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2012 07
juin

the prosperous translator

Voici une troisième chronique issue de l’ouvrage de Chris Durban The Prosperous Translator, traduite cette fois par Karine Rybaka. Le texte original en anglais est à la suite.

Pour retrouver toutes les chroniques traduites, cliquez ici. Une quatrième sera publiée très prochainement !

Question :

Chères Fourmi de feu et Abeille ouvrière,

L’université au sein de laquelle je travaille reçoit de plus en plus de demandes en provenance d’entreprises locales, qui souhaitent faire traduire leurs manuels d’utilisation, sites internet, etc., par nos étudiants.

Nos étudiants sont sérieux et motivés, et nous savons qu’ils sont destinés à faire de grandes choses. Mais nous savons également que la traduction est une profession exigeante, et nous pensons que ces entreprises sont très mal informées si elles imaginent que des étudiants peuvent produire un travail professionnel.

Comment pourrions-nous en informer ces entreprises, tout en gardant la porte ouverte pour des stages (que nos étudiants ont toujours du mal à trouver dans notre coin perdu) ?

Universitaire

Réponse :

Cher Universitaire,

Pour commencer, nous vous disons bravo ! Coin perdu ou pas, vous êtes parvenu à repérer la pente savonneuse sur laquelle de nombreuses écoles de traduction prestigieuses ont déjà glissé sans avoir su l’identifier. Un certain nombre d’entre elles dérapent même carrément, trop contentes de transmettre ces demandes à leurs associations d’étudiants, ou d’en faire des sujets de cours.

La confiance si touchante, mais si peu réaliste, que ces écoles ont dans les capacités de leurs étudiants n’a rien à voir avec leur enseignement – encore que, si leur but est d’informer leurs élèves des réalités du marché de la traduction, leur enseignement laisse peut-être à désirer.

Comme vous le remarquez si justement, le fait est qu’un travail d’étudiant ne peut pas être professionnel.

Pour citer un confrère : « Combien d’hommes ou de femmes d’affaires demanderaient à un étudiant en droit de traiter un contentieux sérieux ? Combien de patients consulteraient un étudiant en médecine pour une opération à cœur ouvert, et combien de professeurs en école de médecine soutiendraient une telle pratique avec enthousiasme, afin que leurs élèves puissent “acquérir une expérience professionnelle” ? On peut aller voir un étudiant en école dentaire pour un détartrage, mais pour dévitaliser une dent, les risques sont un peu élevés. »

De notre point de vue, la traduction d‘un site internet ou d’un manuel de sécurité équivaut plutôt à un travail de dévitalisation.

Et, outre les risques encourus par les entreprises, le fait de suggérer (ou confirmer) à un client potentiel qu’il devrait passer par un étudiant finira par nuire à la profession : une fois l’étudiant diplômé, il sera retrouvera sans travail, puisque les étudiants traduisent aussi bien (et pour moins cher).

Veuillez excuser cette diatribe. Vous nous avez demandé des conseils, voilà nos recommandations :

  • Remerciez les entreprises pour l’intérêt qu’elles vous portent et donnez-leur un exemplaire de la brochure « Traduction : faire les bons choix », disponible dans plusieurs langues et téléchargeable gratuitement sur le site de la Fédération internationale des traducteurs (http://www.fit-europe.org). La brochure est également distribuée en format papier par de nombreuses associations de traducteurs. Si vous fournissez la version papier, nous vous conseillons de corner la page « Faire appel à un copain prof ? Très risqué », qui évoque aussi les étudiants en traduction.

  • Recommandez à ces entreprises de contacter l’association de traducteurs de votre pays afin de trouver un traducteur qualifié (la plupart des associations disposent d’un annuaire en ligne).

  • Toutefois, suggérez l’idée que votre établissement aimerait confier à un étudiant la tâche de suivre le projet, rédiger un rapport et peut-être établir un glossaire pour l’entreprise.

C’est le meilleur moyen pour qu’un étudiant mette un pied dans le monde du travail, et c’est bien moins risqué pour les clients.

FF & AO

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2011 21
déc

the prosperous translator

Voici une deuxième chronique issue de l’ouvrage de Chris Durban The Prosperous Translator, traduite cette fois par Raphaëlle Antczak. Le texte original en anglais est à la suite.

Pour retrouver toutes les chroniques traduites, cliquez ici.

Question :

Chères Fourmi de feu et Abeille ouvrière,

Je suis sur le point d’entamer une année sabbatique en Amérique latine et je cherche des moyens de financer ce projet. Je parle bien espagnol mais pas couramment et, en tant qu’étudiant en lettres modernes, mon anglais écrit est correct : j’ai le sens de la tournure et de la langue. Je reconnais que je ne pourrais pas exiger un tarif aussi élevé qu’un traducteur professionnel et qu’aucune agence de traduction ne sera prête à m’engager, mais où puis-je trouver du travail pour jeunes traducteurs amateurs ? Rien ne me paraîtra trop ennuyeux ou mal payé. Toute suggestion serait la bienvenue.

Yannick Sabb’attage

Réponse :

Cher Sabb’attage,

Manque de chance, votre lettre est arrivée juste après la mise sous presse du dernier numéro. Nous sommes prêtes à parier que vous lisez ces lignes dans un cybercafé du centre de Quito, avec votre billet de retour non-échangeable et non-remboursable daté du 30 mars prochain planqué dans le tiroir de votre bureau à l’auberge de jeunesse où vous séjournez. On vous voit d’ici déguster un batido de naranjilla avec, dans votre sac, quelques textes à traduire en urgence pour Traducciones Acme.

Notre conseil : reconsidérez votre projet. Pas le fait de prendre une année sabbatique, bien sûr. Se donner un an pour voir le monde avant de commencer ses études est une idée grandiose. Mais votre objectif premier à ce stade de votre vie et de votre formation devrait être de vous immerger 24 heures sur 24 dans une culture et une langue étrangères. Ce qui veut dire fréquenter des gens du pays tous âges confondus, parler uniquement espagnol et vous forger une expérience qui vous sera utile à l’université puis dans la jungle professionnelle.

La seule façon d’y arriver est d’éviter les expatriés, or vous êtes sûr de tomber entre leurs griffes si vous franchissez le seuil d’une agence de traduction.

Vous avez besoin d’argent ? Renseignez-vous autour de vous : si vous aimez les enfants, devenez baby-sitter (un excellent moyen de parfaire vos compétences en langues étrangères). Soyez serveur. Faites-vous embaucher comme cuisinier dans l’équivalent local du fast-food. Faites les vendanges. Gonflez-vous les biscotos et postulez en tant que videur dans un club de salsa. Mais quoi que vous fassiez, vivez et parlez en espagnol, uniquement en espagnol.

Si nous nous sommes trompées et que vous dormez sous un pont sans perspective de rémunération autre que l’exploitation de votre langue maternelle, nous vous conseillons de donner des cours de conversation plutôt que de vous lancer dans la traduction bradée. Les échanges oraux et directs vous permettront de tirer un maximum de votre louable énergie et de votre assurance balbutiante (« en tant qu’étudiant en lettres modernes, mon anglais écrit est correct »). Mieux, puisque les conversations sont par nature éphémères, elles présentent moins de risques pour les clients qui, même s’ils s’adressent aux prestataires les plus bas de gamme, méritent un rendu quelque peu supérieur au travail d’un étudiant.

FF & AO

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2010 02
août

Quatrième et dernier épisode du journal de bord de tutorat de Clémence. Lire aussi : l’épisode 1, l’épisode 2 et l’épisode 3.

Si j’ai tenu à faire ce stage, ça n’est pas uniquement pour connaître un peu mieux la traduction audiovisuelle, mais surtout pour en apprendre plus sur le métier de traducteur indépendant. Ce tutorat a été pour moi une expérience complètement nouvelle dont je n’avais eu que quelques échos et à deux jours de la fin, je ne suis pas déçue.

Durant ces neuf semaines, j’ai eu la chance de m’installer seule dans un bureau dans lequel Christophe travaille. Cette pièce est indépendante de son appartement, ce qui d’un point de vue pratique n’est pas négligeable : non seulement cela m’a permis de travailler seule comme ce serait le cas si je devenais traductrice indépendante, mais en plus, Christophe et moi pouvions travailler chacun de notre côté, sans nous gêner l’un l’autre. Je ne pense évidemment pas qu’un traducteur qui veut recevoir un étudiant en stage doit absolument avoir des bureaux à lui proposer, mais c’est indéniablement un gros avantage !

Je « craignais » que ce stage soit trop long : qu’allais-je bien pouvoir faire pendant deux mois ? Evidemment, il fallait dépasser le cadre du « stage d’observation ». Je ne me suis finalement pas ennuyée du tout, pour la simple et bonne raison que j’avais toujours quelque chose à faire. D’autre part, tout ce temps m’a permis de me pencher sur divers exercices, d’avoir une idée globale de tous les aspects de la profession. Il me semble important qu’un traducteur qui prend un stagiaire lui fasse découvrir, dans la mesure du possible, le maximum de choses, même si la diversité des exercices n’est pas toujours représentative du quotidien du métier.

Toujours au niveau du travail, ce que j’ai préféré – et qui m’a paru le plus intéressant, c’est de travailler dans des conditions « faussement réelles ». Par exemple, je commençais une traduction en même temps que Christophe et devais respecter les mêmes délais que lui. Evidemment, ça n’a pas été réalisable tout de suite car j’ai dû commencer par me familiariser avec les outils de traduction. Mais c’est réellement ce qui me semble le plus enrichissant. D’une part, ça donne l’impression de ne pas travailler « dans le vide », ou pour rien. D’autre part, c’est aussi une façon de « se mesurer » à un professionnel, ou du moins de prendre réellement conscience des vraies conditions de travail des traducteurs.

Bien sûr, cet exercice n’a d’intérêt que si la traduction faite par le stagiaire est ensuite corrigée. Et même si cela demande du temps au traducteur, il me semble que sa correction doit être aussi détaillée que possible. Pour le stagiaire, c’est une chance de recevoir des appréciations et des conseils donnés d’un point de vue professionnel. D’autant plus que ça n’est pas forcément le cas lors d’un stage en entreprise. En étant corrigé au fur et à mesure, on prend conscience de ses faiblesses et on s’améliore au fil du temps, d’où l’intérêt de faire durer un tel stage plus de quelques jours !

A deux reprises, nous nous sommes rendus dans un labo pour lequel travaille Christophe. J’ai trouvé très intéressant de voir le fonctionnement de l’entreprise et de comprendre un peu mieux ce qui se passe avant et surtout après que la traduction a été réalisée. Encore une fois, il me paraît nécessaire qu’un stagiaire puisse se rendre compte de ces choses-là pour se placer dans une optique professionnelle.

L’un des grands avantages de ce tutorat, c’est de découvrir tout ce qui touche à l’aspect « administratif » de la profession. Sans forcément rentrer dans les détails, c’est l’occasion de se faire une idée de la facturation, des droits d’auteur etc., des choses que l’on peut difficilement apprendre seul avant d’y être vraiment confronté et qui ne sont pas non plus enseignées à l’école.

Même si j’étais bien installée et que je travaillais seule, mes conditions de travail n’étaient pas vraiment représentatives de celles d’un traducteur indépendant. Et c’est là le seul point négatif de ce stage : je n’étais pas chez moi, je n’ai pas vraiment pu suivre mon propre rythme de travail, etc. Je sais que l’ISIT refuse que ses étudiants stagiaires travaillent depuis chez eux, mais si d’autres écoles ou facs le permettent, cela vaudrait peut-être le coup d’essayer. Le stagiaire pourrait ne passer qu’un certain moment chez le traducteur avant de retourner travailler chez lui. Il pourrait ainsi travailler à son propre rythme, apprendre à réellement gérer son temps etc. De plus, ça simplifierait la vie du traducteur qui n’a peut-être pas forcément envie de trouver quelqu’un chez lui toute la journée et pendant plusieurs semaines…

Cette expérience a réellement été enrichissante pour moi, j’ai en quelque sorte « satisfait ma curiosité ». Mon but n’était pas du tout de progresser en traduction, mais de me rendre compte par moi-même de la réalité de ce métier dont je savais finalement assez peu. Je conseillerais un stage comme celui-là à tous les étudiants dans mon cas. En prenant des stagiaires, ne serait-ce que pour quelques semaines, les traducteurs indépendants rendent un grand service aux étudiants qui sont intéressés par cette profession sans vraiment savoir de quoi il s’agit.

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2010 20
juil

Troisième épisode du journal de bord de tutorat de Clémence. Lire aussi : l’épisode 1, l’épisode 2.

La semaine dernière, je me suis penchée pour la première fois sur le sous-titrage, un exercice que je tenais à découvrir afin de faire un véritable « tour d’horizon » des activités d’un traducteur audiovisuel.

Si j’ai choisi d’attendre la fin de mon stage pour commencer les sous-titres, ce n’est pas par hasard. Il s’agissait en effet pour moi d’avoir une simple idée du fonctionnement des sous-titres et des contraintes qu’ils imposent, sans trop rentrer dans les détails.

Pour bien comprendre le principe, j’ai commencé par sous-titrer quelques passages d’une émission en français. J’ai déjà pu me rendre compte de la complexité technique de l’exercice. C’est en effet la partie « repérage » qui m’a donné le plus de fil à retordre, surtout dans les premiers temps.
J’ai ensuite sous-titré des propos tenus en anglais, et aux complexités techniques se sont ajoutées les difficultés de la traduction. L’émission en question était relativement simple mais j’ai eu du mal à adapter mon texte français aux contraintes imposées par les sous-titres, notamment le temps d’affichage et le nombre de caractères autorisés. J’ai donc souvent été amenée à raccourcir mes phrases, quitte à supprimer des informations, afin d’obtenir le résultat le plus concis et clair possible.

Je n’ai donc pas décidé de poursuivre cette expérience plus longtemps. Je voulais simplement savoir à quoi ressemblait le sous-titrage et je dois reconnaître que malgré sa complexité pour un débutant, l’exercice m’a bien plu.

Mon stage se terminant la semaine prochaine, j’en profiterai pour vous parler de ce que j’en retiens, dresser un « bilan » du stage en lui-même, de ce que j’en ai retenu, de ce qui m’a plu et de ce qui à mes yeux pourrait être amélioré.

 
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2010 01
juil

Plongée dans le tutorat

Plongée dans le tutorat


Deuxième épisode du journal de bord de tutorat de Clémence. Lire aussi : l’épisode 1.

Comme je l’ai déjà évoqué, c’est surtout le fait de prendre en compte l’ensemble de toutes les consignes propres à la traduction audiovisuelle qui représente pour moi la plus grande difficulté. A trop vouloir me concentrer dessus, j’ai pu oublier des règles que je suis censée maîtriser. Voilà le genre d’erreurs que j’ai commises et relevées après correction :

Il s’agit parfois de simples erreurs d’inattention, auquel cas je me suis laissée « piéger » par l’anglais et ai utilisé un vocabulaire imprécis, voire tout à fait inapproprié.

Dans le premier documentaire animalier que j’ai traduit apparaissait la phrase suivante : Its foot bones are adapted so it runs only on tiptoe. Alors qu’il était fait allusion à un guépard, je l’ai traduite par Les os de ses pieds font qu’il ne court que sur les pointes. Je savais évidemment que pattes aurait été bien plus adroit que pieds, il ne s’agissait là que de l’une des nombreuses erreurs d’inattention que j’ai faites.

Dans les quelques émissions que j’ai déjà traduites, j’ai bien sûr rencontré des termes qui m’ont posé davantage de problèmes. Étant donné mon manque d’expérience en traduction professionnelle, je n’ai pas tout de suite adopté les bons réflexes face à un terme inconnu, quel que soit son degré de technicité.

Pour reprendre l’exemple d’un animalier, je n’ai pas toujours su me référer aux sources adéquates pour trouver certains noms d’animaux. Face au terme anglais corn snake, j’ai testé à tout hasard le terme serpent des blés sur Google pour voir s’il existait en français. Il semblait effectivement être couramment utilisé et c’est donc pour lui que j’ai opté, sans chercher plus loin. Lorsque Christophe a relu mon travail, il m’a signalé que ça n’était pas le terme exact. Si j’avais cherché dans des sources plus sûres et plus précises, j’aurais certainement trouvé le nom correct.

A présent, afin de mettre le maximum de chances de mon côté, je cherche dans la mesure du possible dans des dictionnaires spécialisés, encyclopédies ou autres sites officiels tout terme qui me paraît relativement technique. Lors de la traduction d’une émission autour de l’exploration d’une épave, j’ai ainsi été amenée à consulter – entre autres choses – un dictionnaire technique maritime et les sites Internet du ministère de l’Ecologie et de la Fédération française d’études et de sports sous-marins.

Bien que je traduise uniquement des documentaires qui restent à ma portée, c’est-à-dire pas trop techniques et n’exigeant pas des recherches trop longues, j’ai tout de même rencontré des mots anglais dont je n’ai trouvé l’équivalent dans aucune des sources que je viens de mentionner. J’ai appris à surmonter cette difficulté, soit en poussant mes recherches plus loin, soit en optant pour un terme plus général qui m’évite toute faute de sens.

Par exemple, dans le documentaire dont je viens de parler, j’ai rencontré le terme maritime report. D’apparence simple, j’ai pensé le trouver rapidement en français. Ça n’a pas été le cas et sur les conseils de Christophe, je me suis « limitée » à l’expression documents maritimes. Ainsi, j’étais sûre de ne pas commettre de faux-sens.

Cette liste de difficultés n’est évidemment pas exhaustive mais au cours de mes relectures, je me suis aperçu qu’elles revenaient relativement souvent. Je pense qu’il est primordial d’y être confronté avant de se lancer dans la vie professionnelle, et si possible dans un autre cadre que le cadre scolaire, afin de mieux connaître ses faiblesses et d’éviter le maximum de pièges.

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2010 23
juin

A l’ATAA, nous réfléchissons depuis quelque temps à l’éventuelle mise en place d’une forme de tutorat pour les étudiants en formation à la traduction audiovisuelle pour pallier les stages souvent abusifs qui leur sont proposés dans les laboratoires de doublage/sous-titrage. Nous sommes cependant confrontés à plusieurs problèmes : difficulté de mise en place compte tenu des exigences administratives des universités (possibilité ou non de faire un stage auprès d’un indépendant, durée minimale…), fonctionnement quotidien (fait que nous travaillons à domicile, que nous avons une activité irrégulière, que nous travaillons pour la plupart seuls…), etc. Cette problématique m’intéressait et il se trouve que j’ai été contacté en début d’année par une étudiante de l’ISIT (Institut Supérieur d’Interprétation et de Traduction) qui souhaitait faire un stage de deux mois auprès d’un traducteur indépendant. Elle est avec moi depuis 15 jours et elle a gentiment accepté de nous faire part de ses impressions. Clémence, c’est son nom, nous adressera donc régulièrement par le biais du blog un billet d’humeur pour nous faire part des avantages/inconvénients de la formule que nous avons choisie, de ses impressions, de ses critiques, de ses coups de gueule et que sais-je encore. A bientôt !

Christophe Ramage

En 4e année à l’ISIT, je dois réaliser cet été un stage d’au moins huit semaines. L’année dernière, j’avais choisi une agence de traduction. N’ayant pas d’idée précise de la profession que j’aimerais exercer, bien que je tienne à travailler dans la traduction, il m’a semblé important de varier les expériences. J’ai évidemment beaucoup entendu parler du métier de traducteur indépendant au cours de mes études, sans jamais vraiment savoir à quoi m’attendre. Faire un stage auprès d’un traducteur indépendant était donc pour moi la seule façon de me confronter à des conditions réelles : surcharge ou manque de travail, gestion du temps, aspect administratif, etc.

Voilà deux semaines que j’ai commencé ce stage.  L’organisation est proche de ce à quoi je m’attendais : je travaille dans « mon » propre bureau sur une traduction que me confie Christophe, mais j’ai la possibilité de lui poser toutes les questions que je souhaite. Les premiers jours néanmoins, je n’ai pas eu le réflexe d’aller l’interroger régulièrement, et ai préféré garder tous mes doutes pour la fin. C’était sans compter sur le nombre de difficultés que j’allais rencontrer ! Ce n’est qu’une fois ma traduction corrigée que j’ai réalisé l’importance de demander de l’aide et résoudre régulièrement mes difficultés.

Ma première « mission » consistait en la traduction d’un documentaire animalier de 52 minutes déjà assurée par Christophe, qu’il m’avait mise de côté car elle était censée être simple. J’avoue pourtant, en bonne débutante, m’être un peu perdue dans toutes ces nouvelles consignes et recommandations. L’exercice de la traduction audiovisuelle étant tout nouveau pour moi, il a fallu que je mette en pratique toute une série de compétences auxquelles je fais peu souvent ou jamais appel.

D’abord, je ne suis pas réellement exercée à la compréhension orale. Même si mon oreille s’y est vite habituée, j’ai réalisé que cet enseignement n’était pas vraiment mis en valeur à l’ISIT.

Une fois le message compris, j’ai dû passer à la traduction. Une étape qui, théoriquement, ne devrait pas me poser trop de problèmes. Mais traduire tout en prenant en compte de nouveaux paramètres tels que la gestion du temps de parole, c’est bien différent de la traduction d’un simple texte à laquelle j’étais habituée.

Après lecture et correction de ma traduction, Christophe a passé plusieurs heures à m’expliquer mes erreurs (il faut dire qu’il y en avait…) J’ai ainsi pu mettre le doigt sur mes principales faiblesses : mauvaise présentation de la traduction, trop de répétitions, passages carrément oubliés, etc.

Il me paraît absolument nécessaire qu’un traducteur indépendant qui reçoit un ou une stagiaire soit en mesure de lui accorder une partie de son temps. Si un stage de ce type est idéal pour quelqu’un qui souhaite travailler dans des conditions de travail réel, il deviendrait vite inutile sans des corrections et un retour réguliers. Je me suis aperçu que je faisais rapidement fausse route en travaillant seule trop longtemps.

Depuis la semaine dernière, je traduis un autre documentaire animalier, lui aussi sur les serpents. Cette fois-ci, j’ai un délai à respecter : je dois avoir fini ma traduction dans deux jours, quand Christophe rendra son propre travail à son client. Evidemment, je me suis mise au travail bien plut tôt que lui. Le défi pour moi, c’est de mettre en application les leçons que j’ai retenues de ma première expérience audiovisuelle.

Je pense avoir déjà beaucoup insisté sur la nécessité de la disponibilité du traducteur qui prend un stagiaire. Mais je tiens aussi à souligner l’importance d’un tel stage, qui représente pour tous les étudiants en traduction l’unique moyen de se faire une idée du métier qu’ils envisagent de faire.

Clémence

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2009 21
sept

Voici donc le second volet de cette passionnante revue des choses à faire (et à ne pas faire) quand on débute, ou qu’on tente de débuter, dans la profession. Si vous n’avez pas lu le premier, c’est ici.

Un labyrinthe (le métier), un fil (l'Ataa)... et les dangers qui guettent

Un labyrinthe (le métier), un fil (l'Ataa)... et les dangers qui guettent

Dans les sociétés de postproduction qui commandent des traductions, on rencontre toutes sortes d’interlocuteurs, des gens charmants et honnêtes comme des personnages fort déplaisants. Voici dix phrases qui doivent vous alerter quant à la bonne foi et l’honnêteté de votre client. Notez que dans tous les cas, il est surtout question d’argent, car malheureusement, c’est bien souvent LA question qui fâche dans les relations entre auteurs de traductions audiovisuelles et laboratoires de postproduction.

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