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2012 01
nov

Lors de la dernière soirée « portes ouvertes » de l’Ataa le 23 octobre dernier, Anthony Panetto a fait le bilan du sondage organisé par l’association au sujet de la formation professionnelle continue (FPC).

Bref résumé

Pour mémoire, les auteurs cotisent depuis le 1er juillet 2012 à la formation professionnelle, une avancée importante qui devrait leur donner prochainement la possibilité de se perfectionner, d’acquérir de nouvelles compétences, voire de se reconvertir (cf. ce précédent billet récapitulatif pour de plus amples informations). La décision étant à présent actée, tout reste cependant à mettre en place au niveau pratique.

Un sondage informel a donc été envoyé aux auteurs pour essayer de prendre la température et voir ce qui pourrait les intéresser en termes de formations.

Dépouillement du sondage

Nous avons reçu 70 questionnaires complétés : de quoi dégager quelques constantes, qui restent cependant à affiner.

Une grande majorité est favorable à la mise en place de la FPC. Une seule opinion est ouvertement défavorable.

Voici les grandes tendances des réponses données et les points qui semblent émerger, en laissant de côté ce qui paraissait plus anecdotique.

Le sondage portait sur sept points : langues étrangères, logiciels, français, droit, informatique, suggestions, formations suivies.

  • S’il y a bien un point qui fait presque l’unanimité, c’est la question des logiciels de doublage et de sous-titrage : 81% des personnes qui ont répondu seraient intéressées par une formation aux logiciels que requiert la pratique de notre métier, en particulier les auteurs de doublage, au vu de la multiplication des logiciels de bande rythmo ces dernières années. D’ailleurs, pour les personnes qui ont déjà fait une formation, beaucoup concernaient les logiciels de doublage. Et un certain nombre d’auteurs estime que les concepteurs devraient contribuer, au moins en partie, au financement de ces formations spécifiques.

  • Pour poursuivre dans l’informatique, une bonne moitié ne semble pas intéressée par des formations spécifiques. Pour les autres, trois points retiennent l’attention : Excel, la création d’un site Internet/blog et tout ce qui peut concerner notre activité, c’est-à-dire les formats vidéo, la conversion, le son, le montage image…
  • Si l’on passe maintenant à la matière première de notre métier, les langues, on note trois points d’intérêt: perfectionnement des langues de travail, apprentissage d’une nouvelle langue et travail sur des domaines techniques (argot, régionalisme, droit, médical, etc.)

  • Pour ce qui est du français en lui-même, un souhait qui revient assez souvent est celui du cours d’écriture pour aiguiser son style et travailler l’imaginaire et les registres. Les domaines techniques sont aussi sollicités, ainsi que des points plus particuliers comme les règles typographiques et la ponctuation. Un quart des personnes qui ont répondu n’est pas intéressé par ce genre de formations.

  • Concernant le droit, un quart des personnes semble estimer que leurs compétences sont suffisantes. Pour les autres, la maitrise des statuts social et fiscal de l’auteur parait importante. Dans ce domaine, la formation de l’AGECIF est pertinente mais devrait être beaucoup plus centrée sur les auteurs audiovisuels.

  • Parmi les suggestions émises, plusieurs points attirent l’attention : des notions de comptabilité ; des compétences plus techniques comme le montage vidéo, la détection et le repérage ; d’autres modes d’écriture comme l’écriture de scénarios ou l’audiodescription ; le côté commercial de notre activité, c’est-à-dire se vendre, démarcher et négocier ; un désir de connaissance accrue du fonctionnement de la chaine de production et de tous les rouages en amont et en aval de notre travail d’adaptation, pour être plus à même de mesurer tous les tenants et les aboutissants de la place que nous occupons et de la portée de notre travail (stage d’observation, direction artistique, comédiens…) ; une bonne dizaine de personnes aimerait avoir accès à une reconversion, soit dans des métiers connexes touchant aux langues étrangères ou une autre activité d’auteur, soit en vue d’un changement total de profession.

  • Enfin, 17 personnes sur 70 ont déjà suivi une formation (AGECIF, AFDAS…)

Dernières nouvelles

C’est l’AFDAS qui est chargée d’assurer la gestion et le financement des formations. À l’heure actuelle, nous sommes toujours en attente, au moins jusqu’en décembre. Un comité de gestion est en passe d’être constitué, il devrait comprendre 21 représentants des auteurs, répartis entre ceux de l’AGESSA et ceux de la Maison des Artistes. Pour nous, auteurs relevant de l’AGESSA, une répartition des sièges par secteur va être mise en place. Le SNAC et l’ATAA ont demandé, en leur nom propre, à siéger au comité de gestion. Nous allons faire remonter les informations collectées grâce à ce sondage pour obtenir les formations les plus adaptées à nos métiers. N’hésitez pas à faire connaître vos attentes en la matière, c’est le meilleur moyen de peser sur les choix à venir. Plus les auteurs s’exprimeront, plus l’offre de formations correspondra à leurs besoins.

Pour info, il reste quelques places aux formations à venir de l’AGECIF (voir les détails sur le site de l’organisme) :

Maîtriser son statut pour mieux gérer son activité les 6 et 7 novembre

Promouvoir son activité d’auteur sur Internet les 21/22/23 novembre

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2012 09
mar

Il y a un an environ, l’Ataa se faisait l’écho de l’impact de la numérisation sur la traduction audiovisuelle. De plus en plus d’auteurs de doublage sont en effet amenés à travailler sur logiciel, et non plus sur bande mère comme cela se faisait jusqu’à une date récente (consulter à ce sujet notre page sur le doublage). À la clé, de nombreux casse-têtes pour les adaptateurs qui sont obligés de se former à plusieurs logiciels en fonction de leurs clients.

X., adaptatrice de doublage, a tenu un journal de bord de la délicate prise en main d’un tel logiciel.

Un client récent me demande si j’accepterais d’adapter une série récurrente (comprendre : sur laquelle j’ai déjà travaillé – et qu’en plus j’aime bien) mais sur un nouveau logiciel, que j’appellerai C.

Jusqu’à présent, je pouvais rendre le travail sur l’ancien logiciel (A, que je possède) et comme le studio était équipé des deux, il se débrouillait pour passer d’un système à l’autre pendant les sessions.

Pas pratique pour eux mais pas infaisable – et c’était parfait pour moi.

Seulement, me disent-ils, ils ont trop de soucis techniques, pas assez d’assistance sur l’ancien logiciel en cas de bug. Si je veux travailler, donc, il me faut m’adapter.

Je ne suis pas totalement réfractaire aux nouvelles technologies et, sans être une geekette, je ne suis pas non plus une quiche en informatique. Et puis, je suis curieuse. J’accepte.

Ceci est le journal de ma première rencontre avec ce nouveau logiciel, au jour le jour.

JOUR 1
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2012 20
jan

capt écran sondage doublage

L’Ataa suit de près les évolutions technologiques imposées aux traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel dans le cadre de la numérisation de la filière. Lors de la soirée « portes ouvertes » qui s’est tenue à la Scam le 8 novembre 2011 , le pôle Doublage de l’Ataa a présenté les résultats d’un sondage sur les logiciels d’adaptation de doublage adressé à 322 auteurs afin de mieux connaître leur pratique professionnelle et leur ressenti face à ces nouveaux outils. En voici une synthèse.

  1. Un sondage basé sur la bonne volonté d’une minorité. 26% des personnes interrogées y ont répondu. Les réponses obtenues ne nous ont permis de dresser qu’une ébauche des questions soulevées par les logiciels de doublage. Seule une plus franche participation nous permettrait d’en dresser un tableau plus complet et de mieux défendre nos intérêts communs en cette année 2012. La plupart des personnes ayant répondu travaillent sur E-rythmo, le logiciel développé par la société Dubbing Brothers. On constate donc une prise de conscience plus importante chez les auteur-e-s travaillant pour la plus grande entreprise de doublage. N’attendons pas que nos conditions de travail se dégradent encore pour nous faire entendre.

  2. Un outil imposé et généralisé. La révolution numérique de notre métier s’est  donc faite sans nous : nous n’avons pas été consulté-e-s, un beau jour nous avons dû travailler sur logiciel et payer pour travailler. La plupart des entreprises de doublage sont maintenant équipées de logiciels et les auteur-e-s à qui on n’impose rien sont de moins en moins nombreux.

    Non seulement cette révolution numérique s’est faite sans nous, mais elle continue sans nous. En effet, non seulement les logiciels de doublage représentent des économies de matériel et de personnel pour les entreprises de doublage, mais ils représentent aussi une source de revenus pour leurs concepteurs, puisque cet outil qui nous est imposé est le plus souvent vendu (pour les entreprises autres que Dubbing) : lui, son service après vente, ses mises à jour ou « nouvelles versions » et sa formation. E-rythmo nous est prêté : mais pour encore combien de temps ?

    Qui empêchera ces concepteurs de développer toujours de nouveaux produits pour tirer de l’argent des auteur-e-s? Aujourd’hui, force est de constater que nous n’avons pas su faire entendre notre voix, ni utiliser nos organes représentatifs : le SNAC et l’ATAA. Si nous persistons à détourner le regard de ce qui nous concerne en premier lieu, cette révolution numérique va continuer sans nous.

  3. La généralisation du forfait détection + adaptation. Elle a pour conséquence d’imposer à l’auteur-e de faire sa détection, sans qu’une rémunération soit obligatoirement incluse dans ce forfait, ce qui a pour effet de faire baisser nos tarifs. Si nous ne réagissons pas en faisant respecter la convention collective qui régit les tâches techniques de l’audiovisuel, cette généralisation du forfait détection+adaptation va  continuer et tuer une 3e profession, après la dactylographie et la calligraphie, tout en nous obligeant à des tâches techniques dont le paiement est soit dérisoire, soit pris sur celui de notre adaptation.

  4. Une bonne nouvelle : un outil de travail agréable. Après des débuts difficiles, la majorité d’entre nous aime travailler sur ces logiciels qui nous facilitent la vie : propreté, synchronisme, rapidité des déplacements et des recherches dans l’épisode, simplification des envois. Les logiciels de doublage sont de plus en plus commodes, simples et fonctionnels. Mosaic l’emporte dans vos préférences devant E-rythmo et Synchronos.



Conclusion : faites entendre votre voix en adhérant à l’Ataa et au Snac afin que nous présentions un front uni face à ces nouveaux outils technologiques, et afin d’avoir notre mot à dire dans cette révolution numérique que nous avons surtout subie jusqu’à présent. Pour connaître les actions en cours du pôle Doublage de l’Ataa, n’hésitez pas à nous contacter à doublage@ataa.fr. La prochaine réunion entre auteur-e-s de doublage aura lieu le jeudi 26 janvier à 14h à la Maison des associations du 18e arrondissement de Paris, 15 passage Ramey, salle Bonpuits, métro Jules Joffrin ou Marcadet-Poissonniers.


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2011 08
juin

Une journée co-organisée par l'Université Paris Diderot et l'ESIT

Une journée co-organisée par l'Université Paris Diderot et l'ESIT

L’Ataa participera à la quatrième journée d’études « Traductologie de plein champ », qui se tiendra le 18 juin au Centre universitaire Dauphine à Paris.

Organisée conjointement par le Master pro ILTS de l’Université Paris Diderot et l’École Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs, cette manifestation a cette année pour thème le désir de traduire et la légitimité du traducteur. « Envie, quête, urgence : on traduit parfois parce qu’on a le sentiment que c’est nécessaire, pour nous ou pour autrui », rappellent les organisateurs dans leur présentation de cette journée d’études, laquelle donnera la parole à des universitaires, mais aussi à des traducteurs et à des interprètes en exercice.

C’est notamment le cas de la table-ronde intitulée « Les professions d’interprètes et de traducteurs face à la montée de la société numérique et des nouvelles technologies », à laquelle participeront Chloé Leleu et Michèle Nahon, adaptatrices spécialisées dans le sous-titrage et membres de l’Ataa.

La présentation et le programme complet de cette journée d’études peuvent être téléchargés ici en PDF.

Si vous souhaitez y assister, il est nécessaire de vous inscrire auprès des organisateurs, Nicolas Froeliger (nf@eila.univ-paris-diderot.fr) et Colette Laplace (LaplaceCol@aol.com).

Enfin, pour consulter le programme des précédentes éditions des journées « Traductologie de plein champ », rendez-vous sur le site de l’Université Paris Diderot.

Lieu :
ESIT – Centre Universitaire Dauphine
Paris 16e

Métro Ligne 2 : Porte Dauphine
BUS PC 1 : Maréchal de Lattre de Tassigny
RER Ligne C : Avenue Foch

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2010 22
fév

L’article suivant est paru dans le Bulletin des Auteurs, revue trimestrielle du  SNAC (Syndicat National des Auteurs et Compositeurs), au sein duquel se trouve  un groupement doublage/sous-titrage. Nous remercions vivement Vanessa Bertran de nous avoir autorisés à reprendre ce texte ici.

La numérisation dans la filière : les entreprises ont quelques perfos d’avance…

Par Vanessa Bertran


Qu’importe le flacon… Le plaisir d’écrire reste le même, qu’on utilise le crayon à papier ou la bande rythmo virtuelle, c’est l’auteur qui doit s’imposer à la technique et non l’inverse. Mais force est de constater que l’apparition du numérique dans les filières doublage et sous-titrage a considérablement modifié notre manière de travailler, tant d’un point de vue pratique que juridique et économique. Libre à chacun de juger s’il s’agit d’un progrès, et si ça n’en est pas encore un, pourquoi ne pas essayer, par notre action, de faire en sorte qu’il le devienne ?

Pour ce qui est du doublage, l’apparition des redoutées « machines » apporte à l’auteur des fonctionnalités indéniablement pratiques : ne plus avoir à relire le texte de la calligraphe en tremblant devant d’éventuels changements incongrus, pouvoir garder une copie numérique du script français sans avoir à la réclamer à cor et à cris à l’entreprise, faire des allers-retours aisément dans le film sans avoir à souffrir d’une tendinite pour aller de la boucle 1 à la 50… Mais à quel prix ? La mission de l’auteur a changé, c’est incontestable. Il a toujours existé des auteurs qui préféraient faire leur propre détection, mais les cas étaient isolés. Désormais, beaucoup d’entreprises imposent, quand elles font travailler les auteurs en virtuel, que nous fassions la détection… pour le même tarif. Une sorte de forfait qui frôle l’aumône et qui place l’auteur et l’entreprise en infraction car la prestation technique qu’est la détection devrait relever du salariat alors qu’elle se retrouve souvent aujourd’hui rémunérée en droits d’auteur. La machine, le numérique n’y sont pour rien, j’en conviens. Mais dans notre cas ils ont permis aux clients de massacrer une profession.

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