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Sondage européen à destination des auteurs de sous-titrage Journal de bord de tutorat (2)
2010 23
juin

A l’ATAA, nous réfléchissons depuis quelque temps à l’éventuelle mise en place d’une forme de tutorat pour les étudiants en formation à la traduction audiovisuelle pour pallier les stages souvent abusifs qui leur sont proposés dans les laboratoires de doublage/sous-titrage. Nous sommes cependant confrontés à plusieurs problèmes : difficulté de mise en place compte tenu des exigences administratives des universités (possibilité ou non de faire un stage auprès d’un indépendant, durée minimale…), fonctionnement quotidien (fait que nous travaillons à domicile, que nous avons une activité irrégulière, que nous travaillons pour la plupart seuls…), etc. Cette problématique m’intéressait et il se trouve que j’ai été contacté en début d’année par une étudiante de l’ISIT (Institut Supérieur d’Interprétation et de Traduction) qui souhaitait faire un stage de deux mois auprès d’un traducteur indépendant. Elle est avec moi depuis 15 jours et elle a gentiment accepté de nous faire part de ses impressions. Clémence, c’est son nom, nous adressera donc régulièrement par le biais du blog un billet d’humeur pour nous faire part des avantages/inconvénients de la formule que nous avons choisie, de ses impressions, de ses critiques, de ses coups de gueule et que sais-je encore. A bientôt !

Christophe Ramage

En 4e année à l’ISIT, je dois réaliser cet été un stage d’au moins huit semaines. L’année dernière, j’avais choisi une agence de traduction. N’ayant pas d’idée précise de la profession que j’aimerais exercer, bien que je tienne à travailler dans la traduction, il m’a semblé important de varier les expériences. J’ai évidemment beaucoup entendu parler du métier de traducteur indépendant au cours de mes études, sans jamais vraiment savoir à quoi m’attendre. Faire un stage auprès d’un traducteur indépendant était donc pour moi la seule façon de me confronter à des conditions réelles : surcharge ou manque de travail, gestion du temps, aspect administratif, etc.

Voilà deux semaines que j’ai commencé ce stage.  L’organisation est proche de ce à quoi je m’attendais : je travaille dans « mon » propre bureau sur une traduction que me confie Christophe, mais j’ai la possibilité de lui poser toutes les questions que je souhaite. Les premiers jours néanmoins, je n’ai pas eu le réflexe d’aller l’interroger régulièrement, et ai préféré garder tous mes doutes pour la fin. C’était sans compter sur le nombre de difficultés que j’allais rencontrer ! Ce n’est qu’une fois ma traduction corrigée que j’ai réalisé l’importance de demander de l’aide et résoudre régulièrement mes difficultés.

Ma première « mission » consistait en la traduction d’un documentaire animalier de 52 minutes déjà assurée par Christophe, qu’il m’avait mise de côté car elle était censée être simple. J’avoue pourtant, en bonne débutante, m’être un peu perdue dans toutes ces nouvelles consignes et recommandations. L’exercice de la traduction audiovisuelle étant tout nouveau pour moi, il a fallu que je mette en pratique toute une série de compétences auxquelles je fais peu souvent ou jamais appel.

D’abord, je ne suis pas réellement exercée à la compréhension orale. Même si mon oreille s’y est vite habituée, j’ai réalisé que cet enseignement n’était pas vraiment mis en valeur à l’ISIT.

Une fois le message compris, j’ai dû passer à la traduction. Une étape qui, théoriquement, ne devrait pas me poser trop de problèmes. Mais traduire tout en prenant en compte de nouveaux paramètres tels que la gestion du temps de parole, c’est bien différent de la traduction d’un simple texte à laquelle j’étais habituée.

Après lecture et correction de ma traduction, Christophe a passé plusieurs heures à m’expliquer mes erreurs (il faut dire qu’il y en avait…) J’ai ainsi pu mettre le doigt sur mes principales faiblesses : mauvaise présentation de la traduction, trop de répétitions, passages carrément oubliés, etc.

Il me paraît absolument nécessaire qu’un traducteur indépendant qui reçoit un ou une stagiaire soit en mesure de lui accorder une partie de son temps. Si un stage de ce type est idéal pour quelqu’un qui souhaite travailler dans des conditions de travail réel, il deviendrait vite inutile sans des corrections et un retour réguliers. Je me suis aperçu que je faisais rapidement fausse route en travaillant seule trop longtemps.

Depuis la semaine dernière, je traduis un autre documentaire animalier, lui aussi sur les serpents. Cette fois-ci, j’ai un délai à respecter : je dois avoir fini ma traduction dans deux jours, quand Christophe rendra son propre travail à son client. Evidemment, je me suis mise au travail bien plut tôt que lui. Le défi pour moi, c’est de mettre en application les leçons que j’ai retenues de ma première expérience audiovisuelle.

Je pense avoir déjà beaucoup insisté sur la nécessité de la disponibilité du traducteur qui prend un stagiaire. Mais je tiens aussi à souligner l’importance d’un tel stage, qui représente pour tous les étudiants en traduction l’unique moyen de se faire une idée du métier qu’ils envisagent de faire.

Clémence

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