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2011 23
fév
On vous attend !

On vous attend !

L’ATAA organise désormais deux réunions publiques par an, et la première de l’année 2011 aura lieu bientôt !

Cette fois-ci, c’est à la Femis (6 rue Francœur, Paris 18e) que vous êtes conviés, adhérents ou non de l’association – nos réunions étant ouvertes à tous.

La réunion se tiendra le jeudi 24 mars, à partir de 18 heures. Elle commencera à 18h30 précises.

Nous y ferons le point sur trois sujets que nous pensons importants pour les traducteurs et les adaptateurs :

- Signature de la charte tripartite (auteurs, commanditaires, diffuseurs) sous l’égide du CNC

- Les dix ans de la VM (version multilingue)

- Bilan du chantier sous-titrage pour sourds et malentendants

… Avant notre traditionnel buffet.

Important : il est impératif de s’inscrire au préalable auprès de info@traducteurs-av.org.

2011 15
fév

À lire !

À lire !

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le quotidien du traducteur indépendant sans jamais oser le demander, quelqu’un l’a vraisemblablement déjà demandé à Fire Ant et Worker Bee, alias Chris Durban et Eugene Seidel, deux traducteurs chevronnés qui tiennent depuis 1998 une chronique intitulée « The Bottom Line » dans la revue en ligne Translation Journal. Le principe : une question posée par un lecteur (traducteur, étudiant intéressé par la traduction, acheteur de traductions, etc.), à laquelle Fire Ant et Worker Bee, la fourmi et l’abeille, apportent une réponse pratique agrémentée de réflexions de bon sens.

The Prosperous Translator, publié en octobre 2010, propose au lecteur de retrouver ces chroniques classées par grands thèmes : les débuts du traducteur indépendant, le métier au quotidien, les rapports entre clients et fournisseurs, la question des tarifs, la prospection, la déontologie, la qualité de vie, etc.

Si l’on excepte deux questions portant spécifiquement sur le sous-titrage, il faut avouer que la traduction/adaptation audiovisuelle n’est pas au cœur de l’ouvrage, qui semble s’adresser davantage aux traducteurs dits « techniques ». Pourquoi évoquer ce livre sur ce blog, alors ? Parce qu’à bien y regarder, la plupart des thèmes abordés par les auteurs concernent toutes les spécialités de la traduction. Qu’il s’agisse de la nécessité de signer son travail, de l’attitude à adopter face à certaines exigences déraisonnables posées par les acheteurs de traduction, de la chute des tarifs, de l’opportunité de recommander un confrère, de l’art de la négociation ou encore de la délicate question des traducteurs travaillant vers une langue qui n’est pas leur langue maternelle, The Prosperous Translator fournit quelques piqûres de rappel fort salutaires et de précieux conseils.

Résolument pragmatiques (et pas toujours tendres), les auteurs prennent le contrepied de la morosité ambiante et rappellent qu’il n’y a qu’une solution possible pour arracher le secteur de la traduction au marasme dans lequel il se trouve : la sortie par le haut. Vous croulez sous le travail ? Augmentez vos tarifs. Vous perdez vos clients à la concurrence roumaine, indienne ou coréenne ? Changez de clientèle-cible, visez des acheteurs de traduction intéressés par la qualité de votre travail, pas par le prix défiant toute concurrence de vos prestations. Vous êtes dans un creux d’activité ? Profitez-en pour prospecter sérieusement et muscler votre marketing. Vous vous sentez trop timide pour aller frapper à la porte des entreprises susceptibles de vous confier des traductions ? Personne ne fera ce travail à votre place. Et le reste est à l’avenant.

Alors certes, bien des traducteurs de l’audiovisuel soupireront en lisant certains conseils récurrents. « Augmentez vos tarifs », au hasard, semble une injonction bien illusoire à l’heure où il semble déjà difficile de maintenir ses tarifs sans baisse d’une année sur l’autre. Mais n’est-ce pas le signe que l’on marche sur la tête et qu’il est vraiment temps que chacun se donne les moyens d’y remédier ? Oui, The Prosperous Translator a parfois un côté « donneur de leçons » qui peut agacer. Mais c’est avant tout un livre qui fait du bien, donne envie de ne pas baisser les bras et rappelle que la traduction n’est pas qu’un métier passionnant exercé avec amour par des linguistes talentueux : c’est aussi un business, avec des segments de marché plus ou moins lucratifs, une concurrence qu’il convient d’aborder avec hauteur de vue et discernement, et des clients qui ont besoin des compétences des traducteurs. Enfin, son ton vivant et plein d’humour en fait un ouvrage très agréable à lire, ce qui ne gâte rien.

Pour clore cet article, une bonne nouvelle et un conseil :

  • Une sélection de lettres issues de The Prosperous Translator sera publiée à l’avenir sur le blog de l’Ataa après traduction en français, selon un rythme qui reste à définir. Un grand merci à Chris Durban qui a donné son accord pour ce projet.

  • Si vous souhaitez vous procurer The Prosperous Translator, n’hésitez pas à passer directement par Lulu.com, la plateforme de publication utilisée pour éditer cet ouvrage, plutôt que par un autre revendeur qui prélèvera une part plus importante de la marge des auteurs.

The Prosperous Translator: Advice from Fire Ant & Worker Bee, compiled and edited by Chris Durban, FA&WB Press, 2010, 280 pages.

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2011 06
fév

L’entretien ci-dessous a été réalisé par Xavier Bazot et publié dans Le Bulletin des Auteurs n°104 (janvier 2011). Nous remercions le SNAC (Syndicat National des Auteurs et Compositeurs), éditeur de cette revue, de nous en avoir autorisé la reproduction. Rappelons que le SNAC comprend un groupement doublage/sous-titrage, dont les réunions sont ouvertes aux auteurs, adhérents ou non au syndicat.

Le SNAC et l’ATAA, deux organisations qui sont complémentaires et non concurrentes

Le Bulletin des auteurs - Sylvestre Meininger, vous êtes l’un des représentants du groupement doublage /sous-titrage au Conseil syndical du SNAC et par ailleurs aussi vice-président de l’ATAA (Association des traducteurs / adaptateurs de l’audiovisuel)…

Sylvestre Meininger – Le conseil d’administration de l’ATAA comprend une douzaine de personnes, 9 ou 10 sont membres du SNAC. Sur nos 200 adhérents, une cinquantaine en sont membres. Les activités de l’ATAA et du SNAC sont complémentaires. Le SNAC est un syndicat, on se tourne vers lui pour les questions juridiques. Le but de l’ATAA est de faire découvrir nos métiers, notamment grâce à Internet, dans une démarche pédagogique, en privilégiant les contacts avec les vrais destinataires de notre travail : télédiffuseurs, distributeurs de films, producteurs, éditeurs vidéo, etc.

LB – Une Charte des bons usages va être signée…

S.M. – À l’initiative du SNAC, avec le soutien et la participation de membres de l’Ataa, et sous l’égide du CNC [Centre National du Cinéma et de l'image animée], qui nous annonce une date de signature le 10 janvier 2011. Cette Charte est le fruit de trois ans de négociations avec les entreprises de doublage/sous-titrage, représentées par la Ficam (Fédération des industries du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia) et avec les télédiffuseurs, producteurs français de cinéma ou audiovisuel, distributeurs, majors, éditeurs vidéo…

La Charte régulera la profession de façon non coercitive en définissant les conditions professionnelles (et acceptables) dans lesquelles peuvent s’exercer nos métiers : délais de paiement, tarifs, rôle des stagiaires dans les entreprises… Jamais de telles discussions entre les trois parties : entreprises, diffuseurs, auteurs, n’avaient eu lieu.

Les rémunérations conseillées n’étaient plus négociées, mais simplement mises à jour de temps en temps par le SNAC, pour suivre l’inflation. Le fait que la Charte (en instance de signature) programme des réunions annuelles pour discuter des tarifs donnera à ceux-ci une plus forte légitimité.

LB – Est-ce que la Charte évoque la question des télédiffusions en version multilingue ?

S.M. – La version multilingue pose un problème que les auteurs doivent résoudre avec la Sacem. Son système de répartition ne tient pas compte de ces développements techniques, il ne comporte que deux possibilités : VF ou VO. Dans le cas d’une diffusion VM, le spectateur peut choisir de regarder soit la version doublée, soit la version sous-titrée. Cette alternative ne peut pas aujourd’hui être prise en compte dans le traitement automatique des répartitions. C’est le doublage (la VF) qui sera alors crédité de 100 % des droits. Ce n’étaient pas de grosses sommes lorsqu’il s’agissait de chaînes du câble et du satellite, ce sont maintenant des sommes significatives concernant la VM sur Canal Plus et les grandes chaînes.

Il nous est difficile de justifier cette situation à nos adhérents sur cette question, parce que cela fait plusieurs années que nous essayons de faire avancer les choses.

Depuis un an toutefois, la Sacem procède à des répartitions au cas par cas et sur la base d’une déclaration de l’auteur du sous-titrage qui doit présenter une preuve de la présence de son travail lors de la diffusion. C’est un effort concret de la Sacem, mais qui n’est pas viable dans le temps. Les auteurs se découragent, tous n’ont d’ailleurs pas fait la démarche de fournir les justificatifs demandés, surtout quand on leur dit qu’ils ne percevront qu’une « nanorépartition ». Le traitement de la répartition va être nécessairement de plus en plus complexe, mais un nanodroit d’auteur est toujours un droit d’auteur.

LB – Quelles sont les autres activités de l’ATAA ?

S.M. – L’Ataa a rédigé une brochure qui présente nos trois grands métiers : doublage, sous-titrage, voice-over, qu’on appelle aussi « doublage de documentaire ». Nous y expliquons spécifiquement à chacun de nos commanditaires quelles sont les conditions à réunir pour une bonne adaptation en termes de délais, tarifs, choix des auteurs, etc.

Depuis 4 ans, l’ATAA conduit un travail de pédagogie auprès des 4 formations universitaires à l’adaptation audiovisuelle, sur les conditions de travail à exiger et les réalités concrètes du terrain, qui attendent les étudiants. Le SNAC intervient dans certaines de ces formations sur les problèmes juridiques (droit d’auteur, droit social et droit fiscal).

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