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2009 10
oct
Media for All - Anvers

Media for All - Anvers

L’Ataa prendra part à la conférence internationale « Media for All » qui se tiendra à Anvers du 22 au 24 octobre 2009 sur le thème « Quality Made to Measure ».

Voici un résumé de l’intervention que Samuel Bréan y fera,
in English.

Subtitling the inaudible?
Subjectivity in audiovisual translation

Subtitlers often leave certain portions of the audiovisual text untranslated, whether for reasons of lack of space (i.e. time) available or by choice. It may thus seem paradoxical to focus on the opposite scenario: when the subtitler chooses to translate elements that are hardly perceptible, or even completely inaudible, to a native speaker watching the film.

A recent British DVD edition of Une femme mariée (Jean-Luc Godard, 1964) provides several instances of such a subtitling, which can be usefully compared with other translations of the film. Godard’s oeuvre is notoriously complex, mixing sound, image and text in elaborate ways. It often poses challenges to translators, arguably culminating in his Histoire(s) du cinéma (1989-1998): “As ‘unwatchable’ and as ‘unlistenable’ in many respects as Finnegans Wake is ‘unreadable’, the first two parts of Godard’s Histoire(s)… are also almost as hard to translate as the Joyce book.” (Jonathan Rosenbaum). This paper will therefore also draw examples from other films by Godard to shed a light on the choices made by the subtitler of Une femme mariée, and help us to see the crucial role played by subjectivity in subtitling.

Rappel : l’an dernier, nous avions pris part à la conférence sœur de Media for All, Language and the Media, un rendez-vous qui nous avait permis de revoir nos excellents confrères scandinaves et polonais et de nouer d’autres liens, notamment en Serbie, en Espagne et en Grèce.

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2009 08
oct
Prière de jeter !

Prière de jeter !

Compression des coûts, économies d’échelle, déconsidération des cœurs de métier, délocalisation… sont le lot quotidien du monde du travail actuel.
On n’a plus que ces mots-là à la bouche, plus que ces mots-là dans les oreilles, devant les yeux…
Des mots, vous avez dit des mots ?
Mais, les mots, sont-ils réductibles, sont-ils rentables, sont-ils délocalisables ?
Comment ? La langue, le génie d’un peuple, serait elle aussi exportable et lucrative à souhait ?
Oui ! Le progrès n’a aucune frontière, aucune limite.
Ainsi voit-on la traduction, ce passage toujours périlleux, toujours délicat, d’un sens et d’un style à l’autre, d’un génie à l’autre, d’une culture à l’autre, bref, ainsi voit-on cette fameuse « communication interculturelle » bradée elle aussi, empaquetée, soupesée, quantifiée, externalisée, robotisée, délocalisée.
Certains « demandeurs » de traduction n’ont plus qu’un unique souci : trouver vite, très vite, le moins cher, le plus loin possible, le moins dérangeant possible, le plus corvéable à merci.
Peu leur chaut de restituer à leur public, à leur client, le message d’origine qui leur a été confié. L’auteur de départ sera méprisé ? Qu’importe ! La bonne intelligence du public de destination sera bafouée ? La belle affaire !
C’est là noircir le trait, direz-vous. Malheureusement, non.

Pour le prouver, et puisqu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer, voici un petit florilège des annonces que l’on rencontre parfois, de plus en plus fréquemment, dans le petit monde de la traduction audiovisuelle : la requête d’un laboratoire de post-production parisien qui file un mauvais coton, une annonce légendaire de SDI et une autre du moins légendaire Ben’s World, et puis en s’éloignant un peu de la traduction audiovisuelle pure, les lamentables dérives de l’ANPE et de notre ministère de la Culture.

On respire bien à fond…

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2009 07
oct
pariscience

Pariscience : un festival de bas tarifs

Pariscience, le Festival international du film scientifique, a lieu cette année du 7 au 11 octobre au Muséum national d’histoire naturelle (Jardin des Plantes). Plusieurs dizaines de films sont présentés et 24 d’entre eux sont en lice pour décrocher l’un des prix décernés par le festival. Un jury composé majoritairement de scientifiques est chargé de désigner les gagnants.

Face à ce parterre de spécialistes, tout porte à croire que les documentaires retenus pour la dernière étape de la compétition sont de très haut niveau (un premier « tri » est effectué parmi 350 films présentés). Mais qu’en est-il de leur traduction ? En effet, les œuvres sélectionnées viennent du monde entier et doivent donc être traduites avant d’être présentées au public parisien. Une étape qui ne saurait être traitée à la légère.

Un documentaire scientifique peut facilement perdre de sa rigueur et de sa pertinence du fait d’une traduction approximative, vite faite ou mal documentée. C’est un genre qui requiert toujours des recherches approfondies – en bibliothèque et sur Internet, bien sûr, mais aussi au téléphone, dans les musées, « sur le terrain », lorsqu’il devient nécessaire de contacter des spécialistes de la ou des discipline(s) concernée(s) pour se faire expliquer tel mécanisme ou tel phénomène. Tout l’enjeu est de rendre le documentaire accessible au grand public sans pour autant simplifier à l’excès son propos. Ici, impossible d’« employer un mot pour un autre », chaque terme a son importance. Pour obtenir une traduction de qualité, il faut donc permettre à l’adaptateur de prendre son temps et de se consacrer pleinement à son travail. Plus prosaïquement, il faut le payer correctement.

Or les traductions du Festival international du film scientifique sont sous-traitées entre autres à une société de postproduction qui impose à ses traducteurs un tarif forfaitaire particulièrement bas. Une fois ramené au feuillet de traduction et au sous-titre, le tarif n’atteint même pas la moitié du tarif syndical. Bien sûr, pour ce prix défiant toute concurrence compétente, le traducteur (souvent plutôt littéraire de formation) est censé pouvoir passer avec la même aisance de l’archéologie aux mathématiques, de la physique des particules à l’astronomie, de la robotique aux nanotechnologies ou encore à la physique quantique (« tellement difficile à vulgariser », précise le président du jury de Pariscience, l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet, interviewé sur France Info le 6 octobre 2009).

Pariscience se présente pourtant comme un événement prestigieux, bénéficiant du soutien d’un nombre impressionnant de partenaires : le Muséum d’histoire naturelle, la Mairie de Paris, la Région Ile-de-France, Veolia Environnement, le CNRS, le ministère de la Recherche, le Commissariat à l’énergie atomique, le CNES, l’INSERM, l’IFREMER, Arte, la PROCIREP, Le Monde, Science et Avenir, Okapi ou encore l’INA. Difficile de croire que cette manifestation de grande envergure ne peut pas se permettre de payer ses traducteurs à un tarif décent.

Une fois de plus, les traducteurs sont donc les grands oubliés de la fête, du fait de calculs à court terme. A long terme, bien sûr, la logique est plus que périlleuse : traiter avec autant de légèreté les versions françaises des documentaires présentés, c’est risquer de compromettre sérieusement la réception des œuvres par le public. Si l’ambition affichée du festival est de faire « connaître, savoir et comprendre » les avancées des sciences par l’entremise du film, les spectateurs pourraient, en fin de compte, se sentir plutôt troublés, consternés et définitivement rebutés.

Interrogé sur ce qui fait « un bon film scientifique », Jean-Pierre Luminet déclarait hier au micro de Marie-Odile Monchicourt : « Un bon film scientifique, c’est évidemment un film avec un contenu puissant et moderne, qui a une réalisation si possible pas trop traditionnelle (…) et un sujet fort – la science, heureusement, propose constamment des sujets forts. (…) Et la mise en boîte finale : ça inclut tout, la voix, la musique, la beauté de l’image. ».

« Et la traduction », aimerions-nous ajouter.

Pour en savoir plus sur la traduction de documentaires, consulter l’article qui y est consacré sur le site de l’ATAA.

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