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2015 23
mar

unnamedDes historiens du cinéma et de la traduction cinématographique, ainsi que des responsables d’archives du film et de cinémathèques du monde entier seront réunis les 21 et 22 mai prochains à la British Academy à Londres, pour une conférence intitulée « “Splendid Innovations”: The Development, Reception and Preservation of Screen Translation », au cours de laquelle ils débattront de questions variées sur le thème du développement, de la réception et de la conservation de la traduction cinématographique.

Organisée par Carol O’Sullivan, chercheuse à l’Université de Bristol et auteur de Translating Popular Cinema, et Jean-François Cornu, traducteur et chercheur indépendant (Le doublage et le sous-titrage: Histoire et esthétique), cette conférence est généreusement soutenue par la British Academy for the Humanities and Social Sciences et se déroulera dans ses locaux londoniens de Carlton House Terrace.

C’est la première fois qu’un événement de ce genre réunira à la fois historiens du cinéma, traducteurs, chercheurs en traduction cinématographique et responsables de cinémathèques pour s’intéresser à toutes les formes de traduction des films, durant la période de transition du muet au parlant. C’est pourquoi il sera aussi bien question de l’adaptation des intertitres des films muets que des premières versions sous-titrées et doublées du cinéma parlant.

La liste des participants et le programme complet, ainsi que les modalités d’inscription, sont disponibles ici : http://www.britac.ac.uk/events/2015/Splendid_Innovations.cfm

En outre, la soirée du 21 mai (ouverte à tous et gratuite !) sera consacrée au phénomène des benshis, les bonimenteurs japonais du cinéma muet, à l’occasion d’une projection de films, animée par le grand benshi japonais Kataoka Ichiro (pour en savoir plus et s’inscrire : http://www.britac.ac.uk/events/2015/Screen_Translation.cfm).

Le nombre de places étant limité, il est conseillé de réserver au plus vite tant pour les deux jours de la conférence que pour la soirée du 21 mai (inscriptions séparées).

2013 12
déc

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L’excellent blog des correcteurs du Monde.fr, Langue sauce piquante, relate le déroulement du colloque organisé par le CSA, intitulée « Quel avenir pour la langue française dans les médias audiovisuels ? », qui s’est tenu le lundi 9 décembre au Collège de France.

Les auteurs de doublage et de sous-titrage n’avaient pas été conviés officiellement, malgré le rôle évident qu’ils jouent dans la promotion d’un français de qualité dans les médias audiovisuels. Mais dans le public, trois représentants de l’ATAA ont fait entendre leur voix en parlant des Prix du sous-titrage et du doublage créés par l’association. Une intervention que n’ont pas manqué de relever les blogueurs du Monde.fr, et nous les en remercions !

L’article est à lire ici : http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2013/12/11/le-csa-va-au-college/

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2013 29
nov

AllostreamingL’ATAA se félicite du fait que les tribunaux français reconnaissent la légitimité des plaintes déposées par les représentants des ayants droit, et que la justice contraigne enfin les fournisseurs d’accès à commencer à respecter le droit d’auteur.


Plus de détails dans cet article du site lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/11/28/des-professionnels-du-cinema-obtiennent-le-blocage-de-plusieurs-sites-de-streaming_3522386_651865.html

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2012 27
nov

En étant un brin pessimiste, on pourrait presque avoir l’impression que cela devient une habitude. Quoi donc ? Les sorties techniques uniquement doublées.

« Sortie technique », c’est le terme que l’on utilise pour désigner les films distribués dans un nombre extrêmement limité de salles parisiennes (une poignée de copies pour quelques jours seulement à l’affiche), l’objectif étant que ces œuvres puissent tout de même être considérés comme des « films de cinéma » dans l’optique de leurs droits télévision et DVD.

Cette pratique n’a rien de nouveau et témoigne généralement d’un manque de confiance commerciale du distributeur du film dans son « produit ». Mais cet été, deux œuvres ont ainsi fait l’objet de sorties techniques exclusivement en version doublée, provoquant une certaine incompréhension.

trois corniauds

Dans le premier cas, il s’agit des Trois corniauds (The Three Stooges), le dernier-né des frères Farrelly. Les frères Farrelly ? Oui, ceux-là même qui avaient réalisé Bon à tirer, dont le sous-titrage a valu à Pascale Joseph le tout premier prix du sous-titrage (catégorie « film anglophone ») remis par l’Ataa au printemps dernier.

Difficile de comprendre une telle décision, quand on sait que l’humour des films de Bobby et Peter Farrelly repose certes sur un comique de gestes et de situation, mais aussi sur des dialogues loufoques et, dans le cas du dernier opus, bourrés de références typiquement américaines, se prêtant particulièrement bien au sous-titrage. Isabelle Regnier, critique de cinéma au Monde, déplorait cette sortie technique en version doublée en ces termes fin juillet dans un billet de blog intitulé « Hérésie : Les Trois Stooges des frères Farrelly ne sortira qu’en VF » :

Entre l’intérêt très fort que certains d’entre nous, au sein de la rubrique cinéma du Monde, portons à ce duo de cinéaste, et ces diverses considérations, nous avions décidé de faire fi des arguments du distributeur, d’aller voir le film en salle et d’en publier la critique dans le journal à la fin de la semaine. C’était compter sans le dernier coup tordu, révélé qu’hier : Les Trois Corniauds ne sortira finalement qu’en vf., au Publicis à Paris et dans les Megarama en banlieue. Etant donné l’impossibilité qu’il y a à apprécier une comédie des frères Farrelly en français, et l’absurdité qu’il y aurait d’inciter un tant soit peu les spectateurs à aller le voir sous cette forme, nous avons renoncé.



margaret

Un mois plus tard, Thomas Sotinel, du même quotidien du soir, annonçait la sortie d’un « grand film qu’il ne faut pas aller voir » : Margaret, de Kenneth Lonergan. Si le « conseil » (ou le non-conseil) donné par l’auteur de l’article surprend à première vue, il s’explique là encore par un sentiment de frustration face aux conditions de cette sortie technique :

Margaret sera projeté dans une seule salle (le Publicis Champs Elysées, à Paris), en version française, une absurdité étant donnée la qualité des acteurs et des dialogues.

(…)

Je n’ai pas vu cette version pour les salles, qui dure deux heures et demie mais celle de trois heures et quart, que Kenneth Lonergan a montée pour l’édition DVD. C’est sur la foi de cette vision saisissante, (une vision de l’enfer adolescent qui se conjugue à l’enfer américain du début de de la décennie) que je me permets de m’indigner, sans surprise, mais de m’indigner quand même, face à cet épilogue français du gâchis Margaret.

Signalons par ailleurs que les magazines Première et Studio Ciné Live avaient chacun consacré plusieurs pages à Margaret cet été et gratifié le film de critiques élogieuses.

Notre étonnement face à ces sorties techniques « 100 % doublées » tient aussi à l’économie de la distribution cinématographique : on le sait, un doublage est nettement plus onéreux à réaliser qu’un sous-titrage. À la rémunération de l’auteur des dialogues VF, il faut ajouter (entre autres) les cachets des comédiens ou encore les frais d’enregistrement et de mixage, qui sont nettement supérieurs aux coûts des prestations techniques propres au sous-titrage. Dès lors, une sortie uniquement en sous-titrage est généralement en France la marque des « petits films », tandis que ce sont les films susceptibles a priori d’attirer un public plus important et distribués dans un plus grand nombre de salles qui font l’objet d’un doublage en plus du sous-titrage. Selon cette logique économique traditionnelle, le film des frères Farrelly aurait sans doute « dû » sortir à la fois en VF et en VOST, et celui de Kenneth Lonergan, peut-être uniquement en VOST, s’ils avaient été distribués normalement.

En l’occurrence, le sabotage semble donc méthodique et complet : d’une part, ces sorties techniques exclusivement parisiennes n’atteindront pas le public habituellement visé par les distributeurs qui choisissent de faire doubler leurs films (c’est-à-dire plutôt un public non parisien, même si on se gardera bien de schématiser de façon simplificatrice les préférences entre VOST et VF en France). D’autre part, le public qui aurait pu tout de même assurer quelques entrées à ces films s’ils avaient été distribués en VOST risque d’être rebuté par la perspective de les voir en VF.

Il y a vraisemblablement une logique à tout cela, n’en doutons pas. Mais… laquelle ?


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2011 27
déc

<em>Series Addict</em>, l'addiction aux séries vue par Olivier Joyard

Series Addict, l'addiction aux séries vue par Olivier Joyard


Canal + a diffusé début décembre un documentaire réalisé par Olivier Joyard, Series Addict, qui a suscité de vives réactions de la part des traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel. Il nous semblait donc nécessaire de revenir sur la question.

Pour ceux à qui la polémique aurait échappé, ce documentaire est une enquête somme toute bien faite sur le phénomène des séries et leur évolution au cours de ces dernières années. Mais un passage, finalement bien peu de choses dans ces 50 minutes de film, a fait réagir nombre d’entre nous. En effet, le « fansubbing » y est, on peut le dire, littéralement porté aux nues.

Le documentaire prend le temps d’expliquer comment travaillent ces fansubbers, qualifiés de « sous-titreurs » par le narrateur. A l’aube, ces « héros de l’ombre » téléchargent les vidéos et les transcriptions pour sourds et malentendants, puis ils dispatchent chaque épisode entre différents subbers : certains traduisent, d’autres synchronisent, d’autres enfin, corrigent…

Là où le bât blesse, c’est qu’Olivier Joyard donne uniquement la parole aux fans et aux fansubbers, ce qui produit un discours assez surprenant, car ce documentaire affirme sans argumenter, sans remettre en question un seul instant l’éloge inconditionnel des fansubbers, et sans s’interroger sur les conditions de réalisation du fansubbing, que ce soit en termes de qualité ou de légalité.

Pas un mot sur le droit d’auteur, une notion reconnue internationalement à travers la Convention de Berne, ni sur le Code de la Propriété Intellectuelle français (voir lien à la fin de l’article) ou sur l’illégalité dans laquelle œuvrent les fansubbers. Oliver Joyard est auteur, ignore-t-il que les traducteurs audiovisuels le sont aussi ? Ignore-t-il le rôle important que le droit d’auteur joue dans la création audiovisuelle ou préfère-t-il laisser croire à son public tous les poncifs qu’on entend sur le sujet du piratage ? Le fansubbing serait un acte militant pour apporter la culture gratuite et défendre les fans de séries contre les gros producteurs qui s’en mettent plein les poches ? Naïf ou malhonnête ? A voir.

Si cette complaisance dans la présentation du fansubbing est un choix du réalisateur, qui est libre de donner la direction qu’il souhaite à son documentaire, elle nous amène à poser d’autres questions. Que pense donc Olivier Joyard du phénomène illégal qu’il encense ainsi ? Lui-même auteur, comprend-il le risque que représentent pour la création le fansubbing et le piratage ? Pourquoi n’a-t-il pas l’honnêteté de reconnaître que la majorité des sous-titres de fansubbing sont de piètre qualité, remplis de fautes et de contresens, mal synchronisés, repérés à la hache, rédigés en dépit du respect de la lisibilité du spectateur ?

De même, cela ne pose-t-il pas problème à Canal+, une chaîne payante qui a bâti son image sur des productions de qualité et sur la diffusion de séries en exclusivité, de diffuser un documentaire qui fait l’apologie d’une pratique qui va directement à l’encontre de ses valeurs et de ses intérêts économiques ? En effet, ce phénomène met directement l’industrie audiovisuelle en danger, ainsi que celle du doublage et du sous-titrage. Car si les séries ne sont plus regardées à la télévision mais piratées, elles rapportent moins d’argent aux chaînes françaises, qui peuvent encore moins investir dans le doublage et le sous-titrage.

Certes, certaines plaintes avancées par les fans sont légitimes. Il est vrai que le retard entre les diffusions américaines et françaises est considérable. Et quand les chaînes font l’effort de mettre les épisodes à disposition très rapidement, c’est à des prix prohibitifs. De plus, les téléspectateurs qui souhaitent se tourner vers les éditions DVD sont souvent confrontés à des sous-titrages catastrophiques, payés au rabais et réalisés par des non professionnels engagés par de grandes multinationales de la localisation. Mais, d’une part, le droit de se plaindre ne donne pas le droit de voler, et, d’autre part, les fans ne pousseront pas les chaînes à faire davantage d’effort en les volant. Deux évidences qui semblent avoir échappé à Olivier Joyard.

Voilà pourquoi ce documentaire nous a choqués, notamment sur une chaîne dont les points forts sont la qualité et l’innovation, deux ambitions incompatibles avec le piratage. Nous souhaitions donc exercer notre droit de réponse et le faisons tout d’abord en publiant ce billet sur le blog de l’Ataa avant de passer à une action plus large qui visera à faire connaître et souligner les lacunes de ce documentaire.



Un lien indispensable : « Fansubbing et droit d’auteur : le sous-titrage par les fans d’œuvres protégées est-il légal ? »


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2011 22
avr

Les grèves de salariés sont rares dans le secteur de la postproduction audiovisuelle ; raison de plus pour signaler ici celle qui a touché le studio de doublage Dubbing Brothers le mois dernier.

Les salariés (techniciens, pour la plupart) ont entamé un mouvement social mi-mars dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de travail et de rémunération. Parmi leurs revendications (source : site du SNTR/SGTIF la CGT) : une augmentation générale des salaires de 5% (non revalorisés depuis deux ans), le paiement des tickets restaurants, conformément à la convention collective, la reconnaissance de l’ancienneté, la majoration des heures de nuit, la mise en place d’une navette vers le R.E.R., la réduction du délai de carence en cas d’arrêt maladie, le paiement des jours enfants malades, la mise en place d’un 13ème mois, et la mise en place d’un compte épargne temps.

Après trois jours d’un mouvement social qui a fortement perturbé le fonctionnement de la société de doublage, les salariés ont obtenu satisfaction pour une partie de leurs revendications (le paiement des jours de carence maladie, deux sur les trois demandés par les salariés, le paiement des jours de congé pour enfant malade, la mise en place d’une navette pour se rendre à la gare R.E.R. et le paiement d’un jour de grève sur les trois jours).

Les adaptateurs free-lance, qui constituent la majeure partie des adhérents de l’ATAA, ne sont pas concernés par les revendications des salariés (rappelons que leur statut ne relève pas du droit du travail). Toutefois, leurs employeurs sont aussi nos donneurs d’ordre, et c’est l’occasion pour l’association de souligner une fois de plus la dégradation des conditions de travail qui touche tous les métiers de la traduction/adaptation notamment face à la « révolution numérique » qui se produit dans notre secteur (à ce sujet, voir notre billet : « L’impact de la numérisation sur la traduction audiovisuelle »). Dans ce contexte, la cohésion entre les auteurs, au sein de l’ATAA et du SNAC, doublée d’un dialogue actif avec nos partenaires économiques et sociaux, reste la meilleure voie pour faire avancer notre cause et aller vers une plus grande reconnaissance de nos métiers.

 

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2009 04
mar

Rappel :
Depuis que les chaînes DU RÉSEAU HERTZIEN ont commencé à diffuser des
programmes en VM (Version Multilingue où le spectateur a accès a
plusieurs versions : sous-titrée français, doublée francais et parfois
sous-titrée en langues étrangères), les auteurs de sous-titrage ne
perçoivent plus de droits d’auteur pour ces programmes qui sont déclarés
à la Sacem comme de la VF.

Le Snac» et l’ATAA essaient de débloquer la situation depuis deux ans et une clé de répartition a été trouvée pour ce qui concerne les diffusions sur le câble et le satellite. Il faut maintenant trouver une clé de
répartition entre les auteurs de sous-titrage et de doublage pour le
réseau hertzien. Le problème n’est pas simple car TF1 et Arte, par
exemple, n’ont pas le même public VO/VF, et ce n’est qu’un des nombreux
problèmes qu’il convient de résoudre pour ne léser aucune catégorie
d’auteur.

Avant toute chose, la Sacem a demandé aux auteurs de sous-titrage de lui
fournir une liste des programmes diffusés sur le hertzien (TF1, Canal+,
Arte pour le moment). Durant deux mois, de février à mars, nous avons donc relevé les titres des diffusions en VM. Ces titres étaient mis sous forme de tableau sur une feuille excel Google accessible en ligne, chaque auteur de sous-titrage ou doublage a donc pu la compléter et l’amender au besoin. Nous avons également eu l’idée de fournir le nom des auteurs pour chaque programme afin de faire un envoi groupé à la Sacem.

Le tableau a été transmis au délégué général du Snac qui va à son tour le transmettre à la Sacem. La clé de répartition pourra ainsi être étudiée sur des bases concrètes.

Contact : sacem@traducteurs-av.org

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