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2014 10
juin

asif_logoL’ATAA débute cette nouvelle année d’exercice en s’associant aux Anglo Subtitlers in France (Asif), afin d’œuvrer dans une dynamique commune. L’un de leurs membres siège désormais au Conseil d’administration. La parole leur est donnée.

Asif (Anglo Subtitlers in France) est un regroupement informel de traducteurs anglophones travaillant en France, notamment sur l’adaptation de productions françaises pour les marchés anglo-saxons et internationaux. Il s’est constitué en avril 2014 pour contrer les tentatives des laboratoires de sous-titrage qui proposent aux producteurs des forfaits « tout compris », incluant l’adaptation.
Après une première tentative de résistance en 2013, lancée trop près du Festival de Cannes pour que l’on puisse y consacrer le temps nécessaire, l’action de 2014, déclenchée par le tarif dérisoire proposé à l’un des membres pour l’adaptation en anglais du dernier film de Claude Lelouch par l’intermédiaire d’Éclair Group, à été beaucoup plus concluante avec le lancement d’une lettre ouverte aux producteurs, signée par quelque 175 cinéastes français, leur demandant de continuer à traiter directement avec les adaptateurs et de rejeter les forfaits des laboratoires. Cette lettre ouverte a eu un certain écho dans la presse française et étrangère.
Par la suite, une action concertée et solidaire à la veille du Festival de Cannes a obligé une importante maison de production française à faire marche arrière après avoir lancé les travaux chez Titra Film avec un forfait « tout compris » et à négocier directement avec les adaptateurs.
Forts de nos succès, nous restons vigilants et déterminés à résister aux tentatives des laboratoires d’imposer aux producteurs et aux réalisateurs des traducteurs travaillant à des tarifs non professionnels. C’est pour nous le seul moyen de pouvoir continuer à réaliser des traductions qui rendront justice aux œuvres originales et permettront de les exporter dans de bonnes conditions. La plupart de nos membres font partie de l’ATAA et nous tenons à travailler main dans la main avec celle-ci.

En avril dernier, le collectif d’auteurs de sous-titrage anglophones, qui n’était pas encore Asif, a lancé une pétition qui a connu un retentissement inédit. Ce signal d’alarme a touché les professionnels du cinéma français et a donné lieu à des témoignages de respect comme on en avait rarement vu pour nos professions de l’ombre.
Ces témoignages sont allés droit au cœur de tous les traducteurs et adaptateurs de l’audiovisuel. Nous nous permettons de les reproduire ici, pour que tout un chacun puisse les découvrir.

Un traducteur ne travaille pas « à la chaîne ». Il est une véritable interface culturelle entre votre patrimoine et le reste du monde. À ceux qui veulent forfaitiser leur travail, je propose d’ouvrir un dictionnaire et d’y découvrir l’autre sens du mot « forfait » : « Faute grave, sortant de l’ordinaire, commise de façon audacieuse, et paraissant plus monstrueuse du fait de la qualité de son auteur ». Continuons comme ça et bientôt ce sera Google qui sous-titrera nos films. René Manzor

J’ai pour chaque film l’obsession de la traduction juste, si importante pour rendre compte avec précision et finesse les dialogues de nos films. C’est le premier acte de respect que l’on doit à ceux qui sont filmés. Selon le budget du film, j’ai pu à chaque fois négocier de gré à gré avec le traducteur que je désirais. Cette relation est très importante pour la qualité du travail. Nous savons bien où conduit ces tentatives constantes de paupériser le travail et d’affaiblir leur capacité à se consacrer à fond à leur travail. Il en résulte une baisse de qualité et l’affadissement in fine de l’œuvre, sans parler même des questions éthiques que posent forcément toute tentative de traduction. Ce n’est pas innocent de traduire. A tous les échelons de nos métiers, nous sommes confrontés aux mêmes tentatives qui ne tiennent pas compte de la spécificité de ce qu’est et doit rester le cinéma. Un travail artisanal qui a besoin à toutes les étapes de sa fabrication de l’engagement personnel de chacun des métiers auxquels il fait appel. Vous avez raison de résister. Merci à vous. JP Duret

Mes trois films ont été traduits par la même personne, en qui j’ai désormais toute confiance. Comme tous les autres membres de l’équipe d’un film, je pense qu’il participe artistiquement au résultat, et je tiens à sa sensibilité. Je ne voudrais pas perdre cette relation de confiance. Eleonore Faucher

Les traducteurs sont des auteurs au service d’autres auteurs. C’est une corporation indispensable à l’outil cinématographique. La sacrifier au noms de pratiques commerciales est dangereux pour nos films. Lorraine Lévy

Un bon film mal traduit devient un film quelconque. Ne laissons pas nos films se faire traduire au rabais. Patrice Leconte

Mon traducteur est le garant de ma singularité. En tant que tel, je me battrai toujours auprès de mes interlocuteurs pour le choisir et le garder à mes côtés. Arnaud des Pallières

Un traducteur, c’est un allié hyper important, un collaborateur précieux, ça ne s’échange pas comme un kleenex. La traduction c’est la parole, l’âme du film… Catherine Corsini

Les sous-titreurs sont des artistes à part entière, des traducteurs, des écrivains. S’ils disparaissent, si leur travail est méprisé et bradé, c’est tout le rayonnement à l’étranger de la culture cinématographique française qui sera atteint. Coline Serreau

Touche pas à mon sous-titreur ! Il a un métier, un savoir faire unique, comme moi, c’est un artisan, il transporte les mots et une part du sens de mon film a travers le monde. Jan Kounen

Traduction, adaptation, moment essentiel de la mise au monde d’un film. Bonheur d’avoir à nos côtés des artisans formidables. Colère de voir leur travail bafoué. Michel Spinosa

La traduction et le sous titrage, font partie intégrante de l’écriture cinématographique. Absolument et définitivement. Adapter et transmettre la langue d’un film est un métier, une qualité qui ne s’improvise et ne se brade pas ! Hélier Cisterne

Il suffit de voir la pauvreté des sous-titres que l’on trouve aujourd’hui sur Internet pour mesurer l’importance de faire appel à de « vrais » traducteurs pour nos projets artistiques… De tout cœur avec vous dans ce combat. Benoît Cohen

Les films portent une parole. Toujours. Les mots doivent être justes ou c’est toute la richesse et la singularité des personnages qui se perdent. A quoi bon montrer les films ailleurs que dans les pays francophones si c’est pour les montrer amputés. Si seul le coût compte, autant s’en remettre à REVERSO ! Lucas Belvaux

Le sous-titrage est encore une écriture, l’ultime, même… Ce n’est pas qu’un truc technique de labo ! Vincent Garenq

Encore un grand merci à tous ces grands noms du cinéma français d’avoir signé cette pétition et montré l’importance qu’ils accordent au sous-titrage de leurs œuvres, dont la qualité, comme nous le disons toujours, participera à leur succès.

2014 01
juin

Couverture n° 3 pour tw fb

Le troisième numéro de L’Écran traduit, la revue de l’ATAA consacrée à la traduction et l’adaptation audiovisuelles, vient de paraître ! Il est consultable à l’adresse suivante : http://ataa.fr/revue/


Au sommaire de ce numéro :

- Un dossier sur les débuts dans le métier
- Pour une critique grand public des traductions audiovisuelles
- Le doublage et le sous-titrage vus par Georges Sadoul
- Le générique parlé de l’Othello d’Orson Welles
- De nouvelles formes de doublage à la télévision italienne
- Poto, Cabengo et les sous-titres

Sont toujours consultables dans la rubrique Archives les deux premiers numéros, ainsi que la republication du livre de Simon Laks Le Sous-titrage de films, dans le hors-série n° 1.


Bonne lecture !


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2014 23
mai

Le paysage audiovisuel français a reçu dernièrement deux coups de semonce. Comment, vous n’êtes pas au courant ? Ce cher monsieur PAF serait souffrant, fiévreux, à l’agonie, peut-être, et on ne vous aurait rien dit ? C’est que pour l’instant, ça ne se voit pas. D’ailleurs, le malade n’a rien senti. Il marche et fait le beau comme si de rien n’était. Ça, c’est moins rassurant.

C’est que le mal vient par les extrémités, il touche pour l’instant le bout de la chaîne, la post-production. Et en premier, ceux qui sont tout au bout du bout de la chaîne. Les traducteurs, par exemple.

Le Festival de Cannes et TV5 Monde sont deux des plus beaux habits de notre PAF. Ils portent haut et fort la voix de la culture française dans ce qu’elle a de meilleur et de plus noble : l’ouverture au monde, l’échange, l’ardente défense de l’exception culturelle, c’est-à-dire, rappelons-le, l’idée que ce qui relève de la culture ne devrait pas être soumis aux lois du marché.

Mais que s’est-il donc passé ? Une peccadille. Les traducteurs qui œuvrent régulièrement pour ces deux institutions se sont vus signifier qu’on pouvait désormais se passer de leur travail. Pas de leur personne, mais bien de leur travail. Car lorsqu’on divise la rémunération d’un professionnel confirmé par quatre ou cinq, comme veulent le faire les prestataires de sous-titrage du Festival de Cannes, ou par deux, dans le cas de ceux de TV5 Monde, jusqu’à la réduire à une portion tellement congrue que votre ado de 15 ans n’en voudrait même pas comme argent de poche, on dit bien que son activité ne mérite pas salaire, et donc qu’elle est accessoire.

« Révéler et mettre en valeur des œuvres pour servir l’évolution du cinéma, favoriser le développement de l’industrie du film dans le monde et célébrer le 7e art à l’international » c’est la vocation du Festival de Cannes. Mais comment révéler une œuvre, comment juger de sa richesse et de sa complexité quand les producteurs, les distributeurs ou les vendeurs internationaux présentent des films traduits au rabais ?

« TV5 MONDE revendique des contenus universels, porteurs de sens et de valeurs humanistes, et privilégie la qualité, l’innovation, la découverte dans le choix et la conception de ses programmes », dit le site de la chaîne. Devra-t-elle bientôt ajouter : « En revanche, la qualité des sous-titres qui permettent de transmettre ces contenus ne nous concerne pas » ? C’est une possibilité.

Notre PAF a avalé la mauvaise potion, celle de la concurrence déchaînée. A présent, d’inquiétants symptômes apparaissent, tout son corps est secoué de soubresauts. Chacun tâche de se sauver en sacrifiant plus petit ou plus faible que lui. En réalité, il supprime ce faisant un maillon essentiel de la chaîne. Pris à la gorge, les prestataires techniques n’ont d’autre choix que de s’entretuer pour survivre et ils naviguent à vue, coupant ce qu’ils peuvent couper. Les sociétés emblématiques telles que Titra ou LVT/CMC vacillent. Elles licencient à tour de bras, perdant ainsi leurs meilleurs éléments et tout leur savoir-faire. D’autres, comme LTC, ont déjà mordu la poussière.

La gangrène n’est visible qu’aux extrémités, mais le cœur est déjà atteint. En vérité, la guerre destructrice que se livrent les laboratoires de post-production menace en ce moment même de faire une nouvelle victime, et non des moindres, la raison d’être du Festival de Cannes et de TV5 Monde.

Allô, docteur ? J’ai mal à mon rayonnement culturel !


Qui sont donc les petits bonshommes écrabouillés sous les labos ?

Qui sont donc les petits bonshommes écrabouillés sous les labos ?

2014 02
mai

Suite à un article publié dans le numéro d’avril du journal Le Monde diplomatique, intitulé « Sous-titrage en série » et qui faisait l’éloge du fansubbing, l’ATAA et le SNAC ont joint leurs efforts afin d’envoyer une réponse à la rédaction, publiée dans son intégralité ci-dessous.
Les parties en gras ont été publiées en tête du courrier des lecteurs du Monde diplomatique de mai, en kiosques depuis fin avril.

L’ATAA (Association des traducteurs-adaptateurs de l’audiovisuel) et le SNAC (Syndicat national des auteurs et des compositeurs) souhaitent réagir à la parution de l’article « Sous-titrage en série », rédigé par Mélanie Bourdaa et Mona Chollet, dans votre numéro d’avril 2014.

Le titre même de cet article est révélateur de son esprit. Il fait référence à un travail à la chaîne, alors que l’écriture d’une adaptation est un travail d’auteur.

Les rédactrices de ce texte décrivent de façon élogieuse la pratique du « fansubbing », dont l’appellation recommandée au Journal officiel est « sous-titrage sauvage ». Cet article ne nous surprend pas. Il est le plus récent de plusieurs textes publiés ces dernières années dans la presse quotidienne ou hebdomadaire, généraliste ou spécialisée cinéma, témoignant d’un engouement, voire d’une fascination, de la recherche universitaire pour l’activité des fansubbers. Les auteurs de cet article ont le mérite d’indiquer que « ce travail […] n’est pas toujours apprécié des professionnels », sans toutefois permettre à ces professionnels de s’exprimer sur le sujet. Le seul point de vue en la matière fourni par l’article est celui des amateurs eux-mêmes, qui ajoutent leurs propres éloges à ceux des rédactrices. Il nous semble que par souci d’équilibre, vos lecteurs pourraient maintenant apprécier que les traducteurs reviennent sur un certain nombre des faits exposés dans cet article.

Le « sous-titrage sauvage » est illégal. Ce point est trop rapidement évacué dans l’article. Le Code de la Propriété Intellectuelle interdit la diffusion de toute traduction effectuée sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit (article L 122-4). Pour une publication dans un journal comme Le Monde diplomatique, il nous semble nécessaire que les informations soient claires. En effet, les signataires de l’article auraient pu préciser que pour cette pratique illicite, les contrevenants encourent des peines. Il s’agit du délit de contrefaçon (articles L.335-1 et suivants, passible de 2 ans de prison et de 300 000 € d’amende). Il est également regrettable de faire la promotion de sites illicites et des logiciels concernés, en les accompagnant d’un mode d’emploi technique facilitant le téléchargement illégal des œuvres audiovisuelles.

Le sous-titrage est un métier pratiqué par des traducteurs ayant la statut de créateurs d’œuvres de l’esprit, le plus souvent détenteurs d’un Master professionnel en traduction, et qui sont aussi des sériephiles et des passionnés. L’article publié ne prend pas la peine de décrire le travail des professionnels, comme si le mode de fonctionnement des fansubbers était la norme. Or faire croire que n’importe qui peut sous-titrer un épisode de série de façon satisfaisante, sans connaissances professionnelles et au mépris des règles de l’art, a clairement pour conséquence de dévaloriser cette profession, aux yeux des donneurs d’ordre comme de l’opinion publique.

Un vrai sous-titrage suit des normes et une méthodologie qui sont le fruit de quatre-vingts années de réflexion et d’études (notamment : deux lignes maximum de 36 ou 37 caractères chacune, un temps de lecture suffisant, soit 12 à 15 caractères par seconde d’apparition du sous-titre, pas plus). Il faut savoir intégrer aux sous-titres, de façon lisible, toutes les informations nécessaires à la compréhension des dialogues et du contexte culturel, sans recourir aux crochets ou à un fichier à part. C’est pourquoi un sous-titrage est nécessairement une adaptation : tout professionnel le sait, on traduit du sens, et pas seulement des mots. La traduction soi-disant plus fidèle des fansubbers, qui plus est souvent truffée d’imprécisions, de contresens, d’anglicismes et de fautes de français, dessert au contraire gravement les œuvres, leurs auteurs et surtout les spectateurs, qui croient comprendre les dialogues mais passent à côté de leur richesse et de leur complexité. Aussi nous a-t-il paru pour le moins choquant et paradoxal de lire sans aucun contrepoids intellectuel, dans un journal exigeant comme Le Monde diplomatique, une apologie d’une pratique qui nuit à la bonne réception des œuvres audiovisuelles.

« Pas sûr que [l’offre légale] permette de rivaliser avec les amateurs anonymes qui […] offriront des versions sous-titrées en un temps record » ? La diffusion par des chaînes françaises dès le lendemain soir de la diffusion américaine (et même dans certains cas la mise à disposition en VOD dès l’après-midi), c’est-à-dire de fait en US+16 ou 17 H si l’on prend en compte le décalage horaire, est un délai record pour une offre professionnelle et légale de sous-titres de qualité. Pour information, les traducteurs professionnels de l’audiovisuel ne sous-titrent pas un épisode en une nuit : ils reçoivent les épisodes deux à trois semaines avant la diffusion américaine, ce qui leur donne le temps de travailler dans des conditions professionnelles, afin de fournir une adaptation de qualité. En effet, il faut généralement une semaine à un traducteur pour adapter un épisode en sous-titrage, travail qui s’effectue toujours seul par souci de cohérence.

Ensuite, rappelons que c’était l’absence d’offre légale qui justifiait jusqu’à présent l’existence du fansubbing aux yeux des défenseurs de cette pratique et des fansubbers eux-mêmes. Pourquoi un tel mépris de cette offre légale maintenant que les chaînes et les professionnels se sont adaptés à la demande ?

Donner l’exemple de Game of Thrones est facile. Bien sûr, la série la plus vue du moment peut s’enorgueillir de « faire le buzz » par son nombre de téléchargements sans perdre de recettes. Qu’en est-il de productions plus fragiles ou confidentielles, qui risquent de voir leur audience « légale », télévisuelle, gravement tronquée par le téléchargement illégal ? Comme le souligne très justement un confrère traducteur de l’audiovisuel dans un article paru dimanche 6 avril dans un hebdomadaire TV : « Les fans ont créé la demande, les fansubbers ont pris les choses en main pour combler un manque. À chacun aujourd’hui de jouer le jeu. Aux adaptateurs professionnels de se plier aux contraintes de l’US+24, aux chaînes et aux diffuseurs d’étoffer les propositions avec une vraie qualité technique et une rémunération correcte des auteurs de sous-titres… et aux fans d’utiliser les offres légales ! »

Le fansubbing alimente une logique du « tout gratuit » et du « tout, tout de suite » qui va à l’encontre du respect des professionnels de la culture et des œuvres elles-mêmes. Habituer le public à une qualité médiocre de sous-titrage (on entend trop souvent dire : « Oui, les fansubs sont pleins de fautes, mais ce n’est pas grave, puisque c’est gratuit » !), encourager le piratage, tout cela a peu de chances d’aboutir à un enrichissement satisfaisant de l’offre légale, pour les utilisateurs comme pour les prestataires. Le risque est bien plus de finir par décourager les chaînes et les éditeurs DVD d’investir sérieusement dans la diffusion des séries dont ils rachètent les droits pour la France, puisque cette phase de la vie des œuvres pourrait être à l’avenir complètement dépréciée.

Les professionnels de la traduction contribuent à sauvegarder les œuvres de l’esprit que ce système risque de transformer en simples produits de consommation de masse. Nous savons que la volonté du Monde diplomatique est d’accompagner les efforts des acteurs culturels pour sauvegarder et faire vivre la culture et sa diversité. Nous espérons donc que vous donnerez un écho à cette lettre commune de deux organisations professionnelles unissant les auteurs de ces secteurs. Dans un contexte de remise en cause de la propriété intellectuelle par le piratage musical, par l’explosion de la presse gratuite et par les grands groupes industriels cherchant à prendre le contrôle de l’édition, la précarisation du métier d’auteur et le non-respect des œuvres originales favorisés par la pratique du sous-titrage sauvage rejoignent l’enjeu plus global de la défense du statut d’auteur et de la marchandisation des œuvres culturelles au détriment de leur qualité.

Les traducteurs-adaptateurs professionnels de l’audiovisuel doivent en effet faire face à une importante chute de leurs tarifs et à des conditions de travail de plus en plus difficiles depuis quinze ans. Vous trouverez un état des lieux précis de la profession sur le site de l’ATAA (www.ataa.fr). N’hésitez pas à nous contacter si vous voulez en savoir plus.

Juliette De La Cruz, présidente de l’ATAA
Emmanuel de Rengervé, délégué général du SNAC

2014 30
avr

Séries ManiaComme nous l’annoncions sur ce blog en fin de semaine dernière, une table ronde sur le sous-titrage de séries, intitulée « Sous-titrer en 24h chrono : coulisses d’une performance »,  se tenait le lundi 28 avril, dans le cadre du festival Séries Mania au Forum des Images.

À la table, deux traductrices-adaptatrices professionnelles, Sabine de Andria et Anaïs Duchet, membres du Conseil d’Administration de l’ATAA, mais aussi une « sous-titreuse amateur » refusant l’appellation de fansubbeuse, Dorothée Trujillo, de la team La Fabrique. La discussion était animée et modérée par Erwan Desplanques, journaliste de Télérama.

Face à un public nombreux, les discussions ont été parfois tendues mais sont restées cordiales, et une large place a été accordée au travail des professionnels, l’occasion de mettre en lumière ce métier de l’ombre tout en faisant œuvre de pédagogie.

Les débats étaient retranscrits en direct par Twitter par plusieurs comptes, dont celui de Séries Mania, et plusieurs comptes rendus des discussions ont été mis en ligne :

- un sur le site de Séries Mania : http://series-mania.fr/actualite/compte-rendu-titrer-en-24h-chrono-coulisse-dune-performance/

- et un autre sur le site Daily Mars : http://www.dailymars.net/sous-titrage-series-mania/ ainsi qu’un compte rendu audio (premières minutes du fichier) : http://www.dailymars.net/invasion-martienne-a-series-mania-episode-7/

2014 24
avr

35786-prog-sm5Dans le cadre du festival Séries Mania, au Forum des Images, une table ronde se tiendra lundi 28 avril à 14h30 sur le sous-titrage de séries, au titre volontairement provocateur (« Sous-titrer en 24h chrono : coulisses d’une performance » !).

Deux traductrices-adaptatrices professionnelles, membres du Conseil d’Administration de l’ATAA, seront autour de la table pour parler du métier, de ses spécificités et de ses difficultés, face notamment à une fansubbeuse. La discussion sera modérée par le journaliste de Télérama Erwan Desplanques, qui a signé la semaine dernière un article faisant l’état des lieux du sous-titrage de séries en France, avec les contraintes nouvelles de la diffusion dite en US+24.
L’article est accessible en ligne à cette adresse : http://www.telerama.fr/series-tv/leur-mission-traduire-les-series-en-24-heures-chrono,111161.php

Si vous souhaitez assister à cette table ronde, vous pouvez retirer vos places (gratuites) directement au guichet du Forum des Images (tous les jours à partir de 10h) ou réserver en ligne ici (avec retrait obligatoire au guichet au moins 15 minutes avant l’heure de début).

Venez nombreux !

2014 08
avr

hollywoodreporter Un gros pavé dans la mare.

Le « Hollywood Reporter » se fait l’écho d’une pétition signée par une cohorte de réalisateurs français en faveur d’un sous-titrage de qualité.
Près de 200 personnalités du cinéma ont signé cette pétition lancée à l’initiative des auteurs de sous-titrage anglophones qui font connaître nos films dans le monde entier.

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2014 05
avr

Un article de TV MagIncroyable mais vrai, un article sur le sous-titrage de séries destiné au grand public qui évoque en toute simplicité et sans effet de manche le métier de traducteur de l’audiovisuel, ses contraintes, ses problématiques, ses joies…

Informatif, efficace, et avec de vrais morceaux d’Ataa dedans !

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2014 26
mar

Aujourd’hui, cinquième et dernière partie de la saga de la détection, par Yves Jeannes.
Si vous avez manqué le début, la première partie se trouve ici.

Et pour télécharger l’ensemble de l’article en pdf, c’est ici.

1) Rythme de travail, détection et logiciels
2) Avenir, codes, conventions et qualité de travail

1) Rythme de travail, détection et logiciels

Un détecteur consciencieux détecte une moyenne de 10 à 15mn par jour, parfois 20 min (selon la densité des dialogues, ambiances), pour une journée de 7 heures. Faire un travail de qualité demande du temps. Pour détecter 20 à 40min par jour, il faut obligatoirement faire des concessions sur la synchro, faire des oublis ou être capable de travailler 16 heures d’affilée.

Actuellement, le paiement à la bobine (10mn de film) ou à la minute privilégie la vitesse, le manque de rigueur. On voit se développer un marché des travaux de détection payés « au noir ». Les détecteurs sont payés de cette façon par des adaptateurs, majoritairement, qui acceptent des forfaits adaptation/détection. (Ce qui augmente la précarité des détecteurs.)

Il existe également des détecteurs cumulant l’intermittence et l’auto-entreprenariat. Il y a peu de détecteurs en CDI et il reste 1 ou 2 détecteurs indépendants. Je rappelle que le détecteur est principalement un intermittent du spectacle. Si le statut d’intermittent du spectacle disparaît, il restera peut-être quelques détecteurs en CDI, mais pas un assez grand nombre pour assurer le volume de travail. La quasi-totalité des détecteurs disparaîtra.

Les adaptateurs/détecteurs sont généralement rémunérés, pour leurs travaux techniques de détection, en salaire ou «avance de droits d’auteur».

Les logiciels ne permettent pas, pour l’instant, de détecter plus vite ! Le détecteur peut espérer, dans le meilleur des cas, retrouver son rythme de travail par rapport au traditionnel. (Ceux qui arrivaient à détecter 30 à 70min par jour en traditionnel ont plus de difficultés à retrouver ce rythme.)

Ces logiciels n’en sont qu’à leurs prémices de développement. Leurs premières versions n’étaient pas faites pour un vrai travail de détection. Les outils et conventions sont nivelés par le bas. Les détecteurs se sont intéressés aux cahiers des charges pour préserver leur métier.

Aujourd’hui, nous savons que les logiciels peuvent détecter les changements de plan (en partie) et faire une pré-détection au son. Ce n’est qu’un problème de coût de création d’outil, de temps et de demande des entreprises. Il y a des contraintes liées aux fichiers audio, pistes éclatées ou stéréo, overlaps, ambiances, doubles, postsynchros… Il sera possible de faire conformer directement la rythmo par le soft. Il faudra, comme dans le cas d’une pré-détection au son, quelqu’un pour vérifier le rendu logiciel, mais pas nécessairement un détecteur. Et tout ceci ne sera qu’une étape de l’évolution technologique.

Je vous rappelle qu’il y a encore 3 ans, tout le monde pensait qu’il serait impossible de se servir des logiciels pour le 35 et la postsynchro !


2) Avenir, codes, conventions et qualité de travail

Le milieu professionnel du doublage s’est dirigé vers une généralisation des qualités multiples de travaux de la détection, selon les différences de budgets. Une tolérance à « l’à peu près »synchrone, bouclage, etc.

Un « à-peu-près » généré par des détecteurs et adaptateurs mal formés ces dernières années. Bien évidemment, ils ne travaillent pas avec l’intention de mal détecter (enfin, je l’espère). Leurs travaux étant validés, ils sont persuadés de travailler correctement et d’avoir les compétences pour exercer ce métier. Ce qui n’est majoritairement pas le cas !

Demander ou imposer aux adaptateurs de faire leurs propres détections n’est pas la panacée. Et le premier bilan est plutôt négatif en termes de qualité de travail (si les professionnels estiment qu’il y a encore lieu d’avoir cette qualité). Pour l’instant, ces adaptateurs/détecteurs travaillent en majorité sur des séries, soaps opéra (montages et scénarios identiques d’un épisode à l’autre), donc sur des éléments ne demandant qu’une partie des compétences et connaissances de la détection. (Peu de cas particuliers…)

Que se passera-t-il quand ces personnes seront confrontées à des projets plus complexes ?

Depuis que les séries sont arrivées en quantités, pour effectuer ce volume de travail toujours plus important, on a dû former de plus en plus rapidement et en nombre les détecteurs et les adaptateurs. Tout le monde pouvait avoir accès au milieu professionnel du doublage. Il suffisait de connaître quelqu’un qui y travaillait.

La perte des connaissances des techniques de détection dans le milieu professionnel du doublage est aujourd’hui évidente et problématique. Ce n’est pas uniquement le résultat d’un problème économique, mais également lié à des problèmes de communication et à l’arrêt de la transmission des savoirs au sein de la profession (peu d’adaptateurs, de chargés de production ou de clients sont au courant de ce qu’ils sont censés attendre d’une détection ou du détecteur). Nous parlons de connaissances techniques de codes et de conventions datant de plus de 40 ans.

Ne connaissant plus ces codes et ces conventions, on en réinvente de nouveaux, ce qui crée une incompréhension, des conflits, affecte la qualité de travail et génère des pertes de temps importantes.

Les délais de livraison étant de plus en plus courts, les compétences des personnes formées ces dernières années (adaptateurs, détecteurs) auraient dû être plus élevées qu’elles ne le sont actuellement.

Comme nous l’avons vu, il est toléré de ne plus mettre le texte VO, les vagues, les respirations et les réactions synchrones (dans certaines limites, mais quelles sont-elles ?), que cela n’empêche pas un enregistrement ni une bonne adaptation.
Le principe de base de la détection est simple : vous êtes synchrone ou non ! Si la détection n’est pas faite avec rigueur, elle n’a plus de sens, ni lieu d’être.

Tout le monde ne peut pas faire de détection ! Certains stagiaires abandonnent après la formation. Ils prennent conscience de la difficulté de réaliser un travail de qualité, de la somme des connaissances à acquérir pour exercer ce métier.

Le rôle du détecteur était et est toujours d’aider l’adaptateur, d’anticiper, d’alerter la société de doublage sur les différents problèmes rencontrés (problèmes liés aux overlaps de langues multiples, aux raccords de voix, VI, optionnels, phonétique), permettre la préparation du plan de travail d’un enregistrement via le bouclage, le croisillé, envoyer à l’aide de codes et de conventions des informations au plateau d’enregistrement.

J’aimerais pouvoir demander aux adaptateurs et aux directeurs de plateau de redéfinir les codes de la détection pour que tout le monde puisse enfin parler la même langue. Une utopie. Mais toutes les tentatives d’uniformisation des conventions de la détection ont été systématiquement tirées vers le bas. Peut-être un type de détection, une convention définie et claire par entreprise ? Cela aurait au moins le mérite de faciliter la compréhension et de pallier le manque de communication ?

Les évolutions seront peut-être le développement des logiciels, de nouvelles techniques de doublage sans détection ou la multiplication des versions sous-titrées, selon les budgets ? A suivre…

Cette année (2014), beaucoup de détecteurs vont rencontrer des difficultés à obtenir leur statut d’intermittent. Ils devront penser rapidement à leur reconversion.

Pour les détecteurs qui essaieront de passer à l’adaptation, je leur souhaite bon courage!
Pour ceux qui pensent que monteur de synchro (flux) est un métier d’avenir : détrompez-vous ! Former un monteur est un apprentissage très long ! Le temps imparti à cette étape est réduit à peau de chagrin !
Pour l’instant, il y a encore (pas suffisamment, j’en conviens) de bons détecteurs. Encore faut-il savoir apprécier leur travail. Encouragez-les, respectez-les. Un peu de valorisation n’a jamais nui, bien au contraire. Et, bien évidemment, il y a encore des professionnels qui travaillent correctement, avec compétence et bienveillance dans le doublage…

« Puis, à l’aube du troisième jour, Dieu, pour punir le détecteur,
créa en nombre les séries télévisées. »


Yves Jeannes
(yvesjeannes |at| orange.fr)

Je remercie tous les professionnels du doublage et de la postsynchronisation qui m’ont aidé, permis de faire ce constat et ont supporté mes histoires de détecteur !

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2014 24
mar

Aujourd’hui, Yves Jeannes aborde l’un des problèmes cruciaux que rencontre la détection, celui de la transmission des connaissances.
Si vous avez manqué le début, c’est ici :
1) Les trois différentes techniques de détection actuellement utilisées dans le doublage
2) Codes et conventions basiques de la détection
3) Les années 80 et 90


Transmissions des connaissances et formations,
ces quatre dernières années



1) Les détecteurs et adaptateurs/détecteurs formés ces quatre dernières années à la détection.

2) Former à la détection aujourd’hui (aux trois techniques de détection)



1) les détecteurs et adaptateurs/détecteurs formés ces quatre dernières années à la détection

Un grand nombre de personnes a été formé à la détection ces quatre ou cinq dernières années (calligraphes et autres). Le constat est sans appel ! Nous nous retrouvons avec des personnes travaillant depuis des années qui n’ont pas les connaissances et la rigueur nécessaire pour exercer le métier technique de la détection.

Proposer aux calligraphes (par exemple) une reconversion à la détection était une bonne idée. Une fois que vous perdez votre statut d’intermittent, vous vous retrouvez rapidement dans la précarité. Mais il n’y a pas eu de « suivi » mis en place post-formation par les formateurs, alors qu’ils sont indispensables pour former quelqu’un à la détection.

Privées de retours* constructifs, ces personnes s’auto-forment avec tout ce que cela peut impliquer d’incompréhensions et de lacunes… (Certains nouveaux détecteurs sont très appliqués, mais faute de suivi, ils répètent systématiquement les mêmes erreurs, souvent sur des basiques.).

Généralement, les adaptateurs et les directeurs de plateau ont des délais très serrés pour effectuer leurs travaux et se retrouvent dans l’impossibilité de prendre le temps de faire corriger une détection. Ils font avec ce qu’ils ont. Certains arrivent quand même à obtenir que le bouclage soit refait. (Un mauvais bouclage entraîne des problèmes pour l’organisation du plan de travail, les convocations des comédiens, l’enregistrement.)

Je n’ai, pour l’instant, vu aucune détection (partie projetée) faite par un adaptateur formé ces 4 ou 5 dernières années qui puisse ressembler à un travail professionnel. (Adaptateur issu des facultés ou autre.)

Si après de tels propos certains veulent me provoquer en duel, sachez que mon arme est la rythmo, que je ne me base pas sur des « on-dit », mais sur du concret !

*Les retours d’adaptateurs et de directeurs de plateaux : ils sont fondamentaux, indispensables. Sans ces retours, il est impossible de former un bon détecteur. Tous les détecteurs commettent des erreurs ! Il faut se rendre compte de la quantité d’informations envoyées, du nombre important de cas particuliers. L’expérience du détecteur minimise ces erreurs, d’où l’importance de ces retours d’informations et de l’acquisition d’une méthode, d’une rigueur de travail. Il faut que ces retours soient fondés et expliqués. Pour cela, il faut connaître la détection et savoir ce que l’on est censé attendre d’une détection ! Le détecteur doit se corriger en tenant compte des retours et bénéficier des expériences des différents professionnels du doublage ! Parfois, il faut accepter de se faire remonter les bretelles, cela fait partie de tout apprentissage.
Hélas, les adaptateurs ne sont pas tous bienveillants. Le détecteur peut être facile à utiliser comme bouc émissaire. Le détecteur doit apprendre à travailler dans un milieu délétère, chacun essayant de préserver son pré carré.

2) Former à la détection aujourd’hui (aux trois techniques de détection)

Je peux comprendre qu’une personne ayant les moyens et désirant se faire plaisir s’offre un stage comédien de doublage avec des professionnels, mais se faire plaisir avec une formation à la détection relève de la perversion (humour de détecteur).

- Les formations dites « sur le tas » : devenues inexistantes, faute de disponibilité des professionnels.
- L’auto-formation : miracle de l’évolution du doublage. Elle concerne principalement des adaptateurs acceptant de faire leur propre détection et travaillant sur des séries à petit budget, sans ou peu d’exigence de qualité de travail. Il faut simplement accepter de travailler pour des tarifs très bas.
- Les organismes de formation : Les formations à la détection via des organismes avec (ou non) prise en charge du coût de formation par un organisme payeur existent depuis une vingtaine d’années. Ce sont essentiellement des initiations à la détection.

Rappel : Le fait qu’un organisme de formation propose des formations prises en charge par un ou des organismes payeurs ne prouvent en rien les compétences de l’organisme et du formateur, de la pédagogie mise en place, du bien-fondé du plan de formation, ainsi que son application et sa compréhension par lesdits organismes et formateurs.

a) Formation aux techniques dites « traditionnelles » et « à vagues »

Peu, voire plus aucune personne débutante ne sera formée à ces techniques ou alors, ce seront des compléments de formation concernant les personnes déjà en activité.

Si vous n’êtes pas un professionnel du doublage, si vous n’avez jamais fait un tant soit peu de détection, assistez à des enregistrements. Si vous n’avez pas de contact avec une entreprise ou un projet professionnel solide, ne vous endettez pas pour faire une formation au métier de détecteur. Vous allez avoir beaucoup de difficultés à trouver du travail.

Il n’est pas possible de former plus de 1 ou 2 stagiaires en même temps ! (Et il faut 2 candidats d’un même niveau !)

Le formateur doit faire des corrections constantes pour l’apprentissage de la pose de texte VO synchrone et des signes (c’est la partie la plus lourde de la détection, elle détermine le rythme de travail du détecteur payé à la bobine ou à la minute). Il doit favoriser la compréhension des éléments d’un enregistrement, apprendre à distinguer les sons à vitesse intermédiaire, des sons déformés (la détection ne se fait pas à vitesse nominale), entendre les attaques de certains sons, différencier les personnages dans des ambiances chargées et attribuer les bons dialogues, apprendre à détecter sans le son, savoir gérer de petites conformations… Le stagiaire doit apprendre les 3 méthodes de détection !

Au terme de la formation, la personne doit pouvoir enchaîner sur un travail professionnel, être capable de faire un 40mn en 8 ou 10 jours, sinon la formation ne sert à rien ! Elle doit être consciente de l’importance de la « deadline » de livraison et pouvoir travailler sous pression pour acquérir le rythme supplémentaire nécessaire (ne pas oublier que le détecteur de doublage est payé à la minute ou à la bobine). Il lui faut également trouver une entreprise capable d’offrir des délais de rendu de travail raisonnables !

Il est important que le formateur reste disponible post-formation et il doit maîtriser l’ensemble des connaissances du métier de détecteur…

b) Formation à la détection dite « simplifiée »

Plus «rapide» à apprendre, puisqu’elle ne concerne pas la partie lourde de la détection (la mise en place synchrone de tout le dialogue VO, la totalité des vagues). Sinon, ce sont les mêmes connaissances et compétences que celles exigées pour les détections traditionnelles et à vagues.
Pendant la formation, le formateur doit faire des corrections constantes, voir les cas particuliers les plus communs, la répétition journalière des codes et conventions pour l’apprentissage de cette technique de détection. Il n’est donc pas possible de former plus de 1 ou 2 stagiaires en même temps !! Il faut 2 candidats d’un même niveau ! Il est préférable que l’organisme fasse passer un test ou un entretien au candidat, afin d’évaluer au mieux ses prérequis et de lui proposer une formation adaptée.

Il est important que le formateur reste disponible post-formation, s’assure de l’acquisition des connaissances après le corps principal de la formation (via, par exemple, un test effectué à distance de la formation. En fonction des résultats de ce test, le stagiaire peut se voir proposer un suivi), jusqu’à la validation, par une entreprise, du transfert des acquis en situation professionnelle. (Type de mise en place se rapprochant le plus de ce qui existait dans le milieu professionnel.)

Le candidat doit avoir un projet professionnel.

Malgré toute cette mise en place, vous ne pouvez pas être certain que la « personne formée » puisse réaliser un travail de qualité. Tous les détecteurs vous confirmeront que l’apprentissage de la détection est un processus très long !

c) Quelques phrases récurrentes des stagiaires (professionnels du doublage)

- «Pourquoi tu me harcèles à mettre les réactions en place ? J’ai assisté à des enregistrements, je n’ai rien vu de synchrone ! Pourquoi m’embêter et perdre du temps alors que les autres ne le font pas !? »
- «Les comédiens font ce qu’ils veulent sur le plateau. Pourquoi être synchrone !? »
- « Si je fais ce que tu me demandes en mettant tout synchrone, je ne vais pas gagner ma vie ! »

Généralement, ces phrases arrivent le deuxième jour de la formation. Elles sont révélatrices de l’attitude, de l’incompréhension, du manque de rigueur que l’on peut trouver dans le doublage. Le stagiaire comprend dans quoi il a mis les pieds, commence à se débattre et à revoir ses intentions de faire de la détection avec une exigence professionnelle.

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