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2012 25
juin

formation professionnelle 2

Le point de vue développé dans ces lignes n’engage que son auteur…




Généralement, quand j’indique à mon interlocuteur ce que je fais dans la vie (« auteur de doublage » ou ces autres variantes), il me demande : « Mais c’est quoi, ton statut ? » C’est là que les choses se compliquent, tellement il semble difficile d’expliquer à quelqu’un ce statut si particulier (si précaire mais si beau !). D’autant que pour moi, au départ, les choses n’étaient pas simples non plus.

À la fac, on nous apprend le B.A.BA de notre métier et on nous donne des informations plus ou moins précises sur le statut d’auteur, les déclarations d’impôts et tout le tralala. On prend des notes, on essaie de comprendre cette nuée de sigles qu’on nous envoie à la figure (AGESSA, IRCEC, T&S, BNC, etc.) et de s’y retrouver dans ces contrées encore inconnues. On ressort la tête un peu pleine sans avoir vraiment tout assimilé. Un peu plus tard, on réussit à décrocher des contrats et à gagner sa croûte et petit à petit, on est confronté à des documents et des notions qui nous rappellent vaguement quelques souvenirs. On ressort les notes prises quelque temps plus tôt, on pose des questions désespérées aux collègues plus anciens que l’on connaît, on en harcèle d’autres sur le forum de l’ATAA, on cherche à comprendre auprès des instances compétentes… Bref, on essaie de se débrouiller tant bien que mal avec les ressources à notre disposition. Au bout du compte, on finit par comprendre certaines choses, tandis que d’autres restent un peu obscures parce qu’il faut l’avouer, les sons de cloche peuvent être parfois bigrement différents d’une personne/instance à l’autre… Ah, le flou artistique !

Et puis un beau jour, on tombe sur des formations proposées par des organismes spécialisés. Et là, animé par cette insatiable volonté de comprendre une bonne fois pour toutes, on se dit : « Banco, cette fois, j’y vais ! Adieu flou, bonjour clarté ! » Oui, je suis un adepte de la technique « Je n’y pige pas grand-chose mais je me soigne ! ». Autant affronter les problèmes rapidement pour ne plus avoir à connaître angoisse et sueurs froides face à une déclaration d’impôts ou autre document administratif.

agecif

C’est ainsi que j’ai pu bénéficier de deux formations destinées aux auteurs dispensées par l’AGECIF. La première s’intitulait « Maîtriser son statut pour mieux gérer son activité ». Ils n’auraient pas pu trouver meilleur titre ! Les avantages : une intervenante de qualité spécialisée dans le droit d’auteur qui vous explique en long, en large et en travers tout ce qu’il faut savoir sur la notion d’auteur, le statut social, le statut fiscal, etc. Alors bon, le programme est copieux, l’atmosphère est lourde mais qu’est-ce que c’est bon de se voir offrir des explications claires et détaillées ! Et on a même droit à de petits fascicules qui récapitulent toutes les informations. Des alliés précieux pour l’avenir, au cas où des doutes nous assailliraient ! Autre avantage, c’est gratuit. Ça demande simplement un peu de temps, donc de lever le pied quelques jours niveau travail. Et ça en vaut la peine parce qu’en effet, en tant qu’auteur, on est certes des créateurs d’œuvres de l’esprit mais notre métier comprend également une partie fiscale, sociale et commerciale indéniable que l’on se doit de maîtriser pour pouvoir prospérer. Avec un peu plus de recul, je dirais également que connaître les tenants et les aboutissants de ce statut d’auteur me semble primordial car il nous montre notre place dans la société. Dernier avantage : on rencontre des gens ! D’autres auteurs, des espèces quelque peu semblables à nous mais un peu différentes aussi. L’expérience humaine est enrichissante, on peut nouer quelques contacts pro et/ou amicaux et parfois même, on se rassure en se disant que pour d’autres catégories d’auteurs, les choses semblent bien plus compliquées !

Seconde formation dont j’ai pu profiter : « Promouvoir son activité d’auteur sur Internet ». Ça peut paraître un peu étrange mais à l’heure du Web 2.0 (vous vous dites « Kézaco ? », filez donc vous former !), maîtriser les outils informatiques, c’est toujours utile. On y parle un peu philosophie (identité numérique et tutti quanti), ce qui a le mérite d’être intéressant. Et on y apprend à se faire un blog ou un site. Alors, pour nous, à quoi bon ? Je dirais que là, chacun sa réponse. Il est peu probable qu’un employeur écume la toile mondiale à la recherche d’un adaptateur… quoique. Si moi, je me suis fait un site (avant la formation), c’était pour deux raisons principales : mettre en avant ce que je créais et faire un peu de pédagogie. Ce qui répond à un objectif de l’ATAA : rendre visible notre si beau métier. Je me souviens, dans ma folle jeunesse, alors au lycée, quand je souhaitais déjà m’orienter dans cette voie, j’avais bien du mal à trouver des infos sur des formations ou sur des gens qui exerçaient cette profession. Alors oui, vous allez me dire, Internet n’en était qu’à ses balbutiements et le Minitel avait encore la cote… Aujourd’hui, un site peut permettre de répondre à des gens qui s’intéressent de près ou de loin à des pratiques qu’ils voient tous les jours à la télé. Certes, les internautes ont désormais davantage de choix et peuvent se tourner vers les associations professionnelles comme l’ATAA, par exemple. Il reste qu’un site peut vous permettre de rencontrer des étudiants qui s’orientent dans cette voie, des personnes qui s’intéressent tout simplement à ce métier et qui souhaitent satisfaire leur curiosité, ou même des journalistes à la recherche de témoignages. Autre intérêt de mon point de vue : un site/blog peut permettre aux créateurs que nous sommes de prendre du recul sur leur travail et évoquer les joies et les difficultés éprouvées sur un programme. Ainsi, ce type d’espace participe à la valorisation du métier. Personnellement, j’ai toujours trouvé intéressant de pouvoir détailler certains points qui font la richesse de ce que l’on fait au quotidien. On ne le sait pas forcément mais il y a des geeks de la traduction, des gens qui viennent lire des textes dans lesquels on détaille comment on coupe les cheveux en quatre !

Par ailleurs, nos sociétés de gestion de droits mettent parfois en place des ateliers qui peuvent nous être utiles. Je pense notamment aux réunions sur la fiscalité proposées par la SCAM et la SACEM. Même s’il y a des redites, c’est toujours bien de se voir confirmer certaines informations.

afdas

Et désormais, vous le savez, à partir du 1er juillet 2012, nous allons payer une cotisation supplémentaire déductible s’élevant à 0,35% du brut hors taxe inscrit sur nos notes de droits d’auteur. Mais ne crions pas au scandale, c’est pour la bonne cause ! Jusqu’à présent, les auteurs étaient, avec les artistes, la seule catégorie professionnelle à ne pas avoir droit à la formation. C’est donc une injustice qui est réparée et qui participe à la professionnalisation de nos métiers. À nous d’aider le Syndicat national des auteurs et des compositeurs et de lui donner les informations utiles à faire remonter à l’AFDAS, qui dispensera bientôt les formations. À nous de dire de quoi on a besoin. Pourquoi ne pas prendre quelques heures pour se familiariser avec les logiciels de doublage, histoire de voir lequel nous paraît le plus adapté, quitte à l’acheter ensuite, ou pouvoir assurer la commande d’un client qui nous le prête ? Idem pour les logiciels de sous-titrage. Pourquoi ne pas aller améliorer ses performances linguistiques dans ses langues de travail, dont le français, ou en apprendre d’autres ? Pourquoi ne pas apprendre quelques notions de droit pour pouvoir se défendre face à un client qui essaie de nous arnaquer ? Pourquoi ne pas recevoir des conseils avisés sur l’art de la négociation d’un contrat ? Les possibilités sont légion.

Les formations de l’AGECIF que j’ai présentées de façon succincte seront renouvelées cet automne. Elles permettront aux auteurs qui feront cette démarche d’être plus à même de gérer leur activité professionnelle.

Vous l’aurez compris, se former est un droit et c’est bon pour la santé. Alors profitez-en !


Anthony Panetto

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2012 21
jan

Lors de la dernière réunion publique organisée par l’Ataa à la Scam, le 8 novembre 2011, Caroline Hartman a présenté les résultats d’une enquête menée auprès des traducteurs/adaptateurs travaillant vers une langue autre que le français. Voici une synthèse des réponses collectées.

Ce questionnaire a été adressé à la fin de l’été 2011 à 100 adaptateurs et a recueilli 66 réponses.

Question 1 : Es-tu inscrit à la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, l’organisme collecteur chargé de reverser aux adaptateurs de l’audiovisuel les droits d’auteur relatifs au doublage et au sous-titrage des films de long métrage, des fictions ou des séries diffusées au cinéma, à la télévision ou sur DVD) ?

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Si « non », est-ce :
a) par manque de temps ?
b) parce que tu ignorais que tu pouvais t’inscrire à la Sacem ?
c) parce que la Sacem t’a fait savoir que tu n’y avais pas droit ?
d) autre

Pas inscrites à la Sacem

Si oui, est-ce pour :
a) des diffusions sur TV5
b) des DVD-multilingues
c) les deux
d) autre

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Conclusion : trop peu d’adaptateurs vers des langues étrangères sont inscrits à la Sacem, alors qu’ils en ont tout à fait le droit et peuvent percevoir des droits sur les diffusions TV5 et sur les DVD multilingues commercialisés en France et dans les pays étrangers dont les sociétés d’auteur ont signé un accord de réciprocité avec la Sacem. Ce questionnaire aura permis de sensibiliser les traducteurs à la question, de les aider à identifier les programmes sur lesquels ils peuvent toucher des droits, et de les encourager à adhérer à la Sacem.

La répartition des droits sur VOD (vidéo à la demande), souvent proposée avec un choix de sous-titres ou de doublages dans plusieurs langues, sera l’un des prochains combats à mener auprès de la Sacem.



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Question 2 : T’es-tu inscrit(e) à la Scam (Société civile des auteurs multimedia, la société d’auteurs qui répartit les droits sur les doublages et sous-titrages de documentaires) ?
a) oui
b) non

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Très peu d’adaptateurs vers une langue étrangère sont adhérents de la Scam, et aucun d’entre eux ne touche de droits d’auteur sur des adaptations vers une langue étrangère. Ceci est principalement dû au fait que cette société d’auteurs ne répartit pas ou peu les droits sur les documentaires édités en DVD, alors que ces adaptations relèvent bien de son répertoire. Les adaptateurs vers des langues autres que le français comptent se joindre à leurs confrères de langue française pour faire avancer ce dossier.



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Les deux questions suivantes avaient pour but de faire connaître l’Ataa et le Snac (Syndicat national des auteurs et des compositeurs).

Question 3 : Es-tu membre de l’Ataa ?
a) oui
b) non

Question 4 : As-tu adhéré au Snac ?
a) oui
b) non

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Seul un faible pourcentage d’adaptateurs est adhérent du Snac. Il faut dire que ce syndicat, qui défendait auparavant les intérêts des adaptateurs « vers le français », n’a que très récemment changé ses statuts pour prendre en compte plus largement les auteurs de « dialogues et commentaires d’œuvres audiovisuelles dans une langue différente de celle du tournage ».



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Question 5 : Vers quelle(s) langue(s) traduis-tu ?

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A partir de quelle(s) langue(s) ?

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L’éventail de langues représentées est vaste ! C’est l’occasion de rappeler que même dans le cas d’une adaptation vers le français, il est toujours préférable de faire appel à un spécialiste de la langue étrangère considérée, plutôt que de passer par ce que l’on appelle une « traduction relais » (faire adapter un film à partir d’une liste de sous-titres réalisés préalablement dans une autre langue, souvent l’anglais) pour des raisons de budget ou de temps. L’adaptateur de langue française peut au besoin travailler en binôme avec son confrère spécialiste de la langue « rare » en question si celui-ci ne manie pas parfaitement le français (à ce sujet, voir aussi la p. 21 de la brochure de l’Ataa « Faire traduire une oeuvre audiovisuelle« ), et les deux traducteurs peuvent alors signer l’adaptation ensemble. Sans oublier qu’il existe des adaptateurs parfaitement bilingues qui travaillent dans les deux sens, et d’autres qui prennent eux-mêmes l’initiative de se faire relire par un confrère de langue maternelle française.



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Question 6 : Tu fais :
a) doublage
b) sous-titrage
c) voice-over
d) traduction avant doublage français

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Ce questionnaire a permis à un certain nombre d’adaptateurs vers des langues autres que le français de se réunir et d’échanger sur ces questions : un plus pour renseigner d’autres confrères, faire circuler les informations et aller vers la résolution de certains problèmes communs à tous les adaptateurs, quelle que soit leur langue maternelle.

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2011 14
sept

Révisions : c'est la saison !

Révisions : c'est la saison !

Septembre, ses feuilles mortes, son ciel gris et… ses petites révisions de rentrée !

Pour se (re)mettre en tête ce qui fait la spécificité du traducteur de l’audiovisuel et son statut d’auteur, vous pouvez découvrir ou redécouvrir la Foire aux questions de l’Ataa sur notre statut social et fiscal.

Pour les plus courageux, l’onglet « Droit d’auteur » du site rappelle tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les sociétés de répartition sans jamais oser le demander : Scam et Sacem.

Pas d’interro écrite à la fin, mais un panier plein de renseignements toujours utiles !

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2010 18
fév

sacem-imgLe 17 décembre dernier, la Sacem a convoqué une Assemblée Générale Extraordinaire qui avait entre autres objectifs de modifier les statuts et permettre la mise en place de la procédure de vote électronique pour les élections au Conseil d’Admnistration et aux commissions statutaires de la Sacem.

Ceci signifie qu’à partir de la prochaine Assemblée Générale, qui se tiendra le 15 juin prochain, tous les membres de la Sacem sans exception auront le droit de voter sans se déplacer.
Jusqu’à présent, seuls les sociétaires professionnels ou définitifs recevaient une convocation et pouvaient voter par correspondance, les simples membres devaient se rendre sur place.
L’instauration du vote électronique est une avancée qui devrait permettre à terme aux auteurs de sous-titrage et de doublage d’être pris en compte à la Sacem.
Nous vous tiendrons informés de la marche à suivre le moment venu.

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2009 09
juin
Pierre Calamel, misteur Sacem !

Pierre Calamel, misteur Sacem !

L’assemblée générale de la Sacem aura lieu le 16 juin à 14h30. On y élira le Conseil d’administration et les commissions statutaires. Cette année, pour la première fois, un auteur de doublage, Pierre Calamel, se présente au CA de la Sacem. Soutenir sa candidature servirait notre profession et augmenterait notre visibilité au sein de la Sacem.

Attention : il est probable que vous n’ayiez pas reçu de matériel de vote, mais tous les membres de la Sacem ont le droit de voter s’ils se déplacent.

Voici un petit portrait de notre candidat, tiré de l’Ecran Total spécial Cannes de 2005.

Après un passage par la musique, comme studio manager au mythique château d’Hérouville de Michel Magne (1973 – 1978), Pierre Calamel fait ses débuts au cinéma comme attaché de presse. Il est chargé pour Cinema International Corporation (MGM, United Artists, Paramount, Universal) de traduire et adapter les brochures de presse. « Je voyais les films en même temps qu’Anne et Georges Dutter et je rêvais. » A force de « tanner » le directeur technique, il obtient de faire un essai, puis adapte son premier film en 1986, Week-end de terreur. Depuis, il a signé la version française d’une quarantaine de longs métrages (le plus souvent doublage et sous-titrage), dont A la recherche de Bobby Fischer, In & Out, Fast and Furious, Flesh and Bone, Mo’Better Blues, American Me, Star Trek, Le grand bleu, d’une dizaine de téléfilms HBO ainsi que plusieurs épisodes de séries (Olive et Tom, Fallen Angels, Profiler, Boomtown).

Pierre Calamel est très engagé dans la défense de son métier. Il est membre de la commission de l’Audiovisuel de la Sacem depuis 2003 et membre du conseil syndical et du comité directeur du groupement Doublage et Sous-titrage du Syndicat National des Auteurs et Compositeurs (SNAC).

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2009 04
mar

Rappel :
Depuis que les chaînes DU RÉSEAU HERTZIEN ont commencé à diffuser des
programmes en VM (Version Multilingue où le spectateur a accès a
plusieurs versions : sous-titrée français, doublée francais et parfois
sous-titrée en langues étrangères), les auteurs de sous-titrage ne
perçoivent plus de droits d’auteur pour ces programmes qui sont déclarés
à la Sacem comme de la VF.

Le Snac» et l’ATAA essaient de débloquer la situation depuis deux ans et une clé de répartition a été trouvée pour ce qui concerne les diffusions sur le câble et le satellite. Il faut maintenant trouver une clé de
répartition entre les auteurs de sous-titrage et de doublage pour le
réseau hertzien. Le problème n’est pas simple car TF1 et Arte, par
exemple, n’ont pas le même public VO/VF, et ce n’est qu’un des nombreux
problèmes qu’il convient de résoudre pour ne léser aucune catégorie
d’auteur.

Avant toute chose, la Sacem a demandé aux auteurs de sous-titrage de lui
fournir une liste des programmes diffusés sur le hertzien (TF1, Canal+,
Arte pour le moment). Durant deux mois, de février à mars, nous avons donc relevé les titres des diffusions en VM. Ces titres étaient mis sous forme de tableau sur une feuille excel Google accessible en ligne, chaque auteur de sous-titrage ou doublage a donc pu la compléter et l’amender au besoin. Nous avons également eu l’idée de fournir le nom des auteurs pour chaque programme afin de faire un envoi groupé à la Sacem.

Le tableau a été transmis au délégué général du Snac qui va à son tour le transmettre à la Sacem. La clé de répartition pourra ainsi être étudiée sur des bases concrètes.

Contact : sacem@traducteurs-av.org

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