preload
2010 24
sept

L’ATAA sera présente à la 8e édition du colloque Languages and the Media, qui se tiendra à Berlin du 6 au 8 octobre.

Estelle Renard et Florence Curet y feront une intervention dont voici le résumé.

The presentation we wish to make will describe a day in the lives of two translators. We are going to introduce you to a happy translator and a unhappy one. Their stories will illustrate the problems and possibly the joys we experience in our profession today. One of them lives in a translator’s ideal world, the other in a parody of today’s working conditions. This narrative will be an opportunity to look at different aspects of our profession : training, working conditions, relationships with clients and how we feel about our jobs today. It will also raise the important and difficult subject of new technologies. How can they help us? Can they cause problems in our dealings with clients? Will new technology  turn happy translators into a unhappy ones or could it be the other way around? Finally, we will talk about what the Ataa has been doing to try and make  translators happy, and moreover, why it is paramount to keep translators happy for the benefit of this business as a whole.

Estelle Renard a participé à la précédente édition de ce colloque, en 2008 : elle y a fait une intervention disponible en français (Le point de vue du traducteur) ou en anglais (The translator’s point of view: goodbye quality, hello Quality!) sur ce blog.

Pour les traducteurs de l’audiovisuel, cette édition de Language and the Media présente un intérêt majeur : elle se double d’un sommet informel de l’ILS, l’International League of Subtitlers, un collectif de syndicats et d’associations européens de traducteurs de l’audiovisuel. L’objectif de cette rencontre est de fonder enfin une association européenne des traducteurs et adaptateurs de l’audiovisuel. Cette organisation pourra nous permettre de faire entendre notre voix au niveau européen.

Pour en savoir (un peu) plus, suivez le lien vers la page Facebook de l’ILS.

tags:
2010 23
sept

Dans le cadre du colloque « La traduction des noms propres dans le contexte de la traduction des écrits de voyage », qui se tiendra le vendredi 1er octobre à l’ESIT (Centre Universitaire Paris-Dauphine, Métro Dauphine, Paris 16) à partir de 9h30, Anne-Lise Weidmann présentera une communication liée à la traduction audiovisuelle, dont voici le résumé.

Norme, pragmatisme et frustration : la traduction des noms propres dans le documentaire de voyage

Le documentaire de voyage conduit le traducteur à se plonger dans un univers parfois inconnu, souvent exotique, dans un délai relativement bref. Les noms propres y occupent une place non négligeable et leur traduction nécessite le recours à des sources et à des stratégies spécifiques pour restituer et/ou franciser toponymes et anthroponymes. Contrainte supplémentaire, ces recherches terminologiques se doublent nécessairement de recherches phonétiques, le texte du documentaire étant destiné à être enregistré par un comédien. En la matière, le traducteur est souvent amené à trouver un compromis entre la norme prescrite par les sources dites « de référence » et un certain pragmatisme imposé par la nature du support qu’il traduit, destiné à un média de masse. Il en résulte une négociation constante et parfois frustrante – une situation bien connue des traducteurs, mais qui a de quoi surprendre, à première vue, puisqu’il est « simplement » question de transposer des noms propres d’une langue dans une autre.

Voici une description du colloque :

D’Ibn Battuta à James Cook, de Luis Chang à Marco Polo, de Jules Verne à Bruce Chatwin, des journaux de bord aux carnets illustrés en passant par les mémoires, les voyages ont de longue date donné lieu à des récits, biographiques ou de fiction, à des formes d’écriture diverses qui semblent susciter un engouement croissant, à en juger par les ventes en librairie de ce type d’écrit ou par le succès renouvelé d’année en année du festival « Etonnants voyageurs » organisé par Michel Le Bris.

L’Ecole Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs réunit, dans le cadre d’une journée d’étude organisée par son Centre de recherches en traductologie (Cr-Trad), des traducteurs qui feront part de leur expérience, aborderont et développeront les problématiques spécifiques à ce champ de la pratique.

Le programme complet se trouve ici (pdf à télécharger sur la colonne de droite) ou .

tags:
2010 02
sept

Jamie Stokes est anglais, il vit en Pologne et il aime le cinéma. Ne parlant pas couramment le polonais, il a, souvent pour son malheur, un besoin absolu de sous-titrage pour regarder et comprendre les films. En janvier dernier, il s’est plaint sur un blog de la piètre qualité des sous-titres du film Dom Zly (The Bad House ou The Dark House) de Wojciech Smarzowski. Gêné et déçu une fois de plus, Jamie a adressé à Film It, la société de production, un courrier mentionnant une quinzaine d’erreurs sur les 150 environ qu’il avait relevées. Nous en avons sélectionné cinq ci-dessous pour lesquels nous tentons de donner un équivalent français.



good with mechanics

« He’s good with mechanics » au lieu de « He’s good with machines » (« Il sait y faire avec les mécaniciens » à la place de « Il sait y faire avec les machines »).



bull's eye

« Because you hit the bull’s eye as far as article assortments go ». Là, l’énigme reste entière. Hasardons-nous toutefois à une traduction : « Parce que tu as mis dans le mille en ce qui concerne la collection d’articles. » Si vous parlez polonais et si vous avez vu ce film ou si, en lisant cette phrase, vous faites le rapprochement avec une expression polonaise traduite mot à mot, n’hésitez pas à nous contacter.



emblazonments

« He wanted to stop emblazonments » (« Il voulait faire cesser les blasonnements »). En héraldique, le blasonnement, dans son sens le plus fréquent, est l’action de lire ou déchiffrer des armoiries. La personne qui a fait les sous-titres, a peut-être cherché en vain le mot « embezzlements » qui signifie « malversations » et du coup, le sous-titre pourrait signifier (mais rien n’est moins sûr) : « Il voulait faire cesser les malversations. »



dephlegmator

« Dephlegmator! » : « déflegmateur » ? Là encore, nous renouvelons notre appel aux locuteurs du polonais !



vouched

« You vouched that the dog knocked down the crate to the ground » (« Tu t’es porté garant que le chien avait fait tomber la caisse par terre »). Il est vrai que « jurer » (« swore ») serait peut-être plus approprié. « Vouch » ne se dit pas dans ce cas et il se construit avec « for » de toute façon. C’est une erreur que ne ferait jamais un traducteur anglophone.


Par retour de courrier, la production de Dom Zly a bredouillé quelques explications piteuses telles que le manque de temps ou la difficulté du vocabulaire, mais elle a juré ses grands dieux que la traduction avait été relue par des anglophones. Au vu des multiples erreurs de grammaire, il est permis d’en douter. Il est probable que ce courrier ne fera pas changer la situation mais l’article a attiré de nombreux commentaires sur le blog. Il existe des spectateurs mécontents et ils ne sont pas seuls à pester dans leur coin, en Pologne ou ailleurs dans le monde.

Au-delà de l’anecdote, cet article a le mérite de soulever plusieurs questions : pourquoi fait-on sous-titrer les films ? La réponse qui vient spontanément à l’esprit est que la traduction sous-titrée permet de faire comprendre le sens d’un film à un public étranger. Pourtant dans le cas de Dom Zly, personne n’a compris les sous-titres, qui au lieu d’aider à la compréhension, ont provoqué des ricanements et détourné l’attention du public. En outre, il était indispensable de parler le polonais pour comprendre les sous-titres anglais.

Se peut-il qu’il existe une autre réponse à cette question ? Les films à moyen ou petit budget, dont les droits n’ont pas encore été vendus à des distributeurs étrangers, commencent souvent leur carrière dans les festivals. Lors du dépôt de candidature auprès d’un comité de sélection, le sous-titrage est souvent un prérequis. Le producteur ou le vendeur international, ignorant si le film sera distribué, rechigne souvent à engager des frais supplémentaires dans des travaux qu’il estime accessoires, à un stade où le budget est peut-être déjà dépassé. C’est pourquoi il opte souvent pour une fausse bonne idée : confier la traduction à une vague connaissance cinéphile dont la qualité principale est de travailler gratuitement ou presque mais qui n’est ni traducteur ni locuteur de la langue vers laquelle il traduit. C’est alors que d’autres questions surgissent naturellement : que pensent les comités de sélection des festivals et plus tard, le public, de ce travail ? Se plaignent-ils ? Enfin, une mauvaise traduction joue-t-elle sur le palmarès d’un festival ? Sans doute.

En mai 2010, le film coréen Ha Ha Ha de Hong Sang Soo a reçu le prix de la sélection « Un Certain Regard » du Festival de Cannes alors même que les sous-titres français en sont absolument incompréhensibles. On peut légitimement se demander si les sélectionneurs, et le jury après eux, ont remarqué qu’il y avait un problème. Peut-être ont-ils trouvé que les sous-titres, à mi-chemin entre le coréen et le français, truffés de coquilles et de fautes de français, ajoutaient à la drôlerie de cette comédie ? Ou peut-être plus certainement se sont-ils « rabattus » sur les sous-titres anglais» du film qui semblaient plus cohérents.

Hong Sang Soo, réalisateur et scénariste de Ha Ha Ha, sait-il que le public cannois a ricané en lisant les sous-titres français de son film ? Sait-il que des spectateurs, dont certains étaient des acheteurs potentiels, sont même sortis parce qu’ils ne comprenaient pas le film ? Si oui, s’en est-il plaint ? Et ceci amène une dernière série de questions. Pourquoi les auteurs d’un film ne sont-ils jamais sollicités pour l’étape de la traduction ? Y a-t-il d’autres étapes de la post-production qu’ils ne suivent pas ?

Depuis longtemps, les sous-titrages des films à petit ou moyen budget sont sacrifiés, et les progrès technologiques de ces dernières années tendent à accélérer et aggraver le processus, tout un chacun pouvant bricoler des sous-titres sur son ordinateur sans aucune compétence en la matière. C’est pourquoi les représentants des organisations professionnelles de traducteurs de l’audiovisuel et bien sûr, les traducteurs à titre individuel, chaque fois qu’ils le peuvent, doivent réagir et entreprendre un travail de pédagogie auprès des professionnels du cinéma afin de les sensibiliser à l’importance de la traduction.

Tout le monde y gagnerait ! Les producteurs se rendraient compte qu’il vaut mieux prévoir le coût de traduction en amont dans leurs budgets pour qu’elle ne soit plus la mauvaise surprise venant s’ajouter à la liste des dépassements de budget. La traduction constitue une dépense minime au regard du coût d’un film, même à petit budget. (A titre d’exemple, Dom Zly a coûté environ 1 million de dollars (source) ; un sous-titrage de qualité aurait coûté environ 3 000 euros en France soit quelque 0,3 % du budget total). Si le film est bien traduit, il a de meilleures chances d’être compris, apprécié, et donc acheté, par un distributeur local, le public le comprendra mieux et le bouche-à-oreille sera plus positif. En ce qui concerne les réalisateurs, nous savons que chaque fois qu’ils le peuvent, ils sont ravis de pouvoir travailler avec les traducteurs de leurs œuvres. Le lien direct avec l’auteur original permet de dissiper doutes et ambiguïtés et d’assurer le passage d’une langue à l’autre dans le respect du public, de l’œuvre et de son auteur. Nous sommes certains enfin que les membres des comités de sélection de festivals seraient eux, absolument ravis d’avoir des traductions professionnelles et donc fiables, pour visionner les films qu’ils sélectionnent.

Dans le souci d’accompagner les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel qui sont amenés à commander des sous-titrages et des doublages, l’Ataa publiera prochainement une brochure de conseils à vocation pédagogique.

tags: