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2014 12
juin

big-deguisement-736_1425Un millier d’opérations, près de trois cents paires de seins rembourrées et près de quatre cents fessiers et paires de cuisses remodelés, des milliers d’heures passées devant la table d’opération… Et pourtant, Rémy n’est « même pas vraiment fan de belles femmes ». Il n’est pas du genre à être attiré par les bonnets C et tailles de guêpe et préfère une bonne paire de fesses rebondies chez une bonne mangeuse qu’un corps parfait et aseptisé, contrairement à beaucoup d’hommes.
Ces chiffres ne sont donc pas les symptômes d’un obsédé des femmes. Ils recensent ses faits d’armes sous le pseudonyme « Scalpel free », sous lequel il opère dans le plus grand secret depuis 10 ans.


De son premier grain de beauté enlevé à un relooking extrême complet

Rémy était un simple technicien de surface ayant raté ses études de médecine, mais sa passion pour le sang, les bistouris et la série Urgences l’ont poussé à prendre le scalpel pour aider ces femmes en détresse. Enfin, plus précisément, c’est devant le constat que les candidates à la beauté devaient attendre longtemps et payer très cher une opération que Rémy, en chevalier servant, a décidé de monter son équipe, composée d’infirmières amateures, de lui-même, chirurgien formé sur le tas et de Gégé, anesthésiste le soir, garagiste le jour.

Il a commencé petit, avec de simples dermabrasions, puis il a fait du chemin, jusqu’aux implants mammaires, liftings et liposuccions. Il a même été mis à l’honneur, le mois dernier, lors d’un congrès de chirurgie, à Paris, où il s’est trouvé confronté à des professionnels, très remontés contre lui. « Je savais qu’on me conduisait à l’abattoir », dit-il avec humour en repensant à cette table ronde très tendue. Mais il tenait absolument à faire entendre la voix de tous ces médecins, chirurgiens, héros amateurs qui, bien que non professionnels, ne font pas toujours un travail de mauvaise qualité.

Évidemment, certaines teams de chirurgie desservent l’image de ce travail amateur, surtout les « fastchirur », qui opèrent sans anesthésie, sans stérilisation et sans rencontrer la patiente avant l’intervention. « Comme dans tous les corps de métiers, certains font ça bien et d’autres non ». Rémy comprend la colère des médecins. « Après tout, ils font 10 ans d’études et espèrent vivre de ce métier, alors que nous, on fait ça comme ça, pour le plaisir. »

Rémy admet aussi que leur pratique amateur a pu nuire aux conditions de travail des professionnels. Mais il pense aussi que c’est un peu facile de leur attribuer tous les maux. Il estime que leurs opérations gratuites ont contribué à un accès moins cher aux soins, en forçant les professionnels à revoir leurs honoraires à la baisse. Cela a aussi permis de démocratiser certaines opérations peu connues en France, comme la greffe de sourcils.

« On répond à une demande, c’est tout.  Des femmes m’écrivent tous les jours pour me demander si je peux les opérer le soir même, parce qu’elles ont un rendez-vous galant le lendemain. La beauté n’attend pas ! »

Ces opérations, qualifiées de « sauvages » par les professionnels, ont aussi probablement permis l’accélération des procédures. En effet, pour faire face à ces pratiques illégales, qui sapent la fréquentation des cliniques privées, celles-ci, pour produire plus, ont créé des techniques pour opérer plus vite, et augmenter le « turnover » de patients. Même s’il arrive que le résultat soit médiocre, les cliniques peuvent ainsi réduire de 10 % les tarifs des procédures et produire par jour jusqu’à 4 paires de seins bonnet D de plus qu’avant !

Devant la mise en place de ces pratiques qui permettent à un plus grand nombre d’accéder à un corps de rêve, Rémy se dit parfois qu’opérer n’est plus si nécessaire, mais il adore refaire un nez ou extraire la graisse d’un fessier. Alors, il continue, pour la beauté du geste et pour proposer des seins de qualité. Car fortes du succès des chirurgies pirates et devant la demande grandissante, des teams non professionnelles ont vu le jour, et si Rémy devait ranger définitivement son scalpel, vers quel « Robin des bois » de la chirurgie ces dames devraient-elles se tourner, faute de se résoudre à attendre un peu plus pour avoir un chirurgien professionnel, diplômé et qualifié ?

La maladie du chirurgien

Comme tout loisir, la chirurgie esthétique peut vite devenir prenante. A une période, Rémy enchaînait les opérations, parfois 10 par week-end ! Aujourd’hui, il a réduit ce nombre à cinq, pour avoir une vie privée.

Quels critères faut-il réunir pour une opération réussie ? « Difficile à dire, on n’a pas fait d’études, on improvise, on a tout appris dans Urgences, mais moi, je suis intransigeant sur l’anesthésie et la stérilisation des instruments. Après, tout un chacun peut donner son avis et il arrive qu’on s’engueule au-dessus d’une patiente, quant à savoir si on devrait couper là ou là ; c’est passionnant ! Tellement passionnant que j’ai bien conscience que les non avertis doivent s’ennuyer, lors de ces dîners qui réunissent plusieurs chirurgiens amateurs, car ça peut vite devenir sanglant ! Mais ce sentiment d’appartenance à une famille, en tout cas, ça n’a pas de prix. »

La boîte à outils de Scalpel free

Sa team travaille dans un entrepôt désaffecté, parfait pour l’anonymat, car ne l’oublions pas, Rémy n’a pas le droit d’opérer, il n’a jamais passé la première année de fac de médecine et ne connaît même pas le nom des instruments qu’il utilise…
Rémy est fier de son équipement, qu’il a chiné à gauche et à droite, sur Ebay, dans les poubelles de certains hôpitaux…

lit saleinstrus

Un équipement digne des plus grands !

Et voilà le travail…

visage beurk

Si Rémy doit déplorer quelques pertes, surtout à ses débuts, avant qu’il pense à se désinfecter les mains, ainsi que quelques visages déformés et seins pas vraiment d’équerre, il est heureux de rendre des femmes plus belles et ne comprend vraiment pas que sa générosité soulève un tel tollé parmi la profession.

En tout cas,  tant que le diktat de l’apparence et de la beauté superficielle existera, gageons que la passion de Rémy aura de beaux jours devant elle…

Cet article vous a choqué ? Parce que la chirurgie est une affaire sérieuse ? Eh bien, nous, professionnels de l’audiovisuel, estimons que le sous-titrage l’est tout autant. On peut songer qu’aucune vie n’est en jeu dans l’exercice de notre profession. Et pourtant, certains traducteurs spécialisés doivent parfois le penser, se voyant confier la traduction d’un témoignage pouvant mener à une condamnation lors d’un procès, par exemple. Ou dans le domaine médical où, à Berlin, une erreur de traduction de notice de prothèse a conduit à 47 opérations désastreuses en 2013. (http://blogs.mediapart.fr/blog/dominique-c/090813/erreurs-medicales-liees-une-erreur-de-traduction-breve)

En audiovisuel, puisqu’il ne s’agit « que » de divertissement, la tendance est à prendre ça à la légère. Or une mauvaise traduction, un sous-titrage ou un doublage médiocre peuvent « défigurer » un film ou une série autant qu’un coup de scalpel malencontreux. Et la tendance des médias à faire l’apologie du fansubbing, comme l’article récent du Monde.fr que nous avons pris un malin plaisir à singer, ne fait qu’accroître l’idée générale que le sous-titrage, ce n’est pas bien méchant, c’est vite fait, pas si compliqué. Si l’on répand cette idée, comment empêcher le grand public de mépriser les traducteurs-adaptateurs, et leurs commanditaires de les traiter comme un coût regrettable qu’il faut réduire au maximum, sans se soucier de la qualité de leurs conditions de travail ?

Oui, certains professionnels travaillent mal, comme dans tous les domaines, mais évitons de généraliser et surtout, arrêtons de fustiger les traducteurs qui osent demander une juste rétribution pour leur travail.

2014 10
juin

asif_logoL’ATAA débute cette nouvelle année d’exercice en s’associant aux Anglo Subtitlers in France (Asif), afin d’œuvrer dans une dynamique commune. L’un de leurs membres siège désormais au Conseil d’administration. La parole leur est donnée.

Asif (Anglo Subtitlers in France) est un regroupement informel de traducteurs anglophones travaillant en France, notamment sur l’adaptation de productions françaises pour les marchés anglo-saxons et internationaux. Il s’est constitué en avril 2014 pour contrer les tentatives des laboratoires de sous-titrage qui proposent aux producteurs des forfaits « tout compris », incluant l’adaptation.
Après une première tentative de résistance en 2013, lancée trop près du Festival de Cannes pour que l’on puisse y consacrer le temps nécessaire, l’action de 2014, déclenchée par le tarif dérisoire proposé à l’un des membres pour l’adaptation en anglais du dernier film de Claude Lelouch par l’intermédiaire d’Éclair Group, à été beaucoup plus concluante avec le lancement d’une lettre ouverte aux producteurs, signée par quelque 175 cinéastes français, leur demandant de continuer à traiter directement avec les adaptateurs et de rejeter les forfaits des laboratoires. Cette lettre ouverte a eu un certain écho dans la presse française et étrangère.
Par la suite, une action concertée et solidaire à la veille du Festival de Cannes a obligé une importante maison de production française à faire marche arrière après avoir lancé les travaux chez Titra Film avec un forfait « tout compris » et à négocier directement avec les adaptateurs.
Forts de nos succès, nous restons vigilants et déterminés à résister aux tentatives des laboratoires d’imposer aux producteurs et aux réalisateurs des traducteurs travaillant à des tarifs non professionnels. C’est pour nous le seul moyen de pouvoir continuer à réaliser des traductions qui rendront justice aux œuvres originales et permettront de les exporter dans de bonnes conditions. La plupart de nos membres font partie de l’ATAA et nous tenons à travailler main dans la main avec celle-ci.

En avril dernier, le collectif d’auteurs de sous-titrage anglophones, qui n’était pas encore Asif, a lancé une pétition qui a connu un retentissement inédit. Ce signal d’alarme a touché les professionnels du cinéma français et a donné lieu à des témoignages de respect comme on en avait rarement vu pour nos professions de l’ombre.
Ces témoignages sont allés droit au cœur de tous les traducteurs et adaptateurs de l’audiovisuel. Nous nous permettons de les reproduire ici, pour que tout un chacun puisse les découvrir.

Un traducteur ne travaille pas « à la chaîne ». Il est une véritable interface culturelle entre votre patrimoine et le reste du monde. À ceux qui veulent forfaitiser leur travail, je propose d’ouvrir un dictionnaire et d’y découvrir l’autre sens du mot « forfait » : « Faute grave, sortant de l’ordinaire, commise de façon audacieuse, et paraissant plus monstrueuse du fait de la qualité de son auteur ». Continuons comme ça et bientôt ce sera Google qui sous-titrera nos films. René Manzor

J’ai pour chaque film l’obsession de la traduction juste, si importante pour rendre compte avec précision et finesse les dialogues de nos films. C’est le premier acte de respect que l’on doit à ceux qui sont filmés. Selon le budget du film, j’ai pu à chaque fois négocier de gré à gré avec le traducteur que je désirais. Cette relation est très importante pour la qualité du travail. Nous savons bien où conduit ces tentatives constantes de paupériser le travail et d’affaiblir leur capacité à se consacrer à fond à leur travail. Il en résulte une baisse de qualité et l’affadissement in fine de l’œuvre, sans parler même des questions éthiques que posent forcément toute tentative de traduction. Ce n’est pas innocent de traduire. A tous les échelons de nos métiers, nous sommes confrontés aux mêmes tentatives qui ne tiennent pas compte de la spécificité de ce qu’est et doit rester le cinéma. Un travail artisanal qui a besoin à toutes les étapes de sa fabrication de l’engagement personnel de chacun des métiers auxquels il fait appel. Vous avez raison de résister. Merci à vous. JP Duret

Mes trois films ont été traduits par la même personne, en qui j’ai désormais toute confiance. Comme tous les autres membres de l’équipe d’un film, je pense qu’il participe artistiquement au résultat, et je tiens à sa sensibilité. Je ne voudrais pas perdre cette relation de confiance. Eleonore Faucher

Les traducteurs sont des auteurs au service d’autres auteurs. C’est une corporation indispensable à l’outil cinématographique. La sacrifier au noms de pratiques commerciales est dangereux pour nos films. Lorraine Lévy

Un bon film mal traduit devient un film quelconque. Ne laissons pas nos films se faire traduire au rabais. Patrice Leconte

Mon traducteur est le garant de ma singularité. En tant que tel, je me battrai toujours auprès de mes interlocuteurs pour le choisir et le garder à mes côtés. Arnaud des Pallières

Un traducteur, c’est un allié hyper important, un collaborateur précieux, ça ne s’échange pas comme un kleenex. La traduction c’est la parole, l’âme du film… Catherine Corsini

Les sous-titreurs sont des artistes à part entière, des traducteurs, des écrivains. S’ils disparaissent, si leur travail est méprisé et bradé, c’est tout le rayonnement à l’étranger de la culture cinématographique française qui sera atteint. Coline Serreau

Touche pas à mon sous-titreur ! Il a un métier, un savoir faire unique, comme moi, c’est un artisan, il transporte les mots et une part du sens de mon film a travers le monde. Jan Kounen

Traduction, adaptation, moment essentiel de la mise au monde d’un film. Bonheur d’avoir à nos côtés des artisans formidables. Colère de voir leur travail bafoué. Michel Spinosa

La traduction et le sous titrage, font partie intégrante de l’écriture cinématographique. Absolument et définitivement. Adapter et transmettre la langue d’un film est un métier, une qualité qui ne s’improvise et ne se brade pas ! Hélier Cisterne

Il suffit de voir la pauvreté des sous-titres que l’on trouve aujourd’hui sur Internet pour mesurer l’importance de faire appel à de « vrais » traducteurs pour nos projets artistiques… De tout cœur avec vous dans ce combat. Benoît Cohen

Les films portent une parole. Toujours. Les mots doivent être justes ou c’est toute la richesse et la singularité des personnages qui se perdent. A quoi bon montrer les films ailleurs que dans les pays francophones si c’est pour les montrer amputés. Si seul le coût compte, autant s’en remettre à REVERSO ! Lucas Belvaux

Le sous-titrage est encore une écriture, l’ultime, même… Ce n’est pas qu’un truc technique de labo ! Vincent Garenq

Encore un grand merci à tous ces grands noms du cinéma français d’avoir signé cette pétition et montré l’importance qu’ils accordent au sous-titrage de leurs œuvres, dont la qualité, comme nous le disons toujours, participera à leur succès.

2014 01
juin

Couverture n° 3 pour tw fb

Le troisième numéro de L’Écran traduit, la revue de l’ATAA consacrée à la traduction et l’adaptation audiovisuelles, vient de paraître ! Il est consultable à l’adresse suivante : http://ataa.fr/revue/


Au sommaire de ce numéro :

- Un dossier sur les débuts dans le métier
- Pour une critique grand public des traductions audiovisuelles
- Le doublage et le sous-titrage vus par Georges Sadoul
- Le générique parlé de l’Othello d’Orson Welles
- De nouvelles formes de doublage à la télévision italienne
- Poto, Cabengo et les sous-titres

Sont toujours consultables dans la rubrique Archives les deux premiers numéros, ainsi que la republication du livre de Simon Laks Le Sous-titrage de films, dans le hors-série n° 1.


Bonne lecture !


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2014 23
mai

Le paysage audiovisuel français a reçu dernièrement deux coups de semonce. Comment, vous n’êtes pas au courant ? Ce cher monsieur PAF serait souffrant, fiévreux, à l’agonie, peut-être, et on ne vous aurait rien dit ? C’est que pour l’instant, ça ne se voit pas. D’ailleurs, le malade n’a rien senti. Il marche et fait le beau comme si de rien n’était. Ça, c’est moins rassurant.

C’est que le mal vient par les extrémités, il touche pour l’instant le bout de la chaîne, la post-production. Et en premier, ceux qui sont tout au bout du bout de la chaîne. Les traducteurs, par exemple.

Le Festival de Cannes et TV5 Monde sont deux des plus beaux habits de notre PAF. Ils portent haut et fort la voix de la culture française dans ce qu’elle a de meilleur et de plus noble : l’ouverture au monde, l’échange, l’ardente défense de l’exception culturelle, c’est-à-dire, rappelons-le, l’idée que ce qui relève de la culture ne devrait pas être soumis aux lois du marché.

Mais que s’est-il donc passé ? Une peccadille. Les traducteurs qui œuvrent régulièrement pour ces deux institutions se sont vus signifier qu’on pouvait désormais se passer de leur travail. Pas de leur personne, mais bien de leur travail. Car lorsqu’on divise la rémunération d’un professionnel confirmé par quatre ou cinq, comme veulent le faire les prestataires de sous-titrage du Festival de Cannes, ou par deux, dans le cas de ceux de TV5 Monde, jusqu’à la réduire à une portion tellement congrue que votre ado de 15 ans n’en voudrait même pas comme argent de poche, on dit bien que son activité ne mérite pas salaire, et donc qu’elle est accessoire.

« Révéler et mettre en valeur des œuvres pour servir l’évolution du cinéma, favoriser le développement de l’industrie du film dans le monde et célébrer le 7e art à l’international » c’est la vocation du Festival de Cannes. Mais comment révéler une œuvre, comment juger de sa richesse et de sa complexité quand les producteurs, les distributeurs ou les vendeurs internationaux présentent des films traduits au rabais ?

« TV5 MONDE revendique des contenus universels, porteurs de sens et de valeurs humanistes, et privilégie la qualité, l’innovation, la découverte dans le choix et la conception de ses programmes », dit le site de la chaîne. Devra-t-elle bientôt ajouter : « En revanche, la qualité des sous-titres qui permettent de transmettre ces contenus ne nous concerne pas » ? C’est une possibilité.

Notre PAF a avalé la mauvaise potion, celle de la concurrence déchaînée. A présent, d’inquiétants symptômes apparaissent, tout son corps est secoué de soubresauts. Chacun tâche de se sauver en sacrifiant plus petit ou plus faible que lui. En réalité, il supprime ce faisant un maillon essentiel de la chaîne. Pris à la gorge, les prestataires techniques n’ont d’autre choix que de s’entretuer pour survivre et ils naviguent à vue, coupant ce qu’ils peuvent couper. Les sociétés emblématiques telles que Titra ou LVT/CMC vacillent. Elles licencient à tour de bras, perdant ainsi leurs meilleurs éléments et tout leur savoir-faire. D’autres, comme LTC, ont déjà mordu la poussière.

La gangrène n’est visible qu’aux extrémités, mais le cœur est déjà atteint. En vérité, la guerre destructrice que se livrent les laboratoires de post-production menace en ce moment même de faire une nouvelle victime, et non des moindres, la raison d’être du Festival de Cannes et de TV5 Monde.

Allô, docteur ? J’ai mal à mon rayonnement culturel !


Qui sont donc les petits bonshommes écrabouillés sous les labos ?

Qui sont donc les petits bonshommes écrabouillés sous les labos ?

2014 02
mai

Suite à un article publié dans le numéro d’avril du journal Le Monde diplomatique, intitulé « Sous-titrage en série » et qui faisait l’éloge du fansubbing, l’ATAA et le SNAC ont joint leurs efforts afin d’envoyer une réponse à la rédaction, publiée dans son intégralité ci-dessous.
Les parties en gras ont été publiées en tête du courrier des lecteurs du Monde diplomatique de mai, en kiosques depuis fin avril.

L’ATAA (Association des traducteurs-adaptateurs de l’audiovisuel) et le SNAC (Syndicat national des auteurs et des compositeurs) souhaitent réagir à la parution de l’article « Sous-titrage en série », rédigé par Mélanie Bourdaa et Mona Chollet, dans votre numéro d’avril 2014.

Le titre même de cet article est révélateur de son esprit. Il fait référence à un travail à la chaîne, alors que l’écriture d’une adaptation est un travail d’auteur.

Les rédactrices de ce texte décrivent de façon élogieuse la pratique du « fansubbing », dont l’appellation recommandée au Journal officiel est « sous-titrage sauvage ». Cet article ne nous surprend pas. Il est le plus récent de plusieurs textes publiés ces dernières années dans la presse quotidienne ou hebdomadaire, généraliste ou spécialisée cinéma, témoignant d’un engouement, voire d’une fascination, de la recherche universitaire pour l’activité des fansubbers. Les auteurs de cet article ont le mérite d’indiquer que « ce travail […] n’est pas toujours apprécié des professionnels », sans toutefois permettre à ces professionnels de s’exprimer sur le sujet. Le seul point de vue en la matière fourni par l’article est celui des amateurs eux-mêmes, qui ajoutent leurs propres éloges à ceux des rédactrices. Il nous semble que par souci d’équilibre, vos lecteurs pourraient maintenant apprécier que les traducteurs reviennent sur un certain nombre des faits exposés dans cet article.

Le « sous-titrage sauvage » est illégal. Ce point est trop rapidement évacué dans l’article. Le Code de la Propriété Intellectuelle interdit la diffusion de toute traduction effectuée sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit (article L 122-4). Pour une publication dans un journal comme Le Monde diplomatique, il nous semble nécessaire que les informations soient claires. En effet, les signataires de l’article auraient pu préciser que pour cette pratique illicite, les contrevenants encourent des peines. Il s’agit du délit de contrefaçon (articles L.335-1 et suivants, passible de 2 ans de prison et de 300 000 € d’amende). Il est également regrettable de faire la promotion de sites illicites et des logiciels concernés, en les accompagnant d’un mode d’emploi technique facilitant le téléchargement illégal des œuvres audiovisuelles.

Le sous-titrage est un métier pratiqué par des traducteurs ayant la statut de créateurs d’œuvres de l’esprit, le plus souvent détenteurs d’un Master professionnel en traduction, et qui sont aussi des sériephiles et des passionnés. L’article publié ne prend pas la peine de décrire le travail des professionnels, comme si le mode de fonctionnement des fansubbers était la norme. Or faire croire que n’importe qui peut sous-titrer un épisode de série de façon satisfaisante, sans connaissances professionnelles et au mépris des règles de l’art, a clairement pour conséquence de dévaloriser cette profession, aux yeux des donneurs d’ordre comme de l’opinion publique.

Un vrai sous-titrage suit des normes et une méthodologie qui sont le fruit de quatre-vingts années de réflexion et d’études (notamment : deux lignes maximum de 36 ou 37 caractères chacune, un temps de lecture suffisant, soit 12 à 15 caractères par seconde d’apparition du sous-titre, pas plus). Il faut savoir intégrer aux sous-titres, de façon lisible, toutes les informations nécessaires à la compréhension des dialogues et du contexte culturel, sans recourir aux crochets ou à un fichier à part. C’est pourquoi un sous-titrage est nécessairement une adaptation : tout professionnel le sait, on traduit du sens, et pas seulement des mots. La traduction soi-disant plus fidèle des fansubbers, qui plus est souvent truffée d’imprécisions, de contresens, d’anglicismes et de fautes de français, dessert au contraire gravement les œuvres, leurs auteurs et surtout les spectateurs, qui croient comprendre les dialogues mais passent à côté de leur richesse et de leur complexité. Aussi nous a-t-il paru pour le moins choquant et paradoxal de lire sans aucun contrepoids intellectuel, dans un journal exigeant comme Le Monde diplomatique, une apologie d’une pratique qui nuit à la bonne réception des œuvres audiovisuelles.

« Pas sûr que [l’offre légale] permette de rivaliser avec les amateurs anonymes qui […] offriront des versions sous-titrées en un temps record » ? La diffusion par des chaînes françaises dès le lendemain soir de la diffusion américaine (et même dans certains cas la mise à disposition en VOD dès l’après-midi), c’est-à-dire de fait en US+16 ou 17 H si l’on prend en compte le décalage horaire, est un délai record pour une offre professionnelle et légale de sous-titres de qualité. Pour information, les traducteurs professionnels de l’audiovisuel ne sous-titrent pas un épisode en une nuit : ils reçoivent les épisodes deux à trois semaines avant la diffusion américaine, ce qui leur donne le temps de travailler dans des conditions professionnelles, afin de fournir une adaptation de qualité. En effet, il faut généralement une semaine à un traducteur pour adapter un épisode en sous-titrage, travail qui s’effectue toujours seul par souci de cohérence.

Ensuite, rappelons que c’était l’absence d’offre légale qui justifiait jusqu’à présent l’existence du fansubbing aux yeux des défenseurs de cette pratique et des fansubbers eux-mêmes. Pourquoi un tel mépris de cette offre légale maintenant que les chaînes et les professionnels se sont adaptés à la demande ?

Donner l’exemple de Game of Thrones est facile. Bien sûr, la série la plus vue du moment peut s’enorgueillir de « faire le buzz » par son nombre de téléchargements sans perdre de recettes. Qu’en est-il de productions plus fragiles ou confidentielles, qui risquent de voir leur audience « légale », télévisuelle, gravement tronquée par le téléchargement illégal ? Comme le souligne très justement un confrère traducteur de l’audiovisuel dans un article paru dimanche 6 avril dans un hebdomadaire TV : « Les fans ont créé la demande, les fansubbers ont pris les choses en main pour combler un manque. À chacun aujourd’hui de jouer le jeu. Aux adaptateurs professionnels de se plier aux contraintes de l’US+24, aux chaînes et aux diffuseurs d’étoffer les propositions avec une vraie qualité technique et une rémunération correcte des auteurs de sous-titres… et aux fans d’utiliser les offres légales ! »

Le fansubbing alimente une logique du « tout gratuit » et du « tout, tout de suite » qui va à l’encontre du respect des professionnels de la culture et des œuvres elles-mêmes. Habituer le public à une qualité médiocre de sous-titrage (on entend trop souvent dire : « Oui, les fansubs sont pleins de fautes, mais ce n’est pas grave, puisque c’est gratuit » !), encourager le piratage, tout cela a peu de chances d’aboutir à un enrichissement satisfaisant de l’offre légale, pour les utilisateurs comme pour les prestataires. Le risque est bien plus de finir par décourager les chaînes et les éditeurs DVD d’investir sérieusement dans la diffusion des séries dont ils rachètent les droits pour la France, puisque cette phase de la vie des œuvres pourrait être à l’avenir complètement dépréciée.

Les professionnels de la traduction contribuent à sauvegarder les œuvres de l’esprit que ce système risque de transformer en simples produits de consommation de masse. Nous savons que la volonté du Monde diplomatique est d’accompagner les efforts des acteurs culturels pour sauvegarder et faire vivre la culture et sa diversité. Nous espérons donc que vous donnerez un écho à cette lettre commune de deux organisations professionnelles unissant les auteurs de ces secteurs. Dans un contexte de remise en cause de la propriété intellectuelle par le piratage musical, par l’explosion de la presse gratuite et par les grands groupes industriels cherchant à prendre le contrôle de l’édition, la précarisation du métier d’auteur et le non-respect des œuvres originales favorisés par la pratique du sous-titrage sauvage rejoignent l’enjeu plus global de la défense du statut d’auteur et de la marchandisation des œuvres culturelles au détriment de leur qualité.

Les traducteurs-adaptateurs professionnels de l’audiovisuel doivent en effet faire face à une importante chute de leurs tarifs et à des conditions de travail de plus en plus difficiles depuis quinze ans. Vous trouverez un état des lieux précis de la profession sur le site de l’ATAA (www.ataa.fr). N’hésitez pas à nous contacter si vous voulez en savoir plus.

Juliette De La Cruz, présidente de l’ATAA
Emmanuel de Rengervé, délégué général du SNAC

2014 30
avr

Séries ManiaComme nous l’annoncions sur ce blog en fin de semaine dernière, une table ronde sur le sous-titrage de séries, intitulée « Sous-titrer en 24h chrono : coulisses d’une performance »,  se tenait le lundi 28 avril, dans le cadre du festival Séries Mania au Forum des Images.

À la table, deux traductrices-adaptatrices professionnelles, Sabine de Andria et Anaïs Duchet, membres du Conseil d’Administration de l’ATAA, mais aussi une « sous-titreuse amateur » refusant l’appellation de fansubbeuse, Dorothée Trujillo, de la team La Fabrique. La discussion était animée et modérée par Erwan Desplanques, journaliste de Télérama.

Face à un public nombreux, les discussions ont été parfois tendues mais sont restées cordiales, et une large place a été accordée au travail des professionnels, l’occasion de mettre en lumière ce métier de l’ombre tout en faisant œuvre de pédagogie.

Les débats étaient retranscrits en direct par Twitter par plusieurs comptes, dont celui de Séries Mania, et plusieurs comptes rendus des discussions ont été mis en ligne :

- un sur le site de Séries Mania : http://series-mania.fr/actualite/compte-rendu-titrer-en-24h-chrono-coulisse-dune-performance/

- et un autre sur le site Daily Mars : http://www.dailymars.net/sous-titrage-series-mania/ ainsi qu’un compte rendu audio (premières minutes du fichier) : http://www.dailymars.net/invasion-martienne-a-series-mania-episode-7/

2014 24
avr

35786-prog-sm5Dans le cadre du festival Séries Mania, au Forum des Images, une table ronde se tiendra lundi 28 avril à 14h30 sur le sous-titrage de séries, au titre volontairement provocateur (« Sous-titrer en 24h chrono : coulisses d’une performance » !).

Deux traductrices-adaptatrices professionnelles, membres du Conseil d’Administration de l’ATAA, seront autour de la table pour parler du métier, de ses spécificités et de ses difficultés, face notamment à une fansubbeuse. La discussion sera modérée par le journaliste de Télérama Erwan Desplanques, qui a signé la semaine dernière un article faisant l’état des lieux du sous-titrage de séries en France, avec les contraintes nouvelles de la diffusion dite en US+24.
L’article est accessible en ligne à cette adresse : http://www.telerama.fr/series-tv/leur-mission-traduire-les-series-en-24-heures-chrono,111161.php

Si vous souhaitez assister à cette table ronde, vous pouvez retirer vos places (gratuites) directement au guichet du Forum des Images (tous les jours à partir de 10h) ou réserver en ligne ici (avec retrait obligatoire au guichet au moins 15 minutes avant l’heure de début).

Venez nombreux !

2014 08
avr

hollywoodreporter Un gros pavé dans la mare.

Le « Hollywood Reporter » se fait l’écho d’une pétition signée par une cohorte de réalisateurs français en faveur d’un sous-titrage de qualité.
Près de 200 personnalités du cinéma ont signé cette pétition lancée à l’initiative des auteurs de sous-titrage anglophones qui font connaître nos films dans le monde entier.

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2014 05
avr

Un article de TV MagIncroyable mais vrai, un article sur le sous-titrage de séries destiné au grand public qui évoque en toute simplicité et sans effet de manche le métier de traducteur de l’audiovisuel, ses contraintes, ses problématiques, ses joies…

Informatif, efficace, et avec de vrais morceaux d’Ataa dedans !

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2014 26
mar

Aujourd’hui, cinquième et dernière partie de la saga de la détection, par Yves Jeannes.
Si vous avez manqué le début, la première partie se trouve ici.

Et pour télécharger l’ensemble de l’article en pdf, c’est ici.

1) Rythme de travail, détection et logiciels
2) Avenir, codes, conventions et qualité de travail

1) Rythme de travail, détection et logiciels

Un détecteur consciencieux détecte une moyenne de 10 à 15mn par jour, parfois 20 min (selon la densité des dialogues, ambiances), pour une journée de 7 heures. Faire un travail de qualité demande du temps. Pour détecter 20 à 40min par jour, il faut obligatoirement faire des concessions sur la synchro, faire des oublis ou être capable de travailler 16 heures d’affilée.

Actuellement, le paiement à la bobine (10mn de film) ou à la minute privilégie la vitesse, le manque de rigueur. On voit se développer un marché des travaux de détection payés « au noir ». Les détecteurs sont payés de cette façon par des adaptateurs, majoritairement, qui acceptent des forfaits adaptation/détection. (Ce qui augmente la précarité des détecteurs.)

Il existe également des détecteurs cumulant l’intermittence et l’auto-entreprenariat. Il y a peu de détecteurs en CDI et il reste 1 ou 2 détecteurs indépendants. Je rappelle que le détecteur est principalement un intermittent du spectacle. Si le statut d’intermittent du spectacle disparaît, il restera peut-être quelques détecteurs en CDI, mais pas un assez grand nombre pour assurer le volume de travail. La quasi-totalité des détecteurs disparaîtra.

Les adaptateurs/détecteurs sont généralement rémunérés, pour leurs travaux techniques de détection, en salaire ou «avance de droits d’auteur».

Les logiciels ne permettent pas, pour l’instant, de détecter plus vite ! Le détecteur peut espérer, dans le meilleur des cas, retrouver son rythme de travail par rapport au traditionnel. (Ceux qui arrivaient à détecter 30 à 70min par jour en traditionnel ont plus de difficultés à retrouver ce rythme.)

Ces logiciels n’en sont qu’à leurs prémices de développement. Leurs premières versions n’étaient pas faites pour un vrai travail de détection. Les outils et conventions sont nivelés par le bas. Les détecteurs se sont intéressés aux cahiers des charges pour préserver leur métier.

Aujourd’hui, nous savons que les logiciels peuvent détecter les changements de plan (en partie) et faire une pré-détection au son. Ce n’est qu’un problème de coût de création d’outil, de temps et de demande des entreprises. Il y a des contraintes liées aux fichiers audio, pistes éclatées ou stéréo, overlaps, ambiances, doubles, postsynchros… Il sera possible de faire conformer directement la rythmo par le soft. Il faudra, comme dans le cas d’une pré-détection au son, quelqu’un pour vérifier le rendu logiciel, mais pas nécessairement un détecteur. Et tout ceci ne sera qu’une étape de l’évolution technologique.

Je vous rappelle qu’il y a encore 3 ans, tout le monde pensait qu’il serait impossible de se servir des logiciels pour le 35 et la postsynchro !


2) Avenir, codes, conventions et qualité de travail

Le milieu professionnel du doublage s’est dirigé vers une généralisation des qualités multiples de travaux de la détection, selon les différences de budgets. Une tolérance à « l’à peu près »synchrone, bouclage, etc.

Un « à-peu-près » généré par des détecteurs et adaptateurs mal formés ces dernières années. Bien évidemment, ils ne travaillent pas avec l’intention de mal détecter (enfin, je l’espère). Leurs travaux étant validés, ils sont persuadés de travailler correctement et d’avoir les compétences pour exercer ce métier. Ce qui n’est majoritairement pas le cas !

Demander ou imposer aux adaptateurs de faire leurs propres détections n’est pas la panacée. Et le premier bilan est plutôt négatif en termes de qualité de travail (si les professionnels estiment qu’il y a encore lieu d’avoir cette qualité). Pour l’instant, ces adaptateurs/détecteurs travaillent en majorité sur des séries, soaps opéra (montages et scénarios identiques d’un épisode à l’autre), donc sur des éléments ne demandant qu’une partie des compétences et connaissances de la détection. (Peu de cas particuliers…)

Que se passera-t-il quand ces personnes seront confrontées à des projets plus complexes ?

Depuis que les séries sont arrivées en quantités, pour effectuer ce volume de travail toujours plus important, on a dû former de plus en plus rapidement et en nombre les détecteurs et les adaptateurs. Tout le monde pouvait avoir accès au milieu professionnel du doublage. Il suffisait de connaître quelqu’un qui y travaillait.

La perte des connaissances des techniques de détection dans le milieu professionnel du doublage est aujourd’hui évidente et problématique. Ce n’est pas uniquement le résultat d’un problème économique, mais également lié à des problèmes de communication et à l’arrêt de la transmission des savoirs au sein de la profession (peu d’adaptateurs, de chargés de production ou de clients sont au courant de ce qu’ils sont censés attendre d’une détection ou du détecteur). Nous parlons de connaissances techniques de codes et de conventions datant de plus de 40 ans.

Ne connaissant plus ces codes et ces conventions, on en réinvente de nouveaux, ce qui crée une incompréhension, des conflits, affecte la qualité de travail et génère des pertes de temps importantes.

Les délais de livraison étant de plus en plus courts, les compétences des personnes formées ces dernières années (adaptateurs, détecteurs) auraient dû être plus élevées qu’elles ne le sont actuellement.

Comme nous l’avons vu, il est toléré de ne plus mettre le texte VO, les vagues, les respirations et les réactions synchrones (dans certaines limites, mais quelles sont-elles ?), que cela n’empêche pas un enregistrement ni une bonne adaptation.
Le principe de base de la détection est simple : vous êtes synchrone ou non ! Si la détection n’est pas faite avec rigueur, elle n’a plus de sens, ni lieu d’être.

Tout le monde ne peut pas faire de détection ! Certains stagiaires abandonnent après la formation. Ils prennent conscience de la difficulté de réaliser un travail de qualité, de la somme des connaissances à acquérir pour exercer ce métier.

Le rôle du détecteur était et est toujours d’aider l’adaptateur, d’anticiper, d’alerter la société de doublage sur les différents problèmes rencontrés (problèmes liés aux overlaps de langues multiples, aux raccords de voix, VI, optionnels, phonétique), permettre la préparation du plan de travail d’un enregistrement via le bouclage, le croisillé, envoyer à l’aide de codes et de conventions des informations au plateau d’enregistrement.

J’aimerais pouvoir demander aux adaptateurs et aux directeurs de plateau de redéfinir les codes de la détection pour que tout le monde puisse enfin parler la même langue. Une utopie. Mais toutes les tentatives d’uniformisation des conventions de la détection ont été systématiquement tirées vers le bas. Peut-être un type de détection, une convention définie et claire par entreprise ? Cela aurait au moins le mérite de faciliter la compréhension et de pallier le manque de communication ?

Les évolutions seront peut-être le développement des logiciels, de nouvelles techniques de doublage sans détection ou la multiplication des versions sous-titrées, selon les budgets ? A suivre…

Cette année (2014), beaucoup de détecteurs vont rencontrer des difficultés à obtenir leur statut d’intermittent. Ils devront penser rapidement à leur reconversion.

Pour les détecteurs qui essaieront de passer à l’adaptation, je leur souhaite bon courage!
Pour ceux qui pensent que monteur de synchro (flux) est un métier d’avenir : détrompez-vous ! Former un monteur est un apprentissage très long ! Le temps imparti à cette étape est réduit à peau de chagrin !
Pour l’instant, il y a encore (pas suffisamment, j’en conviens) de bons détecteurs. Encore faut-il savoir apprécier leur travail. Encouragez-les, respectez-les. Un peu de valorisation n’a jamais nui, bien au contraire. Et, bien évidemment, il y a encore des professionnels qui travaillent correctement, avec compétence et bienveillance dans le doublage…

« Puis, à l’aube du troisième jour, Dieu, pour punir le détecteur,
créa en nombre les séries télévisées. »


Yves Jeannes
(yvesjeannes |at| orange.fr)

Je remercie tous les professionnels du doublage et de la postsynchronisation qui m’ont aidé, permis de faire ce constat et ont supporté mes histoires de détecteur !

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