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2014 17
déc

image texte logicielsDans un contexte d’évolution technologique rapide, sur laquelle les auteur(e)s ont très peu prise, l’ATAA estime utile d’inviter ses adhérents à réfléchir sur nos rapports avec les éditeurs de logiciels.

Tout comme les prestataires techniques auxquels nous avons affaire dans le cadre de notre activité, les éditeurs de logiciels destinés au sous-titrage ou au doublage poursuivent des objectifs commerciaux. Au-delà des différents discours visant à faire la promotion de leurs produits, il nous semble d’abord important de garder à l’esprit le fait que ces sociétés travaillent avec l’objectif exclusif de réaliser des profits.

Il peut parfois sembler que les intérêts économiques de ces sociétés et ceux des auteurs convergent, notamment à travers le développement de nouveaux outils présentés comme facilitant notre travail. Néanmoins, l’ATAA rappelle que ces nouveaux outils sont développés, certes parfois en concertation avec des auteur(e)s, mais aussi, et cette fois systématiquement, en concertation avec les prestataires techniques, dont le seul objectif est également de maximiser les profits en réduisant les coûts.

Ainsi, il n’aura échappé à personne que les logiciels de doublage, au-delà de leur utilité et de leur efficacité objectives, ont permis aux prestataires d’obliger certains auteurs à effectuer leur détection, souvent au mépris du droit du travail, lorsque les tâches techniques sont rémunérées en droits d’auteur. De même, des postes comme la calligraphie ont été totalement supprimés. Plus globalement, les tentatives d’automatisation de certains aspects de notre travail tendent à faire oublier qu’il est avant tout intellectuel et créatif, et à justifier de nouvelles pressions sur les tarifs.

Il ne s’agit pas ici de remettre en cause la numérisation de notre chaîne de travail, ce qui serait absurde, mais de rappeler que la création de nouveaux outils a des conséquences concrètes, difficiles à prévoir et irréversibles sur les conditions de travail de l’ensemble de la profession. Et l’histoire montre que ces conséquences sont loin d’être toutes positives, pour la raison simple que ces outils ne sont pas développés dans l’intérêt de la communauté des auteurs, ou de la qualité des adaptations, mais avec l’objectif de générer des profits pour les éditeurs, en vendant des logiciels, et pour les prestataires, en permettant de réduire les coûts.

Les auteur(e)s ont bien sûr toute légitimité à participer, de manière bénévole ou non, au développement de logiciels. Cependant, en tant que représentante de la profession, l’Ataa estime que de telles collaborations doivent se faire en pleine conscience des réalités rappelées ici, et en gardant également à l’esprit que les éditeurs sont en concurrence, souvent féroce, les uns avec les autres. Il semble enfin essentiel de prendre en compte les risques juridiques liés à l’utilisation de tels outils, notamment au regard du droit du travail (problème du mode de rémunération des détections et repérages, qui ne relèvent pas du droit d’auteur, par exemple). Ainsi, au-delà des bénéfices immédiats et individuels que peuvent représenter de telles collaborations, il nous semble essentiel de considérer le long terme et l’ensemble de la profession avant de répondre aux sollicitations de sociétés privées dont les objectifs et les intérêts, légitimes ou non, ne sont pas les nôtres.

L’ATAA, qui maintient depuis sa création la plus stricte neutralité vis-à-vis des prestataires et des éditeurs, reste à la disposition des adhérents qui souhaitent explorer plus avant ces questions ou qui désireraient savoir comment réagir aux sollicitations des éditeurs.

2014 12
déc

Comment adapter

BiTS, le web-magazine des cultures geek diffusé sur le site d'Arte

« Comment adapter les termes d’un univers imaginaire étendu lorsqu’on ne connaît pas toutes les intentions de son auteur ? Traduisons et recollons les morceaux. »

Le nouvel épisode du magazine BiTS s’intéresse entre autres à la traduction audiovisuelle !

L’émission :
http://bits.arte.tv/fr/episode/traducteur-translator

Le bonus, avec Anaïs Duchet :
https://www.youtube.com/watch?v=PzygEWDprSg

BiTS

2014 21
nov

La semaine dernière, nous vous annoncions ici que la réforme du RAAP était suspendue. Mais que faut-il en penser ? Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Faut-il agir ? Et si oui, comment ?
Ce billet vous propose de mieux cerner le contexte et les enjeux de cette réforme de la retraite des artistes-auteurs afin de vous faire votre propre opinion.

Il se divise en deux temps :
- La vidéo de l’intervention d’Emmanuel de Rengervé (délégué général du Snac) sur le sujet le 7 novembre dernier à la Scam lors de la soirée portes ouvertes de l’Ataa (34 minutes).
- Un texte qui résume en quelques points ce qu’il faut savoir sur le sujet, et pourra vous servir à la fois d’aide-mémoire et de boîte à outils.

(ou lien direct vers la vidéo)

Le contexte :

Pour les traducteurs ayant le statut d’auteur, le système de retraite actuel comporte deux étages, voire trois étages :

1. la retraite de base de la Sécurité sociale (cotisations vieillesse du régime général, appelées par l’Agessa et payées de façon mensuelle ou trimestrielle)

2. la retraite complémentaire obligatoire RAAP (Retraite complémentaire des Artistes et Auteurs Professionnels ; cotisations appelées par l’Ircec).

3. la retraite Sacem pour les auteurs qui en bénéficient (RACL) et peut-être un jour une retraite Scam pour les membres de la Scam. Cette retraite a été votée lors d’un référendum en 2013, mais la Scam suspend sa mise en place du fait de la réforme en cours de la retraite complémentaire obligatoire RAAP (2e étage de retraite).

Quand nous partirons à la retraite, nous toucherons donc une pension à deux ou trois étages : pension de base Sécurité sociale + pension complémentaire RAAP + éventuellement pension Sacem ou Scam.

L’actualité :

En mai 2014, l’Ircec a annoncé une réforme du RAAP, le deuxième étage de la retraite complémentaire. Jusqu’à présent, on pouvait choisir son montant de cotisation parmi cinq classes. À compter du 1er janvier 2016, la cotisation du RAAP deviendrait proportionnelle aux revenus de droits d’auteur. Le taux de la cotisation serait de 8 %. En échange, les auteurs acquerraient davantage de points de retraite et toucheraient donc une pension plus élevée.

En novembre 2014, les pouvoirs publics ont annoncé que la concertation était possible. C’est donc le moment de se manifester au sein de nos associations et syndicats pour peser sur cette réforme. D’autres professions concernées le font, notamment les auteurs de BD.

L’enjeu :

Actuellement, un auteur à la retraite touche une misère, en moyenne seulement 125 euros par mois (1 500 euros par an) au titre du RAAP (deuxième étage de la retraite)1. Pourquoi ? Entre autres parce que les auteurs en activité choisissent, à une écrasante majorité, de verser le plus faible montant de cotisation possible (classe spéciale). Ils acquièrent donc peu de points de retraite et toucheront une faible pension.

Un seul moyen d’améliorer sa retraite : cotiser davantage

Les systèmes d’épargne privée proposés par les banques et les assurances sont moins fiables et moins performants que les systèmes de retraite par répartition, de nombreux économistes le démontrent, notamment le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz2.

La hausse des cotisations est une chance, car elle représente une meilleure couverture sociale. Mais elle peut paraître lourde à supporter. Certains demandent un abaissement du taux prévu pour la nouvelle cotisation au RAAP. Leur credo : « Quand on est pauvre, on n’a pas les moyens de se payer une protection sociale ».

D’après l’économiste Eloi Laurent, cet argument ne tient pas3 : c’est parce que les gens n’ont pas de protection sociale, parce qu’ils n’ont pas de pension décente et ne bénéficient pas de la solidarité nationale qu’ils sont pauvres. Mais c’est à chacun de nous, évidemment, de mettre au pot commun pour financer la protection sociale de tous.

Le combat :

Pour ne pas s’appauvrir aujourd’hui tout en assurant notre retraite demain, il y a une piste : faire contribuer nos donneurs d’ordre au financement de notre retraite. Ce système existe déjà pour les salariés, bien sûr, mais aussi pour les réalisateurs et scénaristes ou les traducteurs littéraires (via la Sofia) et même pour les auteurs de l’audiovisuel, par le biais de la contribution diffuseurs prélevée sur nos notes d’auteur. Cette contribution plafonne depuis des décennies autour de 1 % du montant des notes d’auteur. N’est-il pas temps de demander une plus forte contribution de nos clients à notre protection sociale ?

En résumé :

C’est le moment de se faire entendre pour peser sur la réforme en cours de notre deuxième étage de retraite.

Voulez-vous vous assurer une retraite suffisante ? Quel montant de vos revenus êtes-vous prêts à y consacrer ? Voulez-vous œuvrer pour que vos donneurs d’ordre participent au financement de votre retraite ?

Informez-vous pour vous faire votre idée sur la question et rendez-vous à la réunion de groupement du Snac le 27 novembre à 14 h (80 rue Taitbout, Paris 9e) pour faire entendre votre voix.

1 Courrier du président du RAAP à ses adhérents daté du 5 mai 2014.

2 Peter Orszag, Joseph Stiglitz, « Rethinking Pension Reform: Ten Myths About Social. Security Systems », Banque Mondiale, 1999.

3 Eloi Laurent, invité de l’émission radio « La grande table » du 27 mai 2014.

Pour aller plus loin :

- « La réforme du RAAP en 2016 », sur le site de l’Ircec.

- La Scam a publié un article limpide sur la retraite des auteurs dans sa revue Astérisque.

- Simulateur officiel pour la retraite de base (sélectionnez la rubrique Salariés, car les auteurs sont rattachés, via l’Agessa, au régime général de la Sécurité sociale, qui est aussi le régime des salariés).

- Le guide de l’Ircec sur la retraite est assez clair, avec des simulations sur 20 ans.

Caroline Barzilaï

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2014 13
nov
Action RAAP sur le site du SNACBD

Action RAAP sur le site du SNACBD

Si vous cotisez à l’IRCEC, vous avez dû recevoir en mai dernier une lettre de son président, Frédéric Buxin, pour vous annoncer qu’à partir de 2016, les cotisations à la retraite ne seraient plus « libres », mais proportionnelles à vos revenus, à hauteur de 8 %.

Cette décision a pu passer inaperçue auprès d’une majorité d’artistes auteurs, faute d’avoir été informés ou tout simplement, faute d’intérêt pour la question, pourtant assez cruciale, de l’avenir de nos retraites. Mais nos confrères des métiers du livre s’en sont émus et ont très vite réagi. Grâce à eux, cette réforme va être remise à plat et devrait être l’objet d’une véritable concertation.

Ceux qui ont assisté à la dernière soirée portes ouvertes de notre association doivent maintenant être mieux renseignés, mais pour en savoir plus, les membres de l’Ataa peuvent échanger des informations sur le fil ouvert à ce sujet sur le forum (accès privé). Chacun peut également consulter le site du groupement des auteurs de BD du Snac (SnacBD), très actifs sur le sujet, mais aussi le site de l’Ircec et par exemple la lettre de son président aux auteurs de BD. Voir également la lettre éclairante sur la question de la légalité du système de la ministre des Affaires sociales à la ministre de la Culture. Et bien sûr et surtout, lire attentivement l’article sur le sujet dans le dernier bulletin du SNAC.

Mais pour vous informer au mieux et surtout peser sur les décisions qui vous concernent, rendez-vous à la prochaine réunion du groupement doublage / sous-titrage du Snac qui aura lieu le 27 novembre  à 14 h (80 rue Taitbout, Paris 9e). La réforme de la retraite sera l’un des principaux point abordés. Pour rappel, il n’est pas nécessaire d’être membre du Snac pour assister à ces réunions.

Voici le communiqué de la Société des Gens de Lettres (SGDL) au sujet de la suspension de la réforme du RAAP.

La SGDL et les associations du CPE ont été entendues : la réforme du RAAP est très officiellement suspendue afin d’engager de nouvelles concertations avec les associations professionnelles d’auteurs.

Dans un courrier adressé par Marisol TOURAINE à Fleur PELLERIN (voir PJ) au sujet du projet de réforme du régime de retraite complémentaire des artistes auteurs professionnels (RAAP),qui prévoit l’abandon du choix du montant de cotisation pour un taux unique de 8% à tous les auteurs, la Ministre des affaires sociales, de la santé et des droits de la femme « se propose de différer temporairement l’adoption de ces évolutions réglementaires, afin de laisser le temps aux partenaires sociaux, s’ils le souhaitent, d’engager de nouvelles concertations ou de renforcer la pédagogie sur une réforme qu’ils ont portée. »

La SGDL et l’ensemble des associations du CPE ont donc été entendues sur la nécessité de nouvelles concertations sur ce projet de réforme. La Ministre des affaires sociales rappelle dans le même courrier que si la mise en œuvre de cette réforme doit garantir la pérennité tant juridique que financière du régime, un projet alternatif à celui envisagé à ce jour peut tout à fait être adopté ! Les demandes officielles effectuées en ce sens auprès des deux Ministres de la culture et des affaires sociales par la SGDL, le SNAC, la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse et d’autres, étaient jusqu’à présent restées lettres mortes.

Une délégation du CPE, représentant la diversité des auteurs (littérature générale, essais, jeunesse, bande dessinée…) avait d’ores et déjà entamé un dialogue avec le conseil d’administration du RAAP. Mais c’est donc une véritable et très officielle concertation qui est aujourd’hui engagée ! La délégation du CPE, à laquelle participe activement la SGDL, a déjà demandé, dans ce cadre, que puissent être examinés des schémas alternatifs de réforme comme nous y encouragent donc désormais les pouvoir publics. La question du taux de cotisation, du plafond de l’assiette de cotisation, du seuil d’affiliation au RAAP et de la prise en charge par la SOFIA de la moitié des cotisations des auteurs du livre constituent à ce titre les sujets les plus importants.

Une réflexion sur le financement des cotisations du RAAP, et plus généralement sur l’augmentation considérable et intolérable ces derniers temps des cotisations des auteurs, doit également être menée rapidement. Des pistes ont été évoquées dans ce sens lors du dernier forum de la SGDL (participation directe des éditeurs, prélèvement sur les revenus des éditeurs commercialisant des œuvres du domaine public ou sur les ventes de livres d’occasion qui bénéficient à toute la chaîne du livre sauf aux auteurs de ces livres…).

Il n’est pas acceptable de faire porter l’augmentation des contributions sociales ou fiscales sur les seuls auteurs dont la situation de précarité et de paupérisation grandissante est devenue malheureusement criante.

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2014 11
nov
Site de l'AIDAC

Site de l'AIDAC

L’AIDAC (Associazione Italiana Dialoghisti Adattatori Cinetelevisi) a fait appel à l’ATAA pour lui demander son soutien. Les commanditaires et diffuseurs italiens exercent une forte pression financière sur les sociétés de doublage qui répercutent les baisses de tarif sur les adaptateurs. C’est dans ce contexte qu’intervient la négociation d’une nouvelle convention collective. Auteurs et sociétés de doublage y participent, mais les commanditaires refusent de s’asseoir à la table des négociations. Or sans leur engagement direct, les accords passés ont peu de chance d’être respectés.

Voici les textes de soutien envoyés par l’Ataa et Asif! :

Il est crucial que les commanditaires italiens, et de tous les pays d’Europe en général, prennent conscience non seulement du caractère indispensable des traducteurs et adaptateurs de l’audiovisuel, mais aussi de la véritable valeur ajoutée qu’ils apportent. Sans eux, aucune œuvre étrangère ne peut être diffusée hors de ses frontières d’origine. Et sans une bonne traduction, effectuée dans des conditions et à des tarifs professionnels, l’œuvre ne peut être appréciée à sa juste valeur, ce qui peut avoir de graves conséquences économiques. Mépriser ce maillon essentiel, c’est mépriser les spectateurs, les œuvres, et les efforts créatifs et financiers qui permettent à ces dernières d’exister.

C’est pourquoi l’ATAA apporte son plein soutien à l’AIDAC dans sa défense de la profession et demande avec elle que les commanditaires et diffuseurs viennent s’asseoir à la table des négociations, marquant ainsi leur respect non seulement pour le travail des adaptateurs, mais aussi tout simplement pour les œuvres qu’ils diffusent et pour leur public.

In conjunction with the ATAA, to which it is affiliated, Anglo Subtitlers in France (asif!) supports Italian subtitlers and dubbers in their struggle to defend the profession against falling rates and the decline of healthy business practices.

(Voir également sur le site d’Asif!)

2014 04
nov

1412598087Comment vous est venue l’idée de ce livre ?

Dès mes débuts comme traducteur spécialisé dans le sous-titrage au milieu des années 1980, j’ai eu envie de savoir comment le sous-titrage et le doublage étaient nés et s’étaient développés. Quand il en était question dans les livres d’histoire du cinéma, on disait laconiquement qu’à l’avènement du parlant, le problème nouveau posé par les langues avait aussitôt entraîné l’invention du doublage et du sous-titrage, sans plus d’explications.

Vers 1985-1986, j’ai commencé à faire quelques recherches à la bibliothèque de l’IDHEC, l’école de cinéma qui a précédé la FEMIS, où, à ma grande surprise, existait un répertoire d’articles et d’ouvrages portant sur le doublage, d’une part, et le sous-titrage, d’autre part, sous la forme de fiches cartonnées. Je dis « ouvrages », mais en réalité, il n’en existait qu’un, celui de Simon Laks, Le Sous-titrage – sa technique, son esthétique. Quant aux articles, il y en avait une myriade dont je n’ai consulté qu’une petite partie à cette époque. L’idée d’un livre était encore lointaine, et je souhaitais avant tout me consacrer à la traduction de films.

C’est une dizaine d’années ans plus tard que je me suis replongé dans cette recherche de façon plus sérieuse, sous la forme d’une thèse de doctorat en études cinématographiques. Mais d’emblée, j’ai souhaité que ce travail ne soit pas restreint au cercle universitaire et puisse intéresser le public cinéphile. Et c’est dix ans après l’achèvement de la thèse que le livre paraît, dans une forme enrichie d’informations dont je ne disposais pas auparavant et de nouvelles réflexions.

C’est la première fois qu’un ouvrage s’intéresse à l’esthétique du doublage et du sous-titrage ? Mais peut-être aussi à son historique ?

À ma connaissance, oui, aussi bien en France que dans d’autres pays. Pour la France, on trouve quantité d’articles dans les revues spécialisées, cinéphiles et, parfois, généralistes sur le travail des comédiens de doublage, car c’est la partie la plus visible (ou audible !) de cette forme de traduction des films. Mais le travail des techniciens et des traducteurs est toujours ignoré. Seules les revues professionnelles ont consacré des articles à ces travailleurs de l’ombre, en particulier dans les années 1930.

Pour le sous-titrage, les articles sont encore plus rares. À part le livre pionnier de Simon Laks, il faut souligner le petit livre écrit et publié en 1995 par Nina Kagansky, alors PDG de Titra Film, qui raconte l’histoire de son entreprise familiale et donne un témoignage très précieux sur le plan technique et sur la pratique des traducteurs.

Mon livre ne prétend pas être une histoire exhaustive du doublage et du sous-titrage, mais rassemble des informations très dispersées et permet ainsi de dessiner une évolution des techniques et des pratiques au fil des époques. Quant aux aspects esthétiques, le parti pris que j’ai adopté dès le départ était qu’il est impossible de commenter ces aspects de façon fructueuse sans connaître précisément les conditions de réalisation d’une version doublée ou sous-titrée, variables selon l’époque. Les analyses esthétiques du livre passent en revue quelques thèmes ayant en commun, en doublage comme en sous-titrage, la prise en compte d’un aspect primordial qui distingue la traduction audiovisuelle de toute autre forme de traduction : les rapports indissociables entre texte, image et son.

Combien d’années de recherches ce livre a-t-il nécessitées ? Quelles difficultés avez-vous rencontrées en cours de recherche ou d’écriture ?

Si je tiens compte de la toute première fois où je me suis intéressé à la question, cela représente une trentaine d’années, mais pas à temps plein, bien sûr ! C’était avant mes débuts de traducteur, à l’occasion d’un mémoire de maîtrise d’anglais, en 1983, dans lequel j’avais fait, avec tous les défauts de l’amateur ignorant, une analyse comparée des textes de la VF et de la VOSTF de Manhattan de Woody Allen, traduit par Anne et Georges Dutter. Les recherches et la rédaction de la thèse m’ont occupé pendant six ans, puis deux nouvelles années pour les compléments apportés au livre et la refonte de sa structure.

Les difficultés dans la recherche historique concernent l’accès aux versions doublées et sous-titrées des débuts du parlant. J’ai pu trouver, dans les revues professionnelles de l’époque, de nombreuses mentions de certains films, parfois totalement oubliés aujourd’hui. Des informations sont données sur les adaptateurs, les dialoguistes, les directeurs artistiques, les comédiens, les laboratoires de sous-titrage et les studios de doublage. Mais il faut se faire détective et dénicher ce type de renseignements qui peut tenir parfois une ligne dans un coin de page fourmillant d’autres informations, sans rapport avec la traduction des films.

J’évoque certains films, mais sans avoir toujours pu voir (et écouter, dans le cas du doublage) les versions exploitées dans les salles françaises à l’époque. Les informations recueillies dans la presse professionnelle me permettent maintenant de faire des recherches auprès des cinémathèques et archives du film, afin de savoir si certaines de ces versions sont conservées et, éventuellement, de les consulter, puis de les commenter sans passer par le filtre des articles de périodiques. La difficulté supplémentaire réside dans le fait de tenter de se transformer en spectateur (et auditeur) des années 1930 face à une VF de cette période, par exemple, en oubliant les habitudes d’aujourd’hui, aussi bien celles des comédiens que nos propres habitudes de spectateur. C’est aussi le cas pour le sous-titrage. On ne peut pas considérer un sous-titrage des années 1930 ou 1950 avec nos lunettes d’adaptateur ou de spectateur des années 2010, les pratiques ayant beaucoup changé.

Pourriez-vous nous raconter une anecdote amusante ou touchante que vous avez découverte au cours de vos recherches ?

Au tout début du doublage à Hollywood, on pouvait lire dans Variety, l’hebdomadaire américain du spectacle et du cinéma, que de nouvelles langues avaient été inventées, notamment pour les films de Laurel et Hardy qui, en 1930, se doublaient eux-mêmes en espagnol ou en français, par exemple, mais sans comprendre un mot de ce qu’ils disaient. Variety qualifiait ces langues de « français comique » ou de « petit-nègre espagnol » !

Pour le sous-titrage, la vision des sous-titres écrits par Colette pour le film allemand Jeunes filles en uniforme de Leontine Sagan (1931) a été une belle découverte. Même s’il ne correspond plus du tout aux usages d’aujourd’hui, ce sous-titrage est très fin dans sa manière de rendre l’essentiel des dialogues de ce beau drame.

Et enfin, où peut-on se procurer ce livre ?

Il est publié par les Presses universitaires de Rennes, dans la collection Le Spectaculaire, et on le trouve dans les meilleures librairies, bien sûr ! Et pour le commander, mieux vaut s’adresser à son libraire et patienter quelques jours, plutôt que se précipiter sur un site célèbre, au nom de grand fleuve sud-américain !

Pour plus d’informations : http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=3614

2014 12
sept

TraduireLes trois membres du comité de rédaction de L’Écran traduit ont contribué au dernier numéro de Traduire, la revue semestrielle de la SFT (Société française des traducteurs). Samuel Bréan propose un article très complet sur le fansubbing, et Jean-François Cornu fait l’objet d’un entretien passionnant sur la parution prochaine de son ouvrage consacré à l’histoire du sous-titrage et du doublage. Ses propos ont été recueillis par Anne-Lise Weidmann et Samuel Bréan.

Les personnes en faisant la demande auprès de revue@ataa.fr pourront obtenir une copie des deux articles en question.

La version papier de ce numéro 230, intitulé « Traduire l’image (audio-visuel, BD, albums…) », est disponible à cette adresse : http://www.sft.fr/fo/prive/produits/commande/index#.VAdQskjaPM8. Si vous êtes adhérent de l’ATAA, n’oubliez pas que vous bénéficiez d’une réduction !

Nous vous signalons également la mise en ligne récente de certains numéros passés sur http://traduire.revues.org/.

Enfin, pour ne rien rater de l’actualité de la revue Traduire, rendez-vous sur Twitter : @RevueTraduire

2014 12
juin

big-deguisement-736_1425Un millier d’opérations, près de trois cents paires de seins rembourrées et près de quatre cents fessiers et paires de cuisses remodelés, des milliers d’heures passées devant la table d’opération… Et pourtant, Rémy n’est « même pas vraiment fan de belles femmes ». Il n’est pas du genre à être attiré par les bonnets C et tailles de guêpe et préfère une bonne paire de fesses rebondies chez une bonne mangeuse qu’un corps parfait et aseptisé, contrairement à beaucoup d’hommes.
Ces chiffres ne sont donc pas les symptômes d’un obsédé des femmes. Ils recensent ses faits d’armes sous le pseudonyme « Scalpel free », sous lequel il opère dans le plus grand secret depuis 10 ans.


De son premier grain de beauté enlevé à un relooking extrême complet

Rémy était un simple technicien de surface ayant raté ses études de médecine, mais sa passion pour le sang, les bistouris et la série Urgences l’ont poussé à prendre le scalpel pour aider ces femmes en détresse. Enfin, plus précisément, c’est devant le constat que les candidates à la beauté devaient attendre longtemps et payer très cher une opération que Rémy, en chevalier servant, a décidé de monter son équipe, composée d’infirmières amateures, de lui-même, chirurgien formé sur le tas et de Gégé, anesthésiste le soir, garagiste le jour.

Il a commencé petit, avec de simples dermabrasions, puis il a fait du chemin, jusqu’aux implants mammaires, liftings et liposuccions. Il a même été mis à l’honneur, le mois dernier, lors d’un congrès de chirurgie, à Paris, où il s’est trouvé confronté à des professionnels, très remontés contre lui. « Je savais qu’on me conduisait à l’abattoir », dit-il avec humour en repensant à cette table ronde très tendue. Mais il tenait absolument à faire entendre la voix de tous ces médecins, chirurgiens, héros amateurs qui, bien que non professionnels, ne font pas toujours un travail de mauvaise qualité.

Évidemment, certaines teams de chirurgie desservent l’image de ce travail amateur, surtout les « fastchirur », qui opèrent sans anesthésie, sans stérilisation et sans rencontrer la patiente avant l’intervention. « Comme dans tous les corps de métiers, certains font ça bien et d’autres non ». Rémy comprend la colère des médecins. « Après tout, ils font 10 ans d’études et espèrent vivre de ce métier, alors que nous, on fait ça comme ça, pour le plaisir. »

Rémy admet aussi que leur pratique amateur a pu nuire aux conditions de travail des professionnels. Mais il pense aussi que c’est un peu facile de leur attribuer tous les maux. Il estime que leurs opérations gratuites ont contribué à un accès moins cher aux soins, en forçant les professionnels à revoir leurs honoraires à la baisse. Cela a aussi permis de démocratiser certaines opérations peu connues en France, comme la greffe de sourcils.

« On répond à une demande, c’est tout.  Des femmes m’écrivent tous les jours pour me demander si je peux les opérer le soir même, parce qu’elles ont un rendez-vous galant le lendemain. La beauté n’attend pas ! »

Ces opérations, qualifiées de « sauvages » par les professionnels, ont aussi probablement permis l’accélération des procédures. En effet, pour faire face à ces pratiques illégales, qui sapent la fréquentation des cliniques privées, celles-ci, pour produire plus, ont créé des techniques pour opérer plus vite, et augmenter le « turnover » de patients. Même s’il arrive que le résultat soit médiocre, les cliniques peuvent ainsi réduire de 10 % les tarifs des procédures et produire par jour jusqu’à 4 paires de seins bonnet D de plus qu’avant !

Devant la mise en place de ces pratiques qui permettent à un plus grand nombre d’accéder à un corps de rêve, Rémy se dit parfois qu’opérer n’est plus si nécessaire, mais il adore refaire un nez ou extraire la graisse d’un fessier. Alors, il continue, pour la beauté du geste et pour proposer des seins de qualité. Car fortes du succès des chirurgies pirates et devant la demande grandissante, des teams non professionnelles ont vu le jour, et si Rémy devait ranger définitivement son scalpel, vers quel « Robin des bois » de la chirurgie ces dames devraient-elles se tourner, faute de se résoudre à attendre un peu plus pour avoir un chirurgien professionnel, diplômé et qualifié ?

La maladie du chirurgien

Comme tout loisir, la chirurgie esthétique peut vite devenir prenante. A une période, Rémy enchaînait les opérations, parfois 10 par week-end ! Aujourd’hui, il a réduit ce nombre à cinq, pour avoir une vie privée.

Quels critères faut-il réunir pour une opération réussie ? « Difficile à dire, on n’a pas fait d’études, on improvise, on a tout appris dans Urgences, mais moi, je suis intransigeant sur l’anesthésie et la stérilisation des instruments. Après, tout un chacun peut donner son avis et il arrive qu’on s’engueule au-dessus d’une patiente, quant à savoir si on devrait couper là ou là ; c’est passionnant ! Tellement passionnant que j’ai bien conscience que les non avertis doivent s’ennuyer, lors de ces dîners qui réunissent plusieurs chirurgiens amateurs, car ça peut vite devenir sanglant ! Mais ce sentiment d’appartenance à une famille, en tout cas, ça n’a pas de prix. »

La boîte à outils de Scalpel free

Sa team travaille dans un entrepôt désaffecté, parfait pour l’anonymat, car ne l’oublions pas, Rémy n’a pas le droit d’opérer, il n’a jamais passé la première année de fac de médecine et ne connaît même pas le nom des instruments qu’il utilise…
Rémy est fier de son équipement, qu’il a chiné à gauche et à droite, sur Ebay, dans les poubelles de certains hôpitaux…

lit saleinstrus

Un équipement digne des plus grands !

Et voilà le travail…

visage beurk

Si Rémy doit déplorer quelques pertes, surtout à ses débuts, avant qu’il pense à se désinfecter les mains, ainsi que quelques visages déformés et seins pas vraiment d’équerre, il est heureux de rendre des femmes plus belles et ne comprend vraiment pas que sa générosité soulève un tel tollé parmi la profession.

En tout cas,  tant que le diktat de l’apparence et de la beauté superficielle existera, gageons que la passion de Rémy aura de beaux jours devant elle…

Cet article vous a choqué ? Parce que la chirurgie est une affaire sérieuse ? Eh bien, nous, professionnels de l’audiovisuel, estimons que le sous-titrage l’est tout autant. On peut songer qu’aucune vie n’est en jeu dans l’exercice de notre profession. Et pourtant, certains traducteurs spécialisés doivent parfois le penser, se voyant confier la traduction d’un témoignage pouvant mener à une condamnation lors d’un procès, par exemple. Ou dans le domaine médical où, à Berlin, une erreur de traduction de notice de prothèse a conduit à 47 opérations désastreuses en 2013. (http://blogs.mediapart.fr/blog/dominique-c/090813/erreurs-medicales-liees-une-erreur-de-traduction-breve)

En audiovisuel, puisqu’il ne s’agit « que » de divertissement, la tendance est à prendre ça à la légère. Or une mauvaise traduction, un sous-titrage ou un doublage médiocre peuvent « défigurer » un film ou une série autant qu’un coup de scalpel malencontreux. Et la tendance des médias à faire l’apologie du fansubbing, comme l’article récent du Monde.fr que nous avons pris un malin plaisir à singer, ne fait qu’accroître l’idée générale que le sous-titrage, ce n’est pas bien méchant, c’est vite fait, pas si compliqué. Si l’on répand cette idée, comment empêcher le grand public de mépriser les traducteurs-adaptateurs, et leurs commanditaires de les traiter comme un coût regrettable qu’il faut réduire au maximum, sans se soucier de la qualité de leurs conditions de travail ?

Oui, certains professionnels travaillent mal, comme dans tous les domaines, mais évitons de généraliser et surtout, arrêtons de fustiger les traducteurs qui osent demander une juste rétribution pour leur travail.

2014 10
juin

asif_logoL’ATAA débute cette nouvelle année d’exercice en s’associant aux Anglo Subtitlers in France (Asif), afin d’œuvrer dans une dynamique commune. L’un de leurs membres siège désormais au Conseil d’administration. La parole leur est donnée.

Asif (Anglo Subtitlers in France) est un regroupement informel de traducteurs anglophones travaillant en France, notamment sur l’adaptation de productions françaises pour les marchés anglo-saxons et internationaux. Il s’est constitué en avril 2014 pour contrer les tentatives des laboratoires de sous-titrage qui proposent aux producteurs des forfaits « tout compris », incluant l’adaptation.
Après une première tentative de résistance en 2013, lancée trop près du Festival de Cannes pour que l’on puisse y consacrer le temps nécessaire, l’action de 2014, déclenchée par le tarif dérisoire proposé à l’un des membres pour l’adaptation en anglais du dernier film de Claude Lelouch par l’intermédiaire d’Éclair Group, à été beaucoup plus concluante avec le lancement d’une lettre ouverte aux producteurs, signée par quelque 175 cinéastes français, leur demandant de continuer à traiter directement avec les adaptateurs et de rejeter les forfaits des laboratoires. Cette lettre ouverte a eu un certain écho dans la presse française et étrangère.
Par la suite, une action concertée et solidaire à la veille du Festival de Cannes a obligé une importante maison de production française à faire marche arrière après avoir lancé les travaux chez Titra Film avec un forfait « tout compris » et à négocier directement avec les adaptateurs.
Forts de nos succès, nous restons vigilants et déterminés à résister aux tentatives des laboratoires d’imposer aux producteurs et aux réalisateurs des traducteurs travaillant à des tarifs non professionnels. C’est pour nous le seul moyen de pouvoir continuer à réaliser des traductions qui rendront justice aux œuvres originales et permettront de les exporter dans de bonnes conditions. La plupart de nos membres font partie de l’ATAA et nous tenons à travailler main dans la main avec celle-ci.

En avril dernier, le collectif d’auteurs de sous-titrage anglophones, qui n’était pas encore Asif, a lancé une pétition qui a connu un retentissement inédit. Ce signal d’alarme a touché les professionnels du cinéma français et a donné lieu à des témoignages de respect comme on en avait rarement vu pour nos professions de l’ombre.
Ces témoignages sont allés droit au cœur de tous les traducteurs et adaptateurs de l’audiovisuel. Nous nous permettons de les reproduire ici, pour que tout un chacun puisse les découvrir.

Un traducteur ne travaille pas « à la chaîne ». Il est une véritable interface culturelle entre votre patrimoine et le reste du monde. À ceux qui veulent forfaitiser leur travail, je propose d’ouvrir un dictionnaire et d’y découvrir l’autre sens du mot « forfait » : « Faute grave, sortant de l’ordinaire, commise de façon audacieuse, et paraissant plus monstrueuse du fait de la qualité de son auteur ». Continuons comme ça et bientôt ce sera Google qui sous-titrera nos films. René Manzor

J’ai pour chaque film l’obsession de la traduction juste, si importante pour rendre compte avec précision et finesse les dialogues de nos films. C’est le premier acte de respect que l’on doit à ceux qui sont filmés. Selon le budget du film, j’ai pu à chaque fois négocier de gré à gré avec le traducteur que je désirais. Cette relation est très importante pour la qualité du travail. Nous savons bien où conduit ces tentatives constantes de paupériser le travail et d’affaiblir leur capacité à se consacrer à fond à leur travail. Il en résulte une baisse de qualité et l’affadissement in fine de l’œuvre, sans parler même des questions éthiques que posent forcément toute tentative de traduction. Ce n’est pas innocent de traduire. A tous les échelons de nos métiers, nous sommes confrontés aux mêmes tentatives qui ne tiennent pas compte de la spécificité de ce qu’est et doit rester le cinéma. Un travail artisanal qui a besoin à toutes les étapes de sa fabrication de l’engagement personnel de chacun des métiers auxquels il fait appel. Vous avez raison de résister. Merci à vous. JP Duret

Mes trois films ont été traduits par la même personne, en qui j’ai désormais toute confiance. Comme tous les autres membres de l’équipe d’un film, je pense qu’il participe artistiquement au résultat, et je tiens à sa sensibilité. Je ne voudrais pas perdre cette relation de confiance. Eleonore Faucher

Les traducteurs sont des auteurs au service d’autres auteurs. C’est une corporation indispensable à l’outil cinématographique. La sacrifier au noms de pratiques commerciales est dangereux pour nos films. Lorraine Lévy

Un bon film mal traduit devient un film quelconque. Ne laissons pas nos films se faire traduire au rabais. Patrice Leconte

Mon traducteur est le garant de ma singularité. En tant que tel, je me battrai toujours auprès de mes interlocuteurs pour le choisir et le garder à mes côtés. Arnaud des Pallières

Un traducteur, c’est un allié hyper important, un collaborateur précieux, ça ne s’échange pas comme un kleenex. La traduction c’est la parole, l’âme du film… Catherine Corsini

Les sous-titreurs sont des artistes à part entière, des traducteurs, des écrivains. S’ils disparaissent, si leur travail est méprisé et bradé, c’est tout le rayonnement à l’étranger de la culture cinématographique française qui sera atteint. Coline Serreau

Touche pas à mon sous-titreur ! Il a un métier, un savoir faire unique, comme moi, c’est un artisan, il transporte les mots et une part du sens de mon film a travers le monde. Jan Kounen

Traduction, adaptation, moment essentiel de la mise au monde d’un film. Bonheur d’avoir à nos côtés des artisans formidables. Colère de voir leur travail bafoué. Michel Spinosa

La traduction et le sous titrage, font partie intégrante de l’écriture cinématographique. Absolument et définitivement. Adapter et transmettre la langue d’un film est un métier, une qualité qui ne s’improvise et ne se brade pas ! Hélier Cisterne

Il suffit de voir la pauvreté des sous-titres que l’on trouve aujourd’hui sur Internet pour mesurer l’importance de faire appel à de « vrais » traducteurs pour nos projets artistiques… De tout cœur avec vous dans ce combat. Benoît Cohen

Les films portent une parole. Toujours. Les mots doivent être justes ou c’est toute la richesse et la singularité des personnages qui se perdent. A quoi bon montrer les films ailleurs que dans les pays francophones si c’est pour les montrer amputés. Si seul le coût compte, autant s’en remettre à REVERSO ! Lucas Belvaux

Le sous-titrage est encore une écriture, l’ultime, même… Ce n’est pas qu’un truc technique de labo ! Vincent Garenq

Encore un grand merci à tous ces grands noms du cinéma français d’avoir signé cette pétition et montré l’importance qu’ils accordent au sous-titrage de leurs œuvres, dont la qualité, comme nous le disons toujours, participera à leur succès.

2014 01
juin

Couverture n° 3 pour tw fb

Le troisième numéro de L’Écran traduit, la revue de l’ATAA consacrée à la traduction et l’adaptation audiovisuelles, vient de paraître ! Il est consultable à l’adresse suivante : http://ataa.fr/revue/


Au sommaire de ce numéro :

- Un dossier sur les débuts dans le métier
- Pour une critique grand public des traductions audiovisuelles
- Le doublage et le sous-titrage vus par Georges Sadoul
- Le générique parlé de l’Othello d’Orson Welles
- De nouvelles formes de doublage à la télévision italienne
- Poto, Cabengo et les sous-titres

Sont toujours consultables dans la rubrique Archives les deux premiers numéros, ainsi que la republication du livre de Simon Laks Le Sous-titrage de films, dans le hors-série n° 1.


Bonne lecture !


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