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2011 29
sept

the prosperous translator

Comme nous l’avions annoncé dans le billet qui présentait The Prosperous Translator il y a quelques mois, son auteure Chris Durban nous a donné l’autorisation de traduire et de publier une sélection de chroniques issues de l’ouvrage.

Voici la première ! Sa traduction en français est l’œuvre d’Anaïs Duchet ; le texte original en anglais est à la suite.

Question :

Chères Fourmi de feu et Abeille ouvrière,

J’ai pris le statut d’indépendant il y a un an, et je travaille désormais à domicile. Malgré le temps que j’ai gagné sur les trajets, je me sens moins productif. La faute à mes voisins, à mes amis et même à mes proches envahissants qui débarquent à toute heure pour prendre le café. Deux ou trois fois par jour, j’y ai droit : « Je passais dans le coin, alors je viens te faire un petit coucou. » J’essaie de leur faire comprendre que je suis occupé, mais ils n’ont pas l’air de saisir, et je n’ai pas envie d’être désagréable. Driinggg ! Encore une visite. Comment faire ?

Toc Toc

Réponse :

Cher Toc,

Notre conseil : ne vous laissez pas envahir. Ouvrez la porte avec un grand sourire, en disant : « C’est sympa d’être passé(e), mais là, je ne peux pas, je suis en ligne avec un client. Désolé, à plus ! » Puis faites-lui au revoir de la main et refermez la porte derrière vous. Vous pouvez toujours le ou la rappeler ou l’inviter à venir prendre un verre une fois votre travail terminé.

Si vous avez peur de manquer d’aplomb, installez un téléphone à côté de votre porte d’entrée, que vous vous collerez à l’oreille chaque fois que quelqu’un sonne. Cette petite mise en scène pourra vous aider à être plus convaincant.

Sans cela, nous ne voyons qu’une autre solution : faire salon la journée et travailler la nuit… Mais est-ce vraiment ce que vous voulez ?

FF & AO

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2011 21
sept

sft logo

La délégation Ile-de-France de la Société française des traducteurs nous transmet l’annonce de sa prochaine Matinale, qui aura lieu samedi 24 septembre.

Ces petits-déjeuners professionnels organisés tous les troisièmes samedis du mois par la SFT sont l’occasion d’échanger avec d’autres traducteurs/interprètes autour d’un croissant et d’un café, avec, souvent, la présence d’un conférencier de choc (le blog de l’Ataa avait rendu compte en juin dernier de la Matinale consacrée à Pierre Assouline).

Suivez l’actualité des Matinales ! L’Ataa y donnera une intervention le 26 novembre…

La qualité de l’expression, des contenus et des langages fait la différence. Mais avec quels mots ? Quel est l’intérêt pour une entreprise d’ordonner son langage et de créer une charte sémantique ? Quel rôle, nous traducteurs, pouvons-nous jouer ? Comment pouvons-nous enrichir notre pratique ?

Depuis plus de 20 ans, Jeanne Bordeau dirige deux entreprises spécialisées dans la qualité du langage et les prises de paroles délicates. Elle publie régulièrement des articles dans Stratégie ou L’Expansion, conseille de grandes entreprises en période de crise, forme et accompagne les décideurs afin qu’ils donnent du sens et de la cohérence à leur communication interne ou externe.

Jeanne Bordeau enseigne aussi et tient un blog. Elle est l’auteure d’une collection de six livres publiés aux Éditions d’Organisation, sur le thème du langage et de la communication. La Galerie Verneuil-Saints Pères (Paris) expose régulièrement ses « tableaux de mots », des œuvres qui mettent en scène les mots des médias les plus utilisés ou les plus rares.

En s’appuyant sur de nombreux exemples, Jeanne Bordeau nous parlera codes du langage, à l’heure du Web et des technologies de l’information.

Quand ?

Samedi 24 septembre à 10 h 00 ; accueil dès 9 h 30.

Où ?

Au Café du Pont-Neuf
14, quai du Louvre – 75001 Paris
M° Pont-Neuf/RER Châtelet

Votre petit-déjeuner comprendra une boisson chaude, un verre de jus d’orange et une viennoiserie. Un reçu de 9 € vous sera remis sur place. Les Matinales sont ouvertes à tous : adhérents ou non à la SFT, traducteurs et interprètes en exercice ou étudiants.

Le petit pot de beurre sur la galette

Inscrivez-vous à l’adresse delegation.idf-matinales@sft.fr d’ici le vendredi 23 septembre 12 h. Vous remporterez peut-être le livre du mois sélectonné par la délégation.

V’là mon travail, v’là mon dico

Une traduction à présenter ? Un outil papier préféré ? Apportez-les ! Une table leur sera réservée.

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2011 19
sept

Qu’est-ce que le partage intersocial ? Que devient le bulletin de déclaration envoyé par un auteur de traduction audiovisuelle à sa société de répartition ? Comment est fixé le montant des droits reversés aux auteurs par les chaînes de télévision ?

Dans son numéro 40 de mai 2011, la Lettre de la Scam (Société civile des auteurs multimédia), Astérisque, proposait un long article intitulé « La perception et la répartition pour les nuls », qui répond à ces questions et à bien d’autres encore. Cet aperçu des coulisses de la Scam nous a semblé intéressant à reproduire sur le blog de l’Ataa, puisqu’il concerne notamment les auteurs de traductions/adaptations de documentaires.

Le chapeau de l’article annonce notamment que « la déclaration en ligne des œuvres sera une réalité de la Scam avant la fin de l’année ». Et de fait, l’extranet de la Scam (c’est-à-dire l’espace réservé à ses membres) a fait peau neuve cet été.

Scam 01
Scam 02

Le bulletin de déclaration d’une traduction audiovisuelle, qu’il fallait auparavant remplir à la main, prend désormais la forme d’un document PDF que l’on peut compléter directement sur son ordinateur. Il faut encore l’imprimer pour le communiquer à la Scam, mais ce changement est d’ores et déjà appréciable. En attendant une déclaration 100% en ligne (réservée pour l’instant aux réalisateurs de documentaires), vous pouvez découvrir les étapes de la perception et de la répartition des droits dans l’article qui suit.

Un grand merci à son auteure et à la Scam, qui nous ont autorisés à reproduire ce texte.

La perception et la répartition
pour les nuls

Béatrice de Mondenard

Pour mieux comprendre à quoi correspond la retenue statutaire pour frais de gestion, prélevée sur les droits versés aux auteurs.

Dans un monde rêvé, les auteurs déclarent en ligne, les œuvres ont un numéro d’identification, les opérateurs font un reporting exhaustif des œuvres exploitées, et des logiciels sophistiqués permettent de calculer à qui reverser quoi. Ce ne sont pas là des utopies puisque la déclaration en ligne des œuvres sera une réalité de la Scam avant la fin de l’année. Dans l’attente, pour que les sommes perçues par la Scam auprès des diffuseurs et opérateurs soient bien réparties aux auteurs, des équipes s’activent pour saisir les bulletins, les analyser et les enrichir. Visite guidée des services de perception, documentation et répartition.

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2011 14
sept

Révisions : c'est la saison !

Révisions : c'est la saison !

Septembre, ses feuilles mortes, son ciel gris et… ses petites révisions de rentrée !

Pour se (re)mettre en tête ce qui fait la spécificité du traducteur de l’audiovisuel et son statut d’auteur, vous pouvez découvrir ou redécouvrir la Foire aux questions de l’Ataa sur notre statut social et fiscal.

Pour les plus courageux, l’onglet « Droit d’auteur » du site rappelle tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les sociétés de répartition sans jamais oser le demander : Scam et Sacem.

Pas d’interro écrite à la fin, mais un panier plein de renseignements toujours utiles !

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2011 09
sept

Doublage traditionnel

Doublage traditionnel

Les grandes évolutions du marché de la traduction audiovisuelle, dans un paysage en pleine mutation, sont conditionnées par les comportements de quatre acteurs majeurs.

  • Les commanditaires (chaînes, éditeurs, distributeurs), qui cherchent à limiter leurs coûts tout en préservant la qualité des adaptations.

  • Les prestataires techniques qui, souvent, engagent les auteurs, mais qui, face à la pression des commanditaires, cherchent à préserver leurs marges.

  • Les formations à la traduction audiovisuelle, qui cherchent à maintenir ou augmenter le nombre d’étudiants inscrits.

  • Les auteurs, qui cherchent à travailler.

Les rapports de force entre ces quatre acteurs sont longtemps restés à peu près équilibrés. Mais depuis quinze ans, aussi bien en termes de conditions de travail que de qualité, le sous-titrage de traduction, puis le voice-over et le sous-titrage à destination des sourds et malentendants ont successivement pâti de graves déséquilibres apparus sur le marché de la traduction audiovisuelle.

Or l’observation des faits permet de conclure que le doublage se trouve aujourd’hui dans la même situation que le sous-titrage il y a une quinzaine d’années. En effet, la conjonction de plusieurs facteurs déterminants menace aujourd’hui de pousser les différents acteurs du doublage à répéter les erreurs commises dans le passé par le secteur du sous-titrage.



1) Augmentation massive des volumes


Comme il y a quinze ans, avec l’arrivée du câble puis du DVD, l’explosion des séries a provoqué une augmentation rapide de la demande de doublage. Ceci aurait pu bénéficier aux traducteurs en exercice, mais la multiplication des formations et la mécanisation de la profession ont produit l’effet inverse et accentué la pression sur les tarifs.



2) Multiplication des formations à la traduction audiovisuelle et augmentation du nombre de traducteurs


Le marché de la traduction audiovisuelle continue à être perçu, à tort, comme prometteur par des enseignants pas toujours au fait des réalités économiques, statutaires et pratiques du métier d’auteur. De plus, en pensant accompagner l’évolution technique de la profession, ces formations ont largement investi dans des outils informatiques coûteux, encouragées dans cette voie par le démarchage agressif de certains éditeurs de logiciels. Ces investissements, qu’elles doivent rentabiliser, les incitent à promettre des débouchés aux étudiants, alors qu’aucun contrôle administratif n’est exercé sur la réalité de ces promesses.

Si 50 à 100 diplômés en traduction audiovisuelle ont été formés entre 1982 et 1992 (chiffres cumulés), puis environ 230 entre 1992 et 2002 (idem), nous en sommes aujourd’hui à 60 par an. Or la mise en parallèle de l’effondrement des tarifs et de l’augmentation du nombre de formations montre que l’explosion de ces formations est une des causes principales de la dégradation des conditions de travail. Tout porte à croire que les mêmes causes auront les mêmes effets dans le domaine du doublage. À ces jeunes diplômés s’ajoutent, entre autres, les détecteurs et calligraphes qui se reconvertissent au doublage parce qu’ils ont de moins en moins de travail.



3) Mécanisation de la profession


L’apparition des logiciels de sous-titrage au milieu des années 1990 a accéléré la dégradation des conditions de travail, non parce que la technologie est nuisible en elle-même, mais parce que les laboratoires ont pu, grâce à elle, obliger les auteurs à s’équiper pour réaliser leur propre repérage et généraliser peu à peu les tarifs « tout compris » (repérage + adaptation). Face à la pression des chaînes et des éditeurs, les prestataires de postproduction ont pu ainsi préserver leurs marges en limitant leurs propres investissements techniques, puisque ceux-ci étaient soit reportés sur les auteurs, soit rendus inutiles par la dématérialisation progressive des supports.

La chaîne technique du doublage étant plus complexe, il a fallu attendre l’avènement du numérique pour que les laboratoires puissent imposer l’utilisation de logiciels et, avec elle, des contraintes semblables : nécessité d’acheter un logiciel pour travailler (alors que les bandes-mères du doublage traditionnel, pourtant plus coûteuses que les logiciels, ont toujours été payées par les entreprises), détection imposée, parfois non rémunérée, alors que le numérique fait réaliser des économies considérables aux entreprises, notamment du fait de la disparition du matériel physique et du métier de calligraphe. Différence importante par rapport au sous-titrage, et qui aggrave la situation, les éditeurs informatiques n’ont pas établi de standard commun permettant la compatibilité entre fichiers de doublage créés sur des programmes différents, ce qui oblige les auteurs à acheter plusieurs logiciels en fonction de leurs clients.



4) Une impression de sécurité et même de prospérité


Comme les auteurs de sous-titres il y a quinze ans, les auteurs de doublage exerçant aujourd’hui, notamment les plus jeunes, évoluent dans un marché qui semble sain et dynamique. Les saisons de séries s’enchaînent, les commandes affluent et le métier se modernise, même s’il faut, en contrepartie, consentir à une baisse de la qualité, à la fragilisation de certaines professions (détecteur, calligraphe), et à des entorses au Code du travail, qui consistent à obliger les auteurs à effectuer la détection gratuitement, ou à les payer en droits d’auteur pour cette tâche, au lieu de les rémunérer en salaires, comme l’exige la loi.



Il serait bien sûr possible de détailler et de nuancer chacun de ces quatre points, mais là n’est pas l’essentiel. En effet, c’est la conjonction de ces facteurs qui menace aujourd’hui le métier du doublage. Augmentation des volumes, mécanisation et multiplication des formations font chuter les tarifs et poussent les jeunes auteurs (et parfois même les moins jeunes) à accepter des conditions de travail en constante dégradation. Dans quelques années, si rien n’est fait, de nombreux auteurs confrontés à cette situation se demanderont : «  Mais pourquoi n’avons-nous rien vu venir ?  »

Le doublage est donc à un tournant. Il est de la responsabilité de chacun de refuser les conditions de travail susceptibles de nuire à la profession dans son ensemble. En d’autres termes, de ne pas scier la branche sur laquelle il est assis. Cependant, les expériences conjointes du Snac et de l’Ataa montrent que le moyen d’action le plus efficace face à la crise qui nous a frappés hier et menace aujourd’hui est l’action auprès des institutions et des pouvoirs publics dont dépendent nos intérêts et ceux de nos métiers. Ainsi, une Charte des bons usages dans le doublage et le sous-titrage élaborée sous l’égide du CNC vient d’être signée par la Ficam, les représentants des auteurs et ceux de nombreux commanditaires. Ce document représente une avancée importante pour notre secteur d’activité, et il faut désormais redoubler d’efforts pour en concrétiser les potentialités.



Auteurs de sous-titrage, auteurs de doublage, il n’est jamais trop tard pour agir. L’Ataa et le Snac vous représentent, mais comme tout organisme représentatif, ils ne sont que la somme de leurs adhérents. A ce titre, la nature et la portée de leur action dépendent entièrement de votre participation.

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