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Revue de presse – automne 2011 Retour sur Series Addict
2011 21
déc

the prosperous translator

Voici une deuxième chronique issue de l’ouvrage de Chris Durban The Prosperous Translator, traduite cette fois par Raphaëlle Antczak. Le texte original en anglais est à la suite.

Pour retrouver toutes les chroniques traduites, cliquez ici.


Question :


Chères Fourmi de feu et Abeille ouvrière,


Je suis sur le point d’entamer une année sabbatique en Amérique latine et je cherche des moyens de financer ce projet. Je parle bien espagnol mais pas couramment et, en tant qu’étudiant en lettres modernes, mon anglais écrit est correct : j’ai le sens de la tournure et de la langue. Je reconnais que je ne pourrais pas exiger un tarif aussi élevé qu’un traducteur professionnel et qu’aucune agence de traduction ne sera prête à m’engager, mais où puis-je trouver du travail pour jeunes traducteurs amateurs ? Rien ne me paraîtra trop ennuyeux ou mal payé. Toute suggestion serait la bienvenue.


Yannick Sabb’attage



Réponse :


Cher Sabb’attage,


Manque de chance, votre lettre est arrivée juste après la mise sous presse du dernier numéro. Nous sommes prêtes à parier que vous lisez ces lignes dans un cybercafé du centre de Quito, avec votre billet de retour non-échangeable et non-remboursable daté du 30 mars prochain planqué dans le tiroir de votre bureau à l’auberge de jeunesse où vous séjournez. On vous voit d’ici déguster un batido de naranjilla avec, dans votre sac, quelques textes à traduire en urgence pour Traducciones Acme.

Notre conseil : reconsidérez votre projet. Pas le fait de prendre une année sabbatique, bien sûr. Se donner un an pour voir le monde avant de commencer ses études est une idée grandiose. Mais votre objectif premier à ce stade de votre vie et de votre formation devrait être de vous immerger 24 heures sur 24 dans une culture et une langue étrangères. Ce qui veut dire fréquenter des gens du pays tous âges confondus, parler uniquement espagnol et vous forger une expérience qui vous sera utile à l’université puis dans la jungle professionnelle.

La seule façon d’y arriver est d’éviter les expatriés, or vous êtes sûr de tomber entre leurs griffes si vous franchissez le seuil d’une agence de traduction.

Vous avez besoin d’argent ? Renseignez-vous autour de vous : si vous aimez les enfants, devenez baby-sitter (un excellent moyen de parfaire vos compétences en langues étrangères). Soyez serveur. Faites-vous embaucher comme cuisinier dans l’équivalent local du fast-food. Faites les vendanges. Gonflez-vous les biscotos et postulez en tant que videur dans un club de salsa. Mais quoi que vous fassiez, vivez et parlez en espagnol, uniquement en espagnol.

Si nous nous sommes trompées et que vous dormez sous un pont sans perspective de rémunération autre que l’exploitation de votre langue maternelle, nous vous conseillons de donner des cours de conversation plutôt que de vous lancer dans la traduction bradée. Les échanges oraux et directs vous permettront de tirer un maximum de votre louable énergie et de votre assurance balbutiante (« en tant qu’étudiant en lettres modernes, mon anglais écrit est correct »). Mieux, puisque les conversations sont par nature éphémères, elles présentent moins de risques pour les clients qui, même s’ils s’adressent aux prestataires les plus bas de gamme, méritent un rendu quelque peu supérieur au travail d’un étudiant.


FF & AO



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Q:


Dear Fire Ant & Worker Bee,


I am about to embark upon a gap year in Latin America and am looking for ways of financing my plans. I can speak Spanish reasonably but not fluently, and, being an English student, can write English well, and have a good turn of phrase and sense of idiom. I recognise that I would not be able to command such high prices as professional translators, and that no translation agencies would be willing to take me on, but is there any work out there for young amateur translators? Nothing would be too boring or too badly paid for me. Any suggestions would be welcome.



Gapster


A:


Dear Gap,


Ah, timing. Your letter came in just after the last issue went to press, and we bet anything you’re reading this in a cybercafé in downtown Quito with your non-refundable, non-exchangeable plane ticket home next March 30 stashed in the bureau drawer of the hostal you’re staying at. There you are, sipping a batido de naranjilla, with a few rush assignments from Traducciones Acme in your bag.

Our advice: reconsider. Not the gap year, of course – taking a year off to see the world before starting university is a terrific idea. But your prime aim at this stage in your life and education should be to immerse yourself in a foreign culture and language, around the clock. Which means hanging out with locals of all ages, speaking Spanish only, and acquiring life experience that will serve you later at university and out in the rat race.

The only way to achieve this is to avoid expats, and you are sure to stumble into their clutches if you venture across the threshold of even the humblest translation establishment.

You need money? Look around: if you like kids, apply for childcare positions (a great way to hone foreign language skills). Wait on tables. Flip the local equivalent of burgers. Pick grapes. Pump iron and sign up as a bouncer at a salsa club. But whatever you do, live and talk in Spanish—only Spanish.

If we’ve got this wrong and you’re sleeping under a bridge, with no gainful employment in sight except trading on your mother tongue, consider giving conversation classes rather than dabbling in low-end translation. Direct oral exchanges will allow you to get mileage out of your laudable energy and early-gap-year confidence ( »being an English student, [I] can write English well »). Best of all, since conversations are by nature ephemeral, they entail less risk for clients, who deserve output several notches above student efforts even if they are shopping at the low end of the market.

If you don’t think you can manage this, place a telephone next to the front door, pick up the receiver and hold it to your ear automatically as you answer the doorbell. Having a prop may get you through.

The only other option we know of is to chitchat during the day and work at night—but do you really want to do that?


FA & WB


Extrait de The Prosperous Translator: Advice from Fire Ant & Worker Bee, compiled and edited by Chris Durban, FA&WB Press, 2010


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