Des rencontres, je dirais. Des instants magiques où l’on partage avec d’autres la joie de jouer avec les mots. Une journée de travail avec Ian Burley et Jean-Hughes Anglade.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?
A 15 ans, j’allais voir tous les films que le cinéma de ma petite ville de province passait. Et j’adorais les langues. J’ai très vite eu envie de concilier le cinéma avec les langues. Et puis j’adore écrire, lire… je suis un rat de bibliothèque !

Ton regard sur la profession et son évolution :
L’âge d’or est passé. Il y a 20 ans, il y avait un respect de notre travail. Aujourd’hui, on nous considère plus comme des robots, je pense.

Ton regard sur la « consommation » d’œuvres audiovisuelles :
On consomme beaucoup d’images mais peu de gens font réellement attention à ceux qui travaillent dans l’ombre.

Un coup de gueule :
La baisse des tarifs, la suppression des simulations dans les labos, les droits d’auteur qu’on ne touche pas toujours.

C’est quoi un bon sous-titrage / doublage / voice over ?
On a tous une vision différente des choses ; d’où l’importance des simulations ou du travail en équipe sur une série. Ce qu’il faut, c’est s’imprégner le plus possible de l’univers que l’on doit adapter, lâcher prise, être sérieux mais ne pas se prendre au sérieux. Ne pas hésiter à demander conseil à des pros pour le jargon. La clé, je pense, c’est de jubiler en travaillant. J’aime ce moment magique où l’on se dit : « Oui, c’est ça, bingo ! ». Et comme c’est toujours mieux de partager la joie que de la garder rien que pour soi, je le répète : la simu est très importante.

Pourquoi l’ATAA ?
Pour faire connaître notre métier, pour nous rassembler, même s’il y a beaucoup de jalousie entre nous.

Un dernier mot :
Keep calm and translate.

Si vous aussi vous souhaitez publier votre portrait, vous exprimer pour une fois avec vos mots à vous, dans votre style à vous, pour partager votre expérience, rien de plus facile : prenez votre plus belle plume pour répondre à ce questionnaire, joignez-y si vous le pouvez illustrations et visuels et envoyez le tout à blog |at| ataa.fr !

2016 15
avr

arte-en-esGrâce à la bienveillance de Mme Durupty, vice-présidente du conseil de gérance d’Arte, l’Ataa a pu récemment rencontrer la directrice déléguée à la direction des programmes et de la production ainsi que le directeur de la gestion et de la coordination d’Arte France.

Ce rendez-vous a été l’occasion de présenter nos métiers, notre statut, et d’évoquer la relation triangulaire, parfois épineuse, qui lie les auteurs, les prestataires et les commanditaires. De leur côté, nos interlocuteurs ont paru soucieux de nos conditions de travail et nous ont à ce titre demandé de rédiger un « vade-mecum » de la traduction audiovisuelle, une première qui montre toute l’importance que la chaîne culturelle accorde à notre travail.

Délais permettant de réaliser une adaptation de qualité, étapes clés à respecter, importance de la relecture, question des traductions-relais… Dans le contexte d’une nouvelle mise en concurrence de ses prestataires de sous-titrage, cet outil donne des indications concrètes sur le travail des auteurs et devrait permettre à la chaîne de mieux s’y retrouver dans les offres de ses prestataires. Le document comporte également une annexe sur les tarifs régulièrement constatés et acceptés par les traducteurs travaillant pour Arte.

Cette rencontre fructueuse fait également suite à un entretien passionnant de L’Écran traduit avec trois chargés de programmes d’Arte GEIE. Nous espérons qu’elle sera la première d’une série de rendez-vous réguliers. Le rapprochement entre les commanditaires et les auteurs ne peut qu’aider à promouvoir la qualité des adaptations. Elle ouvre aussi la porte à des relations plus apaisées avec nos clients, les laboratoires de post-production, souvent pris entre deux feux. Il ne s’agit pas de les court-circuiter, mais d’œuvrer à une meilleure compréhension de la nature, et de l’importance, de notre travail.

2016 18
mar

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L’ATAA et l’ASIF étaient présentes au Festival du court métrage de Clermont-Ferrand, et plus particulièrement au déjeuner du Syndicat des Producteurs Indépendants (vidéo, télévision, cinéma) qui réunissait producteurs, diffuseurs et représentants d’Unifrance. Après ces premières prises de contact, nous comptons rencontrer à Paris la direction du SPI ainsi qu’Unifrance, afin d’ouvrir des pistes de collaboration et de faire connaître l’importance de nos métiers et les bonnes pratiques permettant d’obtenir des adaptations de niveau professionnel.

L’ATAA a également collaboré avec la société Média Solution pour offrir au lauréat du Grand prix (Les Amours vertes, de Marine Atlan) un sous-titrage vers quatre langues européennes. L’objectif de cette dotation est de faire connaître le savoir-faire français sur le plan de la rigueur technique et de la qualité d’adaptation. De par son rayonnement international, le Festival de Clermont-Ferrand apparaît en effet comme le lieu idéal pour sensibiliser sur le long terme réalisateurs et producteurs à l’importance de la qualité du sous-titrage.

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2016 02
mar

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Retrouvez dans la revue de cinéma « 1895 » un compte rendu du colloque londonien « Splendid Innovations » sur la traduction audiovisuelle, organisé par Jean-François Cornu et Carol O’Sullivan les 21 et 22 mai 2015. Cet article, rédigé par Anne-Lise Weidmann et Samuel Bréan, est disponible en accès gratuit.

Extrait :

« (…) on peut néanmoins saluer en « Splendid Innovations » un premier pas vers la mise au jour de spécificités nationales, temporelles et esthétiques liées à la traduction audiovisuelle. Ce colloque aura montré que la recherche sur ce champ, proche en cela davantage de la recherche en cinéma que de la traductologie, passe aussi par la recherche de copies, de sources non-film et de documents sur la production même des films traduits. Un problème peut-être insuffisamment évoqué est celui de l’identification (et de la citation) des auteurs des traductions de films, extrêmement variable selon les époques, les pays, les supports de projection. Il reste aussi à faire mieux connaître au grand public le résultat de ces travaux, qu’ils soient menés dans un cadre universitaire ou lors de restaurations : les éditions DVD ou Blu-ray gagneraient à s’enrichir de livrets ou de bonus sur l’histoire des versions linguistiques des œuvres. »

2016 25
fév

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Le 5 février dernier, l’ATAA a rencontré César Monteyrol, journaliste/reporter chez Séance Radio, une web radio dédiée exclusivement au cinéma. Le Pavé dans la Toile est une émission qui donne la parole à ceux qui œuvrent bien souvent dans l’ombre, et cette fois-ci, pour « Les écrivains de l’écran », le micro a été tendu à trois représentants de l’ATAA : Juliette De La Cruz, Anthony Panetto et Sylvestre Meininger.

Merci encore à lui d’avoir eu l’initiative de nous contacter spontanément !

2016 14
jan

LE « FILM LE PLUS MAL DOUBLÉ DE L’HISTOIRE » :
COMMUNIQUÉ OFFICIEL DE L’ASSOCIATION DES TRADUCTEURS ET
ADAPTATEURS DE L’AUDIOVISUEL

Paris,  le  14  janvier  2016  — L’Association  des  Traducteurs  et  Adaptateurs  de  l’Audiovisuel (ATAA), a découvert avec consternation « le film le plus mal doublé de l’Histoire », présenté aujourd’hui par Patrick Cohen dans la matinale de France Inter, en écho à un billet publié hier sur le site des Inrocks.

Depuis bientôt dix ans, l’ATAA se bat pour défendre les métiers de l’adaptation audiovisuelle, dont le doublage, et œuvrer à leur reconnaissance et à leur valorisation. Notre association regroupe des professionnels  qualifiés,  qui  signent  et  s’engagent  à  respecter  un  code  de  déontologie  strict.

Quelle que soit la qualité de l’œuvre d’origine (Dumbbells, de Christopher Livingston) et sans préjuger des intentions et des circonstances qui ont abouti au doublage calamiteux présenté par la presse, nous déplorons qu’un distributeur et un diffuseur tel que Netflix (qui semble avoir retiré ledit doublage dans la nuit) puissent proposer au public francophone un travail aussi médiocre, qui s’expose, même volontairement, au ridicule et nuit ainsi à toute une profession.

Pour observer depuis plusieurs années la spectaculaire dégradation de nos conditions de travail et la chute vertigineuse des tarifs, qui poussent de nombreux professionnels à mettre la clé sous la porte, nous restons curieux de savoir si le doublage de Dumbbells résulte d’un bâclage motivé par un pur
souci d’économie poussé à l’extrême ou s’il faut y voir une œuvre parodique, à prendre au second degré.

Dans tous les cas, nous y voyons le signe d’un mépris ostensible envers le public et d’un travail de sape contre une profession déjà fragilisée par la course aux profits et les atteintes au droit d’auteur.

L’ATAA salue tous les professionnels de la traduction et de l’adaptation qui œuvrent, dans l’ombre le plus souvent, à rendre les œuvres audiovisuelles accessibles au plus grand nombre et, ainsi, à maintenir et développer la diversité culturelle.

Un hommage leur sera rendu lors de la cérémonie de remise des Prix de l’ATAA, le 29 janvier, durant laquelle seront distinguées plusieurs adaptations remarquables en doublage et sous-titrage de l’année 2015.

À propos de l’ATAA

Fondée en 2006 par des traducteurs professionnels, l’Association des Traducteurs et Adaptateurs de l’Audiovisuel  (ATAA)  compte  aujourd’hui  plus  de  250  adhérents.  Elle  rassemble  des traducteurs/adaptateurs français  et  étrangers,  exerçant dans  les domaines  du sous-titrage et  du doublage d’œuvres de fiction et de documentaires. Ses objectifs se déclinent en quatre grands axes : fédérer les adaptateurs de l’audiovisuel, souvent isolés, et leur permettre de dialoguer et d’échanger des informations ; sensibiliser le grand public aux  enjeux  de  l’adaptation  audiovisuelle  ;  représenter  les  traducteurs/adaptateurs  auprès  des institutions (Sacem, Scam, Agessa, CNC, ministères) et valoriser le métier et instaurer un dialogue avec tous les acteurs concernés (prestataires techniques, distributeurs, chaînes de télévision, éditeurs
vidéo) pour promouvoir la qualité des traductions.

À propos des Prix de l’ATAA

Créés en 2010, les Prix de l’ATAA (Association des Traducteurs et Adaptateurs de l’Audiovisuel) visent à récompenser l’excellence de l’adaptation audiovisuelle. Ils sont décernés tous les ans dans quatre catégories : sous-titrage d’un film tourné en anglais, sous-titrage d’un film non anglophone, doublage d’un film d’animation et doublage d’un film en prises de vue réelles.
Les films en compétition sont sélectionnés par l’ATAA et par les membres de deux jurys, composés d’auteurs,  professionnels  des  sociétés  de  distribution,  directeurs  artistiques,  journalistes,  etc.
L’édition 2016 des Prix de l’ATAA aura lieu le 29 janvier à la SACEM.
Des Prix concernant le sous-titrage et le doublage des séries télévisées et des documentaires sont également en préparation.

2016 05
jan

AGESSA : augmentation des cotisations au 1er janvier 2016

logoAgessa

Depuis le 1er janvier 2016, la cotisation « Sécurité sociale » (maladie + vieillesse déplafonnée) est passée de 1,05% à 1,10 % du montant brut des droits d’auteur. Pensez à modifier vos modèles de NDA.

Soit :

• assurances sociales (1,10% x montant brut)

• CSG (7.5% x 98.25% x montant brut)

• CRDS (0.5% x 98.25% x montant brut)

• Contribution auteur formation professionnelle (0.35% x montant brut)

Retrouvez toutes les informations détaillées sur le site de l’AGESSA.