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2017 14
fév

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À l’occasion de la 67e édition du Festival international du film de Berlin, Ian Burley, membre actif de l’ATAA, participera le 16 février à une table ronde intitulée « More than words : subtitling and live voice-over », en compagnie de Marie Dumora, Andrea Kirchhartz, Rebekah Smith, Beatrice von Moreau et Natascha Noack (modératrice).

Trois extraits du film « Belinda », traduit par Ian Burley, seront ainsi examinés : deux en sous-titrage et un en voice-over, en présence de la réalisatrice. Une étude plus approfondie du sous-titrage sera ensuite proposée. Une vidéo mettant en parallèle un bon et un mauvais sous-titrage sera diffusée et donnera lieu à des échanges avec les jeunes cinéastes du Talent Campus, venant du monde entier (250 en tout).

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2017 09
jan

Suite de notre série de portraits de traducteurs, membres de l’Ataa.
La parole est à Délia D’Ammassa !

Nom : D’Ammassa
Prénom : Délia
En exercice depuis : 1999

Ton parcours :
Après des études d’anglais à Paris et cinq ans passés en Irlande, où j’ai étudié puis travaillé dans plusieurs domaines, comme la restauration, l’interprétation, l’enseignement et le tourisme, je suis revenue en France avec l’idée de compléter ma maîtrise d’un « DESS », le Master 2 actuel.

J’ai été acceptée au concours d’entrée du DESS de traduction et adaptation cinématographique de Lille, en 1998-1999. À la fin de l’année, la fac a organisé un stage collectif d’une semaine chez Dune MK. Ensuite, j’ai eu la chance d’être appelée par le laboratoire VDM, à Courbevoie, dès le début de l’été 99 pour un CDI dans leur tout nouveau service de sous-titrage, qui ne comptait qu’un seul traducteur, à l’époque. Il m’a formée, puis je l’ai remplacé pendant ses premières vacances et ensuite, on a travaillé à deux puis très rapidement à trois pendant plusieurs années. Mais les plans sociaux se sont succédé et j’ai fini par faire partie de la dernière vague de licenciements massifs avant la restructuration et le déménagement de VDM à Issy-les-Moulineaux en 2005. Depuis ce temps-là, j’exerce en free-lance.

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Ton premier bébé traductologique :
En anglais, j’ai commencé par des génériques, des bandes-annonces, des bonus DVD et même des opéras, avant de sous-titrer beaucoup de films « bis », voire des films de série Z diffusés sur les chaînes du câble, comme Les Daleks envahissent la Terre (Gordon Flemyng), Galaxina (William Sachs) ou Basket Case (Frank Henenlotter). Une façon comme une autre de se faire la main ! Et en italien, mon premier long métrage a été Meurtre à l’italienne, de Pietro Germi, pour le Cinéma de Minuit.parcours2

Une prise de tête mémorable :
Il y en a plusieurs.

La première, c’est la série Arrested Development, que l’on a sous-titrée à VDM pour sa diffusion sur TPS Star. La série est truffée de jeux de mots filés à partir des expressions les plus simples, et parfois illustrés par l’image. Et pour compliquer les choses, on avait les épisodes au compte-gouttes et on s’apercevait parfois trop tard qu’une réplique banale de l’épisode 5 aurait dû être traduite autrement pour permettre le jeu de mots qu’ils en faisaient à l’épisode 7. En plus, la série comporte beaucoup d’inscriptions à l’écran, importantes dans leur décalage par rapport à la voix-off ou aux dialogues, et on avait des versions images francisées à la va-vite par un autre labo en amont de notre traduction, ce qui court-circuitait considérablement notre travail.st

La deuxième, c’est un long documentaire pour Arte intitulé Opération Retour, sur des soldats américains de retour d’Irak qui participent à un atelier d’écriture et produisent des œuvres littéraires sur ce qu’ils ont vécu. Le résultat à l’écran est passionnant et émouvant, mais chaque seconde de ces 80 minutes a été un cauchemar à traduire : la fonction des multiples intervenants, avec des grades et des nuances propres à certaines branches de l’armée américaine, le récit des combats avec énormément de détails sur les armes et les moyens militaires engagés, les citations littéraires intercalées entre chaque intervenant et, bien sûr, les œuvres littéraires en elles-mêmes, qui allaient de longs textes en prose à la poésie la plus inventive en passant par du slam percutant.

Un petit extrait :

https://www.youtube.com/watch?v=aqi9L_bAMzQ

Un regret :
Je fais plus de voice-over que de sous-titrage et je sous-titre moins de fictions qu’avant.

Une fierté :
Il y en a deux : le sous-titrage de Illusions perdues de Lubitsch pour le DVD édité par Wild Side et le sous-titrage de Prima della Rivoluzione de Bertolucci pour le Cinéma de Minuit, deux films que j’adore.

Une envie traductologique :
Peut-être plus de films dits « classiques » ou « du patrimoine ». J’en fais quelques-uns pour des diffusions Arte, c’est toujours un bonheur.

En fait, j’aimerais « réparer » les sous-titrages datés et abominables (avec des répliques qui manquent, des fautes énormes, des contresens ou des inventions) qui ont été gardés malgré leur piètre qualité pour les éditions DVD ou les ressorties en salles de films anciens. L’exemple qui me vient en tête immédiatement, c’est La Grande Guerre de Mario Monicelli, dont l’édition DVD est une véritable honte, ou Demoiselle en détresse de George Stevens (où « Thursday » devient « mercredi », entre autres aberrations) ou encore L’Avventura d’Antonioni, mais il y en a beaucoup d’autres.

Je trouve ça désespérant que les nouvelles générations découvrent ces films avec des sous-titres calamiteux qui datent des années 40 ou 50, aussi bien sur une copie de cinéma que sur des supports conçus pour durer…

Une rencontre :
Les traducteurs et les techniciens de VDM. On avait une vue d’ensemble sur les travaux de post-production, pas seulement sur la traduction et on formait une excellente équipe avant que les conditions se dégradent.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?
L’idée de départ, c’était d’allier deux de mes passions : le cinéma et les langues. Bon, au quotidien, quand on travaille pour la télé, on traduit beaucoup d’émissions qui ne sont pas toujours d’une grande qualité. Mais j’aime le travail technique de repérage, j’aime faire des recherches sur de nouveaux sujets pour les documentaires, j’aime trouver le dialogue de fiction le plus naturel possible, j’aime sous-titrer des chansons qui donnent du fil à retordre, tenter de rendre l’humour d’une scène, etc. Quand on a des œuvres bien écrites à traduire, c’est une activité exaltante.

Ton regard sur la profession et son évolution :
Le pire fléau, c’est évidemment la chute catastrophique des tarifs, notamment en sous-titrage vidéo. Mais ce n’est pas tout : il y a quinze ans, j’ai eu la chance d’être recrutée comme salariée et d’avoir accès à une formation solide, qui balayait tous les cas de figure que l’on pouvait rencontrer et qui m’a laissé le temps de faire mes armes de traductrice. J’ai bien conscience que ce ne serait plus du tout envisageable aujourd’hui. C’est le manque de formation qui m’attriste le plus. Faute de retour sur leur travail, les jeunes traducteurs débutants sont condamnés à reproduire toujours les mêmes erreurs et les mêmes anglicismes, parfois sans même le savoir.

L’autre évolution que je trouve dommageable, c’est l’absence de contacts favorisée par la dématérialisation : en cinéma, c’est différent, mais en vidéo, chacun travaille de chez soi, on ne va plus très souvent dans les labos pour les simulations. Au mieux, on fait des relectures croisées à distance pour de la fiction, mais en documentaire, on rend son texte et on ne sait jamais ce qu’il devient. Là encore, comme avec le manque de formation, l’auteur apprend moins et n’a plus cet enrichissement que peut procurer la confrontation des points de vue sur la langue, sur telle ou telle formulation, etc.

Ton regard sur la « consommation » d’œuvres audiovisuelles :
Personnellement, je n’ai pas de télé, ni de box. Chez moi, je regarde uniquement des DVD achetés ou empruntés (et parfois un « replay » d’Arte) et je vais énormément au cinéma/ J’imagine que de plus en plus de spectateurs veulent voir des séries très rapidement après leur diffusion dans le pays d’origine. Moi, j’attends qu’elles soient disponibles dans les bibliothèques municipales. Et si la première saison me plaît, j’achète la série en DVD.

Un coup de gueule :
Je trouve dommage que la qualité du travail ne soit pas le critère numéro un pour les décideurs (distributeurs au cinéma ou chargés de programme à la télé), qui ne sont pas suffisamment compétents en langue et en traduction. Leur seule considération est souvent uniquement tarifaire.

Je trouve aussi inquiétant d’être soumis aux baisses constantes de tarif. Quand on tente de s’y opposer, on s’expose à des périodes creuses de plus en plus fréquentes et longues.

C’est quoi un bon sous-titrage / doublage / voice over ?
Un bon doublage, je ne sais pas, je n’en regarde jamais.

Un bon sous-titrage, c’est un texte net et concis, bien découpé et bien orthographié, qu’on a le temps de lire, qui épouse le rythme de la langue d’origine et qui en rend le maximum de subtilités de façon naturelle et percutante.

Un bon voice-over, c’est un texte clair et fluide, précis sans être surchargé, lu par un bon comédien.

Pourquoi l’ATAA ?
À partir du moment où on est free-lance, on se retrouve souvent tout seul devant son ordinateur. Assister aux réunions du SNAC avec d’autres traducteurs de l’audiovisuel, c’est bien mais ce n’est pas suffisant. Depuis dix ans, l’ATAA nous permet de nous retrouver entre traducteurs de l’audiovisuel et d’avoir accès à toutes les informations disponibles sur nos métiers (les laboratoires en cessation de paiement, la réforme des retraites, les nouveautés fiscales, etc.) Par exemple, les modèles de documents administratifs mis à notre disposition sur le site de l’ATAA sont précieux.

Et puis, grâce à l’ATAA, les initiatives qui accroissent notre visibilité auprès du grand public se multiplient, c’est très positif.

Un dernier mot :
Ce serait bien que la traduction, sous toutes ses formes, ne soit plus un métier de l’ombre incompris. Et que la langue française retrouve une place de choix dans la culture et dans la communication en général, tant qu’on y est !

Si vous aussi vous souhaitez publier votre portrait, vous exprimer pour une fois avec vos mots à vous, dans votre style à vous, pour partager votre expérience, rien de plus facile : prenez votre plus belle plume pour répondre à ce questionnaire, joignez-y si vous le pouvez illustrations et visuels et envoyez le tout à blog |at| ataa.fr !

2017 05
jan

AGESSA : augmentation des cotisations au 1er janvier 2017

logoAgessa

Depuis le 1er janvier 2017, la cotisation « Sécurité sociale » (maladie + vieillesse déplafonnée) est passée de 1,10% à 1,15% du montant brut des droits d’auteur. Pensez à modifier vos modèles de NDA.

Soit :

• assurances sociales (1,15% x montant brut)

• CSG (7.5% x 98.25% x montant brut)

• CRDS (0.5% x 98.25% x montant brut)

• Contribution auteur formation professionnelle (0.35% x montant brut)

Retrouvez toutes les informations détaillées sur cette fiche pratique.


2016 19
déc
Caisse nationale de retraite complémentaire des artistes auteurs

Caisse nationale de retraite complémentaire des artistes auteurs

Les cotisations à la retraite complémentaire évoluent à partir de 2017.
L’IRCEC, nos sociétés d’auteurs et nos organisations représentatives en ont assez parlé, vous connaissez sûrement les fondamentaux de cette réforme. Mais il nous a semblé important de souligner une subtilité qui a peut-être échappé à certains d’entre vous et qui concerne la possibilité, sous condition, d’un maintien de la cotisation forfaitaire (par classe).

Comme l’explique l’Ircec dans son document récapitulatif de la réforme :

« Le régime par classes de cotisations ne sera pas supprimé dès la mise en place de la réforme du RAAP.
En effet, l’adhérent ayant opté jusqu’au 31 décembre 2016 pour une des cinq classes de cotisations (Classe spéciale, classe A, B, C et D) a la possibilité de conserver cette option et les droits qui y sont attachés pendant une période transitoire de dix années si l’application d’un taux entier ou d’un taux réduit a pour conséquence une baisse de son niveau de cotisations et, par conséquent, une perte de droits à retraite au RAAP.
(…)
A noter que pendant la période transitoire, l’adhérent ne peut pas changer de classe de cotisations. Il ne peut que rester dans la classe de cotisations pour laquelle il a opté avant la réforme du RAAP ou bénéficier des dispositions telles qu’issues de cette dernière.
A l’issue de cette période transitoire, soit en 2027 pour les revenus de l’année 2026, le système de classes de cotisations sera totalement supprimé.  »

Il y a urgence ?
Oui, pour ceux qui voudraient passer en classe D, afin de s’assurer que sur leurs revenus 2016, le passage au pourcentage ne représentera pas une baisse de cotisations et donc de droits à la retraite complémentaire.

A noter qu’il faudra alors s’acquitter avant février 2017 du surplus de cotisations que cela entraîne a posteriori pour l’année 2016 sur les revenus 2015. (Par exemple, si on est en classe B, il faudra payer 898 euros de « rattrapage ».)

À vos calculettes !

Ceux qui souhaitent changer de classe ont jusqu’au 31 décembre 2016 pour en faire la demande. Cette demande peut être effectuée quelle que soit la classe où l’on a cotisé jusqu’à présent, et peut être réalisée par mail auprès de l’Ircec.

Document de référence (à consulter!)

Par téléphone
Du lundi au vendredi,
de 10 h 00 à 16 h 30.

Service cotisations
01 44 95 68 30

Service retraite
01 44 95 68 31

Par mail
contact[at]ircec.fr

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2016 12
déc

Le conseil d’administration de l’Ataa est élu tous les ans au mois d’avril, lors de l’assemblée générale. Il se réunit une fois par mois tout au long de l’année. Tous les membres sont invités à venir y assister pour mieux comprendre les rouages de leur association préférée, et peut-être se présenter à leur tour !

Chaton

Je suis un chaton trop mignon, pose ta candidature au CA de l'Ataa, je le veux !

Tu fais ton possible pour réduire tes déchets, tu lis les étiquettes des emballages avant d’acheter, tu signes des pétitions pour soutenir de justes causes, tu t’informes sur l’état du monde et quand tu as un surplus providentiel de droits d’auteur, tu donnes à ton prochain.

« Une véritable leçon d’humanité. »

Oui, tu es un être éclairé. Parce que chaque jour est pour toi une aventure en terre inconnue, et que tu as l’humilité du défricheur. Parce que tu sondes au quotidien le mystère ultime de l’humanité, celui de la langue, et de la parole. Ainsi, tu éprouves dans ton esprit tourmenté [surtout-par-cette-phrase-mais-merde-comment-je-vais-traduire-ça] la complexité de la communication humaine, mais tu as la possibilité de faire avancer les choses. Car, modeste démiurge, tu œuvres chaque jour, à ta manière, au rapprochement entre les peuples.

« J’ai rencontré des gens formidables ! »

Mais il existe encore une autre façon de changer le monde. C’est la prochaine étape de ton parcours riche de cet amour inconditionnel que tu portes à ton métier.

« Les années passées au Conseil d’administration de l’Ataa ont été les plus belles de ma vie. »

Que tu sois jeune diplômé frais émoulu d’un Master II des étoiles pleins les yeux, vieux briscard, soldat couturé de l’Azerty, ou quelque part entre les deux, tu as des choses à dire ! Et tu disposes de l’outil idéal pour donner vie à tes idées. L’Ataa, c’est ta maison, c’est là que brûle le poêle de la solidarité professionnelle (en même temps que sèche le torchon de la discorde). Et pour que tous puissent se réchauffer, il faut alimenter le foyer en permanence, assurer le suivi des projets lancés et en imaginer d’autres. Tout cela, c’est l’affaire de chacun, mais c’est plus précisément celle du Conseil d’Administration. On ne va pas se raconter de carabistouilles, c’est un boulot exigeant, mais toujours intéressant, et très souvent gratifiant. Bref, c’est une mission pour toi qui as soif d’action, et faim d’échanges.

« Il y a quelqu’un qui apporte toujours des macarons *censuré* en CA, c’est trop bon. »

Oui, le Conseil d’Administration te tend les bras. Ici, tout le monde est le bienvenu, toutes les idées sont écoutées, et en plus, il y a toujours du bon café/thé/jus. Nous t’attendons donc au prochain CA pour découvrir de tes yeux les dessous affriolants de cette belle aventure humaine et collective ! Il aura lieu le 15 décembre à 9h30 à Paris, alors prends vite ta plus belle plume pour nous écrire à info[at]ataa.fr.
Promis, tu pourras repartir libre. Enfin, on verra.

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2016 28
nov

Suite de notre série de portraits de traducteurs, membres de l’Ataa.
La parole est à Maï Boiron !

Nom : Boiron
Prénom : Maï
En exercice depuis : 1994 chez Titra – 2001 en adaptation freelance

Ton parcours :
1988-1992 : licence de LEA à Nanterre
1992-1993 : une année à l’Université de San Francisco, département cinéma.
1994 : engagée en CDI chez Titra Film grâce à George Dutter.
2001 : temps partiel chez Titra – début de mon activité d’adaptatrice de sous-titres
Fin 2013 : démission de Titra
2014 : début de mon activité d’adaptatrice de doublage

Ton premier bébé traductologique : 418SXJRGKAL._SY445_
« Mon voyage à travers le cinéma italien » de Martin Scorsese
3000 sous-titres à écrire en 10 jours. Grosse émotion, grosse apnée, gros plaisir.

Une prise de tête mémorable :
17 heures de vérif pour « Dark Places », premier doublage véritablement en solo, que j’avais eu 8 jour pour écrire (!), et réécrit quasi intégralement par le réalisateur le jour de la vérif, SUR MOSAÏC !!!
J’ai cru que j’allais y rester. C’est le pire souvenir de ma vie. Pas pour mon ego, mais parce que j’étais épuisée.
Personne ne m’en a tenu rigueur, heureusement ;)
Remarque, j’ai plus appris en 17 heures de vérif qu’en 5 ans de doublage ! Je me suis bien débridée de la synchro, notamment !! ;) (comme dit Raphaël)

Un regret :
Aucun… je crois…

Une fierté : gonegirl-120x160
Avoir assuré la moitié du doublage (= 1300 sous-titres sur 2300) de « Gone Girl » toute seule, en 9 jours, pour un résultat qui a plu au client et au directeur artistique.

Une envie traductologique :
Scorsese, encore et toujours.

Une rencontre :
Ce métier, en 1991.
Le doublage – les plateaux – les acteurs.
Jean-Marc Pannetier et Raphaël Anciaux.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?
Pas eu le choix, c’est lui qui m’a choisie.
Une évidence.

Ton regard sur la profession et son évolution :
Difficile – Dégringolade pour la grande majorité du métier – tendance générale de l’économie à se « libéraliser », et à se mondialiser, d’où les tarifs et la qualité en baisse.

Ton regard sur la « consommation » d’œuvres audiovisuelles :
La VM a, je crois, élargi un peu le public du sous-titrage. Le public est peut-être un peu plus sensibilisé aux problématiques de l’adaptation audiovisuelle… Mais si peu…

C’est quoi un bon sous-titrage / doublage / voice over ?
Pour tout ça : du naturel, du style, du rythme, de la rigueur.
Sous-titres : tirer le jus du texte, aller à l’essentiel, respecter le niveau de langue, dégraisser, fluidifier, que le sens soit immédiat.
Doublage : le naturel avant tout, le style, la « jouabilité » du texte, le rythme, la synchro SI elle ne sacrifie pas le naturel.
Et les voix, la direction, le jeu, le montage, le mixage… évidemment.

Pourquoi l’ATAA ?
Pour soutenir ceux qui nous défendent.
Pour regrouper nos forces.
Pour que ces métiers existent et soient visibles.

Un dernier mot :
Merci l’Ataa :-)

Si vous aussi vous souhaitez publier votre portrait, vous exprimer pour une fois avec vos mots à vous, dans votre style à vous, pour partager votre expérience, rien de plus facile : prenez votre plus belle plume pour répondre à ce questionnaire, joignez-y si vous le pouvez illustrations et visuels et envoyez le tout à blog |at| ataa.fr !

2016 07
oct

loupdans labergerieUber est le symbole d’une nouvelle façon de travailler, si controversée qu’elle a donné naissance à un mot, la fameuse uberisation. Maintenant, imaginez qu’Uber se dise : « Quel dommage, il y a tant de gens là-bas, en région, qui ne peuvent pas bénéficier de la merveilleuse facilité de transport qu’offre Uber…» Alors, il décide de lancer une expérience : « Tu habites en rase campagne ; conduire, tu en rêves depuis toujours. Alors, tiens-toi bien, je vais te prêter une voiture. Comme ça, tu pourras être au volant toute la journée. Et même la nuit. Tu emmèneras des clients d’un point A à un point B. Mais comme tu adores ça, tu vas le faire gratuitement, parce que bon, c’est une passion, on ne va pas en plus te payer. Nous, par contre, on récupérera des sous sur tes courses. Enfin, ça nous fera de la pub et puis on aura des subventions. C’est normal, on est là pour faire le Bien, aider les gens à se déplacer, tout ça, mais on ne peut pas se permettre de le faire gratuitement, on a des frais. Alors, tu signes ? Tu ne sais pas conduire ? T’inquiète, tu as la passion. Le reste, ça viendra tout seul. Ah, j’oubliais, si jamais tu as un accident, ce sera de ta poche. C’est quand même toi qui es au volant. »

Inconcevable ? C’est pourtant ce que vient de faire Arte Europe, avec la bénédiction, et les subsides, de la Commission européenne. Dans un autre registre, évidemment. La voiture, ce sont des programmes télévisés que la chaîne a coproduits. Les clients, les habitants de petits pays d’Europe, et donc de « langues mineures », soit toutes les langues sauf l’anglais, l’allemand, l’espagnol, le français et le polonais. Et les conducteurs ? Ma foi. C’est peut-être vous, lecteur. Des sous-titreurs amateurs, prêts à donner de leur temps, de leur compétence, de leur enthousiasme pour faire rayonner Arte dans toute l’Europe. Non, pardon, pour « rendre ses programmes accessibles à des gens qui ne pouvaient jusque-là en bénéficier. » Des gens dont, finalement, Arte ne doit pas avoir grand-chose à faire, puisqu’ils ne méritent pas de voir ses programmes sous-titrés par des professionnels, comme c’est le cas pour les chanceux que nous sommes, nous, les « grands » pays européens.

Cette initiative d’Arte soulève tant de questions qu’elle en donne le tournis : aspect légal, respect du droit d’auteur, du droit du travail, des processus nécessaires pour obtenir une traduction fidèle à l’œuvre d’origine, fragilisation d’une profession essentielle à la compréhension entre les peuples, et qui n’a pas besoin d’un coup de couteau dans le dos. Mais un point peut-être choque plus que d’autres. Cette hiérarchie implicite, sourde, faite entre les langues. L’Europe est riche de sa diversité linguistique, clament en chœur Arte et la Commission européenne. Mais au moment de leur donner un prix, le masque tombe : ta langue, ami roumain, danois, slovène, croate, norvégien, portugais, grec ? Elle vaut exactement zéro.

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2016 28
sept

La Journée mondiale de la traduction (JMT) est célébrée chaque 30 septembre, date retenue par la Fédération internationale des traducteurs (FIT) lors de sa fondation en 1953 pour promouvoir les métiers de la traduction à l’échelle mondiale.

Journée mondiale DGT

La Direction générale de la traduction de la Commission européenne et la SFT ont imaginé cet événement, dans le cœur de Paris. Un parcours de découverte à travers les passages couverts du 2e arrondissement de Paris, à la rencontre de traducteurs et interprètes qui présenteront la diversité de leur métier au public qui viendra à leur rencontre. Plusieurs associations professionnelles seront présentes dans les boutiques et les commerces participant à l’évènement.

L’ATAA sera installée dans la galerie Vivienne et nous serions heureux de vous y voir nombreux. Ce sera l’occasion :

-> de nous poser toutes vos questions

-> de découvrir les autres métiers de la traduction

-> de rencontrer des collègues et d’échanger sur nos pratiques

-> de passer un moment convivial, clôturé par un cocktail à la mairie du II e arrondissement à 19h (inscription obligatoire via ce lien).

Un quiz, à faire seul ou à plusieurs le long du parcours, est également au programme.

Rendez-vous donc ce vendredi à partir de 16h, à la librairie-boutique de la Comédie française, 2 rue Richelieu, 75001, pour le départ du parcours.

Plus de détails et d’informations sur le site de la Commission européenne.

2016 23
sept

Suite de notre série de portraits de traducteurs, membres de l’Ataa.
La parole est à Amandine Joyaux !

Nom : Joyaux
Prénom : Amandine
En exercice depuis : 2009

Ton parcours :
Après avoir fait la formation de Lille 3, je me suis retrouvée sur le marché du travail en 2008 avec le désir de travailler dans le doublage et j’ai commencé par faire un stage en production chez Dubbing Brothers. Cette expérience n’ayant pas été concluante, je me suis tournée vers la voice over en janvier 2009. En septembre 2009, j’ai été contactée par la société Audiophase pour laquelle j’ai doublé deux séries et quelques téléfilms, puis, en mars 2010, j’ai commencé à travailler chez Mediadub. Depuis, j’écris trois séries pour eux et je continue parallèlement à travailler chez Nice Fellow, de temps en temps pour Audiophase (mais leurs tarifs n’encouragent pas vraiment une collaboration régulière…) ainsi que Deluxe Productions depuis peu.

Ton premier bébé traductologique : th
La série « Party Down », très très bavarde et parfois un vrai défi, comme beaucoup de séries à la fois comiques et rythmées.

Une prise de tête mémorable :
Un téléfilm sur un procès qui combinait à lui tout seul tous les cauchemars propres à l’adaptation : hyper chargé, lexique juridique (des termes de médecine légale à s’arracher les cheveux), des ambiances partout…

Un regret :
Ne pas avoir pu adapter la série de comics « Avengers », dont le projet nous a été retiré sans ménagement par « Marvel » pour des questions de budget.

Une fierté :
Entendre une amie me dire qu’elle a aimé une série que j’ai adaptée, et l’entendre me préciser qu’elle l’a vue en VF. D’habitude, les gens ajoutent toujours « bon, je l’ai vu en VO, parce que je ne supporte pas les VF… »

Une envie traductologique :
Adapter un film d’époque, dans le style d’« Orgueil et Préjugés ».

Une rencontre :
Récemment, j’ai eu la chance de travailler avec Blanche Ravalec (qui double Marcia Cross et dirige également des plateaux). Un vrai plaisir de collaborer avec cette femme-là, qui est à la fois très pro, très respectueuse du travail des auteurs, simple, drôle et très abordable.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?
Etudiante en fac d’anglais, je n’avais pas envie de me tourner vers le métier d’enseignante. Après réflexion, je me suis dit que j’aimais l’idée d’un métier interdisciplinaire : d’un côté la traduction, qui compare deux langues et deux cultures, et de l’autre, le cinéma. J’en suis vite venue à la conclusion qu’il fallait que je me dirige vers un métier qui permette de travailler dans ces deux sphères à la fois.

Ton regard sur la profession et son évolution :
Concernant le doublage, et selon mon expérience personnelle, je constate qu’il est possible de travailler de manière très agréable, avec des gens bienveillants, dans des conditions respectueuses. Concernant les tarifs plus précisément, ils restent corrects en doublage, nous avons même obtenu l’an dernier de nous faire augmenter chez Médiadub. Parmi nos revendications pour justifier cela, le fait qu’on demande de plus en plus aux auteurs de gérer des à-côtés, qui prennent parfois beaucoup de temps : NBC qui demande maintenant deux résumés, un court et un long, et qui exige de rajouter une page sur les frappes avec leur logo… Non pas que ces manœuvres soient très chronophages, mais quand s’ajoutent à ça le fait de devoir envoyer lignages, croisillés (à compléter quasi systématiquement), et les détections souvent lacunaires, je trouve que ça fait parfois beaucoup.

Ton regard sur la « consommation » d’œuvres audiovisuelles :
Très personnellement, j’avoue regretter que la plupart des gens de mon entourage aillent peu au cinéma et préfèrent souvent regarder la télévision chez eux. J’entends aussi beaucoup parler de Netflix, et de mon point de vue personnel, j’ai l’impression que ça encourage plus le « binge-viewing » qu’un visionnage responsable et de qualité. Un exemple : il paraît que sur leur site, on peut lancer une sorte d’application qui « zappe » le générique des séries et vous permet d’enchaîner les épisodes non-stop… ce qui m’a fait bondir ! Je trouve qu’il y a un vrai plaisir dans le rituel du générique, même en enchaînant 3 épisodes à la suite. Ça permet de se « mettre progressivement » dans l’épisode, et le fait de les enchaîner en continu brouille les repères, ne respecte pas la narration et tient d’avantage à la surconsommation.

Un coup de gueule :
Je crois que je l’ai fait juste au-dessus !

C’est quoi un bon sous-titrage / doublage / voice over ?
Alors là, difficile à dire sans juger ! Et difficile de se placer du point de vue de spectateur quand la déformation professionnelle s’en mêle. De mon point de vue d’adaptatrice, je dirais qu’un bon doublage dépend de beaucoup de critères, au-delà du travail d’écriture. Le texte peut être excellent, mais le travail en plateau est déterminant. Pour que le résultat final soit bon, il faut que la sauce prenne des deux côtés. De manière générale, je trouve dommage que certaines chaînes, de par leurs exigences, rendent parfois les dialogues un peu « polis » et les répliques entendues. J’avoue être nostalgique des doublages des années 80-90, où tout était permis. Je pense notamment à « Sos Fantômes » quand Bill Murray nous sortait « On est venus, on a vu, il l’a eu dans le cul », ou encore aux « Goonies » avec la bande à Mickey, Choco, Bagou et Data qui jurent comme des charretiers… pour moi, ce film est un bel exemple de doublage réussi : pas forcément toujours synchrone, mais débordant de naturel, des voix charismatiques et un texte riche et imagé.
https://www.youtube.com/watch?v=pXPYuVlKFRo
https://www.youtube.com/watch?v=1jQTgSW59gY

Pourquoi l’ATAA ?
Parce qu’il me semble important de se fédérer dans un métier où on se sent souvent isolé. Et parce qu’il est plus facile de faire valoir ses droits quand on se sent faire partie d’une équipe. Et puis parce que je trouve que c’est une association active, qui a certes des idéaux mais qui les concrétise, et qui vit en accord avec ses principes.

Un dernier mot :
Plutôt un petit « best of » des meilleures phrases que j’ai entendues en plateau.
- Un DA à un des comédiens : « Vide ta bouche, y a du monde dedans ».
- Commentaire d’un comédien quand le personnage qu’il double en gifle un autre : « Et ça, c’est du miel des Vosges ? »
- « Celui-là, il est aimable comme une feuille d’impôts ».

J’ajoute aussi la bande annonce d’un film très sympa, « In a world », qui parle du métier de comédien en voice over, et du monde sans pitié des bandes-annonces de blockbusters. Je ne sais pas s’il existe une VF et qui l’a adapté, d’ailleurs.
https://www.youtube.com/watch?v=bZHBjLFu5is

in a world

Si vous aussi vous souhaitez publier votre portrait, vous exprimer pour une fois avec vos mots à vous, dans votre style à vous, pour partager votre expérience, rien de plus facile : prenez votre plus belle plume pour répondre à ce questionnaire, joignez-y si vous le pouvez illustrations et visuels et envoyez le tout à blog |at| ataa.fr !

2016 08
sept

Festival America
Tempête de cerveaux de traducteurs lors du festival America, dédié aux littératures et cultures d’Amérique du Nord ! Samedi 10 et dimanche 11 septembre, le festival organise en partenariat avec nos amis de l’ATLF un événement ludique et passionnant : des joutes de traduction.

Le principe est simple : le tournoi oppose deux traducteurs. Chacun a reçu, peu avant le festival, un court texte inédit d’un auteur invité. Les traductions préparées, les concurrents peuvent entrer dans l’arène. Commence alors un véritable duel de traduction ­arbitré par un animateur. Cette lutte est l’occasion pour les spectateurs de savourer la complexité du passage d’une langue à l’autre et de comprendre les choix des traducteurs parmi la multitude des possibilités qui s’offrent à eux afin de rendre le texte traduit le plus fidèle possible à l’original.

Samedi 10 septembre, 13h-14h30
Pierre Demarty et Nicolas Richard, sur un texte de Molly Prentiss
Joute animée par Sophie Aslanidès

Dimanche 11 septembre, 14h30-16h
Nathalie Bru et Valérie Le Plouhinec,  sur un texte de Tom Cooper
Joute animée par Valérie Julia

Et pour plus d’informations sur cet événement, consultez le site de l’ATLF.