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2018 22
fév

Netflix 2

La société Lylo, qui œuvre dans le domaine de la post-production audiovisuelle, cherche actuellement des adaptateurs de doublage pour les aider à relever un « défi » lancé par Netflix. La proposition reçue par quelques auteur(e)s se présente en ces termes (par amour de la VO, nous laissons les fautes) :

« Nous avons été contacté par Netflix pour participer a une sorte d’exercice qui consiste à leur fournir en un temps record une « adaptation » d’un telefilm de 90 min, en sachant qu’il nous fournisse une traduction française.

Alors tiens toi bien le temps record est 5 jours !! Tadam !

Donc notre idée pour relever le défi serait de repartir l’adaptation entre 3 auteurs en 3 jours et le 4ème jour de confier à un autre auteur de faire une relecture / harmonisation de l’ensemble et de finir la journée avec une simulation en présence d’un comédien ou DA. »

Arrêtons-nous sur cette formulation : « nous avons été contactés par Netflix pour participer à une sorte d’exercice qui consiste à leur fournir en un temps record une « adaptation » d’un téléfilm de 90 min ». L’exercice en question ressemble fort à une offre de contrat d’adaptation, en urgence de surcroît. Puis, on précise le délai : 5 jours pour adapter 90 minutes. Heureusement qu’on se cramponnait, en effet, sans quoi beaucoup seraient tombés de leur chaise. Rappelons que les organisations professionnelles recommandent pour l’écriture du doublage d’une fiction de 100 minutes un délai de 2 à 3 semaines. Mais qu’à cela ne tienne : chez Lylo, on n’a pas de délais professionnels, mais on a des idées : pour livrer le travail dans les temps, il suffit de saucissonner l’œuvre et de répartir le travail entre trois adaptateurs, puis de demander à un quatrième (plutôt qu’à un des trois premiers, histoire de faire une encore plus belle bouillie) d’harmoniser en une journée 90 minutes de vidéo. Malin ! Cependant, même avec ce découpage, le rythme de travail demandé n’est en rien réaliste, d’autant que cette société ne fournit pas de détection et que les adaptateurs devront également réaliser cette tâche, toujours en un temps record.

Quelle qualité peut-on espérer dès lors ? Car, au-delà des conditions de travail des adaptateurs, on est en droit de se poser la question du respect de l’œuvre adaptée. Les conditions d’enregistrement seront-elles à l’avenant ? Enregistré-monté-mixé en trois jours, alors qu’il en faudrait une dizaine ? S’agit-il d’un « test », comme on peut penser que l’était le doublage catastrophique de Dumbbells en 2016, qui avait valu tant de moqueries à Netflix ? Le mastodonte cherche-t-il à savoir comment, et avec la collaboration de quels prestataires, il peut casser un savoir-faire français mondialement reconnu afin de faire des économies de bout de chandelle ?

Une chose est sûre, dans ces conditions, c’est bien une « adaptation » que l’on obtiendra et les guillemets employés dans l’offre de Lylo prennent tout leur sens. On peut même penser qu’elle sera dans un français de grande « qualité », sans « aucun » contresens, et probablement « synchrone ».

Netflix a dépensé 6 milliards de dollars en 2017 en achat de contenus et en productions originales. Ce montant devrait passer à 8 milliards en 2018. On peut se demander quel business model fait croire à cette société qu’elle doit ensuite massacrer ses propres investissements en les adaptant dans des conditions totalement non-professionnelles. L’adaptation vers le français, en doublage comme en sous-titrage, est le filtre par lequel doivent passer les efforts financiers et créatifs engagés dans l’œuvre originale. Les traductrices et les traducteurs possèdent le savoir-faire nécessaire à la transmission et à la mise en valeur de ces œuvres. Avec ce genre d’offres, le laboratoire et le commanditaire participent à la destruction de valeur des œuvres et de nos métiers (dont ils vivent, pourtant), et se moquent ouvertement du téléspectateur.

Lylo

2018 21
fév

Entretien avec Estelle Renard, membre du Snac (groupement Doublage/Sous-Titrage) et de l’Ataa, secrétaire de la Fédération européenne des traducteurs de l’audiovisuel (AVTE), paru dans le Bulletin 132 du SNAC, de janvier 2018.

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Les auteurs de Doublage/Sous-Titrage ont décidé d’une revalorisation de 5 % des rémunérations recommandées à compter du 1er janvier 2018. Le Snac a écrit aux laboratoires, aux chaînes de télévision et aux distributeurs pour les informer de cette évolution, en précisant qu’il n’y a pas eu de modification depuis 5 ans et que dans le même temps, les charges des auteurs ont augmenté de plus de 9 %.

Bulletin des Auteurs – Que pouvez-vous nous dire des nouveaux recommandés pour le Doublage/Sous-Titrage ?

Estelle Renard – Chaque fois que les tarifs sont revalorisés, la même discussion revient : « Ces tarifs recommandés sont irréalistes », « Ne vaudrait-il pas mieux les diviser par deux, trois, voire quatre, pour être plus proche de ce qui se pratique ? » « Mes clients vont éclater de rire si je leur présente ces tarifs ! » Et l’argument est tout à fait légitime, car les tarifs Télévision-Vidéo, par exemple, ne sont jamais appliqués, ou à de très rares exceptions. Je vais parler du voice-over, qui est ma discipline principale. Ce domaine n’a pas connu le même effondrement que le sous-titrage, mais nous subissons une très forte pression tarifaire. Aujourd’hui, les tarifs pratiqués sont souvent deux fois inférieurs à celui recommandé par le Snac. Pire, le tarif du Snac paraît déconnecté d’une certaine réalité. Un grand nombre d’auteurs n’ont pas l’habitude du tarif au feuillet. Leurs clients ne le pratiquent pas. Parfois même, ils n’en ont jamais entendu parler. Ces auteurs ne connaissent que le tarif à la minute ou au forfait. Pour donner un exemple, quand un jeune qui sort de Master II se voit proposer un forfait de 320 euros pour un documentaire de 48 minutes, quel moyen a-t-il de se rendre compte, s’il se réfère aux tarifs du Snac, que ce n’est pas acceptable ? Il peut faire une conversion savante qui consiste à calculer le nombre de feuillets à partir du relevé qu’on lui a fourni, si toutefois il peut consulter ce relevé avant d’accepter ou de refuser, ce qui n’est pas toujours possible. Je vous épargne le calcul en question, mais pour peu que le projet qu’on veut lui confier soit bavard, ce qui est souvent le cas pour les documentaires dits « de flux », on peut tomber à 12 euros du feuillet, soit trois fois moins que le tarif recommandé par le Snac. Et quand on parle du sous-titrage, c’est encore pire. Les écarts entre le tarif Télévision-Vidéo recommandé par le Snac et les tarifs proposés sur le marché sont bien plus spectaculaires.

- Doit-on dire que ces tarifs sont inutiles ?
- C’est ce que je pensais en tout cas quand j’ai adhéré au Snac, il y a une quinzaine d’années. Et je dois dire que c’est même pour cela, pour changer cela, dans une certaine mesure, que j’ai adhéré. Avec d’autres confrères de ma génération, nous sommes arrivés avec en tête l’idée de dépoussiérer la vieille maison, qui était dominée, nous semblait-il, par des auteurs qui n’avaient pas conscience des réalités du marché et ne représentaient pas les intérêts de la « masse », dont nous faisions partie. Car c’est un autre inconvénient de ces tarifs : ils créent des castes. Ils donnent l’impression qu’il y a, au sommet de l’échelle, une aristocratie qui touche 4,3 euros du sous-titre pour le cinéma, tout en bas, la plèbe qui se voit proposer la même somme mais pour une minute de film, soit potentiellement 15 à 18 sous-titres, et au milieu, une masse d’auteurs qui s’estiment heureux quand ils obtiennent la moitié du tarif recommandé par le Snac pour l’exploitation télévisuelle.

- À vous entendre, les tarifs recommandés par le Snac seraient même contre-productifs !
- J’ai exposé tous ces arguments pour donner la mesure du débat qui agite les traducteurs de l’audiovisuel. Les auteurs qui ne sont pas membres du Snac ou ne viennent pas aux réunions ne comprennent pas la logique de ces tarifs. Et c’est terrible, parce que, du coup, leur publication entraîne toujours des critiques et des reproches, notamment sur les réseaux sociaux, et va même jusqu’à ôter toute légimité au Snac aux yeux de certains. Pour ma part, ça va paraître paradoxal, mais je suis d’accord avec leurs arguments. Seulement, on peut en tirer d’autres conclusions.

- Il faut conserver cette grille ?
- D’abord, tout le monde est à peu près d’accord pour dire qu’il faut conserver les tarifs cinéma, parce qu’ils sont respectés la plupart du temps. C’est un point important.
Ensuite, il y a deux arguments principaux contre les tarifs recommandés pour le sous-titrage et la voice-over : des unités de mesure (le feuillet, le sous-titre) qui seraient dépassées et des tarifs trop élevés. Nos clients s’expriment souvent en tarif à la minute parce qu’ils y ont un intérêt : c’est beaucoup plus pratique pour faire un devis et maîtriser les coûts. En revanche, pour nous, il est injuste, parce qu’il est toujours préférable d’être rémunéré en fonction de la charge de travail, et puis nous ne traduisons pas des minutes, mais des mots. Ça peut paraître anodin, peut-être grandiloquent, mais c’est crucial. C’est ce que j’ai appris, notamment grâce aux discussions enflammées que nous avons si souvent eues au Snac, et j’en suis reconnaissante à ces « vieux » auteurs auxquels je rends hommage aujourd’hui. Le tarif à la minute nous oblige à penser en termes de débit, de productivité, il nous fait perdre le lien avec l’essence de notre métier d’auteur. Donc il est capital de ne pas nous plier à cette habitude qu’ont prise nos clients si on veut défendre nos intérêts économiques et notre statut, pour ne pas perdre notre âme. Le Snac, c’est un peu le gardien de notre âme d’auteur !

- Mais est-ce qu’il serait possible de recommander des tarifs moins élevés qui mettraient tout le monde d’accord ?
- Des tarifs, sans doute que non, en tout cas on a essayé et on n’a jamais réussi. Le problème est insoluble. On nuit forcément à certains en aidant les autres. Il faut prendre le problème autrement. Ces tarifs peuvent paraître disproportionnés, mais justement, ils mettent en lumière l’effondrement de nos tarifs, et le fait qu’il faut travailler de plus en plus vite pour conserver un niveau et une qualité de vie acceptables. Et rien que pour ça, pour leur valeur pédagogique, il faut les garder. Ils nous rappellent aussi que nous occupons une place irremplaçable, dans la chaîne de postproduction. Dans cette période de crise perpétuelle, tout ne se résume pas seulement au manque d’argent, mais aussi au rapport de forces. Les comédiens, très soudés professionnellement, ont eu beaucoup moins de mal à conserver leurs tarifs. Ceux qui ont perdu, c’est ceux qui n’étaient pas organisés…

- Vous parliez de prendre le problème autrement.
- Aujourd’hui, nous travaillons sur des « produits » très formatés : un documentaire compte 43 à 52 minutes, un film 90 minutes, un épisode de série 26 ou 45 minutes. Il faut rattacher ces durées à un temps de travail incompressible. Par exemple, pour traduire un documentaire, on s’accorde à dire qu’il faut une semaine ouvrée. Un temps qui inclut tout ce qu’un traducteur indépendant doit faire en plus de son travail : chercher de nouveaux clients, faire sa comptabilité, se compter des vacances, etc. Et là, on se rend tout de suite compte que si la traduction d’un documentaire est payée 320 euros brut, il va être très difficile de vivre de ce métier. On peut continuer de la même façon pour les autres disciplines : deux semaines pour sous-titrer un film de 90 minutes, trois pour en écrire le doublage. C’est une bonne solution aussi pour parler aux pouvoirs publics, à qui tous ces tarifs ne disent absolument rien sans ces estimations de durée. L’Ataa a déjà donné des recommandations semblables dans sa brochure à l’attention de nos clients et commanditaires. Et ses représentants français ont réussi à l’inclure sur le site de la Fédération européenne des traducteurs de l’audiovisuel (AVTE), ce qui était loin d’être gagné, parce que, même dans les pays nordiques, les tarifs sont si terriblement bas que personne ne peut prendre plus de deux jours pour traduire un documentaire ! Nous pourrions aussi les ajouter à la suite des tarifs recommandés.

Tout ce que je dis ici, c’est le fruit de discussions et mon opinion peut changer à la suite d’autres débats. Mais pour cela, il faut que tous ceux qui ont quelque chose à dire, et quand on est sur les réseaux sociaux, il semble que beaucoup de gens aient beaucoup de choses à dire, viennent aux réunions, exposent leur point de vue, écoutent les arguments des autres. Il est indispensable que nos réunions attirent toujours plus de monde.

2017 16
juin
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Vincent Bolloré, patron du Groupe Canal+

Vous l’aurez appris par voie de presse (« Quand Canal+ ne paie plus les créateurs » – L’Express – 22 mai 2017 ; « Canal Plus prêt au clash avec les professionnels de la création » – Les Echos – 23 mai 2017), le Groupe Canal+ a suspendu les paiements des droits d’auteurs depuis le 4e trimestre 2016. La filiale de Vivendi cherche 300 millions d’euros d’économies annuelles et veut renégocier les contrats à la baisse.

Les droits que Canal+ cherche à renégocier concerneraient Canal+, la chaîne cryptée, mais aussi ses autres chaînes (dont les télés gratuites C8, etc.) et celles qu’il distribue. Selon les sociétés d’auteurs, Canal+ ferait valoir qu’il est en crise et que ses nouvelles offres, notamment celles accessibles seulement par le Web (en OTT), sont moins chères.

Le responsable des achats de Canal + et proche de l’industriel Vincent Bolloré, Michel Sibony, a pour mission de réduire de 20% les dépenses et compte bien forcer les sociétés de gestion collective à revoir leurs prétentions. « Avec lui, la rémunération des artistes est considérée comme un poste de coût au même titre que les achats informatiques ou de papier », souligne un acteur des négociations.

Malgré de longues discussions entre les représentants des sociétés d’auteurs et ceux du Groupe Canal+, il n’a pas été possible de revenir à un respect du contrat qui lie la Sacem au Groupe Canal+ et une démarche contentieuse va être engagée.

Plusieurs traducteurs/adaptateurs ont fait savoir qu’ils résiliaient leur abonnement à Canal+ en signe de protestation.

Plus de détails ici sur les répartitions Sacem concernées.

2017 01
juin

Suite à leur élection au Conseil d’administration, nous avons le plaisir de souhaiter la bienvenue à Simona Florescu et Isabelle Miller.

Un grand Merci à Céline Bellini, Antonia Hall, Mariette Kelley, Sabine de Andria et Carole Remy, qui ne seront plus au CA mais vont continuer à participer à différents chantiers.

Nous avons besoin de trouver d’autres énergies, d’autres personnes qui s’intéressent à leur profession dans son ensemble. L’Ataa et le Snac sont des outils à la disposition de tous, aujourd’hui puissants et qui le seront d’autant plus que l’on s’en servira. La logique, qui nous semble évidente, étant qu’en défendant son métier, on se défend aussi soi et son avenir. On défend aussi les autres, en bonus. Et en plus, on sort de chez soi. Et, tenez-vous bien, on voit des gens !

Quelques mots à propos de notre ancienne présidente, Juliette De la Cruz. Il est très difficile, presque impossible, de résumer quatre ou cinq années de collaboration, avec tout le CA bien sûr, et avec Juliette. Ce que l’on peut faire, c’est parler de ce qui nous en restera.

En travaillant avec Juliette, nous avons travaillé avec quelqu’un qui a mis sa carrière de côté pendant au moins deux ans, quand notre activité est vraiment montée en puissance, pour consacrer une grande partie de son inépuisable énergie à la défense de nos métiers, de vos métiers.

Nous avons travaillé avec quelqu’un dont le souci a toujours été la justice et l’équité envers tous les adhérents, quels que soient leur métier, sous-titrage, voice over ou doublage, leur expérience ou leur place dans notre petit milieu. Quelqu’un qui ne s’intéresse ni aux honneurs, ni aux mondanités et qui, à l’entre-soi, préfère son quant-à-soi. Quelqu’un qui a toujours agi pour qu’au lieu de reproduire les injustices et les divisions dont nous sommes témoins tous les jours dans notre société, l’Ataa serve à rassembler tous les auteurs.

Nous avons travaillé avec quelqu’un qui a pris des risques, qui a dit les choses telles qu’elles étaient quand il le fallait, à qui il le fallait. Quelqu’un qui s’est exposé, sans jamais penser à elle. Mais surtout… et c’est un grand « Mais », sans jamais en faire grand cas, sans jamais se mettre en avant. Simplement avec détermination et générosité et, pour utiliser un mot qui ne sert pas souvent, avec désintéressement. C’est-à-dire en pensant aux autres avant de penser à elle.

Tout cela, nous savons qu’elle ne l’a pas fait pour être reconnue ou recueillir des éloges, au cours de ces quatre années. Et heureusement, parce qu’elle aurait été déçue ! Elle l’a fait parce qu’elle a suivi son amour du métier, son sens du collectif, ses convictions, et son intelligence. Merci beaucoup, Juliette.

Et un grand merci à nos précieuses trésorières, Sabine et Carole.

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Le CA de l’ATAA

2017 12
avr

NETFLIX ET LA PLATEFORME HERMES –

COMMUNIQUÉ OFFICIEL DE L’ASSOCIATION DES TRADUCTEURS ET ADAPTATEURS DE L’AUDIOVISUEL

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L’ATAA se réjouit que Netflix reconnaisse l’importance de traductions qui ne trahissent pas les œuvres originales en rappelant dans son communiqué que le travail des professionnels de l’adaptation audiovisuelle « touche des millions de gens dans leur vie quotidienne ».

À ce titre, l’ATAA insiste sur le fait que l’adaptation audiovisuelle est un travail d’auteur qui demande des années d’études et un solide savoir-faire, et qu’être un professionnel de la traduction n’exclut pas d’être fan de séries, bien au contraire ! Par contre, parler couramment une ou plusieurs langue(s) étrangère(s), ou même être réellement bilingue, ne suffit pas à faire un bon traducteur-adaptateur.

Le communiqué publié par Netflix précise que le test s’adresse aux professionnels du secteur, dans un but de rétablir le lien direct entre le diffuseur des œuvres (Netflix) et les auteurs d’adaptations audiovisuelles. Le test Hermes a donc été conçu avant tout pour constituer une base de données de professionnels sans passer par le filtre habituel des prestataires techniques (laboratoires de post-production).

Il existe toutes sortes de ces prestataires, en France et à l’international, avec des exigences et des tarifs très disparates. L’ATAA milite depuis plus de dix ans contre ceux qui, en imposant des tarifs trop bas et des délais trop courts à des traducteurs souvent inexpérimentés, produisent des sous-titres de niveau non professionnel, bien loin de la qualité à laquelle les spectateurs français sont habitués.

Nous espérons que cette démarche de Netflix permettra d’améliorer la situation. Mais cela suppose bien sûr de donner aux auteurs de sous-titrage les moyens de travailler dans de bonnes conditions et de continuer à vivre de leur métier. Dans le cas contraire, si la chute des tarifs et le raccourcissement des délais se poursuivent, et si les médias français continuent de laisser croire que n’importe qui peut s’improviser traducteur, la qualité continuera de s’effondrer. C’est pourquoi l’ATAA restera vigilante quant aux suites de cette campagne et à ce que Netflix proposera aux adaptateurs recrutés. Nous regrettons d’ailleurs que la plateforme envisage de laisser à un algorithme le soin de choisir ses auteurs, comme si une adaptation audiovisuelle était purement quantifiable et non un travail de création.

L’ATAA reste cependant confiante dans la volonté de Netflix de fournir à ses spectateurs des sous-titrages de qualité. En effet, Chris Fetner, directeur des partenaires multimédias chez Netflix, a récemment rencontré AudioVisual Translators Europe (AVTE, qui regroupe à l’échelle européenne les associations nationales de traducteurs, dont l’ATAA). Monsieur Fetner a exprimé le souhait d’instaurer un dialogue continu avec les traducteurs audiovisuels en Europe, dialogue qui devrait se poursuivre lors de l’Assemblée Générale de l’AVTE, le 9 juin à Paris.

Créée en 2006, l’Association des traducteurs-adaptateurs de l’audiovisuel regroupe près de 300 professionnels du sous-titrage, du doublage et du voice-over. Elle a pour objectifs d’unir les traducteurs de l’audiovisuel en promouvant l’échange et le dialogue, de défendre leurs intérêts économiques, d’œuvrer à la reconnaissance de la profession et de rendre visible l’importance culturelle de la traduction audiovisuelle.

2017 02
mar
Video Display
Le Prix ATAA de la traduction de documentaires télévisés en partenariat avec la Scam est officiellement lancé !

Les candidatures sont ouvertes depuis le mercredi 1er mars et se clôtureront le mardi 21 mars.

Nous vous rappelons que peuvent concourir les œuvres documentaires diffusées pour la première fois sur une chaîne de télévision francophone en 2016. D’une durée d’au moins 20 minutes, ces œuvres doivent comporter au moins 70 % de passages traduits en français et doivent, bien entendu, avoir été déclarées à la Scam.

Le formulaire de candidature en ligne se trouve sur le site du Prix :

Une fois les champs du formulaire en ligne renseignés, vous pourrez nous faire parvenir les fichiers demandés, c’est-à-dire la vidéo en version originale, la vidéo en version française, le script original et la transcription de votre traduction, exclusivement via WeTransfer https://wetransfer.com/
à notre adresse : prix-documentaire@ataa.fr

Si vous rencontrez des difficultés pour nous envoyer vos fichiers, contactez-nous, toujours à la même adresse :

Vous pouvez retrouver toutes les informations concernant ce prix sur notre site : http://www.prix-ataa.fr/prix-de-la-traduction-de-documentaires/
Voici la composition du jury :

Agnès Elkaïm, Anthony Panetto, Nathalie Renaudin, Anne-Lise Weidmann, traducteurs de l’audiovisuel
Philippe Picard, réalisateur, membre de la Scam
Stéphanie Urbain, chargée de post-production, Éclair Média Vanves
Claude Valenta, directrice artistique

Les documentaires liés aux membres du jury sont inéligibles pour cette première édition.

Bonne chance à tous les candidats, que nous espérons nombreux !


Le comité d’organisation
2017 27
fév

Christophe Ramage, trésorier et représentant des traducteurs à la Scam, attire votre attention sur la prochaine élection pour siéger au conseil d’administration de la Scam. Date butoir pour les candidatures : le 5 avril 2017. Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à nous contacter à info[at]ataa.fr. Nous transmettrons vos questions à Christophe.

scam

« 2017, année électorale s’il en est ! De gros chantiers en cours, un rôle de représentation de la collectivité, des réunions au plus haut sommet… Non, je ne parle pas de la présidentielle, mais des élections à la Scam ! Ce qui, pour nous traducteurs, est au moins aussi important.

Le poste de conseiller d’administration que j’ai occupé avec autant d’intérêt que de plaisir pendant 4 ans va se libérer fin mai, mais les candidats intéressés pour prendre la suite doivent déposer leur dossier de candidature avant le 5 avril. Donc l’heure est à la réflexion !

À raison d’une réunion du Conseil par mois et d’une réunion de la Commission culture tous les deux mois (relâche en juillet et août), vous aurez l’occasion de participer activement à la vie quotidienne de notre société d’auteurs, de découvrir son fonctionnement interne et ses actions à l’extérieur, de voter les budgets, les nouvelles adhésions, les promotions de grade, de choisir les festivals et organisations bénéficiaires du financement accordé par la Scam au titre de l’action culturelle, de participer à des festivals… Bref, vous n’allez pas vous ennuyer ! Et ces activités permettent de côtoyer nos consœurs et confrères documentaristes, journalistes, photographes, auteurs de radio et de l’écrit, et de leur faire découvrir notre métier.

C’est dire qu’il est essentiel que nous continuions d’occuper ce siège au sein de l’instance dirigeante de la Scam. Dans le cas contraire, nous le perdrons, ce qui réduirait à néant le travail accompli depuis des années par Jean Bertrand, Carole Remy et, désormais, Valérie Julia. Et si vous trouvez la perspective de siéger au CA intimidante, si vous pensez que vous n’y arriverez pas, que vous ne trouverez pas le temps de le faire, que vous n’avez pas les épaules assez larges… dites-vous que je me suis tenu le même discours ;-)

Christophe Ramage »

2017 14
fév

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À l’occasion de la 67e édition du Festival international du film de Berlin, Ian Burley, membre actif de l’ATAA, participera le 16 février à une table ronde intitulée « More than words : subtitling and live voice-over », en compagnie de Marie Dumora, Andrea Kirchhartz, Rebekah Smith, Beatrice von Moreau et Natascha Noack (modératrice).

Trois extraits du film « Belinda », traduit par Ian Burley, seront ainsi examinés : deux en sous-titrage et un en voice-over, en présence de la réalisatrice. Une étude plus approfondie du sous-titrage sera ensuite proposée. Une vidéo mettant en parallèle un bon et un mauvais sous-titrage sera diffusée et donnera lieu à des échanges avec les jeunes cinéastes du Talent Campus, venant du monde entier (250 en tout).

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2017 09
jan

Suite de notre série de portraits de traducteurs, membres de l’Ataa.
La parole est à Délia D’Ammassa !

Nom : D’Ammassa
Prénom : Délia
En exercice depuis : 1999

Ton parcours :
Après des études d’anglais à Paris et cinq ans passés en Irlande, où j’ai étudié puis travaillé dans plusieurs domaines, comme la restauration, l’interprétation, l’enseignement et le tourisme, je suis revenue en France avec l’idée de compléter ma maîtrise d’un « DESS », le Master 2 actuel.

J’ai été acceptée au concours d’entrée du DESS de traduction et adaptation cinématographique de Lille, en 1998-1999. À la fin de l’année, la fac a organisé un stage collectif d’une semaine chez Dune MK. Ensuite, j’ai eu la chance d’être appelée par le laboratoire VDM, à Courbevoie, dès le début de l’été 99 pour un CDI dans leur tout nouveau service de sous-titrage, qui ne comptait qu’un seul traducteur, à l’époque. Il m’a formée, puis je l’ai remplacé pendant ses premières vacances et ensuite, on a travaillé à deux puis très rapidement à trois pendant plusieurs années. Mais les plans sociaux se sont succédé et j’ai fini par faire partie de la dernière vague de licenciements massifs avant la restructuration et le déménagement de VDM à Issy-les-Moulineaux en 2005. Depuis ce temps-là, j’exerce en free-lance.

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Ton premier bébé traductologique :
En anglais, j’ai commencé par des génériques, des bandes-annonces, des bonus DVD et même des opéras, avant de sous-titrer beaucoup de films « bis », voire des films de série Z diffusés sur les chaînes du câble, comme Les Daleks envahissent la Terre (Gordon Flemyng), Galaxina (William Sachs) ou Basket Case (Frank Henenlotter). Une façon comme une autre de se faire la main ! Et en italien, mon premier long métrage a été Meurtre à l’italienne, de Pietro Germi, pour le Cinéma de Minuit.parcours2

Une prise de tête mémorable :
Il y en a plusieurs.

La première, c’est la série Arrested Development, que l’on a sous-titrée à VDM pour sa diffusion sur TPS Star. La série est truffée de jeux de mots filés à partir des expressions les plus simples, et parfois illustrés par l’image. Et pour compliquer les choses, on avait les épisodes au compte-gouttes et on s’apercevait parfois trop tard qu’une réplique banale de l’épisode 5 aurait dû être traduite autrement pour permettre le jeu de mots qu’ils en faisaient à l’épisode 7. En plus, la série comporte beaucoup d’inscriptions à l’écran, importantes dans leur décalage par rapport à la voix-off ou aux dialogues, et on avait des versions images francisées à la va-vite par un autre labo en amont de notre traduction, ce qui court-circuitait considérablement notre travail.st

La deuxième, c’est un long documentaire pour Arte intitulé Opération Retour, sur des soldats américains de retour d’Irak qui participent à un atelier d’écriture et produisent des œuvres littéraires sur ce qu’ils ont vécu. Le résultat à l’écran est passionnant et émouvant, mais chaque seconde de ces 80 minutes a été un cauchemar à traduire : la fonction des multiples intervenants, avec des grades et des nuances propres à certaines branches de l’armée américaine, le récit des combats avec énormément de détails sur les armes et les moyens militaires engagés, les citations littéraires intercalées entre chaque intervenant et, bien sûr, les œuvres littéraires en elles-mêmes, qui allaient de longs textes en prose à la poésie la plus inventive en passant par du slam percutant.

Un petit extrait :

https://www.youtube.com/watch?v=aqi9L_bAMzQ

Un regret :
Je fais plus de voice-over que de sous-titrage et je sous-titre moins de fictions qu’avant.

Une fierté :
Il y en a deux : le sous-titrage de Illusions perdues de Lubitsch pour le DVD édité par Wild Side et le sous-titrage de Prima della Rivoluzione de Bertolucci pour le Cinéma de Minuit, deux films que j’adore.

Une envie traductologique :
Peut-être plus de films dits « classiques » ou « du patrimoine ». J’en fais quelques-uns pour des diffusions Arte, c’est toujours un bonheur.

En fait, j’aimerais « réparer » les sous-titrages datés et abominables (avec des répliques qui manquent, des fautes énormes, des contresens ou des inventions) qui ont été gardés malgré leur piètre qualité pour les éditions DVD ou les ressorties en salles de films anciens. L’exemple qui me vient en tête immédiatement, c’est La Grande Guerre de Mario Monicelli, dont l’édition DVD est une véritable honte, ou Demoiselle en détresse de George Stevens (où « Thursday » devient « mercredi », entre autres aberrations) ou encore L’Avventura d’Antonioni, mais il y en a beaucoup d’autres.

Je trouve ça désespérant que les nouvelles générations découvrent ces films avec des sous-titres calamiteux qui datent des années 40 ou 50, aussi bien sur une copie de cinéma que sur des supports conçus pour durer…

Une rencontre :
Les traducteurs et les techniciens de VDM. On avait une vue d’ensemble sur les travaux de post-production, pas seulement sur la traduction et on formait une excellente équipe avant que les conditions se dégradent.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?
L’idée de départ, c’était d’allier deux de mes passions : le cinéma et les langues. Bon, au quotidien, quand on travaille pour la télé, on traduit beaucoup d’émissions qui ne sont pas toujours d’une grande qualité. Mais j’aime le travail technique de repérage, j’aime faire des recherches sur de nouveaux sujets pour les documentaires, j’aime trouver le dialogue de fiction le plus naturel possible, j’aime sous-titrer des chansons qui donnent du fil à retordre, tenter de rendre l’humour d’une scène, etc. Quand on a des œuvres bien écrites à traduire, c’est une activité exaltante.

Ton regard sur la profession et son évolution :
Le pire fléau, c’est évidemment la chute catastrophique des tarifs, notamment en sous-titrage vidéo. Mais ce n’est pas tout : il y a quinze ans, j’ai eu la chance d’être recrutée comme salariée et d’avoir accès à une formation solide, qui balayait tous les cas de figure que l’on pouvait rencontrer et qui m’a laissé le temps de faire mes armes de traductrice. J’ai bien conscience que ce ne serait plus du tout envisageable aujourd’hui. C’est le manque de formation qui m’attriste le plus. Faute de retour sur leur travail, les jeunes traducteurs débutants sont condamnés à reproduire toujours les mêmes erreurs et les mêmes anglicismes, parfois sans même le savoir.

L’autre évolution que je trouve dommageable, c’est l’absence de contacts favorisée par la dématérialisation : en cinéma, c’est différent, mais en vidéo, chacun travaille de chez soi, on ne va plus très souvent dans les labos pour les simulations. Au mieux, on fait des relectures croisées à distance pour de la fiction, mais en documentaire, on rend son texte et on ne sait jamais ce qu’il devient. Là encore, comme avec le manque de formation, l’auteur apprend moins et n’a plus cet enrichissement que peut procurer la confrontation des points de vue sur la langue, sur telle ou telle formulation, etc.

Ton regard sur la « consommation » d’œuvres audiovisuelles :
Personnellement, je n’ai pas de télé, ni de box. Chez moi, je regarde uniquement des DVD achetés ou empruntés (et parfois un « replay » d’Arte) et je vais énormément au cinéma/ J’imagine que de plus en plus de spectateurs veulent voir des séries très rapidement après leur diffusion dans le pays d’origine. Moi, j’attends qu’elles soient disponibles dans les bibliothèques municipales. Et si la première saison me plaît, j’achète la série en DVD.

Un coup de gueule :
Je trouve dommage que la qualité du travail ne soit pas le critère numéro un pour les décideurs (distributeurs au cinéma ou chargés de programme à la télé), qui ne sont pas suffisamment compétents en langue et en traduction. Leur seule considération est souvent uniquement tarifaire.

Je trouve aussi inquiétant d’être soumis aux baisses constantes de tarif. Quand on tente de s’y opposer, on s’expose à des périodes creuses de plus en plus fréquentes et longues.

C’est quoi un bon sous-titrage / doublage / voice over ?
Un bon doublage, je ne sais pas, je n’en regarde jamais.

Un bon sous-titrage, c’est un texte net et concis, bien découpé et bien orthographié, qu’on a le temps de lire, qui épouse le rythme de la langue d’origine et qui en rend le maximum de subtilités de façon naturelle et percutante.

Un bon voice-over, c’est un texte clair et fluide, précis sans être surchargé, lu par un bon comédien.

Pourquoi l’ATAA ?
À partir du moment où on est free-lance, on se retrouve souvent tout seul devant son ordinateur. Assister aux réunions du SNAC avec d’autres traducteurs de l’audiovisuel, c’est bien mais ce n’est pas suffisant. Depuis dix ans, l’ATAA nous permet de nous retrouver entre traducteurs de l’audiovisuel et d’avoir accès à toutes les informations disponibles sur nos métiers (les laboratoires en cessation de paiement, la réforme des retraites, les nouveautés fiscales, etc.) Par exemple, les modèles de documents administratifs mis à notre disposition sur le site de l’ATAA sont précieux.

Et puis, grâce à l’ATAA, les initiatives qui accroissent notre visibilité auprès du grand public se multiplient, c’est très positif.

Un dernier mot :
Ce serait bien que la traduction, sous toutes ses formes, ne soit plus un métier de l’ombre incompris. Et que la langue française retrouve une place de choix dans la culture et dans la communication en général, tant qu’on y est !

Si vous aussi vous souhaitez publier votre portrait, vous exprimer pour une fois avec vos mots à vous, dans votre style à vous, pour partager votre expérience, rien de plus facile : prenez votre plus belle plume pour répondre à ce questionnaire, joignez-y si vous le pouvez illustrations et visuels et envoyez le tout à blog |at| ataa.fr !

2017 05
jan

AGESSA : augmentation des cotisations au 1er janvier 2017

logoAgessa

Depuis le 1er janvier 2017, la cotisation « Sécurité sociale » (maladie + vieillesse déplafonnée) est passée de 1,10% à 1,15% du montant brut des droits d’auteur. Pensez à modifier vos modèles de NDA.

Soit :

• assurances sociales (1,15% x montant brut)

• CSG (7.5% x 98.25% x montant brut)

• CRDS (0.5% x 98.25% x montant brut)

• Contribution auteur formation professionnelle (0.35% x montant brut)

Retrouvez toutes les informations détaillées sur cette fiche pratique.