preload
2009 19
mai
Le héros du jour dans ses habits de lumière

Le héros du jour dans ses habits de lumière

Pour la première fois de son histoire,
un traducteur de l’audiovisuel se présente au conseil d’administration de la Scam. Son nom :
Christophe Ramage. Comme tous les super-héros, il s’entoure d’une aura de mystère et rechigne à parler de lui, mais les enquêteurs de l’Ataa ont tout de même réussi à glaner quelques informations sur le personnage…

Né sous un pied de vigne bourguignon, le jeune homme débarque à Paris dans les années 90, sa cape et son collant dans sa valise. Il intègre l’Institut Supérieur d’Interprétation de Traduction (ISIT) et adopte dès lors la combinaison, linguistique cette fois, qui ne le quittera plus : anglais et allemand -> français. Il se lance ensuite dans la traduction audiovisuelle en apprenant le métier sur le tas, au contact des professionnels. Dès 1996, le destin lui sourit et il s’installe à son compte. Depuis, il vole de toits en toits la nuit pour aérer son costume et adapte des documentaires le jour pour divers laboratoires de doublage/sous-titrage et sociétés de production.

Membre de la première heure de l’Ataa, il est aussi sociétaire de la Scam. A l’arrivée du printemps, mû par son sens du devoir, il a chaussé ses célèbres bottines rouges, bouclé son ceinturon et le voici candidat au conseil d’administration de la Scam, pour la plus grande fierté des traducteurs de l’audiovisuel.

VOTEZ POUR CHRISTOPHE !
Membres de la Scam, vous le trouverez sur la liste A « auteurs d’oeuvres audiovisuelles ».
Si ce n’est déjà fait, vous pouvez voter dès maintenant en ligne, ou encore le 3 juin 2009, lors de l’assemblée générale de la Scam.

tags:
2009 18
mai
Et si tout s'éteignait ?

Et si tout s'éteignait ?

Le mois dernier, nous avons rencontré Laurent Mantel et Gérard Chevalier Appert, membres de l’équipe d’Audiodescription. Ce rendez-vous informel nous a permis de découvrir un métier passionnant, difficile, exigeant et capital… bref, un vrai métier d’auteur.

L’audiodescription, ça vous parle ?

Vous allumez la télé. Un film est en cours. Une voix off commente tout ce qui se passe à l’image, décor, lumière, ambiance, mouvements des personnages… Étrange parti pris du réalisateur ? Non, audiodescription. Grâce à elle, les aveugles et malvoyants peuvent suivre un film (ou une autre forme de spectacle) à l’aide d’un descriptif complétant les dialogues et les sons.

Le travail de l’audiodescripteur consiste à rédiger un commentaire (pas en braille, comme certains le croient) qui, lu par un comédien, s’intercalera dans les « blancs » contenus entre les répliques et les sons significatifs de l’œuvre. Le public, même voyant, retrouve le charme prenant et évocateur des dramatiques radiodiffusées, l’audiodescription recréant – traduisant ? – sous forme verbale l’ambiance visuelle d’un film. suite »

tags:
2009 13
mai
If you pay peanuts...

If you pay peanuts... hire a monkey !

Dans son numéro de mars dernier, l’excellent magazine Générique(s) a consacré un article au sous-titrage. Sa rédaction nous a aimablement autorisés à le diffuser en intégralité. Le voici donc.

Le sous-titre est l’ami du sériphile friand de VO. Mais qui sait vraiment comment il est fabriqué ? Eléments de réponse.

Sylvain Gourgeon et Guillaume Regourd

Les sous-titres, on a fini par ne plus les remarquer. Ce qui est exactement le but. Cet outil formidable pour apprécier une œuvre en langue étrangère à sa juste valeur sans être forcément bilingue, est de plus en plus populaire, notamment auprès des sériphiles. Pourtant la méconnaissance autour de sa fabrication reste immense, alors même que l’essor du sous-titrage amateur est venu souligner l’importance de sa qualité. Voici une panoplie de questions parfois pointues, parfois élémentaires, que nous avons posées à des acteurs privilégiés de la scène sous-titrage, qu’ils soient pros (Estelle Renard, adaptatrice entre autres sur les séries Reno 911 et Battlestar Galactica, et présidente de l’ATAA, l’Association des Traducteurs/Adaptateurs de l’Audiovisuel) ou amateurs (Guillaume, François et Marie du site Sub-way.fr) pour tenter d’y voir un peu plus clair.

suite »

tags:
2009 11
mai
"Pour vous" 8 mars 1939

"Pour vous" 8 mars 1939

Avertissement

L’article qui suit est un témoignage d’un auteur de doublage sur son travail tel qu’il se pratiquait à la fin des années 1930. Cependant, il constitue aussi un témoignage sur l’atmosphère qui régnait dans l’industrie du cinéma français depuis le début de cette décennie.
Avant de parler concrètement de son travail, Paul Reboux se livre, en effet, à une caricature xénophobe, et implicitement antisémite, des conditions dans lesquelles se serait pratiqué le doublage à ses origines. Historiquement et techniquement, ces propos sont dépourvus de réalité. La presse spécialisée de l’époque en témoigne, y compris l’hebdomadaire Pour Vous dont est issu ce texte.
Opposant ceux qu’il appelle les « polyglottes d’Europe centrale » aux « gens de goût et de bon sens », il était loin d’être le seul à tenir de tels propos. Au début des années 1930 déjà, Marcel Vandal, alors président de la Chambre syndicale de l’industrie du cinéma français, défendait la réalisation du doublage des films étrangers sur le territoire français afin d’éviter, selon lui, qu’il fût effectué par « les chômeurs d’Hollywood ou les déserteurs de Berlin ». (« Lettre de réponse de M. Marcel Vandal », La Cinématographie française, n° 818, 7 juillet 1934, p. 6. Il s’agit d’une réponse à Harry-James, président de l’Association des acteurs de synchronisation, qui avait préalablement dénoncé le manque de respect de M. Vandal pour les comédiens de doublage.)

Le doublage n’était pas la seule activité cinématographique à être mise en cause de manière aussi odieuse. Tous les secteurs du cinéma français étaient concernés. L’un de ceux qui eurent le plus à en souffrir fut le producteur Bernard Natan, dirigeant de Pathé de 1929 à 1936. Il ne survécut pas aux calomnies, à un procès qui le condamna, à sa déportation à Auschwitz.

Il nous a semblé utile de reproduire cet article dans son intégralité, sans en tronquer le premier paragraphe malgré son contenu détestable.

L’article qui suit est un témoignage d’époque d’un auteur de doublage sur son travail.

Pour en savoir plus sur le doublage, lire le texte disponible sur le site de l’ATAA (partiellement repris dans l’article Doublage de Wikipédia).
L’auteur : auteur de romans, d’études historiques, Paul Reboux (1877 – 1963) est surtout connu pour ses pastiches (A la manière de…, 5 volumes parus entre 1908 et 1950), dont les premiers ont été co-écrits avec Charles Muller.

La revue : voir la fiche de l’article Doublage… or not doublage.

Le casse-tête du doublage

Paul Reboux

Pour Vous n°538, 8 mars 1939.

Il fut un temps où doubler un film consistait simplement à faire traduire le texte de Hollywood en français par un de ces polyglottes d’Europe Centrale qui pullulent dans les organisations cinématographiques.
Il en résultait une sorte de jargon, ou du moins un texte où l’on aurait pu cueillir les fautes de français pour les rassembler en bouquet.
De plus, ce texte était joué par des comédiens qui avaient adopté, on ne sait pourquoi, une façon spéciale de parler, aussi artificielle que le sont les intonations des orateurs politiques.
Ajoutez à cela que l’on n’était pas encore très fixé sur la concordance de certaines consonnes et sur le nombre de syllabes. Si bien que l’on voyait des personnages, sur l’écran, remuer les lèvres, sans entendre un son. D’autre part, certains d’entre eux parlaient, bien qu’ils eussent les lèvres fermées, à la façon des ventriloques.
Il est naturel que ces défauts aient alors braqué contre le doublage les gens de goût et les gens de bon sens.
Mais le doublage a fait maintenant de tels progrès que, bien des fois, l’illusion est complète.
Aussi est-on mal fondé à se dresser contre ce procédé. Grâce à lui, il nous est permis de comprendre certains films à grand spectacle, ou certains films qu’il nous serait pratiquement impossible de réaliser chez nous.

suite »

tags:
2009 06
mai

Un traducteur de l'audiovisuel en pleine action

Un traducteur de l'audiovisuel en pleine préparation

Il est encore modeste, mais il a de l’avenir ! Le prix « Liliput » récompense chaque année le meilleur doublage et le meilleur sous-titrage parmi les sorties cinéma en Allemagne. C’est un prix purement honorifique (pas d’argent à la clé) qui a été remis en octobre 2008 lors du Salon du livre de Francfort. Il existe depuis 1997 et était auparavant remis dans le cadre de la Berlinale.
Une belle initiative, surtout dans un pays où le sous-titrage est pratiquement inexistant. L’un des objectifs de ce prix est d’ailleurs de faire progresser la proportion de films sous-titrés en Allemagne.
Pour les germanophones intéressés, liste des lauréats et avis du jury ici :
http://www.vdfk.de/news/view/51-12-liliput-preis

Une idée que l’Ataa a bien envie de développer en France. A suivre sur le forum.

tags:
2009 06
mai
Carton orange !

Carton orange !

« Piètres sous-titres sur Orange Cinéma Séries »
Dans le supplément télé du Monde, un article met le doigt sur l’aberration économique qui veut qu’on achète à prix d’or des séries dont on brade ensuite la traduction. La conclusion le résume de façon assez éloquente :

« Dommage d’investir tant d’argent dans des droits de diffusion pour ensuite – par économie ou manque de temps – bâcler cette étape essentielle qu’est le sous-titrage. »

- Par Macha Séry, p. 3 du supplément télévision du Monde, 19-20 avril 2009 -

L’article est détaillé sur le forum de l’Ataa, où il a suscité de nombreux commentaires.

tags: