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2012 08
juil

the prosperous translator

La voici, la quatrième chronique issue de l’ouvrage de Chris Durban The Prosperous Translator, traduite cette fois par Raphaëlle Antczak ! Le texte original en anglais est à la suite.

Pour retrouver toutes les chroniques traduites, cliquez ici.

Question :

Chères Fourmi de feu et Abeille ouvrière,

Vous soulignez l’importance de faire un travail de pédagogie auprès des clients, et je suis en partie d’accord. Mais si l’on observe la communauté des traducteurs, il est évident qu’un travail de pédagogie serait également nécessaire auprès d’eux. Nombreux sont ceux qui travaillent dans l’isolement, et beaucoup ont tendance à trouver leur petite zone de confort et à n’en plus bouger, quoi qu’il arrive. Quand je discute avec des traducteurs jeunes et moins jeunes, je suis souvent frappé par le nombre d’entre eux qui ne désirent pas quitter cette zone de confort, en élargissant leurs compétences, en proposant des services différents, en investissant dans différents cours/équipements/dictionnaires, etc.

Peu d’universités offrent à leurs étudiants l’occasion de démarrer une carrière en freelance ou de gérer une petite entreprise (mais la situation a peut-être changé ?). Or dans un monde en constante évolution, les îlots de sécurité se font rares. Je crois pourtant que de nombreuses universités pourraient organiser des formations courtes ou des universités d’été pour leurs étudiants fraîchement diplômés et pour toute personne intéressée. Les établissements d’enseignement peuvent avoir du mal à trouver des locaux et à embaucher du personnel pour assurer ces formations, mais ces obstacles ne sont certainement pas insurmontables.

Une des grandes faiblesses du secteur de la traduction est que chaque traducteur ou presque est obligé de réinventer la roue et d’apprendre tout seul à se débrouiller. Il y a vraiment un marché à prendre ; il serait temps de s’en rendre compte !

Scorpion

Réponse :

Cher Scorpion,

C’est vous qui le dites, pas nous. Même si nous avons nous aussi remarqué que ceux qui se lamentent le plus fort et qui poussent des cris d’orfraie sont le plus souvent des traducteurs qui utilisent des compétences linguistiques acquises des décennies plus tôt, qu’ils appliquent – parfois à mauvais escient – depuis des lustres sans jamais se remettre à la page. Le marché s’est depuis longtemps développé dans d’autres directions et les segments les plus intéressants ne s’ouvrent qu’à ceux qui sont prêts à y investir le temps nécessaire.

Heureusement, les occasions de s’ouvrir à autre chose sont de plus en plus nombreuses pour les traducteurs décidés à s’aventurer hors de leur zone de confort (sympa, l’expression).

Les associations nationales et régionales de traducteurs annoncent toujours les événements à venir sur leurs sites Internet, mais les plus motivés doivent se renseigner plus avant. Pour ceux qui traduisent vers l’anglais par exemple, les cours organisés par la Society for Technical Communication (http://www.stc.org/) valent la peine d’après notre expérience, de même que les formations souvent gratuites proposées par les associations professionnelles consacrées aux domaines dans lesquels on a choisi de se spécialiser. On peut aussi se renseigner sur les divers événements organisés par les chambres de commerce. C’est bel et bien le moment propice pour lever le nez et élargir ses horizons.

FF & AO

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2012 07
juin

the prosperous translator

Voici une troisième chronique issue de l’ouvrage de Chris Durban The Prosperous Translator, traduite cette fois par Karine Rybaka. Le texte original en anglais est à la suite.

Pour retrouver toutes les chroniques traduites, cliquez ici. Une quatrième sera publiée très prochainement !

Question :

Chères Fourmi de feu et Abeille ouvrière,

L’université au sein de laquelle je travaille reçoit de plus en plus de demandes en provenance d’entreprises locales, qui souhaitent faire traduire leurs manuels d’utilisation, sites internet, etc., par nos étudiants.

Nos étudiants sont sérieux et motivés, et nous savons qu’ils sont destinés à faire de grandes choses. Mais nous savons également que la traduction est une profession exigeante, et nous pensons que ces entreprises sont très mal informées si elles imaginent que des étudiants peuvent produire un travail professionnel.

Comment pourrions-nous en informer ces entreprises, tout en gardant la porte ouverte pour des stages (que nos étudiants ont toujours du mal à trouver dans notre coin perdu) ?

Universitaire

Réponse :

Cher Universitaire,

Pour commencer, nous vous disons bravo ! Coin perdu ou pas, vous êtes parvenu à repérer la pente savonneuse sur laquelle de nombreuses écoles de traduction prestigieuses ont déjà glissé sans avoir su l’identifier. Un certain nombre d’entre elles dérapent même carrément, trop contentes de transmettre ces demandes à leurs associations d’étudiants, ou d’en faire des sujets de cours.

La confiance si touchante, mais si peu réaliste, que ces écoles ont dans les capacités de leurs étudiants n’a rien à voir avec leur enseignement – encore que, si leur but est d’informer leurs élèves des réalités du marché de la traduction, leur enseignement laisse peut-être à désirer.

Comme vous le remarquez si justement, le fait est qu’un travail d’étudiant ne peut pas être professionnel.

Pour citer un confrère : « Combien d’hommes ou de femmes d’affaires demanderaient à un étudiant en droit de traiter un contentieux sérieux ? Combien de patients consulteraient un étudiant en médecine pour une opération à cœur ouvert, et combien de professeurs en école de médecine soutiendraient une telle pratique avec enthousiasme, afin que leurs élèves puissent “acquérir une expérience professionnelle” ? On peut aller voir un étudiant en école dentaire pour un détartrage, mais pour dévitaliser une dent, les risques sont un peu élevés. »

De notre point de vue, la traduction d‘un site internet ou d’un manuel de sécurité équivaut plutôt à un travail de dévitalisation.

Et, outre les risques encourus par les entreprises, le fait de suggérer (ou confirmer) à un client potentiel qu’il devrait passer par un étudiant finira par nuire à la profession : une fois l’étudiant diplômé, il sera retrouvera sans travail, puisque les étudiants traduisent aussi bien (et pour moins cher).

Veuillez excuser cette diatribe. Vous nous avez demandé des conseils, voilà nos recommandations :

  • Remerciez les entreprises pour l’intérêt qu’elles vous portent et donnez-leur un exemplaire de la brochure « Traduction : faire les bons choix », disponible dans plusieurs langues et téléchargeable gratuitement sur le site de la Fédération internationale des traducteurs (http://www.fit-europe.org). La brochure est également distribuée en format papier par de nombreuses associations de traducteurs. Si vous fournissez la version papier, nous vous conseillons de corner la page « Faire appel à un copain prof ? Très risqué », qui évoque aussi les étudiants en traduction.

  • Recommandez à ces entreprises de contacter l’association de traducteurs de votre pays afin de trouver un traducteur qualifié (la plupart des associations disposent d’un annuaire en ligne).

  • Toutefois, suggérez l’idée que votre établissement aimerait confier à un étudiant la tâche de suivre le projet, rédiger un rapport et peut-être établir un glossaire pour l’entreprise.

C’est le meilleur moyen pour qu’un étudiant mette un pied dans le monde du travail, et c’est bien moins risqué pour les clients.

FF & AO

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2011 21
déc

the prosperous translator

Voici une deuxième chronique issue de l’ouvrage de Chris Durban The Prosperous Translator, traduite cette fois par Raphaëlle Antczak. Le texte original en anglais est à la suite.

Pour retrouver toutes les chroniques traduites, cliquez ici.

Question :

Chères Fourmi de feu et Abeille ouvrière,

Je suis sur le point d’entamer une année sabbatique en Amérique latine et je cherche des moyens de financer ce projet. Je parle bien espagnol mais pas couramment et, en tant qu’étudiant en lettres modernes, mon anglais écrit est correct : j’ai le sens de la tournure et de la langue. Je reconnais que je ne pourrais pas exiger un tarif aussi élevé qu’un traducteur professionnel et qu’aucune agence de traduction ne sera prête à m’engager, mais où puis-je trouver du travail pour jeunes traducteurs amateurs ? Rien ne me paraîtra trop ennuyeux ou mal payé. Toute suggestion serait la bienvenue.

Yannick Sabb’attage

Réponse :

Cher Sabb’attage,

Manque de chance, votre lettre est arrivée juste après la mise sous presse du dernier numéro. Nous sommes prêtes à parier que vous lisez ces lignes dans un cybercafé du centre de Quito, avec votre billet de retour non-échangeable et non-remboursable daté du 30 mars prochain planqué dans le tiroir de votre bureau à l’auberge de jeunesse où vous séjournez. On vous voit d’ici déguster un batido de naranjilla avec, dans votre sac, quelques textes à traduire en urgence pour Traducciones Acme.

Notre conseil : reconsidérez votre projet. Pas le fait de prendre une année sabbatique, bien sûr. Se donner un an pour voir le monde avant de commencer ses études est une idée grandiose. Mais votre objectif premier à ce stade de votre vie et de votre formation devrait être de vous immerger 24 heures sur 24 dans une culture et une langue étrangères. Ce qui veut dire fréquenter des gens du pays tous âges confondus, parler uniquement espagnol et vous forger une expérience qui vous sera utile à l’université puis dans la jungle professionnelle.

La seule façon d’y arriver est d’éviter les expatriés, or vous êtes sûr de tomber entre leurs griffes si vous franchissez le seuil d’une agence de traduction.

Vous avez besoin d’argent ? Renseignez-vous autour de vous : si vous aimez les enfants, devenez baby-sitter (un excellent moyen de parfaire vos compétences en langues étrangères). Soyez serveur. Faites-vous embaucher comme cuisinier dans l’équivalent local du fast-food. Faites les vendanges. Gonflez-vous les biscotos et postulez en tant que videur dans un club de salsa. Mais quoi que vous fassiez, vivez et parlez en espagnol, uniquement en espagnol.

Si nous nous sommes trompées et que vous dormez sous un pont sans perspective de rémunération autre que l’exploitation de votre langue maternelle, nous vous conseillons de donner des cours de conversation plutôt que de vous lancer dans la traduction bradée. Les échanges oraux et directs vous permettront de tirer un maximum de votre louable énergie et de votre assurance balbutiante (« en tant qu’étudiant en lettres modernes, mon anglais écrit est correct »). Mieux, puisque les conversations sont par nature éphémères, elles présentent moins de risques pour les clients qui, même s’ils s’adressent aux prestataires les plus bas de gamme, méritent un rendu quelque peu supérieur au travail d’un étudiant.

FF & AO

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