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2016 28
nov

Suite de notre série de portraits de traducteurs, membres de l’Ataa.
La parole est à Maï Boiron !

Nom : Boiron
Prénom : Maï
En exercice depuis : 1994 chez Titra – 2001 en adaptation freelance

Ton parcours :
1988-1992 : licence de LEA à Nanterre
1992-1993 : une année à l’Université de San Francisco, département cinéma.
1994 : engagée en CDI chez Titra Film grâce à George Dutter.
2001 : temps partiel chez Titra – début de mon activité d’adaptatrice de sous-titres
Fin 2013 : démission de Titra
2014 : début de mon activité d’adaptatrice de doublage

Ton premier bébé traductologique : 418SXJRGKAL._SY445_
« Mon voyage à travers le cinéma italien » de Martin Scorsese
3000 sous-titres à écrire en 10 jours. Grosse émotion, grosse apnée, gros plaisir.

Une prise de tête mémorable :
17 heures de vérif pour « Dark Places », premier doublage véritablement en solo, que j’avais eu 8 jour pour écrire (!), et réécrit quasi intégralement par le réalisateur le jour de la vérif, SUR MOSAÏC !!!
J’ai cru que j’allais y rester. C’est le pire souvenir de ma vie. Pas pour mon ego, mais parce que j’étais épuisée.
Personne ne m’en a tenu rigueur, heureusement ;)
Remarque, j’ai plus appris en 17 heures de vérif qu’en 5 ans de doublage ! Je me suis bien débridée de la synchro, notamment !! ;) (comme dit Raphaël)

Un regret :
Aucun… je crois…

Une fierté : gonegirl-120x160
Avoir assuré la moitié du doublage (= 1300 sous-titres sur 2300) de « Gone Girl » toute seule, en 9 jours, pour un résultat qui a plu au client et au directeur artistique.

Une envie traductologique :
Scorsese, encore et toujours.

Une rencontre :
Ce métier, en 1991.
Le doublage – les plateaux – les acteurs.
Jean-Marc Pannetier et Raphaël Anciaux.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?
Pas eu le choix, c’est lui qui m’a choisie.
Une évidence.

Ton regard sur la profession et son évolution :
Difficile – Dégringolade pour la grande majorité du métier – tendance générale de l’économie à se « libéraliser », et à se mondialiser, d’où les tarifs et la qualité en baisse.

Ton regard sur la « consommation » d’œuvres audiovisuelles :
La VM a, je crois, élargi un peu le public du sous-titrage. Le public est peut-être un peu plus sensibilisé aux problématiques de l’adaptation audiovisuelle… Mais si peu…

C’est quoi un bon sous-titrage / doublage / voice over ?
Pour tout ça : du naturel, du style, du rythme, de la rigueur.
Sous-titres : tirer le jus du texte, aller à l’essentiel, respecter le niveau de langue, dégraisser, fluidifier, que le sens soit immédiat.
Doublage : le naturel avant tout, le style, la « jouabilité » du texte, le rythme, la synchro SI elle ne sacrifie pas le naturel.
Et les voix, la direction, le jeu, le montage, le mixage… évidemment.

Pourquoi l’ATAA ?
Pour soutenir ceux qui nous défendent.
Pour regrouper nos forces.
Pour que ces métiers existent et soient visibles.

Un dernier mot :
Merci l’Ataa :-)

Si vous aussi vous souhaitez publier votre portrait, vous exprimer pour une fois avec vos mots à vous, dans votre style à vous, pour partager votre expérience, rien de plus facile : prenez votre plus belle plume pour répondre à ce questionnaire, joignez-y si vous le pouvez illustrations et visuels et envoyez le tout à blog |at| ataa.fr !