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2016 28
sept

La Journée mondiale de la traduction (JMT) est célébrée chaque 30 septembre, date retenue par la Fédération internationale des traducteurs (FIT) lors de sa fondation en 1953 pour promouvoir les métiers de la traduction à l’échelle mondiale.

Journée mondiale DGT

La Direction générale de la traduction de la Commission européenne et la SFT ont imaginé cet événement, dans le cœur de Paris. Un parcours de découverte à travers les passages couverts du 2e arrondissement de Paris, à la rencontre de traducteurs et interprètes qui présenteront la diversité de leur métier au public qui viendra à leur rencontre. Plusieurs associations professionnelles seront présentes dans les boutiques et les commerces participant à l’évènement.

L’ATAA sera installée dans la galerie Vivienne et nous serions heureux de vous y voir nombreux. Ce sera l’occasion :

-> de nous poser toutes vos questions

-> de découvrir les autres métiers de la traduction

-> de rencontrer des collègues et d’échanger sur nos pratiques

-> de passer un moment convivial, clôturé par un cocktail à la mairie du II e arrondissement à 19h (inscription obligatoire via ce lien).

Un quiz, à faire seul ou à plusieurs le long du parcours, est également au programme.

Rendez-vous donc ce vendredi à partir de 16h, à la librairie-boutique de la Comédie française, 2 rue Richelieu, 75001, pour le départ du parcours.

Plus de détails et d’informations sur le site de la Commission européenne.

2016 23
sept

Suite de notre série de portraits de traducteurs, membres de l’Ataa.
La parole est à Amandine Joyaux !

Nom : Joyaux
Prénom : Amandine
En exercice depuis : 2009

Ton parcours :
Après avoir fait la formation de Lille 3, je me suis retrouvée sur le marché du travail en 2008 avec le désir de travailler dans le doublage et j’ai commencé par faire un stage en production chez Dubbing Brothers. Cette expérience n’ayant pas été concluante, je me suis tournée vers la voice over en janvier 2009. En septembre 2009, j’ai été contactée par la société Audiophase pour laquelle j’ai doublé deux séries et quelques téléfilms, puis, en mars 2010, j’ai commencé à travailler chez Mediadub. Depuis, j’écris trois séries pour eux et je continue parallèlement à travailler chez Nice Fellow, de temps en temps pour Audiophase (mais leurs tarifs n’encouragent pas vraiment une collaboration régulière…) ainsi que Deluxe Productions depuis peu.

Ton premier bébé traductologique : th
La série « Party Down », très très bavarde et parfois un vrai défi, comme beaucoup de séries à la fois comiques et rythmées.

Une prise de tête mémorable :
Un téléfilm sur un procès qui combinait à lui tout seul tous les cauchemars propres à l’adaptation : hyper chargé, lexique juridique (des termes de médecine légale à s’arracher les cheveux), des ambiances partout…

Un regret :
Ne pas avoir pu adapter la série de comics « Avengers », dont le projet nous a été retiré sans ménagement par « Marvel » pour des questions de budget.

Une fierté :
Entendre une amie me dire qu’elle a aimé une série que j’ai adaptée, et l’entendre me préciser qu’elle l’a vue en VF. D’habitude, les gens ajoutent toujours « bon, je l’ai vu en VO, parce que je ne supporte pas les VF… »

Une envie traductologique :
Adapter un film d’époque, dans le style d’« Orgueil et Préjugés ».

Une rencontre :
Récemment, j’ai eu la chance de travailler avec Blanche Ravalec (qui double Marcia Cross et dirige également des plateaux). Un vrai plaisir de collaborer avec cette femme-là, qui est à la fois très pro, très respectueuse du travail des auteurs, simple, drôle et très abordable.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?
Etudiante en fac d’anglais, je n’avais pas envie de me tourner vers le métier d’enseignante. Après réflexion, je me suis dit que j’aimais l’idée d’un métier interdisciplinaire : d’un côté la traduction, qui compare deux langues et deux cultures, et de l’autre, le cinéma. J’en suis vite venue à la conclusion qu’il fallait que je me dirige vers un métier qui permette de travailler dans ces deux sphères à la fois.

Ton regard sur la profession et son évolution :
Concernant le doublage, et selon mon expérience personnelle, je constate qu’il est possible de travailler de manière très agréable, avec des gens bienveillants, dans des conditions respectueuses. Concernant les tarifs plus précisément, ils restent corrects en doublage, nous avons même obtenu l’an dernier de nous faire augmenter chez Médiadub. Parmi nos revendications pour justifier cela, le fait qu’on demande de plus en plus aux auteurs de gérer des à-côtés, qui prennent parfois beaucoup de temps : NBC qui demande maintenant deux résumés, un court et un long, et qui exige de rajouter une page sur les frappes avec leur logo… Non pas que ces manœuvres soient très chronophages, mais quand s’ajoutent à ça le fait de devoir envoyer lignages, croisillés (à compléter quasi systématiquement), et les détections souvent lacunaires, je trouve que ça fait parfois beaucoup.

Ton regard sur la « consommation » d’œuvres audiovisuelles :
Très personnellement, j’avoue regretter que la plupart des gens de mon entourage aillent peu au cinéma et préfèrent souvent regarder la télévision chez eux. J’entends aussi beaucoup parler de Netflix, et de mon point de vue personnel, j’ai l’impression que ça encourage plus le « binge-viewing » qu’un visionnage responsable et de qualité. Un exemple : il paraît que sur leur site, on peut lancer une sorte d’application qui « zappe » le générique des séries et vous permet d’enchaîner les épisodes non-stop… ce qui m’a fait bondir ! Je trouve qu’il y a un vrai plaisir dans le rituel du générique, même en enchaînant 3 épisodes à la suite. Ça permet de se « mettre progressivement » dans l’épisode, et le fait de les enchaîner en continu brouille les repères, ne respecte pas la narration et tient d’avantage à la surconsommation.

Un coup de gueule :
Je crois que je l’ai fait juste au-dessus !

C’est quoi un bon sous-titrage / doublage / voice over ?
Alors là, difficile à dire sans juger ! Et difficile de se placer du point de vue de spectateur quand la déformation professionnelle s’en mêle. De mon point de vue d’adaptatrice, je dirais qu’un bon doublage dépend de beaucoup de critères, au-delà du travail d’écriture. Le texte peut être excellent, mais le travail en plateau est déterminant. Pour que le résultat final soit bon, il faut que la sauce prenne des deux côtés. De manière générale, je trouve dommage que certaines chaînes, de par leurs exigences, rendent parfois les dialogues un peu « polis » et les répliques entendues. J’avoue être nostalgique des doublages des années 80-90, où tout était permis. Je pense notamment à « Sos Fantômes » quand Bill Murray nous sortait « On est venus, on a vu, il l’a eu dans le cul », ou encore aux « Goonies » avec la bande à Mickey, Choco, Bagou et Data qui jurent comme des charretiers… pour moi, ce film est un bel exemple de doublage réussi : pas forcément toujours synchrone, mais débordant de naturel, des voix charismatiques et un texte riche et imagé.
https://www.youtube.com/watch?v=pXPYuVlKFRo
https://www.youtube.com/watch?v=1jQTgSW59gY

Pourquoi l’ATAA ?
Parce qu’il me semble important de se fédérer dans un métier où on se sent souvent isolé. Et parce qu’il est plus facile de faire valoir ses droits quand on se sent faire partie d’une équipe. Et puis parce que je trouve que c’est une association active, qui a certes des idéaux mais qui les concrétise, et qui vit en accord avec ses principes.

Un dernier mot :
Plutôt un petit « best of » des meilleures phrases que j’ai entendues en plateau.
- Un DA à un des comédiens : « Vide ta bouche, y a du monde dedans ».
- Commentaire d’un comédien quand le personnage qu’il double en gifle un autre : « Et ça, c’est du miel des Vosges ? »
- « Celui-là, il est aimable comme une feuille d’impôts ».

J’ajoute aussi la bande annonce d’un film très sympa, « In a world », qui parle du métier de comédien en voice over, et du monde sans pitié des bandes-annonces de blockbusters. Je ne sais pas s’il existe une VF et qui l’a adapté, d’ailleurs.
https://www.youtube.com/watch?v=bZHBjLFu5is

in a world

Si vous aussi vous souhaitez publier votre portrait, vous exprimer pour une fois avec vos mots à vous, dans votre style à vous, pour partager votre expérience, rien de plus facile : prenez votre plus belle plume pour répondre à ce questionnaire, joignez-y si vous le pouvez illustrations et visuels et envoyez le tout à blog |at| ataa.fr !

2016 08
sept

Festival America
Tempête de cerveaux de traducteurs lors du festival America, dédié aux littératures et cultures d’Amérique du Nord ! Samedi 10 et dimanche 11 septembre, le festival organise en partenariat avec nos amis de l’ATLF un événement ludique et passionnant : des joutes de traduction.

Le principe est simple : le tournoi oppose deux traducteurs. Chacun a reçu, peu avant le festival, un court texte inédit d’un auteur invité. Les traductions préparées, les concurrents peuvent entrer dans l’arène. Commence alors un véritable duel de traduction ­arbitré par un animateur. Cette lutte est l’occasion pour les spectateurs de savourer la complexité du passage d’une langue à l’autre et de comprendre les choix des traducteurs parmi la multitude des possibilités qui s’offrent à eux afin de rendre le texte traduit le plus fidèle possible à l’original.

Samedi 10 septembre, 13h-14h30
Pierre Demarty et Nicolas Richard, sur un texte de Molly Prentiss
Joute animée par Sophie Aslanidès

Dimanche 11 septembre, 14h30-16h
Nathalie Bru et Valérie Le Plouhinec,  sur un texte de Tom Cooper
Joute animée par Valérie Julia

Et pour plus d’informations sur cet événement, consultez le site de l’ATLF.