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L’ATAA dans la revue du SNAC Réunion publique le 24 mars
2011 15
fév

À lire !

À lire !

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le quotidien du traducteur indépendant sans jamais oser le demander, quelqu’un l’a vraisemblablement déjà demandé à Fire Ant et Worker Bee, alias Chris Durban et Eugene Seidel, deux traducteurs chevronnés qui tiennent depuis 1998 une chronique intitulée « The Bottom Line » dans la revue en ligne Translation Journal. Le principe : une question posée par un lecteur (traducteur, étudiant intéressé par la traduction, acheteur de traductions, etc.), à laquelle Fire Ant et Worker Bee, la fourmi et l’abeille, apportent une réponse pratique agrémentée de réflexions de bon sens.

The Prosperous Translator, publié en octobre 2010, propose au lecteur de retrouver ces chroniques classées par grands thèmes : les débuts du traducteur indépendant, le métier au quotidien, les rapports entre clients et fournisseurs, la question des tarifs, la prospection, la déontologie, la qualité de vie, etc.

Si l’on excepte deux questions portant spécifiquement sur le sous-titrage, il faut avouer que la traduction/adaptation audiovisuelle n’est pas au cœur de l’ouvrage, qui semble s’adresser davantage aux traducteurs dits « techniques ». Pourquoi évoquer ce livre sur ce blog, alors ? Parce qu’à bien y regarder, la plupart des thèmes abordés par les auteurs concernent toutes les spécialités de la traduction. Qu’il s’agisse de la nécessité de signer son travail, de l’attitude à adopter face à certaines exigences déraisonnables posées par les acheteurs de traduction, de la chute des tarifs, de l’opportunité de recommander un confrère, de l’art de la négociation ou encore de la délicate question des traducteurs travaillant vers une langue qui n’est pas leur langue maternelle, The Prosperous Translator fournit quelques piqûres de rappel fort salutaires et de précieux conseils.

Résolument pragmatiques (et pas toujours tendres), les auteurs prennent le contrepied de la morosité ambiante et rappellent qu’il n’y a qu’une solution possible pour arracher le secteur de la traduction au marasme dans lequel il se trouve : la sortie par le haut. Vous croulez sous le travail ? Augmentez vos tarifs. Vous perdez vos clients à la concurrence roumaine, indienne ou coréenne ? Changez de clientèle-cible, visez des acheteurs de traduction intéressés par la qualité de votre travail, pas par le prix défiant toute concurrence de vos prestations. Vous êtes dans un creux d’activité ? Profitez-en pour prospecter sérieusement et muscler votre marketing. Vous vous sentez trop timide pour aller frapper à la porte des entreprises susceptibles de vous confier des traductions ? Personne ne fera ce travail à votre place. Et le reste est à l’avenant.

Alors certes, bien des traducteurs de l’audiovisuel soupireront en lisant certains conseils récurrents. « Augmentez vos tarifs », au hasard, semble une injonction bien illusoire à l’heure où il semble déjà difficile de maintenir ses tarifs sans baisse d’une année sur l’autre. Mais n’est-ce pas le signe que l’on marche sur la tête et qu’il est vraiment temps que chacun se donne les moyens d’y remédier ? Oui, The Prosperous Translator a parfois un côté « donneur de leçons » qui peut agacer. Mais c’est avant tout un livre qui fait du bien, donne envie de ne pas baisser les bras et rappelle que la traduction n’est pas qu’un métier passionnant exercé avec amour par des linguistes talentueux : c’est aussi un business, avec des segments de marché plus ou moins lucratifs, une concurrence qu’il convient d’aborder avec hauteur de vue et discernement, et des clients qui ont besoin des compétences des traducteurs. Enfin, son ton vivant et plein d’humour en fait un ouvrage très agréable à lire, ce qui ne gâte rien.

Pour clore cet article, une bonne nouvelle et un conseil :

  • Une sélection de lettres issues de The Prosperous Translator sera publiée à l’avenir sur le blog de l’Ataa après traduction en français, selon un rythme qui reste à définir. Un grand merci à Chris Durban qui a donné son accord pour ce projet.

  • Si vous souhaitez vous procurer The Prosperous Translator, n’hésitez pas à passer directement par Lulu.com, la plateforme de publication utilisée pour éditer cet ouvrage, plutôt que par un autre revendeur qui prélèvera une part plus importante de la marge des auteurs.

The Prosperous Translator: Advice from Fire Ant & Worker Bee, compiled and edited by Chris Durban, FA&WB Press, 2010, 280 pages.

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