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2015 24
août

1009492-Drapeau_de_la_FinlandeAprès des négociations ayant traîné pendant plus de cinq ans, l’industrie finlandaise de la traduction audiovisuelle a désormais sa convention collective. Cet accord est conforme aux principales revendications des traducteurs. Une seule agence, SDI Media, ne l’a pas signé.

La convention collective de la traduction audiovisuelle a été adoptée par l’association professionnelle des traducteurs, l’Union finlandaise des Journalistes et le syndicat Akavan Erityisalat ainsi que par les agences de traduction BTI Studios, Pre-Text, Rosmer International, Stellar Text et Saga Vera. L’agence SDI Media, quant à elle, n’a pas signé. Ses employés n’ont donc aucune obligation de respecter la paix sociale.

« Nous avons réalisé l’impossible ! Cette convention collective est une belle réussite, au terme de négociations ayant duré plus de cinq ans, pendant lesquels la composition des parties présentes à la table n’a cessé d’évoluer », a déclaré Petri Savolainen, directeur de l’Union des Journalistes de Finlande.

« Cette convention collective met fin à l’effondrement généralisé et sonne le renouveau de la branche. Elle montre qu’employés et employeurs, s’ils respectent la qualité de leur travail, peuvent faire alliance pour faire avancer leur branche dans l’intérêt de toutes les parties », a déclaré Helena Lamponen, responsable du syndicat Akavan Erityisalat.

« Ce texte répond aux principales revendications des traducteurs », ont poursuivi Helena Lamponen et Petri Savolainen.

La convention est assortie d’un calendrier visant à augmenter graduellement les salaires et honoraires au cours de sa période de validité. Elle stipule également que le sous-titrage doit être rémunéré au sous-titre, revendication fondamentale pour les traducteurs, et non plus à la minute, mode de facturation souvent appliqué par le passé et qui ne tient pas compte de la charge de travail réelle. Elle prévoit enfin que les traducteurs indépendants seront dédommagés par les agences en cas de cession de leurs droits d’auteur.

Toutes les parties ont désormais pour objectif de s’entendre sur un niveau de rémunération harmonisé à l’occasion du prochain round de négociations, a déclaré Petri Savolainen.

Il est en outre extrêmement important pour l’Union des Journalistes que les traductions réalisées pour la radio-télévision publique nationale YLE soient systématiquement couvertes par la convention collective Yhtyneet et ce, indépendamment du statut du traducteur (salarié, indépendant ou sous-traitant).

La convention collective est entrée en vigueur le 1er mai 2015, jour de la fête du Travail en Finlande, et le restera jusqu’au 31 décembre 2017.

(Traduction de l’anglais : François-Xavier Durandy pour l’ATAA, un grand merci à lui !)

Article d’origine ici.

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2013 16
avr

couv traduire

Pour son numéro de décembre 2012, la revue Traduire de la Société française des traducteurs (SFT) se penche, le temps d’un copieux cahier spécial, sur la traduction dans le domaine des sciences sociales (ou des sciences humaines, les deux appellations sont employées assez indifféremment dans le dossier). Parler de traducteurs « spécialisés » dans les sciences sociales serait manifestement un non-sens, tant sont vastes les domaines abordés dans ce cahier : philosophie, économie écologique, finance, architecture, administration publique, etc.

Les différentes contributions de ce numéro placent leur focale à une distance plus ou moins grande de l’acte de traduction, ce qui permet de multiplier les angles d’approche.

Ainsi, l’article de Gisèle Sapiro qui ouvre le dossier commence par décrire un phénomène dans sa globalité, celui de la circulation des ouvrages traduits dans le domaine des sciences humaines, et balaye en quelques pages l’édition de traductions d’ouvrages de sciences sociales ainsi que ses enjeux et les obstacles qu’elle rencontre à l’heure de la mondialisation[1].

L’article d’Alice Berrichi « La traduction en sciences sociales », complémentaire de celui de Gisèle Sapiro, s’attache lui aussi à dépeindre la circulation des traductions d’ouvrages de sciences sociales, en présentant les problèmes qui se posent en la matière ainsi que les difficultés propres au transfert d’une langue à une autre des concepts et des termes appartenant à ce vaste ensemble de disciplines.

Un cran plus près des praticiens proprement dits, signalons, sous la plume de Verónica Román, un aperçu très complet de la place du traducteur dans le marché de la traduction économique et financière (tributaire de phénomènes de grande ampleur tels que la mondialisation ou la crise actuelle), ainsi qu’un regard sur le rôle de la traduction et de l’interprétation au sein des services publics espagnols (Carmen Valero Garcés). Où l’on apprend qu’ont lieu au niveau international des rencontres entre services de traduction et d’interprétation de la fonction publique de différents pays, et qu’il existe, à l’échelon espagnol, un réseau de chercheurs et de formateurs en traduction et interprétation qui joue un rôle d’observatoire permanent de la communication entre les langues et entre les cultures.

« De la traduction en philosophie » (par Tiina Arppe, chercheuse et traductrice) nous laisse entrapercevoir les défis de la traduction de la philosophie en finnois (« Lorsqu’une de mes amies finlandaises, qui habite en France, avait un jour mentionné à l’une de ses connaissances locales, professeur de philosophie, que j’étais en train de traduire un texte de Jacques Derrida vers le finnois, cette connaissance avait constaté laconiquement que c’était certainement un bon moyen de se suicider »). Problèmes étymologiques et de champs lexicaux sont abordés au moyen d’exemples très parlants (malgré notre absence de familiarité avec le finnois) et aboutissent à une conclusion éclairante : « Il ne s’agit pas en philosophie de traduire un « savoir » objectif unique, un ensemble de faits réels, auxquels le traducteur pourrait faire référence pour réussir son travail. Ses choix reposent toujours sur sa propre interprétation du texte philosophique – autrement dit, traduire un texte philosophique, c’est aussi toujours en quelque sorte philosopher, raisonner sur des questions de philosophie. »

Avec l’article de Tiina Arppe, nous nous sommes rapprochés de la pratique proprement dite de la traduction en sciences sociales et sciences humaines. Une série de textes creuse ce sillon : celui de Sabri-Fabrice Sayhi (« Traduire dans le domaine de l’économie écologique ») détaille les problèmes terminologiques propres à la traduction dans le domaine complexe (car transdisciplinaire, puisque touchant à la fois au développement économique et à l’environnement) de l’économie écologique. Plusieurs exemples concrets (notion de soutenabilité, recours aux métaphores, emploi des adjectifs « écologique » et « environnemental ») débouchent sur une réflexion intéressante quant au caractère idéologique de cette terminologie et aux glissements de sens que l’on y constate. L’article s’accompagne d’un petit glossaire anglais-français-espagnol. Dans une autre discipline, l’architecture, un article de Kim Sanderson (« À la poursuite de l’intangible ») évoque certaines difficultés de traduction très concrètes rencontrées par l’auteur (anglophone) face à un ouvrage de Le Corbusier présentant la particularité de mêler l’allemand et le français.

Trois articles élargissent la thématique du dossier principal : « Parlons du traducteur : rôle et profil » (Marie-Hélène Catherine Torres), « La face cachée de la révision » (Charles Martin) et une contribution qui nous intéresse plus directement, sur la version doublée en français d’un film italien sorti en 2002 (« Traduction multimédia et voix régionales : la version française du film Respiro d’Emanuele Crialese », par Antonino Velez). Si son lien avec la traduction en sciences humaines semble ténu, ce dernier article est néanmoins fouillé et analyse en détail les stratégies de restitution (plus ou moins fructueuses) des particularités sociolinguistiques du film dans son doublage, notamment le recours fréquent au dialecte sicilien (et le décalage entre dialecte et italien « standard »), la traduction des toponymes ou encore le rendu de certaines expressions argotiques. Une gageure dans une œuvre qui semblait prédestinée à être exclusivement sous-titrée pour sa distribution en France (film d’art et essai, en italien, mêlant italien et dialecte sicilien). On notera cependant que l’auteur évoque peu, dans son explication des choix d’adaptation, certaines contraintes propres au doublage (telles que le synchronisme des répliques avec le mouvement des lèvres des acteurs de la version originale) et surtout qu’il ne mentionne nulle part le nom de l’auteur des dialogues doublés qu’il analyse…

Un numéro éclectique, en résumé, qui permet de se faire une idée de la richesse des thématiques que l’on peut être amené à aborder en traduisant dans le domaine des sciences humaines et des sciences sociales. Un certain nombre d’articles sont du reste eux-mêmes traduits d’une autre langue (espagnol, anglais, finnois), ce qui permet aussi de constater que les traducteurs talentueux ne manquent pas dans les sciences humaines et sociales.


Traduire n°227, décembre 2012, « Éco, socio, philo… & co », 136 pages

Pour commander un numéro de Traduire ou vous abonner (deux numéros par an), contactez la Société française des traducteurs à l’adresse traduire@sft.fr ou rendez-vous sur cette page.

À noter : les adhérents de l’ATAA souhaitant s’abonner à Traduire bénéficient d’un tarif préférentiel (30 euros par an au lieu de 40).



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couv TL

Contrairement à ce numéro de Traduire, la dernière livraison de TransLittérature, la revue de l’Association des traducteurs littéraires de France, n’est pas axée sur une thématique unique et centrale.

Le numéro 44 (hiver 2013) s’ouvre sur un nouvel article de la série « Côte à côte », qui compare les différentes traductions publiées d’œuvres littéraires. Cette fois, ce sont les premières lignes de La Métamorphose de Kafka que Corinna Gepner passe au crible, au moyen de cinq traductions françaises récentes. Si l’exercice peut laisser le lecteur sur sa faim (« La suite ! », est-on tenté de réclamer), il est mené de façon intéressante par l’auteur de l’article, qui décortique les difficultés propres au texte allemand et les spécificités de chaque traduction.

Ce premier article nous place d’emblée « à hauteur de traducteur », aux prises avec les mots eux-mêmes, leurs pièges et leurs insuffisances. Plusieurs autres contributions adoptent cette même perspective, à commencer par le journal de bord tenu par Patricia Barbe-Girault qui relate la traduction épineuse de The Life (de Malcolm Knox, paru en France sous le titre Shangrila aux éditions Asphalte en 2012). Un défi à tous points de vue : pavé de plus de 500 feuillets, anglais d’Australie, écriture déconcertante à nulle autre pareille et plongée dans le milieu du surf des années 1970, un domaine que la traductrice ne connaissait guère. Le récit de cette traduction épique est tout à fait passionnant, Patricia Barbe-Girault partageant ses doutes et ses échecs avec autant de franchise que ses satisfactions et ses victoires.

Un long entretien avec Diane Meur, traductrice et romancière, nous entraîne vers d’autres horizons, ceux de son quatrième roman, Les villes de la plaine, qui mêle fiction, antiquité et réflexion sur la nature de la traduction. Dans cette entrevue surprenante, l’auteur évoque son rapport aux mots et à l’écriture, différent selon qu’elle endosse sa casquette de traductrice ou de romancière.

Toujours au plus près des mots, mentionnons un article signé Jacques Legrand (« traducteur de Rilke, Trakl et Fontane entre beaucoup d’autres ») et intitulé « La mesure et le nombre – Autres réflexions sur la traduction poétique ». Avec beaucoup de justesse, il met le doigt sur les concessions que doit faire le traducteur de langue française aux structures syntaxiques, aux sonorités, au rythme, etc. de la langue source qu’il traduit. Trahir légèrement le sens pour parvenir à un style plus élégant, conserver l’ordre des mots mais se voir obligé d’en ajouter de nouveaux (« Adieu la percutante brièveté, le cri désespéré de l’original. Est-ce la quadrature du cercle ? »), trouver une équivalence « la moins approximative possible », autant de dilemmes quotidiens auxquels est confronté le traducteur littéraire…

Mais les traducteurs ne se contentent pas d’écrire, ils partagent aussi leur savoir-faire et leur passion de vive voix. Dominique Nédellec relate ainsi l’animation d’un atelier de traduction  dans un lycée : « Comment expliquer à des lycéens en quoi consiste mon métier ? Comment capter immédiatement leur attention ? Passeur, faussaire, imposteur, caméléon, anguille, pigeon à l’occasion… Oui, bien sûr. Mais encore ? » Elle optera finalement pour l’image du funambule en équilibre entre deux mondes distants…

De nombreux autres ateliers et interventions sont évoqués dans les articles de la revue consacrés à la « Journée de printemps » organisée le 16 juin 2012 par l’association ATLAS, qui organise par ailleurs les assises annuelles de la traduction littéraire (Arles). Au menu : « Le traducteur à ses fourneaux ». Les Assises 2012 (autour du thème « Traduire le politique ») et le festival littéraire « Mixed Zone » de Liège ont également les honneurs de la rubrique « Colloques ».

Mentionnons encore la rubrique « Lectures » qui rend compte de l’ouvrage Traduction : histoire, théories, pratiques (Delphine Chartier, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 2012) et des recommandations en faveur de la traduction littéraire publiées à l’automne dernier par la Commission européenne. Sont en outre évoquées l’œuvre d’Isaac Bashevis Singer (dans le prolongement du dossier sur le yiddish publié dans un précédent numéro de TransLittérature) et celle d’Aharon Appelfeld (écrivain israélien qui relate notamment dans ses écrits comment il fut privé de langue pendant la guerre et connut par la suite une « mutation linguistique »).

Rappelons que c’est aussi dans ce numéro – décidément très riche – de TransLittérature que l’on peut retrouver l’entretien croisé « Les traducteurs tissent leur toile » entre Valérie Julia (qui a coordonné la mise en ligne des archives de TransLittérature) et Samuel Bréan (membre du comité de rédaction de la toute nouvelle revue en ligne de l’Ataa), publié simultanément dans le premier numéro de L’Écran traduit.


Depuis le lancement du site de TransLittérature, chaque numéro de la revue est accessible en ligne dès la publication du numéro suivant.


TransLittérature n° 44, hiver 2013, 93 pages




Notes    (cliquer sur ↵ pour revenir au texte)
  1. Profitons-en pour recommander ici quelques-uns des ouvrages de Gisèle Sapiro, directrice de recherche au CNRS et spécialiste de la sociologie de la traduction : Translatio. Le marché de la traduction en France à l’heure de la mondialisation (CNRS Éditions, 2008), mais aussi l’étude récente qu’elle a dirigée et qui est chroniquée à la fin du même numéro de Traduire : Traduire la littérature et les sciences humaines : conditions et obstacles (Ministère de la Culture et de la Communication, 2012).

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2013 02
jan

Untertitelforum

Untertitelforum a été créé en mai 2011 par des sous-titreurs exerçant en Allemagne, en Autriche et en Suisse, et regroupe une petite centaine de membres. Basée à Berlin, cette initiative est l’œuvre de professionnels alarmés par la dégradation des conditions de travail dans leur branche (baisses de tarifs dépassant dans certains cas 50 % sur les dix dernières années) et désireux de défendre la qualité des adaptations audiovisuelles.

Depuis décembre 2012, Untertitelforum possède également un site, véritable vitrine du métier en allemand : www.untertitelforum.de.

Les textes qui y figurent abordent des questions pratiques qui intéressent les professionnels, telles que les conditions de travail des sous-titreurs et les droits d’auteur à la diffusion sur les sous-titrages, mais s’adressent également à un public plus large en présentant le quotidien d’un sous-titreur ou en invitant les (télé)spectateurs mécontents de la qualité des sous-titrages à s’en plaindre à qui de droit. Untertitelforum indique que la traduction de ces articles en anglais est en cours.

L’organisation s’est enfin dotée d’une page Facebook qui permet de suivre son actualité et notamment ses dates de réunions.

L’Ataa se réjouit de la création d’Untertitelforum et lui souhaite longue vie et succès !

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2012 06
nov

Communiqué des traducteurs finlandais de l’audiovisuel du 30 octobre 2012

En Finlande, 98 sous-titreurs ont quitté Broadcast Text International après que leur contrat a été externalisé à cette société par MTV Media, un opérateur majeur du paysage audiovisuel finlandais.

Le 1er octobre dernier, les contrats de 110 sous-titreurs au statut mixte de « freelance sous contrat » (Cf note en fin d’article) ont été externalisés vers BTI International, une filiale de Broadcast Text International. Selon la loi finlandaise, ces employés « externalisés » disposent d’un mois pour démissionner sans préavis. 98 sous-titreurs ont choisi de faire usage de ce droit.

La raison : Broadcast Text pratique des rémunérations très faibles, oblige les traducteurs à prendre le statut d’entrepreneurs, s’approprie le copyright sur leurs sous-titres et refuse toute négociation visant à l’établissement d’une convention collective.

Le 17 octobre, les universités finlandaises ont publié un communiqué critiquant cette externalisation. Elles ont aussi signalé que les sociétés de sous-titrage exploitaient des étudiants, et que la profession tout entière menaçait de disparaître si ceux qui l’exerçaient ne pouvaient plus en vivre décemment.

Broadcast Text International n’a fait aucun commentaire sur le sujet dans les médias. Officiellement, cette société défend la qualité, mais elle n’a ni dissipé les inquiétudes des sous-titreurs ni répondu aux syndicats qui l’invitaient à entamer des négociations.

Les médias finlandais se sont largement fait l’écho de cette situation. La plupart des grands quotidiens l’ont relayée, ainsi que le journal d’YLE, la chaîne de télévision nationale publique. Helsingin Sanomat (La Gazette d’Helsinki, le plus grand quotidien finlandais, NdT) a notamment indiqué que cet exode massif de traducteurs pourrait compromettre le sous-titrage des chaînes de MTV Media. Le tabloïd Iltalehti a interviewé l’un des traducteurs dont le contrat a été externalisé et un traducteur freelance travaillant de longue date pour Broadcast Text. Le blog d’un grand magazine, Suomen Kuvalehti, a souligné l’importance du sous-titrage pour la maîtrise de la lecture et l’acquisition de langues étrangères. Enfin, le sujet a été discuté en ligne sur de nombreux blogs et communautés Facebook.

Cette externalisation a coïncidé avec le lancement de Netflix, un service VOD, dans les pays scandinaves. La majorité des films proposés sont traduits par Broadcast Text et la qualité du sous-titrage a été fortement critiquée. Netflix a même été pris à diffuser des sous-titres pirates issus du fansubbing et donc illégaux. La société américaine a immédiatement présenté ses excuses pour cette « erreur ». Mais par la suite, au cours d’une conversation avec un traducteur blogueur, un représentant de Netflix a reconnu que la qualité n’intéressait pas sa société et qu’à l’avenir, elle envisageait même de recourir au crowdsourcing pour traduire ses séries.

À l’heure actuelle, l’issue du conflit reste incertaine. Pour l’instant, et malgré la perte de la plupart de ses traducteurs, Broadcast Text a réussi à honorer ses commandes. Mais il est probable que les délais se resserrant, la société ne pourra pas longtemps faire face à la quantité de travail qu’elle doit fournir.


Note sur le statut de « freelance sous contrat » : Ce statut singulier qui semble une contradiction dans les termes est aussi une rareté en Finlande. Voici les précisions de l’une des 98 traductrices démissionnaires à ce sujet : « En gros, nous étions employés, puisque nous étions sous contrat avec MTV Media et que notre rémunération et nos conditions de travail étaient fixées par une convention collective. Mais en même temps, nous travaillions en freelance, dans la mesure où l’employeur ne garantissait pas une quantité de travail fixe et où nous étions libres de refuser les projets qui nous étaient proposés. En pratique cependant, le volume de travail était à peu près constant et nombre d’entre nous travaillaient uniquement pour MTV Media.

Lorsque nos postes ont été externalisés, on nous a assuré que l’accord collectif serait respecté, mais uniquement jusqu’à son expiration, qui doit advenir dans un an. Broadcast Text a refusé de nous dire ce qui se passerait ensuite, nous en avons donc tiré la conclusion qui s’impose : notre changement de statut n’était qu’une question de temps.

C’est d’ailleurs tout le paradoxe : pour les traducteurs de BT, le schéma de travail est le même que le nôtre à MTV Media, on leur propose un projet, ils décident de l’accepter ou non, mais c’est BT qui fixe la rémunération et le délai, alors même que ces traducteurs sont censés être les fournisseurs et BT le client. Il me semble que BT devrait être employeur et les traducteurs, ses employés… »


Le communiqué en anglais se trouve ici.

Suite à ce communiqué, les 98 traducteurs qui ont démissionné ont écrit une lettre ouverte à BTI International. Ils y dénoncent notamment le tour de passe-passe qui consiste à leur faire croire qu’ils pourraient conserver une rémunération légèrement plus faible, mais honorable, alors que la société leur réclame en fait de travailler deux fois plus, et deux fois plus vite, pour le même tarif.

C’est à lire (en anglais) ici.

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2012 18
juin

Un ouvrage à recommander !

Un ouvrage à recommander !

Les Matinales de la SFT, ces petits-déjeuners professionnels bien connus organisés une fois par mois par la délégation Île-de-France de la Société française des traducteurs, accueillent ce mois-ci un duo de marque, David Bellos et Daniel Loayza.

Traducteur et biographe (entre autres) de Georges Perec, l’Anglais David Bellos a publié il y a quelques mois Is That a Fish in Your Ear? Translation and the Meaning of Everything, paru en France chez Flammarion sous le titre Le poisson et le bananier – Une histoire fabuleuse de la traduction et traduit par Daniel Loayza en collaboration avec l’auteur.

Ce livre aurait également pu s’intituler « Petites histoires de la grande Histoire de la traduction », car il a tout d’un vade-mecum. En effet, il évoque aussi bien les origines de la traduction que le film Avatar, les différentes versions d’un ouvrage religieux antique que la restitution du souffle poétique d’un texte moderne, la traduction assistée par ordinateur que « Les mots français selon l’ordre des lettres ainsi que les fault escrire & tourner en latin ». Et il nous apprend tout (ou presque !) sur les anisomorphismes, les hyperonymes – inséparables, bien évidemment, des hyponymes – ou encore le nomenclaturisme. Vous l’aurez compris, Le poisson et le bananier est un voyage érudit, humoristique et tous azimuts au pays de la traduction. Ou plutôt des traductions, car si le livre ne mentionne qu’occasionnellement l’adaptation audiovisuelle (pour souligner notamment la qualité du travail des auteurs de sous-titrage et doublage anglo-saxons), il dresse le panorama de tout ce qui a fait, fait et fera (sûrement) la traduction, quel que soit le domaine auquel elle s’applique.

Soulignons enfin le travail de Daniel Loayza qui a su rendre toutes les subtilités d’un livre qui pioche dans toutes les branches de la Connaissance, par-delà les frontières et les siècles.

La rencontre promet donc d’être passionnante ! En avant-goût, on pourra écouter ou réécouter avec délice « L’humeur vagabonde » du 25 janvier 2012, émission dont David Bellos était l’invité. Ou visionner cette petite vidéo mise en ligne par son éditeur anglais pour la sortie de son ouvrage…

Quand ?

Samedi 23 juin à 10 h 00, accueil dès 9 h 30.

Où ?

Au Café du Pont-Neuf
14, quai du Louvre – 75001 Paris
M° Pont-Neuf/RER Châtelet

Votre petit-déjeuner comprendra une boisson chaude, un verre de jus d’orange et une viennoiserie. Un reçu de 9,00 € vous sera remis sur place. Rappelons que les Matinales sont ouvertes à tous, adhérents ou non à la SFT, traducteurs et interprètes en exercice ou étudiants.

Inscriptions à l’adresse delegation.idf-matinales@sft.fr. Pour de plus amples informations, rendez-vous sur la page des Matinales.


Merci à Christophe Ramage pour cette « fiche de lecture » synthétique et enthousiaste !

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2012 22
fév

sft interpretation

On ne présente plus la brochure de la Société française des traducteurs « Traduction : faire les bons choix », un guide exhaustif et intelligent destiné aux acheteurs de traduction. La SFT en a publié fin 2011 une version actualisée que l’on peut consulter en ligne ici.

Mais ce n’est pas tout, car la brochure a désormais son pendant pour l’interprétation : intitulé (on vous le donne en mille) « Interprétation : faire les bons choix », cet opuscule est lui aussi disponible sur le site de la SFT.

Par ailleurs, signalons que la prochaine Matinale de la SFT sera consacrée à la retraite des traducteurs. Une question à laquelle il est bon de penser avant l’âge de la retraite, car comme le rappellent nos confrères, « à 25, 40, 55 ans… ça se prépare ». Si les modalités de cotisation au régime de retraite diffèrent entre le statut libéral et le statut d’auteur, gageons que cette Matinale sera tout de même l’occasion de glaner des informations intéressantes sur cette question qui nous concerne tous.

Date : samedi 25 février à 10 h 00, accueil à partir de 9 h 30.
Lieu : Café du Pont-Neuf – 14, quai du Louvre – 75001 Paris (M° Pont-Neuf/RER Châtelet)

Inscriptions et informations complémentaires sur cette page.

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2011 17
nov

Venez nous rencontrer autour d'un petit-déjeuner !

Venez nous rencontrer autour d'un petit-déjeuner !

L’ATAA a le plaisir d’être invitée à la prochaine Matinale de la Délégation Ile-de-France de la Société française des traducteurs (SFT), le 26 novembre, afin de faire découvrir aux traducteurs techniques et/ou littéraires les spécificités de la traduction audiovisuelle, loin des clichés.

Quelle est la différence entre doublage et voice-over ? Entre VOST et VM ? Comment travaille un traducteur audiovisuel ? Avec quel matériel ? Qui sont ses clients ? À quelles évolutions ce secteur est-il confronté ? Et est-il seulement si porteur qu’on le dit ?

Anaïs Duchet et Sylvestre Meininger, présidente et vice-président de l’ATAA, viendront parler de tous ces sujets et évoquer les actions de l’association.

Quand ?

Samedi 26 novembre à 10 h 00, accueil dès 9 h 30.

Où ?

Au Café du Pont-Neuf
14, quai du Louvre – 75001 Paris
M° Pont-Neuf/RER Châtelet

Votre petit-déjeuner comprendra une boisson chaude, un verre de jus d’orange et une viennoiserie. Un reçu de 9,00 € vous sera remis sur place. Rappelons que les Matinales sont ouvertes à tous, adhérents ou non à la SFT, traducteurs et interprètes en exercice ou étudiants.

Inscriptions à l’adresse delegation.idf-matinales@sft.fr. Pour suivre l’actualité des Matinales, rendez-vous sur le site de la SFT.

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2011 10
nov

L’Ataa participera le 9 décembre prochain à la Journée mondiale de la traduction 2011 initiée par la Fédération internationale des Traducteurs (FIT). De nombreuses manifestations en lien avec la traduction auront lieu de par le monde, comme en témoigne la carte récapitulative proposée sur le site de la FIT.

JMT

En France, c’est la Société française des traducteurs (SFT) qui organisera les réjouissances, sous l’intitulé : « Un pont entre les cultures professionnelles ». Dans ce cadre, elle a notamment souhaité donner à cette journée une dimension interassociative et réunir les différentes associations de traducteurs à l’occasion d’une table ronde.

Quant au reste du programme, il est riche : intervention sur les traducteurs indépendants travaillant pour l’ONU, conférence sur le rôle social des traducteurs, présentations des chiffres clés de l’enquête annuelle menée par la SFT auprès des professionnels de la traduction, mais aussi une « dictée des traducteurs », la remise du prix Pierre-François Caillé de la traduction, et pas moins de quatre tables rondes interprofessionnelles l’après-midi.

Pour télécharger le programme complet de cette journée en .pdf, cliquez ici. Le premier communiqué de presse de la SFT sur la Journée mondiale de la traduction peut être consulté à cette adresse.

Attention, il est nécessaire de s’inscrire pour assister à cette journée. N’attendez pas ! La SFT a déjà reçu de nombreuses demandes d’inscription…

Lieu :
Maison des Associations de Solidarité,
10 Rue des Terres au Curé, 75013 Paris
Métro Olympiades / Porte d’Ivry

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2011 21
sept

sft logo

La délégation Ile-de-France de la Société française des traducteurs nous transmet l’annonce de sa prochaine Matinale, qui aura lieu samedi 24 septembre.

Ces petits-déjeuners professionnels organisés tous les troisièmes samedis du mois par la SFT sont l’occasion d’échanger avec d’autres traducteurs/interprètes autour d’un croissant et d’un café, avec, souvent, la présence d’un conférencier de choc (le blog de l’Ataa avait rendu compte en juin dernier de la Matinale consacrée à Pierre Assouline).

Suivez l’actualité des Matinales ! L’Ataa y donnera une intervention le 26 novembre…

La qualité de l’expression, des contenus et des langages fait la différence. Mais avec quels mots ? Quel est l’intérêt pour une entreprise d’ordonner son langage et de créer une charte sémantique ? Quel rôle, nous traducteurs, pouvons-nous jouer ? Comment pouvons-nous enrichir notre pratique ?

Depuis plus de 20 ans, Jeanne Bordeau dirige deux entreprises spécialisées dans la qualité du langage et les prises de paroles délicates. Elle publie régulièrement des articles dans Stratégie ou L’Expansion, conseille de grandes entreprises en période de crise, forme et accompagne les décideurs afin qu’ils donnent du sens et de la cohérence à leur communication interne ou externe.

Jeanne Bordeau enseigne aussi et tient un blog. Elle est l’auteure d’une collection de six livres publiés aux Éditions d’Organisation, sur le thème du langage et de la communication. La Galerie Verneuil-Saints Pères (Paris) expose régulièrement ses « tableaux de mots », des œuvres qui mettent en scène les mots des médias les plus utilisés ou les plus rares.

En s’appuyant sur de nombreux exemples, Jeanne Bordeau nous parlera codes du langage, à l’heure du Web et des technologies de l’information.

Quand ?

Samedi 24 septembre à 10 h 00 ; accueil dès 9 h 30.

Où ?

Au Café du Pont-Neuf
14, quai du Louvre – 75001 Paris
M° Pont-Neuf/RER Châtelet

Votre petit-déjeuner comprendra une boisson chaude, un verre de jus d’orange et une viennoiserie. Un reçu de 9 € vous sera remis sur place. Les Matinales sont ouvertes à tous : adhérents ou non à la SFT, traducteurs et interprètes en exercice ou étudiants.

Le petit pot de beurre sur la galette

Inscrivez-vous à l’adresse delegation.idf-matinales@sft.fr d’ici le vendredi 23 septembre 12 h. Vous remporterez peut-être le livre du mois sélectonné par la délégation.

V’là mon travail, v’là mon dico

Une traduction à présenter ? Un outil papier préféré ? Apportez-les ! Une table leur sera réservée.

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2011 27
juil
Deux documentaires à l'honneur dans <em>TransLittérature</em>

Deux documentaires à l'honneur dans TransLittérature

Dans son dernier numéro, TransLittérature revient sur deux documentaires sortis en salles au cours de l’année écoulée et consacrés à la traduction : La femme aux cinq éléphants (Vadim Jendreyko, 2009, dont il a déjà été question ici, et qui est encore visible dans plusieurs salles de cinéma parisiennes) et Traduire (Nurith Aviv, 2010). Cette récente profusion (toute relative) de films consacrés à nos métiers, ainsi que les grandes qualités de ces deux œuvres, sont l’occasion d’un excellent dossier de quatre articles intitulé « Traduire en images » dans la revue semestrielle de l’Association des traducteurs littéraires de France (ATLF).

Un premier article de Jacques Catteau, traducteur du russe et spécialiste de Dostoïevski, éclaire La femme aux cinq éléphants sous l’angle de la métaphore filmique : ou comment le portrait tourné par Vadim Jendreyko devient, par le jeu du montage, des choix des plans et de l’agencement des séquences, une métaphore même de l’acte de traduire.

Suit une « Lettre à Svetlana Geier » d’Agathe Neuve, un hommage impressionniste et personnel à cette traductrice au parcours exceptionnel.

Sophie Ehrsam nous présente ensuite Traduire et sa plongée dans l’univers d’une dizaine de traducteurs de l’hébreu : leurs difficultés à restituer cette langue source dans leur langue maternelle, la passion qui semble les unir tous, le passage d’une langue à l’autre tout au long du film… « Il n’est pas besoin de connaître l’hébreu ni d’être traducteur pour apprécier ce film », souligne l’auteure de l’article : Nurith Aviv ouvre une série de fenêtres sur la traduction, tout comme le livre est lui-même une fenêtre sur le monde, selon les termes mêmes de la réalisatrice.

Enfin Emmanuèle Sandron, dans « La langue appartient à qui la parle et l’écrit », revient sur trois autres films de Nurith Aviv : D’une langue à l’autre (2004) et Langue sacrée, langue parlée (2008), les deux premiers volets de la trilogie consacrée à l’hébreu que vient clore Traduire ; sans oublier Vaters Land – Perte (2002), un court métrage qui aborde le vide et les fantômes de l’après-guerre en Allemagne.

Un dossier décidément passionnant, qui rend justice à ces deux documentaires très riches.

On trouvera par ailleurs dans ce dernier numéro de TransLittérature un comparatif des traductions en français de The Great Gatsby (rubrique « Côte à côte »), mais aussi un entretien entre Ros Schwartz et Sarah Ardizzone, respectivement auteure d’une nouvelle traduction en anglais du Petit Prince de Saint-Exupéry et traductrice de l’adaptation en bande dessinée par Joann Sfar du même Petit Prince, sans oublier des comptes rendus intéressants dans les rubriques « Profession » et « Lectures ». Un excellent cru, en somme !

Si vous n’êtes pas adhérent de l’ATLF ou d’ATLAS, vous pouvez vous abonner à TransLittérature à l’année (2 numéros) en envoyant un chèque de 20 euros à l’ordre d’ATLF au 99, rue de Vaugirard, 75006 Paris. Il est également possible de commander les anciens numéros de la revue.

En complément du dossier « Traduire en image », on pourra consulter les vidéos des nombreuses rencontres organisées autour des projections de Traduire ces derniers mois sur le site officiel du film.

Bernard Eisenschitz, auteur (avec d’autres adaptateurs) des sous-titres du film de Nurith Aviv, y explique notamment comment la réalisatrice lui a demandé de travailler sur la traduction de l’œuvre avant même que celle-ci soit terminée. Son intervention peut être visionnée ici.

Ajoutons enfin que les films de cette réalisatrice ont été réunis dans un coffret DVD aux éditions Montparnasse, et étudiés également dans un texte récent de Jean-Paul Fargier (« Les débuts infinis de Nurith Aviv », Trafic n°78, été 2011).

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