preload
2011 26
avr
Site le MOTif

Le MOTif, observatoire du livre et de l'écrit

L’an dernier, l’observatoire du livre et de l’écrit, ou MOTif, mettait en place le premier dispositif expérimental de formation professionnelle des auteurs. Devant le succès rencontré par les différentes sessions organisées, le dispositif a été reconduit cette année.

Les formations sont ouvertes aux auteurs affiliés à l’Agessa, mais aussi aux assujettis sous certaines conditions, résidant en Ile de France.
Vous avez jusqu’au 30 avril pour postuler aux différentes formations proposées.

Lien : http://www.lemotif.fr/fr/on-y-travaille/formation-des-auteurs/

Le saviez-vous ? Les artistes et auteurs sont la seule catégorie socio-profesionnelle à ne pas bénéficier d’une structure de formation professionnelle continue. La loi du 16 juillet 1971 en faisait pourtant une obligation nationale. Depuis 2007, les principaux syndicats et associations d’auteurs et d’artistes se sont unis pour réclamer l’application de ce droit. Le blog de l’Ataa consacrera bientôt une série d’articles à ce sujet, si crucial pour la reconnaissance de nos professions. En attendant, nous saluons l’action du MOTif qui a démontré la viabilité d’un tel dispositif.

tags:
2011 22
avr

Les grèves de salariés sont rares dans le secteur de la postproduction audiovisuelle ; raison de plus pour signaler ici celle qui a touché le studio de doublage Dubbing Brothers le mois dernier.

Les salariés (techniciens, pour la plupart) ont entamé un mouvement social mi-mars dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de travail et de rémunération. Parmi leurs revendications (source : site du SNTR/SGTIF la CGT) : une augmentation générale des salaires de 5% (non revalorisés depuis deux ans), le paiement des tickets restaurants, conformément à la convention collective, la reconnaissance de l’ancienneté, la majoration des heures de nuit, la mise en place d’une navette vers le R.E.R., la réduction du délai de carence en cas d’arrêt maladie, le paiement des jours enfants malades, la mise en place d’un 13ème mois, et la mise en place d’un compte épargne temps.

Après trois jours d’un mouvement social qui a fortement perturbé le fonctionnement de la société de doublage, les salariés ont obtenu satisfaction pour une partie de leurs revendications (le paiement des jours de carence maladie, deux sur les trois demandés par les salariés, le paiement des jours de congé pour enfant malade, la mise en place d’une navette pour se rendre à la gare R.E.R. et le paiement d’un jour de grève sur les trois jours).

Les adaptateurs free-lance, qui constituent la majeure partie des adhérents de l’ATAA, ne sont pas concernés par les revendications des salariés (rappelons que leur statut ne relève pas du droit du travail). Toutefois, leurs employeurs sont aussi nos donneurs d’ordre, et c’est l’occasion pour l’association de souligner une fois de plus la dégradation des conditions de travail qui touche tous les métiers de la traduction/adaptation notamment face à la « révolution numérique » qui se produit dans notre secteur (à ce sujet, voir notre billet : « L’impact de la numérisation sur la traduction audiovisuelle »). Dans ce contexte, la cohésion entre les auteurs, au sein de l’ATAA et du SNAC, doublée d’un dialogue actif avec nos partenaires économiques et sociaux, reste la meilleure voie pour faire avancer notre cause et aller vers une plus grande reconnaissance de nos métiers.

 

tags:
2011 18
avr
Medietext, une expérience rafraîchissante

Medietext, une expérience rafraîchissante

Depuis sa création en 2006, l’ATAA entretient des rapports amicaux avec de nombreuses autres associations de traducteurs/adaptateurs de l’audiovisuel en Europe et suit attentivement l’actualité de nos métiers à l’étranger. En Suède, la profession a connu il y a quelques années de profonds bouleversements qui ont conduit à les adaptateurs à se regrouper pour créer leur propre entreprise de services de sous-titrage, Medietext (son site comporte notamment une page de présentation en français).

Nicholas Ryderås nous raconte l’aventure de la naissance de Medietext, à laquelle il a participé, et son évolution au cours des cinq dernières années. Son texte, en anglais, est reproduit à la suite de la traduction. Un grand merci à Karine Rybaka pour la version française.

L’histoire de Medietext

Par Nicholas Ryderås

Medietext est née d’une crise. Au début de l’été 2006, la chaîne de télévision publique suédoise, SVT, annonce à son équipe de traducteurs-adaptateurs, composée d’une centaine de free-lances fidèles depuis de nombreuses années, qu’elle n’aura plus besoin de ses services. En effet, SVT a décidé de s’adresser désormais à des sociétés de sous-titrage privées. La chaîne publique va donc lancer un appel d’offres à destination de ces sociétés.

Bien évidemment, les traducteurs-adaptateurs de SVT sont sous le choc. Un grand nombre d’entre eux travaillent régulièrement pour la chaîne depuis près de 30 ans. Par ailleurs, l’idée de se tourner vers le privé semble assez éloignée des principes de service public de SVT, car il est bien connu que la qualité et les conditions de travail sont plus que douteuses dans les sociétés de sous-titrage privées. Mais la décision est sans appel. Une décision manifestement motivée par des raisons économiques, mais également en accord avec la nouvelle politique de SVT en matière de sous-traitance.

Comment ce changement de politique a-t-il été possible ? Comment une chaîne de télévision publique a-t-elle pu démanteler une structure adaptée à ses besoins depuis des décennies, et comptant dans ses rangs des traducteurs extrêmement compétents dans un grand nombre de langues ? Contre toute attente, le syndicat de la profession en est le premier responsable. En Suède, il n’y a pas de salaire minimum légal. Les salaires sont négociés entre les syndicats et les employeurs, pour chaque branche d’activité. Mais le syndicat des traducteurs de sous-titres, Teaterförbundet» , avait signé deux accords pour le même type d’activité : l’un fixant des salaires très élevés, avec SVT, et l’autre des salaires très bas, avec les sociétés privées. En acceptant ce deuxième accord, le syndicat signait l’arrêt de mort de ses propres membres.

Comment donc une société a-t-elle pu naître d’une telle crise ? Les traducteurs ont commencé par se réunir afin d’évaluer la situation. Rapidement, ces réunions se sont transformées en discussions sur le besoin de s’adapter à la concurrence et de créer une société privée offrant un service de qualité. Il devint rapidement évident que les anciens traducteurs de SVT possédaient des compétences précieuses et un fort potentiel économique. En fait, c’était un peu comme une usine sur le point de démarrer sa production : les machines et les ouvriers étaient en place. Il manquait juste un responsable pour procéder à la mise en route. Heureusement, parmi les traducteurs de SVT se trouvaient quelques personnes dotées de l’esprit d’entreprise, dont une avait une expérience en gestion des entreprises, et une autre était experte en logiciels de sous-titrage. Et en engageant un consultant expérimenté, les traducteurs acquirent instantanément la crédibilité et la structure nécessaires pour fonder une société et répondre à l’appel d’offres de SVT.

Ainsi, au beau milieu des congés d’été suédois, naît Medietext, société à responsabilité limitée de cinquante associés. Un conseil d’administration est élu, le consultant, engagé, et le dossier de soumission à l’appel d’offres, préparé. Les traducteurs de Medietext veulent proposer un travail de qualité, alors rare au sein des sociétés privées, et revaloriser les tarifs des traducteurs-adaptateurs.

Les négociations avec SVT se passent bien et un contrat est signé entre la chaîne et Medietext. Bien entendu, cette réussite a un prix. Pour être compétitive, Medietext doit baisser les anciens tarifs de SVT d’environ 30 %. Malgré tout, les nouveaux tarifs négociés restent près de deux fois plus élevés que ceux des autres sociétés privées. En un rien de temps, Medietext devient la quatrième société de sous-titrage du pays, et parvient à établir un niveau de rémunération parfaitement décent pour le privé . À partir de là, les traducteurs de Medietext n’ont qu’un but : réaliser et encourager un sous-titrage de qualité, avec des conditions de travail acceptables ; diriger leur entreprise sans profits excessifs, de manière à ce que l’essentiel des bénéfices soient destinés aux traducteurs. Au final, les clients obtiennent un bon rapport qualité/prix, et les traducteurs sont correctement rémunérés pour leur travail. Tout le monde est gagnant.

Medietext s’impose rapidement comme la société de sous-titrage de référence sur le marché suédois. Elle trouve de nouveaux clients soucieux de la qualité, tels que les majors du cinéma, la chaîne TV4 (la plus grande chaîne commerciale de Scandinavie), des sociétés de production indépendantes, ou encore Axess TV, chaîne culturelle et scientifique à but non lucratif. En outre, Medietext parvient également à conquérir le marché danois, en proposant aux traducteurs du Danemark de bons tarifs pour sous-titrer des programmes suédois dans leur langue. Enfin, Medietext a récemment étendu ses services à la postproduction. Onze salariés travaillent aujourd’hui au siège de la société, qui collabore de façon régulière avec plus d’une centaine de free-lances, basés essentiellement en Suède et au Danemark.

Les fondateurs de Medietext estiment que la présence de leur société sur le marché du sous-titrage aura un impact sur les conditions de travail des adaptateurs free-lance. Ils ont prouvé aux clients que la qualité méritait un certain budget, et aux traducteurs que des tarifs convenables n’étaient pas une utopie. De bonnes conditions de travail profiteront à tous. Enfin, améliorer ces conditions se fera en collaboration avec les syndicats. Les traducteurs de sous-titres free-lances ont récemment quitté leur syndicat, Teaterförbundet, pour rejoindre celui des journalistes, dans l’espoir que cela sera positif pour le marché du sous-titrage suédois.


Traduction française : Karine Rybaka



suite »

tags: